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09/10/2018

POLYGAMIE - AFRIQUE:

 

 

 

 

LES SÉNÉGALAISES INSTRUITES TROUVERAIENT DU CHARME À LA POLYGAMIE… BEN VOYONS !

 

 

 

 

 
 
 
 
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Un titre : « Au Sénégal, la polygamie ne rebute plus les femmes instruites. » Un chapeau : « La pratique, combattue autrefois par les féministes, attire une nouvelle génération de femmes. Par choix, mais aussi du fait de la pression sociale. »

 

 

Voilà, en résumé, tout ce que ne dit pas l’enquête de Coumba Kane, parue pourtant sous cette accroche le 11 mai dernier dans Le Monde Afrique.

 

 

En réalité, le racolage journalistique aura beau sous-entendre qu’on puisse donner envie de mœurs néo-païennes, ladite polygamie, loin de faire rêver, conserve visiblement toute son amertume. C’est pourquoi il convient de lire son papier en retirant soigneusement son titre et son chapeau.

 

 

« La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » Certaines iraient même jusqu’à choisir ce brin de liberté supposée, un mari étant bien vite encombrant à l’entretien. Il serait donc appréciable, pour la femme, de partager le travail avec l’une ou l’autre de ses co-épouses. C’est, du moins, le seul avantage qu’on réussira à lui trouver, malgré tout bien maigre face à l’accablante perspective qui s’ensuit.

 

 

 

« La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » Pourtant, cela ressemble toujours autant à l’apanage des hommes, seuls capables de dire « Je t’aime » à plusieurs femmes dans la même journée. Il les aime donc, et les jeux de l’amour et du hasard auront tôt fait de transformer un mariage sur trois en « polyamour », luxe que les femmes ne s’offrent pas (à supposer que cela les intéresse). Faire des études susciterait donc le même intérêt multiséculaire pour les vieux grippe-sous, à même de s’amouracher d’un joli minois en complément d’une femme surfaite. Si la polygamie ne rebute pas les femmes instruites, c’est que, loin d’être idiotes, elles en tireraient parti. Souffrons qu’elles ne soient pas la majorité.

 

 

 

« La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » On parle, là, de jeunes journalistes pimpantes, qui ont tout pour elles face au premier amour flétri, bien qu’on ignore si la flétrissure soit de la femme ou de l’amour. On croyait à ce dernier plus de vertu au point de traverser les âges et les sentiments. Du moins, c’est ce que vise le mariage (le vrai, monogame, celui-là). L’amour n’exclut pas le béguin, encore faut-il qu’il reste à sa place. Si l’on déchoit à l’épouse son exclusivité, c’est bien qu’on accepte d’y mettre un brin de concurrence.

 

 

 

« La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? »Cependant, la concurrence est bien là. Certains l’avouent sèchement : la polygamie est une arme de dissuasion, et un pouvoir face à l’épouse. L’homme qui doit tenir ses femmes joue la sécurité. Qu’il s’exaspère de l’une, il ira dans les bras de l’autre. La seule chose qu’il garde, c’est le contrôle, tandis qu’elles subissent, ni plus ni moins. Lâcheté de l’homme qui, en filigrane, admet avoir tant besoin d’elles.

 

 

« La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » À moins qu’elles n’aient finalement compris que l’instruction n’a pas eu raison de leur culture. L’enquête nous le dit : la pression sociale est telle qu’on préférera être un numéro d’épouses plutôt que de divorcer. La véritable raison, c’est la misère sociale qui guette la femme qui divorce.

 

 

Coumba Kane a bien fait de nous reparler de la polygamie. On se souviendra ainsi qu’elle n’a rien de glorieux. Pauvreté de l’homme, misère pour les femmes, nos sociétés moins patriarcales qu’on ne le dit avaient fait de la monogamie non seulement un idéal de l’amour mais, en substance, une sécurité sans précédent pour les femmes. Nonobstant nos divorces ravageurs, souhaitons qu’on la conserve intacte.

 

 

 

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02/10/2018

Une économie mondiale

 

 

 

 

 

 Fondée sur la dette conduira à une catastrophe pire que 1929

 

 

 

 
 
 
Économiste
 
 

 

 

 

Patrick Artus vient de déclarer, sur une grande chaîne de télévision, qu’un jour, il y aura une crise de la dette ! Les banques centrales ne peuvent pas passer leur temps à imprimer de la monnaie sans que rien ne se passe. Les banques centrales sont obligées de racheter des titres de dettes afin d’assurer la liquidité des marchés afin d’éviter la hausse des taux d’intérêt pour des économies (États, banques, entreprises, consommateurs) surendettées qui les précipiteraient vers l’insolvabilité, d’où un krach financier gigantesque mondial qui remettrait sans doute le capitalisme financier en question.

 

 

 

Tous les pays occidentaux – la Chine et le Japon inclus – sont tombés dans le piège de l’endettement fou ! La Chine, par exemple, augmente les déséquilibres mondiaux car elle s’endette en pratiquant la politique de fuite en avant, se prend pour l’Allemagne, augmente sa consommation d’une façon folle et ne fait plus d’enfants. La France a une dette de 2.200 milliards d‘euros qui représente 100 % de son PIB, tout comme les États-Unis avec un endettement public d’environ 20.000 milliards de dollars, soit 100 % également de leur PIB. Si l’on tient compte des engagements non financés à provisionner tels que des garanties de prêt à la Grèce, les retraites des fonctionnaires, les dettes d’entreprises publiques, la dette réelle de la France (ce que le joueur de flûte Macron se garde bien de nous dire) est même de 3.300 milliards d’euros, soit 48.000 euros par Français au lieu de 36.000 euros.

 

 

 

Les émissions nettes d’obligations dans le monde ne font qu’augmenter et pourraient bientôt atteindre les 3.000 milliards de dollars. Suite aux difficultés de la Chine, de l’Asie du Sud-Est, de l’Arabie saoudite avec le prix du pétrole, de l’Amérique latine, il y a malencontreusement de moins en moins d’acheteurs potentiels d’obligations, ce qui devrait contribuer à la hausse des taux d’intérêt. La Fed, en vendant des titres obligataires et des bons du Trésor, suite à sa politique de réduction de l’assouplissement quantitatif, devrait aussi alimenter le marché en titres. Le Japon va aussi diminuer ses achats de titres en pratiquant une politique analogue. Quant à la BCE elle est sur le point d’atteindre le plafond maximal de 33 % des obligations émises par de nombreux pays de la zone euro. Ses statuts l’empêchent d’acheter davantage de dette souveraine car cela serait considéré (même si c’est pourtant déjà le cas) comme un financement de la dette publique des États par la Banque centrale.

