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17/08/2018

Maurice Barrès, Leurs Figures (1902):

 

 

 

Maurice Barrès 1.jpg

 

 

parJean Garrigues

Professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans, 

 

 

 

eurs Figures  [1][1] Maurice Barrès, Leurs Figures, Paris, F. Juven, 1902,..., est le troisième volet de la trilogie de Maurice Barrès intitulée Le Roman de l’énergie nationale. Quelque peu déçu par sa première expérience politique comme député boulangiste de la troisième circonscription de Nancy, de 1889 à 1893, candidat malheureux à Neuilly en 1896, puis de nouveau à Nancy en 1898, il a entrepris de raconter les espoirs et les désillusions de sa génération dans cette nouvelle trilogie romanesque.

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Dans le premier volet, Les Déracinés (1897), il a décrit les grandes ambitions d’un groupe de lycéens lorrains, incités à vivre leurs rêves de gloire par Bouteiller, leur professeur de philosophie  [2][2] Personnage inspiré par Auguste Burdeau, qui fut.... Ils sont donc partis tenter l’aventure, Renaudin comme journaliste, Suret-Lefort en politique, tandis que Sturel, double de Barrès, joue un double rôle d’acteur politique et de juge. Dans le deuxième volume, L’Appel au soldat (1900), il raconte son aventure boulangiste, ses succès électoraux mais aussi ses déceptions face à la grande foire du boulangisme. Mais c’est surtout dans Leurs Figures, significativement dédié au nationaliste antisémite Édouard Drumont, que Barrès livre sa vision la plus critique et la plus désenchantée du monde politique. Le roman est en effet centré sur le scandale de Panama comme catalyseur de la pourriture parlementaire. Mais le paradoxe de l’écrivain, c’est que cette répulsion voisine avec une véritable fascination, qui fait de ce roman un objet plus complexe qu’il n’y paraît, et surtout un témoignage criant de vérité sur le théâtre politique de son temps.

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La répulsion antiparlementaire est le fil conducteur de Leurs Figures. La Chambre des députés y est présentée comme l’antre de la médiocrité et la bassesse, car « ces médecins, ces avocats, ces industriels », « par cette médiocrité qui leur permit de ne point offusquer l’électeur », « nous donnent la moyenne de leur arrondissement » (p. 5). Il ne leur reconnaît qu’une seule qualité, « commune à tous : la combativité. » Car, écrit Barrès, « quelles ruses et quelle ténacité ne fallut-il pas au plus humble de ces élus contre ses adversaires, pour les vaincre, et contre ses amis, pour les évincer ! » Mais c’est une combativité malsaine, faite avant tout de « caponerie, c’est-à-dire le caractère d’un joueur rusé, fin, ennemi de tout héroïsme, appliqué seulement à prendre ses avantages. »

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Ce sont des opportunistes, à l’instar de son ex-camarade « ingénieux et véreux » Suret-Lefort (dont l’un des modèles est le lorrain Raymond Poincaré), capable de trahir son parti si ses intérêts le réclament, « déraciné de toute foi » et subissant « simplement l’atmosphère, les fortes nécessités du milieu » (p. 6). Suret-Lefort par exemple « ne vote jamais d’après son sens propre et sur la question présentée, mais toujours pour ou contre le ministère », selon les nécessités de son ascension partisane (p. 7). « Toujours pressé, sa serviette de cuir noir sous le bras », il s’efface « d’un joli air devant des collègues importants », distribuant « des éloges à des sexagénaires » (p. 11-12). La vie de Paris ayant fait de lui « un être absolument étranger à la notion du vrai », le Palais-Bourbon l’a complété « en lui donnant de la lâcheté ». Par ailleurs, il n’hésite pas à trahir son ancien professeur, car aspirant « à prendre dans la majorité républicaine la place que Bouteiller, compromis et décrié ne semblait plus en puissance de tenir » (p. 274).

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Comme lui, la plupart des députés sont incapables de prendre de la hauteur, de « servir le pays », de « se libérer des soucis du candidat pour devenir des hommes politiques », uniquement préoccupés qu’ils sont « de satisfaire dans la surenchère électorale leurs comités » (p. 18-19). En fait, l’explication de cette lâcheté et de cet opportunisme, aux yeux de Barrès l’idéaliste, c’est que les députés sont dominés par la peur :

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Peur de quoi ? Un peu de peur, le matin, en ouvrant leur courrier, les journaux de leur arrondissement, les lettres de leur comité ; un peu de peur, dans les couloirs, s’il faut refuser tel vote, s’aliéner celui-ci, se différencier de celui-là ; un peu de peur, même chez l’orateur le plus habile, quand il s’agit de prendre position à la tribune. (p. 13)

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Et c’est précisément cette peur panique qui s’empare du Palais-Bourbon au moment où éclate le scandale de Panama, à la rentrée parlementaire de l’automne 1892.

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« C’est, dit Sturel, la panique des animaux quand, à des signes multiples, ils pressentent un tremblement de terre et quand le sol commence à manquer sous leurs pas. » Il décrit « les couloirs où les députés se jettent, à trois heures, sur la Cocarde  [3][3] Dirigée par Barrès en 1894-1895., comme au réveil ils s’étaient jetés sur la Libre Parole  [4][4] Journal d’Édouard Drumont. et sur l’Intransigeant  [5][5] De l’ex-boulangiste Rochefort., pour savoir si on les dénonçait. » Et « leurs figures  [6][6] D’où le titre du roman. qu’ils veulent faire sereines, trahissent leurs battements de cœur ; les plis de leur front, leur hébétude, car ils s’épuisent à supputer les raisons du ministre pour les couvrir. » (p. 25)

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Le scandale de Panama n’est aux yeux de Barrès que la partie émergée d’un iceberg d’affairisme et de corruption, qui est au cœur du monde parlementaire. L’une des figures de député corrompu est un député conservateur, le baron de Nelles, qui « ne qualifiait jamais un collègue par son attitude politique, mais par les affaires où il le savait mêlé. » Et de citer Maurice Rouvier, plusieurs fois ministre des Finances et président du Conseil, le garde des Sceaux François Thévenet ou le ministre du Commerce et de l’Industrie Jules Roche, trois familiers de l’affairisme. Ce qu’explique Barrès :

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Qu’on soit agent électoral dans un arrondissement ou chef de groupe à la Chambre, le maniement des hommes nécessite beaucoup d’argent : des dîners, des secrétaires, des journaux, et surtout de la générosité. C’est pour être généreux que tant de parlementaires sont malhonnêtes. Suret-Lefort qui savait, pour s’en être fait des succès dans les réunions publiques, que les concussionnaires abondent au Palais-Bourbon, fut tout de même interloqué d’apprendre petit à petit, et des membres de la majorité, que les fournitures de la Guerre, les Conventions avec les grandes Compagnies, la conversion des obligations tunisiennes, les rachats de Chemins de fer et la constitution du Réseau de l’État étaient des « affaires ». (p. 7)

