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Le Blog du Pasteur Blanchard - Page 162

  • IMPRESSIONS DE MARAUDE...

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    Par Jean et Béatrice

    Chabernaud

     

    ...Boulevard des Capucines, sous les auvents alambiqués d'une devanture de luxe, toute une famille, hommes, femmes, enfants et chien, des russes sans doute qui dormaient blottis les uns contre les autres pour se protéger du froid, accepte comme de sompteux trésors les quelques lainages, les quelques chemises que nous leur proposons. Des sourires, des signes de la main et deux ou trois mots, mais pas plus car nous ne parlons pas la même langue. Et puis, les deux derniers bols de soupe, la maraude se termine, les sacs sont vides. Nous rentrons nous coucher.

    Un crachin, tombé durant toute la journée, imprègne, ce soir, d'une humidité grasse et collante les trottoirs de la capitale. Nous retrouvons, une fois de plus, le Pasteur Jean-Pierre Blanchard et son épouse Catherine pour traverser Paris à la rencontre des forçats de la rue. La nuit froide et détrempée, les embouteillages, la foule qui se presse Porte d'Orléans, tout semble sinistre mais la vue de quelques jeunes qui distribuent des tracts appelant à la manif contre le mariage dit pour tous, nous réchauffe le coeur. La voiture démarre et c'est parti.

    Les maraudes c'est la joie de donner un peu, de découvrir des personnes si différentes ou si proches de nous et peut-être, d'une certaine manière, un petit frisson d'aventure ; mais c'est aussi, recommencer tous les dix jours, pendant sept mois par an, un lourd et pesant travail. Ce labeur de fourmi est à mettre au compte de l'Action Sociale et Populaire en général mais du Pasteur et de son épouse en particulier. Et cela dure depuis six ans.

     

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    Ce soir, nous ne croiserons pas Francis. Non loin de son refuge, les joueurs de basket catégorie troisième génération, qui discutent  du match fini avant de rejoindre  leurs HLM ne savent pas où il se trouve. Mais nos amis polonais  qui campent sous le métro aérien, quelques stations plus loin et leurs voisins du trottoir d'en face, Yves et son camarade d'infortune, sont au rendez-vous. Certains mangent, certains lisent, certains dorment... Qui veut de la soupe ? Qui veut du café ? Yves qui s'est rasé la barbe réclame par plaisanterie du thé. Nous les visitons depuis longtemps, ils nous connaissent bien.

    Au-revoir les gars ! Le Pasteur rameute sa petite troupe et nous rédémarrons. Chacun scrute les porches, les grilles du métro, les abri-bus pour découvrir d'autres sans-logis connus ou inconnus. Nous passons la Seine et atteignons la rive-droite, le stock de vêtements a diminué, les thermos sont presque vides : voici le boulevard des Capucines...

     

    Jean Chabernaud,

    membre du CA de l'ASP

    et Béatrice Chabernaud,

    tous deux membres historiques de l'ASP

    et coordinateurs du blog

  • ADRIEN A LA DENT DURE.

     

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    Monsieur le Président,


    Trop jeune pour mourir mais surtout trop jeune pour souffrir, je vous annonce que je décline votre invitation à une flagellation collective. Sûrement trop vaniteux, je n’ai pas envie que la peau de mon dos, encore fine et fraîche, devienne la carte routière de tous les déçus de l’histoire de France.

    Contrairement aux opposants de la repentance coloniale — car il s’agissait bien de cela dans vos tièdes propos — je ne ferai pas le décompte des avantages de la chevauchée de Marianne entre Oujda et Constantine. Car l’histoire n’est nullement affaire de comptabilité. Je refuse cet inventaire mesquin qui suppose qu’une morale, une notion de Bien ou de Mal ait sa place dans le débat. Or l’histoire collective n’est pas affaire de morale et encore moins de moralisation !

    Si je suis l'héritier de toute l’histoire de mon pays avec ses grandeurs et ses turpitudes, je n’en suis toutefois pas responsable. Cette histoire peuplée de héros et de salauds, d’humains trop humains, de saints et de catins, est un objet d’étude. Mais elle ne fera jamais de moi un génie ou une ordure tant que je n’y prendrai pas une part active. Ne faites pas de moi, Monsieur le Président, le salaud de votre vision bien-pensante de l’histoire. Je n’ai jamais tué, je n’ai jamais violé, je n’ai donc pas à demander pardon.