 

 

 

 

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a averti la semaine dernière de la nécessité d’une remontée des taux d’intérêt, tandis que la présidente de la Fed, Banque centrale des États-Unis, Janet Yellen affirmait avec un optimisme béat et un mensonge éhonté que nous ne connaîtrions jamais plus de crise financière « de notre vivant ». À ce moment même, toujours à Londres, l’Institute of International Finance nous informait que la dette globale mondiale atteignait maintenant 217.000 milliards de dollars, soit 327 % du PIB mondial, contre 276 % en 2007.

 

 

 

 

Le système ne peut plus continuer comme cela avec de la monnaie des banques centrales n’ayant plus comme contrepartie de l’or en garantie à l’actif mais – ce qui est ahurissant, illogique, anormal, inacceptable – des titres de dettes à long terme.

 

 

 

 

La vérité, c’est qu’on s’oriente pour toutes les raisons indiquées ci-dessus vers une hausse rapide, durable et importante des taux d’intérêt, dans un contexte d’inflation proche de zéro, suite à la mondialisation et à la numérisation, ce qui pourrait bien déclencher un krach financier et une gigantesque dépression économique pire qu’en 1929. La France, suite à son laxisme UMPS de quarante ans, serait particulièrement mal placée. Il n’est pas sûr que le banquier Macron, incapable également de maîtriser l’invasion migratoire, l’islam et le terrorisme, finisse son quinquennat à l’Élysée.

 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25/09/2018

DANS CERTAINS COINS DE FRANCE:

 

 

 

 

 

 

 ON A LE CHOIX ENTRE LE HALAL… ET RIEN !

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Pendant qu’une certaine France laïcarde frémit d’angoisse face à « l’invasion des crèches profanatrices de laïcité », le communautarisme musulman, tranquille comme Baptiste, use les nerfs de la nation.

 

 

 

Jugez plutôt : « La justice doit en effet trancher un litige opposant l’office de logement social de Colombes (Hauts-de-Seine), Colombes Habitat Public, au magasin d’alimentation Good Price, installé au pied des tours de la cité des Grèves, dans l’ouest de la ville. L’office, présidé par la maire Les Républicains de Colombes, Nicole Gouéta, reproche au commerce et à son gérant de ne pas respecter le contrat de location stipulant que le local doit être occupé par un “commerce général d’alimentation”. Or, Good Price est de facto une épicerie halal où le porc et le vin sont proscrits. Et l’office HLM attaque pour non-respect d’une clause du contrat dans l’intention affichée de ne pas permettre une “communautarisation” des commerces de la ville » (Le Figaro).

 

 

 

 

Mais comme l’a expliqué le gérant de l’enseigne incriminée, sa clientèle ne raffole pas du cochon et de l’alcool. Toutefois, la justice a tranché en ordonnant « la fermeture de l’épicerie halal qui ne vend pas de vin [estimant] que le commerce ne correspond pas à la “notion large d’alimentation générale” » (20minutes).

 

 

 

Ne boudons pas notre plaisir, pour une des rares fois que la justice décide de sonner la fin de la récréation à l’égard de ces exigences, pour la plupart incompatibles avec notre société.

 

 

 

Ces restrictions alimentaires islamiques s’invitent quelquefois violemment. En juin 2016, à Nice, une serveuse s’était vue menacée et giflée par un Tunisien – en situation irrégulière – parce qu’elle servait de l’alcool en période de ramadan. L’agresseur avait écopé de huit mois de prison ferme, au lieu d’être expulsé du territoire manu militari.

 

 

 

Des violences qui ne datent pas d’hier. Déjà en 2010, un boucher-charcutier portait plainte suite à une énième agression subie au marché de Sarcelles (Val-d’Oise) parce qu’on trouvait de la viande haram sur son étal, « le seul endroit dans la ville où on peut acheter des côtes de porc », soupirait à l’époque une cliente (Le Parisien).

 

 

 

 

Pourtant, en 2012, Le Monde, avec son sens aigu du déni, parlait d’« un passage de témoin en douceur » lorsque le dernier boucher traditionnel de Pantin prenait sa retraite, ce dernier reconnaissant « la disparition des bouchers “traditionnels” et l’essor des “halal” ». Son successeur a ouvert une boucherie confessionnelle musulmane.

 

 

 

Au-delà des quartiers à forte présence musulmane – où les commerces traditionnels de bouche jettent massivement l’éponge et cèdent la place au halal –, il suffit de se promener dans les rayons des enseignes de la grande distribution pour constater que le halal s’est installé confortablement sur l’ensemble du territoire, ce qui pose de sérieux problèmes de vivre ensemble, cette antienne qu’on nous sert pourtant matin, midi et soir !

 

 

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18/09/2018

Après Chemnitz, ça hurle au loup !

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

À Chemnitz, environ 50.000 personnes ont assisté, le 3 septembre, à un concert de rock pour protester contre la xénophobie. Rappelons que des manifestations qualifiées d’« extrême droite » ont lieu, depuis quelques jours, dans cette ville, après la mort d’un homme de 35 ans, tué à coups de couteau le dimanche 26 août : deux suspects, un Irakien et un Syrien, ont été arrêtés. Les organisateurs de ce concert voulaient que « les gens de Chemnitz ne se sentent pas seuls » face à l’extrême droite : le slogan « Nous sommes plus nombreux » avait été diffusé sur les réseaux sociaux.

 

 

On a pu, ainsi, entendre un célèbre groupe berlinois chanter : « Je plante la lame de mon couteau dans la gueule des journalistes », comme des rappeurs de bas étage. Bel exemple de tolérance ! Dans son répertoire, on trouve, d’ailleurs, des paroles tout aussi édifiantes : « Je donne des coups de pied dans le ventre de ta femme et bouffe le fœtus » ou « Si une femme n’est pas nue, je lui balance des billets/Si elle se déshabille, je lui balance des pierres ». Charmant, n’est-ce pas ? Il paraît que c’est de l’humour et de la provocation. Pas de quoi offusquer les médias, en tout cas, qui préfèrent souligner le danger que représenterait l’extrême droite en Allemagne, notamment le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD).