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C’est dans ce système qu’ont prospéré les intermédiaires de la corruption, ceux par qui le scandale de Panama est arrivé, le baron de Reinach, parent du député Joseph Reinach, et l’ex-médecin Cornelius Herz, ami notamment de Georges Clemenceau. Proche d’Édouard Drumont, dont le journal La Libre Parole a dévoilé en septembre 1892 « les dessous de Panama », Maurice Barrès est très bien informé sur les tenants et les aboutissants du système de corruption mis en place par la Compagnie, et sur le rôle que les deux intermédiaires y ont joué. Le premier

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entrait dans toutes sortes d’affaires où il apportait comme contribution son influence parlementaire. Dans les fournitures militaires, dans les Chemins de fer du Sud, on vit son action prédominer et toujours avec un caractère d’infamie […] L’influence parlementaire du baron de Reinach tenait le plus souvent à des secrets surpris, à des complicités antérieures. Il ne la vendait si cher qu’en faisant comprendre à ses acheteurs que refuser ses services, c’était s’assurer son hostilité. (p. 40)

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Herz [que Barrès appelle Cornelius] et Reinach ont :

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chacun leur personnel à la Chambre et dans les ministères. L’équipe du baron de Reinach, c’étaient les rédacteurs de la République française  [7][7] Journal fondé par Gambetta. : Devès, président du Conseil d’administration, Antonin Proust, Jules Roche, Rouvier, etc. Comme trotteur, il usait de son neveu et gendre Joseph Reinach. Mais comment se passer des radicaux à une époque où les ministères étaient tous de concentration ? De là, le rôle de Cornelius. Celui-ci disposait de la Justice et avait de nombreuses relations à l’extrême-gauche : Clemenceau et Ranc étaient ses hommes. Il allait trouver un Freycinet  [8][8] Plusieurs fois ministre. et, brutal juif, disait à ce petit homme faible, merveilleusement intelligent et bien élevé : « Si vous ne nous donnez pas cela, nous avons un groupe qui votera contre vous. » Freycinet s’est plaint à d’honnêtes gens de cet état de choses. (p. 44-45)

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Quant à Reinach, il

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avait la passion de collectionner des « petits papiers » avec quoi, dans le parlementarisme français, qui n’est qu’un système de chantage, on fait marcher les hommes. […] Le 17 juillet 1888, le baron de Reinach fit copier par ses employés des chèques, que le même jour, et pour assurer des concours à la Compagnie de Panama, il distribua aux hommes politiques. Sur ces copies il laissa en blanc le nom des donneurs d’acquit, mais, de sa propre main, il inscrivit des initiales indiquant les véritables bénéficiaires des chèques. Voilà un précieux document. (p. 49)

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C’est en effet un bordereau qui a circulé au moment du scandale, attestant d’une liste de 104 « chéquards » (parmi lesquels Rouvier, Thévenet et Roche) qui auraient reçu de l’argent de la Compagnie.

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Mais ce qui est passionnant dans Leurs Figures, c’est que ce monde politique présenté comme un monde de médiocrité, de lâcheté et de corruption, exerce une fascination telle sur Maurice Barrès que sa description des grandes heures du scandale dans l’hémicycle apparaît comme un morceau de bravoure de la littérature parlementaire. C’est ainsi qu’il décrit la séance du 21 novembre 1892, la « Journée de l’Accusateur », le député nationaliste Jules Delahaye, ex-compagnon de Barrès dans l’aventure boulangiste. Tout y est : la préparation du discours (« Tout le dimanche, il s’enferma avec ses fortes phrases qu’il forgeait, essayait, remettait encore sur l’enclume pour qu’elles ne lui manquassent pas dans la bataille », p. 99) ; la montée de la tension avant la séance (« À cinq heures, on crut entendre les trois coups au rideau pour l’ouverture d’un drame que tout le monde annonçait sans connaître les collaborateurs ni le scénario. » p. 103) ; l’introduction dramatique : « Je vous apporte, disait-il, mieux que l’affaire Wilson. Celle-là n’était que l’impudence d’un homme. Panama, c’est tout un syndicat politique sur qui pèse l’opprobre de la vénalité » (p. 105) ; la gestuelle de l’accusation : « Magnifique jeu de scène ! Delahaye maintenant désignait du doigt les concussionnaires. Oui, son doigt, que six cents parlementaires suivaient, cherchait sur leurs bancs les criminels épars. » (p. 107) ; le rôle du président de la Chambre Charles Floquet, « penché jusqu’à mi-corps de sa haute tribune », et qui « ne cessait d’insulter l’orateur en l’observant », le sommant de livrer les noms (p. 109) ; enfin les réactions de la salle : « À chaque allégation de son réquisitoire, les pupitres soudain battus par cinq cents passionnés pour grossir leur clameur rappelaient le bruit de friture suivi d’un cri que fait le fer rouge sur l’épaule d’un galérien. » (p. 108)

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Et l’on retrouve le même mélange de précision journalistique et d’émotion dramatique dans la description de la séance du 20 décembre 1892, intitulée par Barrès « la première charrette » car elle voit le vote de la levée d’immunité parlementaire pour cinq députés. Le récit par Barrès de l’arrivée de Maurice Rouvier, le principal accusé du jour, est empreint d’une fascination troublante :

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Avec son aplomb de sanguin fortement musclé, ses larges épaules, son regard de myope qui ne daigne s’arrêter sur personne, avec tout cet aspect singulier d’Arménien transporté des quais de Marseille à Paris, et toujours parlant haut, de cette admirable voix autoritaire qui, depuis quatre ans, brutalise, subventionne et soutient tout ce monde-là, il allait parmi les journalistes, de groupe en groupe, disant : « - Qui cite-t-on sur les chèques ? » (p. 135)

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De même pour l’affrontement qui suit entre Paul Déroulède, chef de file des nationalistes, et Georges Clemenceau, chef de file des radicaux, accusé (à tort) d’avoir été corrompu par son ami Cornelius Herz. Pour Barrès, c’est « un nouveau scandale », car « on va débusquer, pousser du toril dans l’arène le plus sauvage, le plus féroce de tout le pâturage parlementaire, le petit taureau au large poitrail, au mufle carré, celui qui épouvante les meilleurs “espadas”, M. Clemenceau. » La mise en scène romanesque de cet affrontement au sommet est grandiloquente, à l’instar de la tirade accusatrice de Déroulède, surnommé par ses contemporains « le poète de la Revanche » :