    Votre choix de la repentance, un acte on ne peut plus chrétien et on ne peut plus individuel, n’a de surcroît rien à faire en politique. La repentance est un acte de foi qui amène à la conversion.  "Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur" (Actes 3 : 19-20).

    Cher apôtre président, vous qui agissez en politique, à quoi donc voulez-vous tous nous convertir ? Hormis la honte de nous-mêmes, la culpabilisation paralysante et le sentiment de supériorité des désignés martyrs, à quoi sert donc votre lecture partiale et partielle de notre passé ?

    "Qui contrôle le présent, contrôle le passé, qui contrôle le passé, contrôle l’avenir." Votre vision du passé laisse entrevoir un drôle de contrôle de l’avenir, Monsieur le Président. Alors, moi qui ai encore la chance de porter l’innocence de mon court passé en étendard, dans un cri de défiance à votre projet funeste, je proclame : j’ai 23 ans et je ne veux pas me repentir

     

    Monsieur le président, Trop jeune pour mourir...

    Adrien Desport Rbm  
  • "PRESENT, TOUJOURS PRESENT."

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    Merci de cliquer ICI.jpg

      

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    Céline Guillermond,

     

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    Emmanuel Camoin,  

     

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    Alexandre Simonnot            

     

    sont toujours présents pour l'Action Sociale et Populaire du Pasteur Jean-Pierre Blanchard et étaient présents le 22 décembre 2012 dans un article d'Alexandre Simonnot paru dans... merci de cliquer ci-dessous :

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    PS : la photo montage de l'affiche représentant Alexandre Simonnot est une création complète de Stéphane Joly.

  • POUR TOUTES ET TOUS...

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     2013.

  • REFLEXIONS SUR LA MARAUDE DE NOËL...

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    La dernière maraude de l’année civile est aussi l’une des plus touchantes. La période des fêtes accentue en effet le fossé séparant M. et Mme Tout-le-monde des sans-abri soumis au froid, à l’humidité et à la solitude. Plus que jamais, l’ASP doit donc jouer son rôle de réconfort matériel mais surtout moral, tant la vue des badauds vaquant à leurs achats de Noël semble décalée par-rapport au quotidien des centaines de SDF qui survivent dans les rues de Paris. Eux ne sont jamais à la "fête", quelle que soit la date fixée sur le calendrier.

    L’esprit de Noël reste heureusement présent dans le cœur des responsables et bénévoles de l’ASP, qui savent qu’en cette période un supplément d’âme doit être offert à ceux qui souffrent de la faim et d’une absence de toit. Cette année, c’est du côté du Rhône-Alpes que le Pasteur Blanchard a trouvé une personnalité désireuse de se mettre, pour une nuit, au service des sans-abri de la capitale : membre du Bureau politique du Front national et universitaire reconnu, Bruno Gollnisch a en effet tenu – malgré des obligations professionnelles tardives – à participer à cette maraude représentative du travail effectué par l’association.

     

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    Ce 18 décembre, c’est donc aux côtés  du pasteur et de son épouse Catherine, du secrétaire départemental FN de Rhône-Alpes Christophe Boudot, et de celui de Seine-Saint-Denis Gilles Clavel que Bruno Gollnisch a participé à sa première maraude. Comme ses camarades d’équipée, le député européen et conseiller régional a évidemment été frappé au cœur par une misère humaine insoupçonnable et inacceptable dans une ville à l’étranger symbole de rêve et de richesse.  Cadre frontiste ou pas, intellectuel ou non, Bruno Gollnisch a rempli son rôle avec application, bonhommie et bienveillance, distribuant sans souci de différences sociales soupe, café, boîtes de conserve, vêtements, couvertures et menus cadeaux aux SDF.

    Entre deux points de localisation de sans-abri, les participants ont évidemment refait le monde, à commencer par la France et son étrange gestion des drames sociaux… Le dernier SDF réconforté, c’est en grand seigneur que Bruno Gollnisch a terminé la maraude, en conviant les membres de l’équipe à partager un casse-croûte avec lui : même en l’absence de "bouchons" gourmands, la convivialité reste une priorité. Foi de Lyonnais !