 

 

 

Autre « lanceur d’alerte », un chanteur vedette a déclaré : « Il est très important que nous arrêtions ce mouvement tant que c’est encore une boule de neige et avant que cela ne devienne une avalanche », ajoutant qu’« il ne s’agit pas ici d’une bataille gauche contre droite mais d’une évidence […] : s’opposer à une foule d’extrême droite qui devient violente ». Il condamne au nom de l’évidence : on cherche en vain des arguments contre la position des Allemands qui protestent contre une immigration débridée. Décidément, dans ce pays, les chanteurs engagés sont à la hauteur de leurs homologues français.

 

 

 

Les dirigeants allemands eux-mêmes ne sont guère plus tolérants. « Ce à quoi nous avons malheureusement assisté au cours des derniers jours […] n’a rien à voir avec le deuil d’un homme »mais vise « à lancer un message de haine contre les étrangers, les responsables politiques, la police et la presse libre », a affirmé le porte-parole d’Angela Merkel. Rien que ça ! Seul le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer (CSU), en bisbille avec la chancelière, a qualifié, selon le journal Die Welt, l’immigration de « mère de tous les problèmes » et expliqué que l’indignation des manifestants contre l’assassinat perpétré à Chemnitz n’en faisait pas des nazis.

 

 

 

Il est probable qu’un peu partout en Europe, à l’approche des élections européennes, les dirigeants europhiles vont crier au loup et dénoncer, comme Macron en Finlande, les « démagogues nationalistes » qui souhaitent « prendre l’Europe en otage » ». Notons que notre Président, qui a de moins en moins de soutiens en France, cherche en Europe des alliés. À croire qu’il est francophobe, lui qui traite les Français de « fainéants, cyniques, extrêmes » ou de « Gaulois réfractaires au changement ». Il devrait demander aux « artistes » qu’il avait invités à l’Élysée pour la fête de la Musique de lui composer un pot-pourri de ces épithètes.

 

 

 

En Allemagne, l’AfD profite sans doute de ce fait divers tragique pour étendre son influence : il est de bonne guerre de souligner les erreurs de la majorité au pouvoir. Mais vouloir faire passer ceux qui dénoncent la politique migratoire d’Angela Merkel pour des nostalgiques du nazisme, c’est tomber dans l’outrance, le fanatisme… et la bêtise.

 

 

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11/09/2018

UN ÉTAT DE DROIT:

 

 

 

 

 À GÉOMÉTRIE VARIABLE

 

 

 

 

 

Censé nous garantir de l’arbitraire du pouvoir et protéger nos libertés, l’État de droit est devenu le faux nez d’un régime autoritaire qui n’hésite pas à s’en exonérer.

 

 

 
 
 
 
 

Député européen du groupe ENL

 
 

L’État de droit est un concept juridique, philosophique et politique. Il implique la primauté du droit sur le pouvoir politique. Tous, gouvernants et gouvernés, doivent le respecter.

 

 

Or, quand on prétend faire respecter le droit international, la moindre des choses pour le défendre est de le respecter soi-même. C’est un gage d’honnêteté et de crédibilité.

 

 

Il faut bien avouer qu’aujourd’hui, il est devenu un prétexte fallacieux, une couverture à géométrie variable qui sert à assouvir les intérêts de ceux qui nous gouvernent. On l’invoque pour les uns et on en exonère les autres, avec une facilité sans équivoque. Vaste imposture, ce procédé n’en demeure pas moins fort injuste.

 

 

Il en va des frappes militaires sans mandat de l’ONU comme des résultats de référendums non respectés. Un droit international équitable voudrait, d’ailleurs, que l’on se prononce aussi promptement dans un conflit comme dans l’autre… suivez mon regard en direction des peuples yéménite, kurde ou chypriote ! De la même façon, des individus entrés illégalement sur notre territoire pour des raisons économiques se voient nourris, hébergés et soignés gracieusement, alors que d’autres, qui travaillent, paient et se taisent, sont lourdement sanctionnés pour avoir simplement enfreint la législation routière, par exemple. En matière de gestion des flux migratoires, il semble dorénavant que ce soit la politique du fait accompli qui fasse loi. Pour un « État de droit », quel comble !

 

 

La liberté d’expression, en principe fondement de l’État de droit, se voit chaque jour plus restreinte. La censure dont sont l’objet internautes et contributeurs éditoriaux sur les réseaux sociaux est désormais courante au seul prétexte de lutte contre les discriminations et autres phobies supposées. S’il ne fallait qu’une seule preuve de l’état d’avancement de notre décadence, ce serait celle-là !

 

 

La défense de l’État de droit n’a jamais empêché les gouvernements de s’octroyer toujours plus de pouvoir sur nos vies. Cette énonciation ne vaut pas que pour la France. Si l’on regarde à l’extérieur des frontières hexagonales, les États-Unis sont probablement l’exemple paradigmatique de cette triste réalité.

 

 

En définitive, il est devenu une vulgaire caution pour fabriquer notre consentement à la domination gouvernementale. Il est, au même titre que la démocratie, destiné à entretenir l’illusion du contrôle d’une machine dont l’action échappe, en réalité, à la volonté de ceux qui la subissent.

 

 

Censé nous garantir de l’arbitraire du pouvoir et protéger nos libertés, l’État de droit est devenu le faux nez d’un régime autoritaire qui n’hésite pas à s’en exonérer. Il faut balayer cette imposture et rendre le pouvoir au peuple, à l’exemple de ce que font les gouvernements réellement démocratiques de Pologne et de Hongrie. Le soleil se lève à l’est.

 
  
 

 

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04/09/2018

SUPPRESSION DU PORTABLE À L’ÉCOLE ET AU COLLÈGE ?

 

 

 

 TROP TARD !

 

 

 

 

 

 
 
 
Ecrivain, musicienne, plasticienne
 
 
 
 
 

 

Il y a des images, au hasard des rues, qui en disent plus long que n’importe quel discours. On s’arrête soudain devant une scène qui nous fige, étonné, et l’on se dit que le monde a bien changé.

 

 

 

Ainsi au moment des vacances d’hiver ou de printemps (arrachées de haute lutte à Noël et Pâques), quand les groupes d’adolescents en « voyage scolaire » traînent autour des monuments de Paris. Il y a… quoi, dix ans, quinze peut-être ? c’était le chahut, les cris et les rires, les bousculades potaches.

 

 

 

Désormais, c’est le silence et toutes les têtes baissées, chacun le nez dans son portable. On ne lève plus la tête pour contempler les tours de Notre-Dame ou l’Arc de Triomphe. Non, au mieux on leur tourne le dos pour un de ces selfies qui partiront dire au monde qu’on était là, devant ce monument qu’on n’a même pas regardé sinon dans sa petite lucarne.