22

La voix de l’orateur, son grand corps penché, sa légende d’honneur, ses phrases trop rapides pour les sténographes eux-mêmes, son bras perpétuellement levé, baissé, comme s’il lapidait un infâme, c’est une avalanche brutale qui va de la tribune contre une seule poitrine et que rien dans cette déroute du règlement ne pourrait arrêter. (p. 143)

23

La riposte de Clemenceau est finement décrite, par un connaisseur de l’éloquence parlementaire :

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Cet homme né agressif et qui, même dans la vie familière, procède par interpellation directe et par intimidation, ne pouvait avoir qu’une méthode : d’opposer à un réquisitoire une provocation et de se justifier en courant sus à l’accusateur. Mais le milieu parlementaire, nonobstant les licences de cette soirée exceptionnelle, impose des formes convenues aux sentiments que de tels ennemis voudraient traduire sur l’heure en violences. L’outrage, la haine, l’appétit de sang, Clemenceau ne les montra d’abord que dans sa façon d’accentuer et de ponctuer. Et cet endiguement des fureurs haussait ce corps à corps jusqu’au caractère royal d’une tragédie. (p. 148)

25

Clemenceau revient au premier plan du récit lors de la séance du 21 juin 1893, qui le voit ridiculiser les accusations, totalement fantaisistes d’un autre député nationaliste, Lucien Millevoye :

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On eût dit d’un somnambule, écrit Barrès à propos de l’accusateur maladroit. Sa complaisance, qui décevait ses amis secrets et comblait ses adversaires, suscita un carnaval de lazzis et d’injures […] Spectacle navrant de voir cet honnête homme décervelé et comme ensorcelé sous la frénétique incantation des coquins. (p. 243)

27

Et c’est ainsi qu’un « tourbillon d’injures, un cyclone prend Millevoye sur la tribune, le porte hors de la Chambre. Pour lui, momentanément, tout est perdu (hormis l’honneur). » (p. 246)

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En réalité, cette ultime « journée » panamiste, qui s’achève dans le ridicule pour les accusateurs nationalistes, marque bel et bien la fin du scandale. Clemenceau en paiera injustement les pots cassés en perdant son siège de député du Var, mais le rapport de la commission d’enquête parlementaire aura définitivement enterré l’affaire des « chéquards. » D’où l’amertume de Barrès :

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Aux élections d’août-septembre 1893, le plus grand nombre des chéquards furent réélus. Comme jadis après la fièvre boulangiste, l’accès de Panama tombé, on était revenu au plus immoral « chacun pour soi ». Dès l’instant que l’opposition avait écarté les moyens révolutionnaires et refusé d’exiger une dissolution, les parlementaires ne s’étaient plus inspirés que du « Sauve qui peut ! » ordinaire. Devant les électeurs, ils s’entr’aidèrent ou se trahirent, selon leurs convenances, qu’ils fussent de droite ou de gauche, intacts ou tarés. (p. 274)

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Pour qui chercherait à comprendre les tenants et les aboutissants du scandale de Panama, Leurs Figures n’est évidemment pas le témoignage à privilégier. C’est le point de vue, à la fois subjectif et romanesque, d’un acteur engagé dans le courant nationaliste, solidaire des Delahaye et autre Déroulède, écrivant à charge contre un système politique qu’il se propose de balayer.

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Mais cette critique féroce du monde parlementaire se juxtapose à une fascination pour ce monde, pour ses acteurs comme pour ses rituels. Sous la plume incisive, parfois haineuse de Barrès, émergent malgré lui les figures majestueuses d’un Rouvier ou d’un Clemenceau, que politiquement il exècre. Sous le récit militant de l’antiparlementarisme, apparaît une description minutieuse du théâtre parlementaire, de ses coulisses, de ses mises en scène et de ses moments forts. « Pour moi, ces spectacles ignobles me transportent de lyrisme », avouera-t-il un jour. Et c’est précisément ce qui fait l’intérêt primordial de Leurs Figures, aux yeux de l’historien de la vie parlementaire. Au-delà des outrances militantes et des emportements romanesques, Maurice Barrès nous offre un témoignage exceptionnel sur le monde parlementaire de son temps, tant par la qualité journalistique de ses observations que par sa capacité à restituer la grandeur lyrique de ce monde à l’apogée de son histoire. Au confluent de plusieurs champs d’histoire, politique, littéraire, culturelle ou anthropologique, Leurs Figures est une sorte d’archétype dans ce champ d’études nouveau que constitue le roman parlementaire.

 

Notes

[1]

Maurice BarrèsLeurs Figures, Paris, F. Juven, 1902, 301 p.

[2]

Personnage inspiré par Auguste Burdeau, qui fut le professeur de Barrès à Nancy, avant de devenir député du Rhône et plusieurs fois ministre.

[3]

Dirigée par Barrès en 1894-1895.

[4]

Journal d’Édouard Drumont.

[5]

De l’ex-boulangiste Rochefort.

[6]

D’où le titre du roman.

[7]

Journal fondé par Gambetta.

[8]

Plusieurs fois ministre

 

 

Maurice Barrès 2.jpg

09:46 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

10/08/2018

Réflexions sur la violence, de Georges SOREL:

 

 

 

Georges Sorel 1.jpg

 

 

 

 

 

         Georges SOREL (1847-1922), philosophe et sociologue français, inclassable sur le plan politique et certainement désireux de l'être, auteur de nombreux écrits sur le syndicalisme, le marxisme (dont il suit la "décomposition" en 1910) et le prolétariat, rédige vers 1906, Réflexions sur la violence.
 
 

   Lecteur assidu de PROUDHON, de Karl MARX, de Giambattista VICO (1668-1744), d'Henri BERGSON (1859-1941) et de William JAMES (1842-1910), il participe aux débats entre les deux siècles sur la crise du marxisme et contribue à l'émergence théorique du syndicalisme révolutionnaire. Déçu par la CGT (Confédération Générale du Travail), il se rapproche en 1909-1910 de Charles MAURRAS, pour son fédéralisme, malgré son nationalisme qu'il réprouve. Opposé à la guerre de 1914-1918, favorable à LENINE (ce qui n'est pas réciproque...), il défend les bolcheviks. Scientifique (il publie des études en météorologie et en hydrologie), sociologue (il entretient une correspondance suivie avec Vilfredo PARETO), Georges SOREL rédige nombre de ses ouvrages en italien.
 