     

    François Vial,

    membre du conseil d'administration de l'ASP. 

  • IL Y A CENT ANS : CHARLES PEGUY.

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    Un des traits principaux du caractère de Charles Péguy a été son amour charnel pour le peuple et la terre de France. Une de ses plus grandes fiertés était d'être le fils d’une rempailleuse de chaises. Pour lui,  sa modeste extraction était plus qu'un titre de noblesse. Il gardera toute sa vie dans la chair l'empreinte du travail manuel bien fait, qu'il avait connu dès sa prime jeunesse. Il ne reniera jamais ses origines. Lui, pauvre parmi les pauvres, sera intimement convaincu que la meilleure part de notre peuple vient des petites gens. Pour cet amour violent il ira jusqu'à donner sa vie.

     

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    Quand, après de multiples péripéties, il retrouvera la foi de son enfance, il faudra qu'il gère les convictions de son épouse et de sa belle famille qu'il avait connue à l'époque où il était comme eux : un socialiste teinté d'un certain anticléricalisme. Jusqu'à la fin, le statut de son mariage non religieux, et ses enfants non baptisés, sera pour lui une déchirure ; à cela il faut ajouter son Catholicisme non pratiquant, et donc sans sacrement, qui ne faisait que compliquer sa situation. Même ses amis les plus fidèles ne comprenaient pas ses prises de positions. C’est suite à une maladie d'un de ses fils en 1912, qu'il se décida à entreprendre le pèlerinage de Chartres dont il avait ajourné la promesse plusieurs fois. Ce fut pour commémorer cet acte fondateur de sa démarche spirituelle, que nous partîmes à sa suite (en voiture, non à pieds) par le même circuit : départ de Lozére en passant par Dourdant, après la vallée de Chevreuse (si chère au grand Pascal), la Beauce, avant que n'apparaisse le majestueux vaisseau de pierre à l'ombre de ces tours, dernier stade : remonter par la veille ville, pour retrouver dans la Cathédrale la plaque commémorative, où il pria pour remettre son enfant à la Vierge. Deux ans plus tard, lors de la bataille de la Marne, c’est à Villeroi qu'il versera son sang pour cette patrie charnelle qu'il a tant aimé.

     

    Pasteur  Blanchard

  • IMPRESSIONS DE MARAUDE...

    Maraude du 4 12 2012 (12).JPG

     

    Par Jeanne Beaulier

    responsable Front National

    de la 5ème circonscription du Loiret

     

    Les maraudes du pasteur Blanchard sont un rendez-vous récurrent, souvent médiatisé et parfois critiqué… 

    Cette fameuse nuit de maraude prévue depuis plusieurs mois est enfin arrivée. Je découvre mes compagnons de route, le Pasteur Blanchard, son épouse Catherine et Perceval Noët. Les thermos bien chauds, du café, de la soupe, attendent. Les vêtements débordent du coffre de la voiture. Une question, que vais-je découvrir de plus que ce que l’on en dit ? Je vous livre mon témoignage après cette première expérience.

    Deux arrêts m’ont particulièrement marquée.

    Le premier a été un réel moment de joie. Sous une arche du métro aérien, au vu et au su de tout le monde, demeurent trois hommes. Leur fidèle compagnon est un chien qui les réchauffent à tour de rôle et les rassurent en permanence. Ces hommes ont un accent venu des pays de l’est. Je ne comprends pas tout ce qu'ils disent mais cette rencontre fut une lumière dans toute cette nuit. Ce sont des habitués du Pasteur. Ils se lèvent pour lui faire une accolade. Perceval cherche des écharpes, des bonnets... pendant que je sers le café. Un de ces hommes qui était resté allongé, semble reprendre vie à la vue de Perceval. Celui-ci lui rappelle sa jeunesse, le temps où il faisait de la boxe. A ma grande surprise, je reçois un cadeau, un père Noël en chocolat. Eux aussi ont pensé au Pasteur. 