 

 

 

Un ami me racontait cet été son désarroi quand, accompagnant son petit-fils de dix ans pour un départ en colonie de vacances, une tristesse immense l’avait saisi devant tous ces enfants silencieux, eux aussi le nez dans leur portable. Il se rappelait l’excitation de nos départs, la bousculade, les rires, la joie de se faire de nouveaux amis…. Au lieu de ça, le silence, l’isolement, chacun dans sa bulle.

 

 

 

Alors, je comprends le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui, voulant respecter la promesse de campagne du candidat Macron, annonce pour la rentrée 2018 la suppression des portables à l’école primaire et au collège. « Nous sommes en train de travailler sur cette question pour les modalités », a-t-il déclaré dimanche au « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI« , évoquant, ce qui n’est guère repris, une question de « santé publique » ; et pas seulement parce que des enfants dont le cerveau est encore malléable passent leur temps devant des écrans mais parce qu’ils n’ont plus, dans la cour de l’école ou du collège, d’activités physiques ! Fini les moments de jeux, essentiels pourtant à la socialisation comme à la santé, si bien qu’on croise aujourd’hui des adolescents qui souffrent de pathologies de vieillards…

 

 

 

 

Monsieur Blanquer a raison mais, hélas, cela ne suffit pas, car on doute grandement que cette mesure de simple bon sens puisse jamais être appliquée. C’est trop tard, je le crains.

 

 

 

Le ministre parle de casiers sécurisés. « Parfois, vous pouvez avoir besoin du téléphone portable pour des usages pédagogiques […] pour des situations d’urgence, donc il faut qu’ils soient en quelque sorte confinés », a-t-il expliqué. Cela « existe déjà » dans certains établissements, « il y a des collèges qui réussissent à le faire ». Les ministres s’en passent bien quand ils assistent au Conseil, alors pourquoi pas les gamins à l’école…

 

 

 

Sans doute, mais ça risque de coincer du côté des parents, eux-mêmes totalement accros, et pour qui le téléphone est l’ultime nounou. Une étude de 2015 chiffrait à 80 % le nombre d’enfants équipés d’un portable à l’entrée en sixième. Dans une société qui ne fonctionne qu’aux marqueurs sociaux, le portable est le sésame qui vous fait accéder au groupe et l’on peut imaginer que les primes de Noël serviront, cette année encore mais plus que jamais, à équiper des familles sans le sous avec les technologies dernier cri.

 

 

 

Levi’s et Google ont lancé, au printemps dernier, leur première veste connectée. On trouve déjà des « tenues sportives à l’intelligence artificielle », des T-shirts et des soutiens-gorge « traqueurs d’activité », et puis de jolis manteaux-traceurs pour les petits enfants, GPS intégré mieux qu’un fil à la patte. On découvre même qu’une « Maman geek » a lancé une ligne de pyjamas connectés qui permettent de « faciliter la vie des parents, créer du lien social et favoriser l’éveil des plus jeunes » (sic) en les envoyant directement… sur le portable.

 

 

Quand on vous dit que c’est trop tard !

 

 

 

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21/08/2018

La violence au quotidien :

 

 

 

 

 

 

L’enfer, c’est pour les autres !

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

Deux faits divers récents, rapportés dans Le Parisien, n’ont pas fait la une des médias. Trop ordinaires, sans doute. Ils sont pourtant révélateurs de deux formes de violence dont les autorités publiques ne veulent pas reconnaître la gravité.

 

 

 

 

 

 

Jeudi 18 mai : les cours sont interrompus dans un lycée d’Étampes. Deux mineurs se sont introduits dans une salle de classe pour agresser une élève : deux professeurs, voulant s’interposer, ont été frappés. Les deux jeunes sont finalement interpellés. « Ceux qui ont vu l’agression nous ont dit que c’était super violent », témoigne un élève.

 

 

 

 

 

Ces adolescents auraient mené une expédition punitive contre la copine de l’un d’entre eux. Ils auraient sauté par-dessus la clôture et tranquillement demandé leur chemin. L’un avait déjà été condamné pour violences dans un établissement scolaire. Pire encore ! Un exercice anti-intrusion avait eu lieu la semaine précédente : cette fois, l’alarme n’aurait même pas sonné.

 

 

 

 

 

Nul doute qu’on va dénoncer le manque de moyens, accuser la région qui assume la charge et la protection matérielle des lycées, trouver des excuses aux deux jeunes : ils doivent être bien mal dans leur peau, la société doit être bien injuste envers eux pour qu’ils en arrivent à cette extrémité ! Bref, on ne fera pas grand-chose, jusqu’au prochain incident.

 

 

 

 
C’est le lot quotidien de certains établissements solaires.
 
 
 
 

 

Dans le même temps, un autre article du Parisien nous apprend que le quartier Chapelle-Pajol, dans l’est de Paris, est interdit aux femmes. Elles ne peuvent se déplacer sans subir les remarques et les insultes des hommes. L’une d’entre elles déclare : « L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles. »

 

 

 

 

Une autre raconte que « ça fait des mois que [sa] fille de 12 ans ne va plus seule au collège, ni nulle part dans le quartier, d’ailleurs ». Dernièrement, c’est une vieille dame de 80 ans qui a été agressée sexuellement, en rentrant dans son immeuble : elle reste désormais retranchée dans son appartement. Les filles ne peuvent pas porter un pantalon trop serré, encore moins une jupe, sans se faire insulter. Pas question de fréquenter un café, bien sûr !

 

 

 

 

Ce ne sont pas quelques machistes ou quelques maniaques en manque qui ont ce comportement : d’après Le Parisien, ce sont des vendeurs à la sauvette, des dealers, des migrants et passeurs qui tiennent les rues, harcèlent les femmes, imposent leur loi. Cela fait plus d’un an que ça dure… Les habitantes de La Chapelle-Pajol tentent de résister : elles organisent des marches dans les quartiers où elles sont indésirables et ont rédigé une pétition, intitulée « Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris ».

 

 

 

 

 

La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes va avoir du boulot !

 

 

 

 

 

Ces deux exemples montrent combien les autorités démissionnent devant la violence physique ou verbale. Elles pratiquent la politique de l’autruche, la culture de l’indulgence, la victimisation des coupables pour minimiser la situation et se donner – hypocritement – bonne conscience. Elles ne nomment pas le mal, pensant ainsi l’effacer. Et puis, tant que cela ne se produit pas dans les beaux quartiers, c’est comme s’il ne se passait rien.