 


          Réflexions sur la violence est divisé en 7 chapitres et comporte trois appendices. Georges SOREL introduit en 1907 son livre par une lettre à Daniel HALEVY (1872-1962) où il se présente comme autodidacte, se voulant conscient que la philosophie "n'est qu'une reconnaissance des abîmes entre lesquels circule le sentier qui suit le vulgaire avec la sérénité des somnambules". Animé par une certaine colère contre des révolutionnaires qui se transforment en "pacifistes ridicules" une fois parvenus au pouvoir, l'auteur défend une conception pessimiste de la réalité, surtout sociale, et veut préserver à tout prix la volonté de délivrance.
 
 

   Conscient également de froisser même des communistes convaincus, il écrit : "Je comprend que ce mythe de la grève générale froisse beaucoup de gens sages à cause de son caractère d'infinité ; le monde actuel est très porté à revenir aux opinions des anciens et à subordonner la morale à la bonne marche des affaires publiques, ce qui conduit à placer la vertu dans un juste milieu. Tant que le socialisme demeure une doctrine entièrement exposée en paroles, il est très facile de le faire dévier vers un juste milieu; mais cette transformation est manifestement impossible quand on introduit le mythe de la grève générale, qui comporte une révolution absolue."
 
 

 Plus loin, il estime qu'un révolutionnaire a le devoir de compléter Karl MARX par ce mythe de la grève générale, devenu populaire, et par la description de la violence prolétarienne.
 
 

   Dans l'avant-propos, il clame qu'"il ne faut pas examiner les effets de la violence en partant des résultats immédiats qu'elle peut produire, mais de ses conséquences lointaines. (...) Nous ne comparons pas deux méthodes de réformisme, mais nous voulons savoir ce qu'est la violence actuelle par rapport à la révolution sociale future".
 
 

 Georges SOREL n'a pas la prétention de présenter une théorie complète de la violence : il s'agit sous ce titre du rassemblement d'une sére d'articles, quoique très remaniés, parus dans la revue italienne Il Devenire sociale.
 


          Lutte des classes et violence marque d'emblée où se situent les vrais combats : entre groupes pauvres et groupes riches. Georges SOREL dénonce dans ce premier chapitre les "illusions relatives à la disparition de la violence" et l'influence de la peur sur la législation sociale et ses conséquences. Il observe que "les théories et les agissements des pacificateurs sont fondés sur la notion du devoir et que le devoir est quelque chose de complètement indéterminé, - alors que le droit recherche les déterminations rigoureuses." Il n'y a pas plus de devoir social (obéir aux dispositions de l'ordre intérieur) que de devoir international (l'obligation de servir l'Etat contre ses ennemis extérieurs).
 

        
        La décadence bourgeoise et la violence met l'accent sur les méthodes des parlementaires s'appuyant sur la peur. La diplomatie parlementaire "se joue à tous les degrés : avec le gouvernement, avec les chefs de groupes dans le parlement, avec les électeurs influents. Les politiciens cherchent à tirer le meilleur parti possible des forces discordantes qui se présentent sur le terrain politique.".
 
 

Discourant sur les mérites respectifs de JAURES et de VAILLANT, il condamne les deux méthodes du socialisme officiel qui "supposent une même donnée historique. Sur la dégénérescence de l'économie capitaliste se greffe l'idéologie d'une classe bourgeoise timorée, humanitaire et prétendant affranchir sa pensée des conditions de son existence ; la race des chefs audacieux qui avaient fait la grandeur de l'industrie moderne disparaît pour faire place à une aristocratie ultra-policée, qui demande à vivre en paix. Cette dégénérescence comble de joie nos socialistes parlementaires."
 
 

Plus loin, l'auteur écrit : "Deux accidents sont seuls capables (...) d'arrêter ce mouvement : une grande guerre étrangère qui pourrait retremper les énergies et qui, en tout cas amènerait, sans doute, au pouvoir des hommes ayant la volonté de gouverner ; ou une grande extension de la violence prolétarienne qui ferait voir aux bourgeois la réalité révolutionnaire et les dégouterait des platitudes humanitaires avec lesquelles JAURES les endort. C'est en vue de ces deux grands dangers que celui-ci déplie toutes ses ressources d'orateur populaire : il faut maintenir la paix européenne à tout prix ; il faut mettre une limite aux violences prolétariennes."
 

   Suivant Karl MARX, Georges SOREL refuse ces contrats collectifs et le particularisme corporatif propre à éviter la révolution. Seule la révolution violente prolétarienne peut assurer la révolution future, la réelle,
 

 et le danger qui menace vraiment l'avenir du monde ne peut être écarté que si le prolétariat parvient à "reconsolider la division en classes et à rendre à la bourgeoisie quelque chose de son énergie". Cette révolution prolétarienne est au service "des intérêts primordiaux de la civilisation". Elle doit agir, non pour obtenir des avantages immédiats, mais pour "sauver le monde de la barbarie", entendez par là sauver le monde du capitalisme.
 


           Le troisième chapitre s'élève contre les préjugés contre la violence. Il récuse l'image que le grand public se fait de la violence prolétarienne, qui provient de l'expérience de la Révolution Française, et singulièrement de 1793. Le public a en tête le souvenir "des opérations de police, des proscriptions et des séances de tribunaux serviles". Contre cette image, Georges SOREL veut restituer la réalité des journées de cette année ressentie comme funeste. "La férocité des conventionnels s'explique facilement par l'influence des conceptions que le Tiers Etat avait puisées dans les pratiques détestables de l'Ancien Régime." Depuis cette époque, de grands changements sont intervenus. Notamment l'affaire DREYFUS qui "nous a montré que l'immense majorité des officiers et des prêtres concevait toujours la justice à la manière de l'Ancien Régime". L'auteur clame que "Nous avons le droit de conclure (...) que l'on ne saurait confondre les violences syndicalistes exercées au cours des grèves par des prolétaires qui veulent le renversement de l'Etat avec ces actes de sauvageries que la superstition de l'Etat a suggérés aux révolutionnaires de 93, quand ils eurent le pouvoir en main et qu'ils purent exercer sur les vaincus l'oppression (...)". Dans le texte, Georges SOREL évoque surtout l'apparence juste qu'a l'Etat qui continue tout de même son travail d'oppression depuis la fin de la Révolution Française, mais n'apporte pas véritablement d'arguments solides (à part des réflexions sur l'intensité des violences sociales exercées) pour défendre ce qu'il faut tout de même penser comme un acte de foi.
 