    Le second moment marquant a été la découverte de Michel, un petit homme d’une cinquantaine d’années. Il s’est bricolé un lit sur une palette. Son peu de biens est parfaitement rangé. Il a même un balai et un balai-brosse. On imagine alors que sa vie était certainement bien en ordre... auparavant. Que fait-il à la rue ? Nous avons discuté un peu, il semblait s’excuser d’être là, gêné de vivre de charité et d’être le centre d’intérêt pendant quelques minutes. Tout en parlant, il savoure sa soupe et son café chaud et nous demande timidement des rasoirs pour la prochaine fois.

    Michel ou le premier groupe d’hommes usent des mêmes mots et éprouvent les mêmes peurs. Ils vivent dans la hantise des forces de police qui, soudain, arrivent avec des camions poubelles et les dépouillent de leurs affaires. Ils ressentent comme une injustice l’arrivée de familles entières, de ces "roumains", comme ils disent qui rognent sur leur petit territoire et ne semblent pas subir les mêmes pressions de la part des autorités.

     

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    Humainement, qui pourrait rester indifférent au sort de ces malheureuses familles ? Cependant, je comprends la révolte de mes nouveaux amis d’un soir… avec eux nous ont parlé, partagé, échangé... Ils ne demandent qu'une boisson chaude, une paire de chaussettes, une écharpe, des gants, des rasoirs, voire des livres... quand d'autres, connaissant la réputation de la france, "terre d’accueil de toute la misère du monde", nous  réclamaient des chaussures Adidas et des vêtements de marque.

    Alors que beaucoup de nos compatriotes SDF semblent résignés à ne pas pouvoir se soigner, les avantageux documents de l’AME (Aide médicale d’Etat) sont  serrés dans les poches  de visiteurs prétendues sans papiers. Mais, ce soir, que faire devant celui qui souffre d’une crise de diabète ? Ou face à un autre qui a probablement contracté une maladie parasitaire et contagieuse comme la gale ?  Sinon appeler le 115…

    Toi, l’UMPS (Union Minoritaire pour la Précarité Sociale) qui glorifie la notion de  repentance , qu'as-tu à dire sur toute cette misère ?  N’as-tu pas honte, aveuglé par les intêrets de ta caste, de laisser tes compatriotes s'engloutir dans la rue  ? Dors-tu sur tes deux oreilles, en favorisant une immigration massive et incontrôlée qui aggrave bien  des choses.

    En plus de l’inéluctable colère induite par ce triste spectacle des rues parisiennes, deux pensées m’ont accompagnée toute cette nuit.

     

    • D'une part, il existe une misère des villes et une misère des champs. L’exclusion et la précarité sociale revêtent des habits différents à Paris et dans les zones rurales. Je vis en pleine Beauce; des champs et un chapelet de bourgs et de hameaux. La misère, nous la trouvons  au bout d’un chemin, dans un village déjà perdu au milieu des champs. C'est souvent un logement insalubre, mal chauffé.

    Les taux du parc privé potentiellement insalubre  dépassaient 10 % en 2007 dans certains  cantons ruraux. A Fleury-les-Aubrais, la principale ville de la 5ème circonscription du Loiret, il s’est accru de 13 % entre 2005 et 2007.

     

    • D'autre part, une pensée pleine d’espoir. Que ce soit lors de cette maraude avec Perceval ou dans notre vie militante avec le FNJ, je suis fière de constater que nos jeunes ont conscience de la nécessité d’agir contre la précarité et l’exclusion.

    Alors que les 18-24 ans sont les plus touchés par la pauvreté (22,5 % sont en dessous du seuil de pauvreté en 2009), nos jeunes font preuve d’une belle générosité. Eux ne théorisent pas la Fraternité mais l’appliquent.

     

    Merci au pasteur Blanchard, à sa précieuse Catherine et à Perceval pour cette soirée. L’urgence et le bien-fondé de votre combat sont indéniables.  Alors, en remerciement pour votre travail, les adhérents et militants du Loiret, jeunes et moins jeunes, vous garantissent que les heures passées auprès des oubliés que nous croiserons au fil des semaines, ne seront pas pour nous un sacrifice mais un honneur.

     

    Jeanne Beaulier