 

 

 

 

 

Une fois de plus, ce sont les plus défavorisés qui pâtissent de ce laxisme général, de cet angélisme complice. Dormez tranquilles, braves gens des beaux quartiers : l’enfer, c’est pour les autres ! Le nouveau gouvernement réagira-t-il plus fermement que le précédent ?

 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17/08/2018

Maurice Barrès, Leurs Figures (1902):

 

 

 

Maurice Barrès 1.jpg

 

 

parJean Garrigues

Professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans, 

 

 

 

eurs Figures  [1][1] Maurice Barrès, Leurs Figures, Paris, F. Juven, 1902,..., est le troisième volet de la trilogie de Maurice Barrès intitulée Le Roman de l’énergie nationale. Quelque peu déçu par sa première expérience politique comme député boulangiste de la troisième circonscription de Nancy, de 1889 à 1893, candidat malheureux à Neuilly en 1896, puis de nouveau à Nancy en 1898, il a entrepris de raconter les espoirs et les désillusions de sa génération dans cette nouvelle trilogie romanesque.

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Dans le premier volet, Les Déracinés (1897), il a décrit les grandes ambitions d’un groupe de lycéens lorrains, incités à vivre leurs rêves de gloire par Bouteiller, leur professeur de philosophie  [2][2] Personnage inspiré par Auguste Burdeau, qui fut.... Ils sont donc partis tenter l’aventure, Renaudin comme journaliste, Suret-Lefort en politique, tandis que Sturel, double de Barrès, joue un double rôle d’acteur politique et de juge. Dans le deuxième volume, L’Appel au soldat (1900), il raconte son aventure boulangiste, ses succès électoraux mais aussi ses déceptions face à la grande foire du boulangisme. Mais c’est surtout dans Leurs Figures, significativement dédié au nationaliste antisémite Édouard Drumont, que Barrès livre sa vision la plus critique et la plus désenchantée du monde politique. Le roman est en effet centré sur le scandale de Panama comme catalyseur de la pourriture parlementaire. Mais le paradoxe de l’écrivain, c’est que cette répulsion voisine avec une véritable fascination, qui fait de ce roman un objet plus complexe qu’il n’y paraît, et surtout un témoignage criant de vérité sur le théâtre politique de son temps.

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La répulsion antiparlementaire est le fil conducteur de Leurs Figures. La Chambre des députés y est présentée comme l’antre de la médiocrité et la bassesse, car « ces médecins, ces avocats, ces industriels », « par cette médiocrité qui leur permit de ne point offusquer l’électeur », « nous donnent la moyenne de leur arrondissement » (p. 5). Il ne leur reconnaît qu’une seule qualité, « commune à tous : la combativité. » Car, écrit Barrès, « quelles ruses et quelle ténacité ne fallut-il pas au plus humble de ces élus contre ses adversaires, pour les vaincre, et contre ses amis, pour les évincer ! » Mais c’est une combativité malsaine, faite avant tout de « caponerie, c’est-à-dire le caractère d’un joueur rusé, fin, ennemi de tout héroïsme, appliqué seulement à prendre ses avantages. »

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Ce sont des opportunistes, à l’instar de son ex-camarade « ingénieux et véreux » Suret-Lefort (dont l’un des modèles est le lorrain Raymond Poincaré), capable de trahir son parti si ses intérêts le réclament, « déraciné de toute foi » et subissant « simplement l’atmosphère, les fortes nécessités du milieu » (p. 6). Suret-Lefort par exemple « ne vote jamais d’après son sens propre et sur la question présentée, mais toujours pour ou contre le ministère », selon les nécessités de son ascension partisane (p. 7). « Toujours pressé, sa serviette de cuir noir sous le bras », il s’efface « d’un joli air devant des collègues importants », distribuant « des éloges à des sexagénaires » (p. 11-12). La vie de Paris ayant fait de lui « un être absolument étranger à la notion du vrai », le Palais-Bourbon l’a complété « en lui donnant de la lâcheté ». Par ailleurs, il n’hésite pas à trahir son ancien professeur, car aspirant « à prendre dans la majorité républicaine la place que Bouteiller, compromis et décrié ne semblait plus en puissance de tenir » (p. 274).

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Comme lui, la plupart des députés sont incapables de prendre de la hauteur, de « servir le pays », de « se libérer des soucis du candidat pour devenir des hommes politiques », uniquement préoccupés qu’ils sont « de satisfaire dans la surenchère électorale leurs comités » (p. 18-19). En fait, l’explication de cette lâcheté et de cet opportunisme, aux yeux de Barrès l’idéaliste, c’est que les députés sont dominés par la peur :

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Peur de quoi ? Un peu de peur, le matin, en ouvrant leur courrier, les journaux de leur arrondissement, les lettres de leur comité ; un peu de peur, dans les couloirs, s’il faut refuser tel vote, s’aliéner celui-ci, se différencier de celui-là ; un peu de peur, même chez l’orateur le plus habile, quand il s’agit de prendre position à la tribune. (p. 13)

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Et c’est précisément cette peur panique qui s’empare du Palais-Bourbon au moment où éclate le scandale de Panama, à la rentrée parlementaire de l’automne 1892.

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« C’est, dit Sturel, la panique des animaux quand, à des signes multiples, ils pressentent un tremblement de terre et quand le sol commence à manquer sous leurs pas. » Il décrit « les couloirs où les députés se jettent, à trois heures, sur la Cocarde  [3][3] Dirigée par Barrès en 1894-1895., comme au réveil ils s’étaient jetés sur la Libre Parole  [4][4] Journal d’Édouard Drumont. et sur l’Intransigeant  [5][5] De l’ex-boulangiste Rochefort., pour savoir si on les dénonçait. » Et « leurs figures  [6][6] D’où le titre du roman. qu’ils veulent faire sereines, trahissent leurs battements de cœur ; les plis de leur front, leur hébétude, car ils s’épuisent à supputer les raisons du ministre pour les couvrir. » (p. 25)

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Le scandale de Panama n’est aux yeux de Barrès que la partie émergée d’un iceberg d’affairisme et de corruption, qui est au cœur du monde parlementaire. L’une des figures de député corrompu est un député conservateur, le baron de Nelles, qui « ne qualifiait jamais un collègue par son attitude politique, mais par les affaires où il le savait mêlé. » Et de citer Maurice Rouvier, plusieurs fois ministre des Finances et président du Conseil, le garde des Sceaux François Thévenet ou le ministre du Commerce et de l’Industrie Jules Roche, trois familiers de l’affairisme. Ce qu’explique Barrès :