       Ayant écarté les préjugés contre la violence, il peut développer au chapitre 4 la grève prolétarienne. Il oppose les confusions des socialismes parlementaires à la clarté de la grève générale. Il veut perfectionner le marxisme en partant de cette grève générale, préparer la révolution et la rendre "irréformable".
  "Les syndicats révolutionnaires raisonnent sur l'action socialiste exactement de la même manière que les écrivains militaires raisonnent sur la guerre; ils enferment tout le socialisme dans la grève générale ; ils regardent toute combinaison comme devant aboutir à ce fait ; ils voient dans chaque grève une imitation réduite, un essai, une préparation du grand bouleversement final". Georges SOREL se réclame d'une nouvelle école, "qui se dit marxiste, syndicaliste et révolutionnaire (et qui s'est) déclarée favorable à l'idée de grève générale, dès qu'elle a pu prendre une claire conscience du sens vrai de sa doctrine, des conséquences de son activité ou de son originalité propre."
 
 

  "Il importe peu que la grève générale soit une réalité partielle, ou seulement un produit de l'imagination populaire. Toute la question est de savoir si la grève générale contient bien tout ce qu'attend la doctrine socialiste du prolétariat révolutionnaire."  En ce sens, Georges SOREL croit beaucoup à la force du mythe de la grève générale, très influencé qu'il est par les thèses de BERGSON sur la force des représentations mentales des événements, qui agit directement sur la réalité. "Grâce à eux (ces hommes qui agissent pour la grève générale), nous savons que la grève générale est bien ce que j'ai dit : le mythe dans lequel le socialisme s'enferme tout entier, c'est-à-dire une organisation d'images capables d'évoquer instinctivement tous les sentiments qui correspondent aux diverses manifestations de la guerre engagée par le socialisme contre la société moderne. Les grèves ont engendré dans le prolétariat les sentiments les plus nobles, les plus profonds et les plus moteurs qu'il possède ; la grève générale les groupe tous dans un tableau d'ensemble et, par leur rapprochement, donne à chacun d'eux son maximum d'intensité; faisant appel à des souvenirs très cuisants de conflits particuliers, elle colore d'une vie intense tous les détails de la composition présentée à la conscience. Nous obtenons ainsi cette intuition du socialisme que le langage ne pouvait pas donner d'une manière parfaitement claire - et nous l'obtenons dans un ensemble perçu instantanément.".
 
 
 

      Dans une grand partie de ce chapitre, l'auteur essaie de montrer l'indentité fondamentale entre les thèses capitales du marxisme et les aspects d'ensemble de la grève générale.
 
 
 


      Deuxième grand chapitre au coeur de ses Réflexions sur la violence, le cinquième chapitre porte sur la grève générale politique. Georges SOREL dénonce l'emploi des syndicats par les politiciens et s'appuie sur l'expérience des grèves générales en Belgique et en Russie pour montrer à quoi peut ressembler une véritable grève générale, politique et non politicienne. Il indique la différence essentielle entre grève entendue au sens de la lutte des classes et grève instrumentalisée par l'Etat. "Tantôt on emploie les termes force et violence en parlant des actes de l'autorité, tantôt en parlant des actes de révolte. Il est clair que les deux cas donnent lieu à des conséquences fort différentes. Je suis d'avis qu'il y aurait grand avantage à adopter une terminologie qui ne donnerait lieu à aucune ambiguïté et qu'il faudrait réserver le terme violence pour la deuxième acception ; nous dirions que la force a pour objet d'imposer l'organisation d'un certain ordre social dans lequel une minorité gouverne, tandis que la violence tend à la destruction de cet ordre. La bourgeoisie a employé la force depuis le début des temps modernes, tandis que le prolétariat réagit maintenant contre elle et contre l'Etat par la violence." 
Dans le processus de la grève générale, Georges SOREL est très clair : "on peut encore dire que le grand danger qui menace le syndicalisme setait toute tentative d'imiter la démocratie ; il vaut mieux pour lui savoir se contenter, pendant un temps, d'organisations faibles et chaotiques que de tomber sous la domination de syndicats qui copieraient des formes politiques de la bourgeoisie."
 
 


      La moralité de la violence est un chapitre qui semble partir dans plusieurs directions, mais qui aboutit à "la recherche du sublime dans la morale".
 
 

  - Ainsi, Georges SOREL examine d'abord la possibilité de maintenir la scission avec peu de violence grâce à un mythe catastrophique, pour... la récuser.
 
 

  - Ensuite, il pointe les anciennes habitudes de brutalité dans les écoles et les ateliers, la stigmatisation des classes dangereuses, l'indulgence pour les crimes de ruse (entendez par là les jeux d'argent de la haute finance).
 
 
 

  - Toute une partie est consacrée à la loi de 1884, dite WALDECK-ROUSSEAU, sur les syndicats, visant à institutionnaliser l'arbitrage. La radicalité de Georges SOREL s'exprime toujours pleinement : "Transformer les syndicats en associations politico-criminelles servant d'auxiliaires au gouvernement démocratique, tel fut le plan de WALDECK-ROUSSEAU depuis 1884; les syndicats devaient jouer un rôle analogue à celui que nous avons vu jouer aux Loges, ceux-ci servant à faire l'espionnage des fonctionnaires, ceux-là étant destinés à menacer les intérêts des patrons peu favorables à l'administration; les francs-maçons étant récompensés par des décorations et des faveurs accordées à leurs amis; les ouvriers étant autorisés à arracher à leurs patrons des suppléments de salaire. Cette politique était simple et ne coûtait pas cher."
 
 

   - L'auteur se centre sur le socialisme allemand pour montrer que les traditions nationales jouent un très grand rôle.
 

 
       Le dernier chapitre dénonce la morale des politiciens démocrates. Évoquant tour à tour les inquiétudes de RENAN, la morale de NIETZSCHE, la théorie de PROUDHON sur la famille, la morale d'ARISTOTE et les hypothèses de KAUTSKY, Georges SOREL veut montrer la vraie morale des producteurs, celle des travailleurs des ateliers, des artistes et des soldats de la liberté. "(...) l'idée de la grève générale, rajeunie par les sentiments que provoque la violence prolétarienne, produit un état d'esprit tout épique et, en même temps, tend toutes les puissances de l'âme vers des conditions qui permettent de réaliser un atelier fonctionnant librement et prodigieusement progressif."
 
 


         Trois appendices terminent le livre de Georges SOREL, Unité et multiplicité, très influencé par RENAN et BERGSON ; Apologie de la violence, nécessaire au socialisme (article paru en 1908) et pour LENINE (1918) qui réagit à un article du Journal de Genève.
 