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Qu’on soit agent électoral dans un arrondissement ou chef de groupe à la Chambre, le maniement des hommes nécessite beaucoup d’argent : des dîners, des secrétaires, des journaux, et surtout de la générosité. C’est pour être généreux que tant de parlementaires sont malhonnêtes. Suret-Lefort qui savait, pour s’en être fait des succès dans les réunions publiques, que les concussionnaires abondent au Palais-Bourbon, fut tout de même interloqué d’apprendre petit à petit, et des membres de la majorité, que les fournitures de la Guerre, les Conventions avec les grandes Compagnies, la conversion des obligations tunisiennes, les rachats de Chemins de fer et la constitution du Réseau de l’État étaient des « affaires ». (p. 7)

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C’est dans ce système qu’ont prospéré les intermédiaires de la corruption, ceux par qui le scandale de Panama est arrivé, le baron de Reinach, parent du député Joseph Reinach, et l’ex-médecin Cornelius Herz, ami notamment de Georges Clemenceau. Proche d’Édouard Drumont, dont le journal La Libre Parole a dévoilé en septembre 1892 « les dessous de Panama », Maurice Barrès est très bien informé sur les tenants et les aboutissants du système de corruption mis en place par la Compagnie, et sur le rôle que les deux intermédiaires y ont joué. Le premier

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entrait dans toutes sortes d’affaires où il apportait comme contribution son influence parlementaire. Dans les fournitures militaires, dans les Chemins de fer du Sud, on vit son action prédominer et toujours avec un caractère d’infamie […] L’influence parlementaire du baron de Reinach tenait le plus souvent à des secrets surpris, à des complicités antérieures. Il ne la vendait si cher qu’en faisant comprendre à ses acheteurs que refuser ses services, c’était s’assurer son hostilité. (p. 40)

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Herz [que Barrès appelle Cornelius] et Reinach ont :

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chacun leur personnel à la Chambre et dans les ministères. L’équipe du baron de Reinach, c’étaient les rédacteurs de la République française  [7][7] Journal fondé par Gambetta. : Devès, président du Conseil d’administration, Antonin Proust, Jules Roche, Rouvier, etc. Comme trotteur, il usait de son neveu et gendre Joseph Reinach. Mais comment se passer des radicaux à une époque où les ministères étaient tous de concentration ? De là, le rôle de Cornelius. Celui-ci disposait de la Justice et avait de nombreuses relations à l’extrême-gauche : Clemenceau et Ranc étaient ses hommes. Il allait trouver un Freycinet  [8][8] Plusieurs fois ministre. et, brutal juif, disait à ce petit homme faible, merveilleusement intelligent et bien élevé : « Si vous ne nous donnez pas cela, nous avons un groupe qui votera contre vous. » Freycinet s’est plaint à d’honnêtes gens de cet état de choses. (p. 44-45)

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Quant à Reinach, il

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avait la passion de collectionner des « petits papiers » avec quoi, dans le parlementarisme français, qui n’est qu’un système de chantage, on fait marcher les hommes. […] Le 17 juillet 1888, le baron de Reinach fit copier par ses employés des chèques, que le même jour, et pour assurer des concours à la Compagnie de Panama, il distribua aux hommes politiques. Sur ces copies il laissa en blanc le nom des donneurs d’acquit, mais, de sa propre main, il inscrivit des initiales indiquant les véritables bénéficiaires des chèques. Voilà un précieux document. (p. 49)

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C’est en effet un bordereau qui a circulé au moment du scandale, attestant d’une liste de 104 « chéquards » (parmi lesquels Rouvier, Thévenet et Roche) qui auraient reçu de l’argent de la Compagnie.

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Mais ce qui est passionnant dans Leurs Figures, c’est que ce monde politique présenté comme un monde de médiocrité, de lâcheté et de corruption, exerce une fascination telle sur Maurice Barrès que sa description des grandes heures du scandale dans l’hémicycle apparaît comme un morceau de bravoure de la littérature parlementaire. C’est ainsi qu’il décrit la séance du 21 novembre 1892, la « Journée de l’Accusateur », le député nationaliste Jules Delahaye, ex-compagnon de Barrès dans l’aventure boulangiste. Tout y est : la préparation du discours (« Tout le dimanche, il s’enferma avec ses fortes phrases qu’il forgeait, essayait, remettait encore sur l’enclume pour qu’elles ne lui manquassent pas dans la bataille », p. 99) ; la montée de la tension avant la séance (« À cinq heures, on crut entendre les trois coups au rideau pour l’ouverture d’un drame que tout le monde annonçait sans connaître les collaborateurs ni le scénario. » p. 103) ; l’introduction dramatique : « Je vous apporte, disait-il, mieux que l’affaire Wilson. Celle-là n’était que l’impudence d’un homme. Panama, c’est tout un syndicat politique sur qui pèse l’opprobre de la vénalité » (p. 105) ; la gestuelle de l’accusation : « Magnifique jeu de scène ! Delahaye maintenant désignait du doigt les concussionnaires. Oui, son doigt, que six cents parlementaires suivaient, cherchait sur leurs bancs les criminels épars. » (p. 107) ; le rôle du président de la Chambre Charles Floquet, « penché jusqu’à mi-corps de sa haute tribune », et qui « ne cessait d’insulter l’orateur en l’observant », le sommant de livrer les noms (p. 109) ; enfin les réactions de la salle : « À chaque allégation de son réquisitoire, les pupitres soudain battus par cinq cents passionnés pour grossir leur clameur rappelaient le bruit de friture suivi d’un cri que fait le fer rouge sur l’épaule d’un galérien. » (p. 108)

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Et l’on retrouve le même mélange de précision journalistique et d’émotion dramatique dans la description de la séance du 20 décembre 1892, intitulée par Barrès « la première charrette » car elle voit le vote de la levée d’immunité parlementaire pour cinq députés. Le récit par Barrès de l’arrivée de Maurice Rouvier, le principal accusé du jour, est empreint d’une fascination troublante :

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Avec son aplomb de sanguin fortement musclé, ses larges épaules, son regard de myope qui ne daigne s’arrêter sur personne, avec tout cet aspect singulier d’Arménien transporté des quais de Marseille à Paris, et toujours parlant haut, de cette admirable voix autoritaire qui, depuis quatre ans, brutalise, subventionne et soutient tout ce monde-là, il allait parmi les journalistes, de groupe en groupe, disant : « - Qui cite-t-on sur les chèques ? » (p. 135)

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De même pour l’affrontement qui suit entre Paul Déroulède, chef de file des nationalistes, et Georges Clemenceau, chef de file des radicaux, accusé (à tort) d’avoir été corrompu par son ami Cornelius Herz. Pour Barrès, c’est « un nouveau scandale », car « on va débusquer, pousser du toril dans l’arène le plus sauvage, le plus féroce de tout le pâturage parlementaire, le petit taureau au large poitrail, au mufle carré, celui qui épouvante les meilleurs “espadas”, M. Clemenceau. » La mise en scène romanesque de cet affrontement au sommet est grandiloquente, à l’instar de la tirade accusatrice de Déroulède, surnommé par ses contemporains « le poète de la Revanche » :

22

La voix de l’orateur, son grand corps penché, sa légende d’honneur, ses phrases trop rapides pour les sténographes eux-mêmes, son bras perpétuellement levé, baissé, comme s’il lapidait un infâme, c’est une avalanche brutale qui va de la tribune contre une seule poitrine et que rien dans cette déroute du règlement ne pourrait arrêter. (p. 143)

23

La riposte de Clemenceau est finement décrite, par un connaisseur de l’éloquence parlementaire :

24

Cet homme né agressif et qui, même dans la vie familière, procède par interpellation directe et par intimidation, ne pouvait avoir qu’une méthode : d’opposer à un réquisitoire une provocation et de se justifier en courant sus à l’accusateur. Mais le milieu parlementaire, nonobstant les licences de cette soirée exceptionnelle, impose des formes convenues aux sentiments que de tels ennemis voudraient traduire sur l’heure en violences. L’outrage, la haine, l’appétit de sang, Clemenceau ne les montra d’abord que dans sa façon d’accentuer et de ponctuer. Et cet endiguement des fureurs haussait ce corps à corps jusqu’au caractère royal d’une tragédie. (p. 148)

25

Clemenceau revient au premier plan du récit lors de la séance du 21 juin 1893, qui le voit ridiculiser les accusations, totalement fantaisistes d’un autre député nationaliste, Lucien Millevoye :

26

On eût dit d’un somnambule, écrit Barrès à propos de l’accusateur maladroit. Sa complaisance, qui décevait ses amis secrets et comblait ses adversaires, suscita un carnaval de lazzis et d’injures […] Spectacle navrant de voir cet honnête homme décervelé et comme ensorcelé sous la frénétique incantation des coquins. (p. 243)

27

Et c’est ainsi qu’un « tourbillon d’injures, un cyclone prend Millevoye sur la tribune, le porte hors de la Chambre. Pour lui, momentanément, tout est perdu (hormis l’honneur). » (p. 246)

28

En réalité, cette ultime « journée » panamiste, qui s’achève dans le ridicule pour les accusateurs nationalistes, marque bel et bien la fin du scandale. Clemenceau en paiera injustement les pots cassés en perdant son siège de député du Var, mais le rapport de la commission d’enquête parlementaire aura définitivement enterré l’affaire des « chéquards. » D’où l’amertume de Barrès :

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Aux élections d’août-septembre 1893, le plus grand nombre des chéquards furent réélus. Comme jadis après la fièvre boulangiste, l’accès de Panama tombé, on était revenu au plus immoral « chacun pour soi ». Dès l’instant que l’opposition avait écarté les moyens révolutionnaires et refusé d’exiger une dissolution, les parlementaires ne s’étaient plus inspirés que du « Sauve qui peut ! » ordinaire. Devant les électeurs, ils s’entr’aidèrent ou se trahirent, selon leurs convenances, qu’ils fussent de droite ou de gauche, intacts ou tarés. (p. 274)

30

 

31

Pour qui chercherait à comprendre les tenants et les aboutissants du scandale de Panama, Leurs Figures n’est évidemment pas le témoignage à privilégier. C’est le point de vue, à la fois subjectif et romanesque, d’un acteur engagé dans le courant nationaliste, solidaire des Delahaye et autre Déroulède, écrivant à charge contre un système politique qu’il se propose de balayer.

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Mais cette critique féroce du monde parlementaire se juxtapose à une fascination pour ce monde, pour ses acteurs comme pour ses rituels. Sous la plume incisive, parfois haineuse de Barrès, émergent malgré lui les figures majestueuses d’un Rouvier ou d’un Clemenceau, que politiquement il exècre. Sous le récit militant de l’antiparlementarisme, apparaît une description minutieuse du théâtre parlementaire, de ses coulisses, de ses mises en scène et de ses moments forts. « Pour moi, ces spectacles ignobles me transportent de lyrisme », avouera-t-il un jour. Et c’est précisément ce qui fait l’intérêt primordial de Leurs Figures, aux yeux de l’historien de la vie parlementaire. Au-delà des outrances militantes et des emportements romanesques, Maurice Barrès nous offre un témoignage exceptionnel sur le monde parlementaire de son temps, tant par la qualité journalistique de ses observations que par sa capacité à restituer la grandeur lyrique de ce monde à l’apogée de son histoire. Au confluent de plusieurs champs d’histoire, politique, littéraire, culturelle ou anthropologique, Leurs Figures est une sorte d’archétype dans ce champ d’études nouveau que constitue le roman parlementaire.

 

Notes

[1]

Maurice BarrèsLeurs Figures, Paris, F. Juven, 1902, 301 p.

[2]

Personnage inspiré par Auguste Burdeau, qui fut le professeur de Barrès à Nancy, avant de devenir député du Rhône et plusieurs fois ministre.

[3]

Dirigée par Barrès en 1894-1895.

[4]

Journal d’Édouard Drumont.

[5]

De l’ex-boulangiste Rochefort.

[6]

D’où le titre du roman.

[7]

Journal fondé par Gambetta.

[8]

Plusieurs fois ministre

 

 

Maurice Barrès 2.jpg

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07/08/2018

SEUL UN RÉARMEMENT SPIRITUEL NOUS SAUVERA:

 

 

 

À L’ÉGLISE DE JOUER !

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

Ancien responsable syndical à la RATP
 
 

 

 

 

 

 

Depuis quelques années, nous avons à faire face à une situation dangereuse qui se concrétise par la pression de l’islam, par ses revendications de visibilité, sa présence autoritaire dans les quartiers des banlieues. En réponse, les Français vivent mal le laxisme des responsables. Ceux qui refusent d’intervenir pour des raisons politiques, à commencer par les traités, la Cour de justice européenne, etc.