 


        L'impact des Réflexions sur la violence ne peut se distinguer de celui de l'oeuvre de Georges SOREL dans son ensemble, notamment parce que précisément, ce livre est constitué d'une réunion d'écrits publiés auparavant dans des journaux. Nombre d'auteurs s'en sont inspirés, aux deux extrêmes de la pensée politique. Pierre LASSERRE (Action française), comme Walter BENJAMIN ou Carl SCHMITT, ou encore François PERROUX... L'oeuvre est peu connue en France, et encore moins lue, que dans les autres pays. Il faut noter que Georges SOREL n'est pas l'inventeur du syndicalisme révolutionnaire. Fernand PELLOUTIER l'a précédé. A l'image du parcours de son auteur, l'accueil fait aux Réflexions sur la violence reste ambigu. Si les affinités entre Georges SOREL et Benito MUSSOLINI sont loin d'être incontestables, la filiation avec LENINE, souvent proclamée, est encore plus discutable. Si l'on suit Louis SOUBISE, "le principal paradoxe de l'oeuvre sorélienne réside peut-être en ceci que son anarchisme proudhonien et sa violence nietzschienne se veuillent la plus haute fidélité à MARX en insufflant une épique à la théorie et à la pratique marxistes."
 
 
 


       Georges SOREL, Réflexions sur la violence, 1908, Marcel Rivière. L'édition de 1936, huitième édition, comporte le plaidoyer pour LENINE. Il s'agit d'un ouvrage de 458 pages, numéro IV des "Etudes sur le devenir social".
 
 

Le plaidoyer pour LENINE est ajouté lors de la quatrième édition définitive chez le même éditeur toujours en 1919.
 

Une édition de 1990, avec bibliographie et index est disponible aux Editions Seuil. Une autre édition 2006 est également disponible chez Labor.
 

Par ailleurs, une édition électronique sur Internet est disponible sur le site de l'UQAC (Université du Quebec A Chicoutimi),  classiques en sciences sociales : celle de 1972 parue chez Marcel Rivière. Comme d'autres oeuvres de Georges SOREL, tombées dans le domaine public, comme tout ouvrage datant d'avant 1923.
 
 

     Louis SOUBISE, article Georges SOREL, Encyclopedia Universalis, 2004.
 
 
 
 

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08/08/2018

Pré-maraude du 7 / 08 / 2018.........

 

 

07/08/2018

SEUL UN RÉARMEMENT SPIRITUEL NOUS SAUVERA:

 

 

 

À L’ÉGLISE DE JOUER !

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

Ancien responsable syndical à la RATP
 
 

 

 

 

 

 

Depuis quelques années, nous avons à faire face à une situation dangereuse qui se concrétise par la pression de l’islam, par ses revendications de visibilité, sa présence autoritaire dans les quartiers des banlieues. En réponse, les Français vivent mal le laxisme des responsables. Ceux qui refusent d’intervenir pour des raisons politiques, à commencer par les traités, la Cour de justice européenne, etc.

 

 

 

L’islam est officiellement une religion, mais il est d’abord, et avant tout, un système politique « clés en main ». Toutes les décisions se réfèrent à la charia, de près ou de loin, et dans chacun des 57 pays musulmans de la planète.

 

 

Quand l’islam s’installe dans un pays non musulman, il ne se passe rien d’important puisque minoritaire. Ces représentants n’ont pas d’autres volontés que d’observer les possibilités qu’ils auront de prospérer. La démographie et l’immigration font le reste. L’islam a le temps pour lui.

 

 

 

Cette dimension du temps n’a jamais été prise en compte par nos gouvernants. De même, on analyse l’islam comme étant une religion parmi d’autres, à l’instar de celle des chrétiens. Pourtant, l’islam a démontré pendant des siècles qu’il pouvait se glisser dans une société et remplacer peu à peu les religions qui l’avaient précédé. L’Égypte chrétienne en est le meilleur exemple, les coptes peuvent en témoigner. De même, les peuples autrefois chrétiens, comme Byzance (Turquie) ou la Palestine, à la fois chrétienne et juive avant que l’islam s’installe.

 

 

 

Si les arabo-musulmans se sont imposé, et le plus souvent par la guerre, c’est aussi parce qu’ils ont rencontré des peuples qui se sont rapidement convertis. De gré ou de force ! En face de ces invasions multiples, les différentes religions ont abdiqué leurs libertés et elles ont accepté de devenir des dhimmis, des sujets de l’islam, des êtres inférieurs par définition, aux droits minorés et payant un impôt. En sus, les croyants devaient être humiliés. Les mécréants, s’il y en avait à l’époque, étaient massacrés.

 

 

 

 


Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, le seul moyen de combattre cette religion est de se réarmer spirituellement et de mener un combat religieux. La résistance physique est interdite, voire impossible.

 

 

 

L’espoir en des lois contraignantes si elles n’ont pas de glaives est vain.

 

 

 

Richelieu disait : « Faire des lois pour ne pas les appliquer revient à autoriser ce que l’on veut interdire. » J’en déduis que la responsabilité d’un combat spirituel de terrain en tout premier lieu revient à la hiérarchie des Églises chrétiennes. À celle des catholiques en tout premier. Celle-ci a pris une immense responsabilité en refusant de prendre en compte l’islam comme un vrai danger pour elle. Elle a commis trop d’erreurs graves d’appréciation. Il lui faut réagir !

 

 

 

Il est temps que la chrétienté prenne conscience de ses abandons multiples et se souvienne de son rôle premier qui est d’évangéliser et de transmettre le vrai message d’amour et de tolérance du Christ, à opposer à celui de mort.

 

 

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03/08/2018

Vilfredo Pareto:

 

 

Biographie :

 

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Vilfredo Pareto est né en 1848 à Paris, l'épicentre des révolutions populaires de cette année. Son père, Raphaël Pareto, est un ingénieur italien, noble génois, exilé d'Italie comme partisan de Mazzini, républicain et anti-piémontais ; sa mère, Marie Métenier (1813-1889), est française, issue d'une modeste famille de vignerons de l'Allier. Le grand-père paternel, Giovanni Benedetto Pareto, avait été fait baron de l'Empire par Napoléon.

 

 

Pendant son enfance, il fait ses études primaires à Paris, et son père ayant été politiquement réhabilité en 1858, ses études secondaires à Gênes. En Italie, Pareto vit dans un milieu de la classe moyenne, recevant une éducation de niveau élevé. Il fait des études supérieures de sciences mathématiques et physiques à Turin et, en 1870, il est diplômé en ingénierie de l'École polytechnique de Turin. Sa thèse est intitulée Principes fondamentaux de l'équilibre des corps solides. Il manifeste son intérêt pour l'analyse de l'équilibre en économie et sociologie et devient, en 1874, membre fondateur de la Società Adamo Smith (société florentine d'économie politique).

 

 

Pendant quelques années, il travaille comme ingénieur, d'abord pour la compagnie italienne des chemins de fer, publique, puis dans l'industrie privée et devient directeur des Ferriere italiane. Son travail le fait voyager.

 

 

En 1886 il devient maître de conférences à l'université de Florence. Son séjour à Florence est marqué par son activité politique, largement alimentée par ses frustrations contre les régulateurs étatiques. Libéral, il attaque le socialisme, le militarisme et le protectionnisme du gouvernement.

 

 

En 1889, après la mort de ses parents, Pareto change de style de vie : il quitte son travail et se marie à Alexandra Bakounine, d'origine russe. Il commence à écrire de nombreux articles polémiques contre le gouvernement, ce qui lui vaut des difficultés avec les autorités comme l'interruption d'une de ses conférences par la police ou le refus d'une autorisation d'enseigner l'économie politique.

 

 

En 1893, il est nommé maître de conférences en économie à l'université de Lausanne en Suisse à la place de Léon Walras qui le lui a proposé. À ce poste, il participe à la renommée de l'école de Lausanne : sous son impulsion en effet, les facultés de droit et de lettres proposent au canton de Vaud, en 1902, la création d'un nouveau diplôme universitaire, un diplôme de sciences sociales. En 1907, le canton crée la première chaire suisse de sciences politiques et sociales et la lui confie. En 1909, Vilfredo Pareto abandonne l'enseignement pour se consacrer entièrement à la sociologie et à l'écriture.

 

 

En 1898, il héberge des socialistes italiens fuyant la répression des émeutes.

 

 

 

En 1902, sa femme le quitte, mais le divorce n'est prononcé que le 19 juin 1923, deux mois avant sa mort. À partir de 1902, il vit avec Jeanne Régis, et ce, jusqu'à sa mort.

 

 

En 1906, il fait la fameuse observation selon laquelle vingt pour cent de la population possède quatre-vingts pour cent de la propriété en Italie, observation à l'origine du principe qui porte son nom.

 

 

En 1917, l'université de Lausanne organise son jubilé.

 

  

En 1923, il conseille aux fascistes d'adopter une politique libérale. Il meurt à Céligny, dans le canton de Genève, le 19 août 1923.

 

 

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31/07/2018

TRIPLE VIOL SUR L’ÉCOLE MODERNE:

 

 

 

 

 
 
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Son blog  

 

 

Selon une enquête annuelle d’Ipsos pour la Fondation du judaïsme français, relayée par Le Point, ce sont plus d’un tiers des enseignants qui minorent ou éludent complètement certains sujets au programme, notamment pour éviter des confrontations avec les élèves. Dans ces situations, les attitudes peuvent aller de la simple remise en question du contenu (74 %) en passant par la perturbation du cours (42 %) jusqu’au refus pur et simple de suivre le cours (16 %). Sans surprise, en zones appelées pudiquement « sensibles », les statistiques grimpent. Un enseignant sur quatre y élude ou abrège le contenu, et le refus de suivre les cours dans ces situations s’élève à 27 %.

 

 

Derrière les chiffres (qui ne nous surprennent même plus), les enseignants peinent eux-mêmes à comprendre comment l’école dite « de la République » a pu s’embourber dans une telle impasse. Pourtant, tout ceci s’explique par un triptyque destructeur qui vient violer l’enceinte sacrée de la transmission du savoir : la perte d’autorité, l’idéologisation de l’enseignement et l’exaltation multiculturelle.

 

L’autorité, d’abord, façonnée directement par les lubies post-soixante-huitardes n’aura cessé de péricliter. Interdire d’interdire passe par la glorification de « l’apprenant » et la dévalorisation de son maître, qui ne serait guère plus que le révélateur d’un savoir déjà là, bien qu’il peine souvent à se manifester. Souffrant d’un pédagogisme hors-sol, l’école moderne ne reconnaît plus au professeur la détention d’un savoir qu’il transmet, et par là même lui sape la légitimité et l’autorité qui en découlent. Puisque le maître n’est désormais qu’un élève un peu plus vieux que les autres, rien ne justifie qu’il les gouverne. Les années suivantes détruisirent progressivement les sanctions et disciplines précieuses à l’enseignant. L’enceinte s’est fracturée, pour ne pas dire effondrée.

 

 

 

Non contents de triturer le contenant, l’idéologue forcené n’aura pas résisté à toucher au contenu. L’école devient, par couches successives, le fer de lance des névroses idéologiques, grâce à une population d’enseignants acquis à la cause. Ils s’asseyent alors largement sur toute prise de distance et objectivité, même feintes, dans les matières stratégiques. L’histoire n’a plus de chronologie ; la science de la vie et de la terre promeut la pilule. On étudie Vian (c’est un gentil) et on piétine de Maistre (c’est un méchant). La brève philosophie démolit la thèse, déballe son antithèse, étale sa synthèse. On assomme l’élève de devoirs citoyens : il plante des arbres ; il combat le racisme ; il porte des jupes ; il se syndique ; il glande, si c’est pour une bonne cause. On démolit l’intelligence de la main tout en valorisant les bêtises de l’esprit. On sensibilise aux MST ; on exalte la culture « plastique ». Le collège est unique mais les idéologues sont nombreux. Mais dans une école qui éduque et n’instruit plus, tout devient plus critique et plus contestable.

 

 

Pénétrer l’enceinte de l’école et la souiller : on aurait pu s’arrêter là. N’être plus capable de rien était suffisamment grave. Cependant, il y manquait la violence. Dans une société qui se veut mille visages, mille origines, mille cultures, la France découvre progressivement mille confrontations. Si des professeurs se trouvent aujourd’hui dans l’obligation d’éviter certains sujets, c’est encore suite aux incantations égalitaristes des mêmes destructeurs. Exalter toutes les cultures, c’est, bien sûr, renoncer à la sienne et accepter que nos enseignements ne soient pas les leurs. Si l’élève prévaut sur le maître, si l’idéologie prévaut sur le savoir, alors comment ne pas se résigner à ce que l’individu prévale sur l’école.

 

 

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27/07/2018

COMMUNIQUÉ DU PASTEUR BLANCHARD :

 

 

 CARREFOUR, LE CHOIX DU HALLAL PLUTÔT QUE L’AIDE AUX NATIONAUX!

 

 

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Depuis 2005 l’Action Sociale Populaire, créée et dirigée par le Pasteur Jean Pierre Blanchard, se consacre à l’aide matérielle et psychologique de nos compatriotes français les plus démunis.
 
 
 
Parmi les besoins primaires pour les sans-abri, et ce grâce aux dons, l’association parvient à collecter en quantité suffisante vetements, chaussures, couvertures et nourriture.
 