 

 

 

L’islam est officiellement une religion, mais il est d’abord, et avant tout, un système politique « clés en main ». Toutes les décisions se réfèrent à la charia, de près ou de loin, et dans chacun des 57 pays musulmans de la planète.

 

 

Quand l’islam s’installe dans un pays non musulman, il ne se passe rien d’important puisque minoritaire. Ces représentants n’ont pas d’autres volontés que d’observer les possibilités qu’ils auront de prospérer. La démographie et l’immigration font le reste. L’islam a le temps pour lui.

 

 

 

Cette dimension du temps n’a jamais été prise en compte par nos gouvernants. De même, on analyse l’islam comme étant une religion parmi d’autres, à l’instar de celle des chrétiens. Pourtant, l’islam a démontré pendant des siècles qu’il pouvait se glisser dans une société et remplacer peu à peu les religions qui l’avaient précédé. L’Égypte chrétienne en est le meilleur exemple, les coptes peuvent en témoigner. De même, les peuples autrefois chrétiens, comme Byzance (Turquie) ou la Palestine, à la fois chrétienne et juive avant que l’islam s’installe.

 

 

 

Si les arabo-musulmans se sont imposé, et le plus souvent par la guerre, c’est aussi parce qu’ils ont rencontré des peuples qui se sont rapidement convertis. De gré ou de force ! En face de ces invasions multiples, les différentes religions ont abdiqué leurs libertés et elles ont accepté de devenir des dhimmis, des sujets de l’islam, des êtres inférieurs par définition, aux droits minorés et payant un impôt. En sus, les croyants devaient être humiliés. Les mécréants, s’il y en avait à l’époque, étaient massacrés.

 

 

 

 


Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, le seul moyen de combattre cette religion est de se réarmer spirituellement et de mener un combat religieux. La résistance physique est interdite, voire impossible.

 

 

 

L’espoir en des lois contraignantes si elles n’ont pas de glaives est vain.

 

 

 

Richelieu disait : « Faire des lois pour ne pas les appliquer revient à autoriser ce que l’on veut interdire. » J’en déduis que la responsabilité d’un combat spirituel de terrain en tout premier lieu revient à la hiérarchie des Églises chrétiennes. À celle des catholiques en tout premier. Celle-ci a pris une immense responsabilité en refusant de prendre en compte l’islam comme un vrai danger pour elle. Elle a commis trop d’erreurs graves d’appréciation. Il lui faut réagir !

 

 

 

Il est temps que la chrétienté prenne conscience de ses abandons multiples et se souvienne de son rôle premier qui est d’évangéliser et de transmettre le vrai message d’amour et de tolérance du Christ, à opposer à celui de mort.

 

 

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31/07/2018

TRIPLE VIOL SUR L’ÉCOLE MODERNE:

 

 

 

 

 
 
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Selon une enquête annuelle d’Ipsos pour la Fondation du judaïsme français, relayée par Le Point, ce sont plus d’un tiers des enseignants qui minorent ou éludent complètement certains sujets au programme, notamment pour éviter des confrontations avec les élèves. Dans ces situations, les attitudes peuvent aller de la simple remise en question du contenu (74 %) en passant par la perturbation du cours (42 %) jusqu’au refus pur et simple de suivre le cours (16 %). Sans surprise, en zones appelées pudiquement « sensibles », les statistiques grimpent. Un enseignant sur quatre y élude ou abrège le contenu, et le refus de suivre les cours dans ces situations s’élève à 27 %.

 

 

Derrière les chiffres (qui ne nous surprennent même plus), les enseignants peinent eux-mêmes à comprendre comment l’école dite « de la République » a pu s’embourber dans une telle impasse. Pourtant, tout ceci s’explique par un triptyque destructeur qui vient violer l’enceinte sacrée de la transmission du savoir : la perte d’autorité, l’idéologisation de l’enseignement et l’exaltation multiculturelle.

 

L’autorité, d’abord, façonnée directement par les lubies post-soixante-huitardes n’aura cessé de péricliter. Interdire d’interdire passe par la glorification de « l’apprenant » et la dévalorisation de son maître, qui ne serait guère plus que le révélateur d’un savoir déjà là, bien qu’il peine souvent à se manifester. Souffrant d’un pédagogisme hors-sol, l’école moderne ne reconnaît plus au professeur la détention d’un savoir qu’il transmet, et par là même lui sape la légitimité et l’autorité qui en découlent. Puisque le maître n’est désormais qu’un élève un peu plus vieux que les autres, rien ne justifie qu’il les gouverne. Les années suivantes détruisirent progressivement les sanctions et disciplines précieuses à l’enseignant. L’enceinte s’est fracturée, pour ne pas dire effondrée.

 

 

 

Non contents de triturer le contenant, l’idéologue forcené n’aura pas résisté à toucher au contenu. L’école devient, par couches successives, le fer de lance des névroses idéologiques, grâce à une population d’enseignants acquis à la cause. Ils s’asseyent alors largement sur toute prise de distance et objectivité, même feintes, dans les matières stratégiques. L’histoire n’a plus de chronologie ; la science de la vie et de la terre promeut la pilule. On étudie Vian (c’est un gentil) et on piétine de Maistre (c’est un méchant). La brève philosophie démolit la thèse, déballe son antithèse, étale sa synthèse. On assomme l’élève de devoirs citoyens : il plante des arbres ; il combat le racisme ; il porte des jupes ; il se syndique ; il glande, si c’est pour une bonne cause. On démolit l’intelligence de la main tout en valorisant les bêtises de l’esprit. On sensibilise aux MST ; on exalte la culture « plastique ». Le collège est unique mais les idéologues sont nombreux. Mais dans une école qui éduque et n’instruit plus, tout devient plus critique et plus contestable.

 

 

Pénétrer l’enceinte de l’école et la souiller : on aurait pu s’arrêter là. N’être plus capable de rien était suffisamment grave. Cependant, il y manquait la violence. Dans une société qui se veut mille visages, mille origines, mille cultures, la France découvre progressivement mille confrontations. Si des professeurs se trouvent aujourd’hui dans l’obligation d’éviter certains sujets, c’est encore suite aux incantations égalitaristes des mêmes destructeurs. Exalter toutes les cultures, c’est, bien sûr, renoncer à la sienne et accepter que nos enseignements ne soient pas les leurs. Si l’élève prévaut sur le maître, si l’idéologie prévaut sur le savoir, alors comment ne pas se résigner à ce que l’individu prévale sur l’école.

 

 

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