 
Manquent parfois le plus couteux à savoir des duvets ou des kits d’hygiene (savon, dentifrice, lingettes, desinfectant…)
 
 
C’est dans ce cadre que le Secretariat Général de l’ASP a lancé en septembre dernierun appel aux 45 directeurs de magasins Carrefour de la région parisienne pour organiser une collecte à la sortie de leus magasins.
 
 
 
Face à cet appel, la reaction de la chaine de distribution ne fut que mépris et dédain : sur 45 demandes, et après de nombreuses relances, aucun directeur n’accepta de nous aider, sachant qu’aucune contribution ne leur était demandée.
 
 
Certains nous avouèrent ne pas vouloir “créer un sentiment d’exagération auprès de mes clients” (sic) ou “avoir pris des engagements avec d’autres associations”.
 
 
mais au final pas de hasard !
 
 
L’entreprise mondialiste qu’est Carrefour préfère en ce moment se consacrer au lancement prochain de sa gamme hallal “Yasmine”  (en rayon d’ici la fin de l’année)
 
 
A moins qu’elle ne préfère aider des associations dont le respect des traditions musulmanes est la première des préoccupations.
 
 
Par sa proximité historique avec les droites nationale , l’ASP incarne depuis des années l’engagement profondément social de notre famille de pensée, au service de la France et des Français en priorité.
 
 
 
C’est à ce symbole que nos ennemis mondialistes comme Carrefour veulent s’attaquer.
 
 
 
 
Avec l’ASP, le social continuera d’être la véritable défense des Nationaux !
 
 
 
 

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25/07/2018

Pré-maraude du 24 / 07 / 2018........

 

 

24/07/2018

SOIGNER LA DETTE PAR LA DETTE : LES PEUPLES AURAIENT DÛ CRIER AU FOU!

 

 

 

 

 

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La dette mondiale atteint 135.000 milliards de dollars (soit deux années de PIB mondial), selon le FMI, qui tire le signal d’alarme.

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 

Député européen du groupe ENL

 
 
 
 
 
 
 
 
 

La dette mondiale atteint des sommets. Écoutons Guillaume Maujean, dans Les Échos : « Il y a pourtant un indicateur qui ne s’est guère amélioré depuis la crise. Celui de l’endettement mondial. Il s’est même largement aggravé. Les États ont massivement emprunté pour relancer l’activité, les entreprises ont profité à plein de l’argent gratuit, les ménages ont continué d’acheter à crédit. »

 

 


 
Le chiffre de la dette mondiale atteint 135.000 milliards de dollars (soit deux années de PIB mondial), selon le Fonds monétaire international, qui tire le signal d’alarme. Le FMI craint que la croissance mondiale ne finisse par se fracasser sur ce chiffre délirant. Par ailleurs, Le Figaro nous explique que le déficit budgétaire français sera le pire de la zone euro (2,9 % contre 1,1 % en moyenne). Bravo, Macron !

 

 


 
Les cassandres pointent la Chine, qui ne cesse de creuser son endettement à coups de plans de relance massifs. L’équilibre mondial tient aujourd’hui grâce à l’abondance d’argent, taux zéro et QE, dans le système financier. « Mais le monde est en train de changer. Les grandes banques centrales mettent fin à l’ère des taux zéro et des gigantesques plans de rachats d’obligations. Elles sont bien placées pour savoir que les crises viennent toujours d’un excès de dette. » 

 

 

 


 
Nos politiques et les grands banquiers centraux ont soigné un excès de dettes par toujours plus de dettes ! On a soigné le mal par un mal supérieur ! Normalement, les peuples auraient dû crier au fou ! Mais qui comprend les problèmes monétaires ?

 

 


 
Un autre problème mondial concerne les gigantesques déficits commerciaux mondiaux. Les États-Unis ont le premier déficit commercial, avec 452 milliards de dollars de déficit, suivis par la Grande-Bretagne, avec 115 milliards, et par la France, avec 68 milliards.

 

 


 
Ces trois pays et tous les autres (Canada, Australie, Turquie, Arabie saoudite, Algérie, Brésil, Mexique…) sont en déficit et ne peuvent pas continuer à consommer beaucoup alors qu’ils ne produisent plus assez. Cela se traduit par de la dette. Le FMI, créé en 1945, avait pour objectif de garantir la stabilité financière des pays avec une mention particulière pour le commerce extérieur.

 

 

 


 
« Parmi tous les instruments dont ils disposent pour évaluer la compétitivité d’un pays, les économistes prêtent une attention toute particulière au commerce extérieur », écrit Gaëtan de Capèle dans Le Figaro, qui titre : « La France en panne de compétitivité. »

 

 

 


 
Le Figaro pointe le coût du travail excessif, le manque d’innovation, la qualité des produits insuffisante. Il oublie la fiscalité confiscatoire et nos dépenses sociales, qui atteignent 31,5 % du PIB, record des pays de l’OCDE. 

 

 

 


 
« Emmanuel Macron à la manœuvre pour une Europe qui protège. » Notre Président utopiste nie les réalités.

 

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20/07/2018

NOS AMIS...

 

 

 

 

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Jacques et Anne-Marie:

 

 



 
 

Chaque été, depuis bientôt vingt ans, mon épouse et moi-même allons passer une journée chez Jacques et Anne-Marie à Bécon-les-Bruyères  et cela fait deux années qu'ils nous font l'honneur et la gentillesse de venir à l'assemblée générale de l'ASP.

 

 

 

 

 

En attendant et comme de coutume, la splendide journée passée chez eux le week-end dernier fut un bouquet de rires et de chants, un panaché, bien frais, de discussions savantes et de bons mots. Et, n'oublions pas, bien sûr, le délicieux repas qu'ils avaient préparé. 

 

 

 

 

Dieu fasse que cette joie demeure. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce n'est pas d'hier, c'est à l'époque du "Paquebot", du temps de "l'Entraide nationale" et des "Soupes de Nuit à Saint-Lazare" que j'ai rencontré Jacques et Anne-Marie Parizel. Ils venaient trier des vêtements et du linge pour les donner à nos compatriotes dans le besoin. Et réceptionner, trier, ranger vos dons, ce n'est pas une mince affaire, c'est même beaucoup de travail : merci aux amateurs*. Car les maraudes, cela ne s'improvise pas, c'est toute une chaîne.

 

 

 

 

Malgré ma traversée du désert, Jacques et Anne-Marie sont restés de fidèles soutiens. Nous nous sommes pas perdus de vue. 

 

 

 

Dieu fasse que cette amitié demeure.


 

Pasteur   Blanchard