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28/04/2020

721 SDF morts dans la rue en 2019:

 

 

 

 

 

 

 

 

 Mais on achète des hôtels pour les migrants…

 

 

 

 

 

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Le nouveau mobilier urbain de Madame Hidalgo a été conçu pour éviter que les SDF ne viennent y trouver refuge…

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
Journaliste
 
 
 
 
 
 

Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

 
 
 
 
 
 
 

Ce quinquennat misérable s’achève sur un bilan peu glorieux qui n’est pas celui, pourtant désastreux, du chômage. Celui des 721 SDF, ces laissés-pour-compte de notre société, qui sont morts dans la rue, comme 721 bougies qui se seraient éteintes dans l’indifférence de la nation. 721 cadavres relevés dans nos rues pendant les 365 jours de 2019. Pour cette année 2020, déjà, ce sont 104 corps qui ont été retrouvés sur le macadam, dont Christina, âgée de 45 jours, et Christian, un pauvre hère abandonné de 72 ans.

 

 

 

 

Un terrible bilan, en effet, peu glorieux mais hélas endémique, pour ceux qui ont la charge de la survie de leurs concitoyens. Et lorsque les statistiques vous annoncent froidement que la moyenne d’âge de ces victimes de l’indifférence est de 49 ans, on ne peut que s’offusquer du peu de réalisme de notre devise républicaine : liberté (oui, celle de crever dans la rue), égalité (non), quant à la fraternité, qu’en dire ?

 

 

 

 

Chacun d’entre nous est responsable, bien sûr, quand nous tournons la tête devant ce pauvre homme qui nous tend une main crevassée.

 
 
 
 
 
Chacun d’entre nous devrait remettre une piécette à cette main qui appelle au secours afin de pouvoir dormir ce soir, dans un foyer ou un petit hôtel. Mais que penser de cet État dit républicain qui abandonne ainsi les plus faibles ? Que penser, par exemple, de Mme Hidalgo, que les bobos parisiens ont placée pour six ans à la tête du destin de la capitale, lorsque l’on apprend que le nouveau mobilier urbain a été conçu pour éviter que les SDF ne viennent y trouver refuge ? Que penser lorsqu’une dépêche très peu diffusée par nos médias nous informe que la République vient de racheter à Accor 62 hôtels Formule 1 pour y  loger, non pas des Français, mais une dizaine de milliers de migrants ?
 
 

 

 

 

En effet, la SNI, filiale de la Caisse des dépôts qui vient de remporter l’appel d’offres du gouvernement afin de créer des logements d’urgence, a donc acquis, dans un premier temps (ce qui veut dire que les achats d’hôtels vont se poursuivre), 62 hôtels économiques dont les chambres vont être réhabilitées et leur gestion confiée à Adoma.

 

 
 
 

Allez-vous continuer à dormir tranquilles lorsque cette injustice est institutionnalisée ? Allez-vous continuer à voter pour des hommes et des femmes aussi peu soucieux du sort de leurs concitoyens et qui leur préfèrent une population allogène venue d’ailleurs et en toute illégalité ? Car, nous le savons bien, en dehors de quelques milliers de migrants venus chercher la paix chez nous, et que nous devons accueillir, l’immense majorité sont des clandestins économiques qui viennent tenter d’occuper nos villes et nos campagnes, et souvent dans un but de nous inculquer, insidieusement, leur religion.

 

 

 

 

Le quotidien La Croix a eu le courage de publier le nom de ces 501 morts anonymes pour qui le collectif Les Morts de la rue avait organisé, le 23 mars dernier, un hommage solennel sur la place du Palais-Royal à Paris. Face au Louvre, posées sur de petits tapis verts figurant le gazon d’un cimetière, 501 feuilles portant le nom des 501 victimes de notre société avaient été disposées au pied d’un petit pot de primevères. Chaque feuille, bordée d’un liseré noir, mentionnait le nom du défunt, son âge, la date et l’endroit où son corps avait été trouvé.

 

 

 

 

46 de ces personnes étaient des femmes, 11 des mineurs. 5 étaient réputées mortes de froid, les autres avaient succombé à une maladie, un accident, une agression ou à leur suicide. De fait, ils étaient surtout morts de notre insensibilité. De la lâcheté endémique de notre société et de ses gouvernants.

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

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21/04/2020

Le confinement pénitentiaire: arme de destruction psychologique et de neutralisation politique:

 

 

  Par Khider Mesloub.

 

 

 

 

 

La politique de confinement est l’ultime tentative désespérée d’un système capitaliste en déclin de freiner sa chute, accélérée par l’irruption du coronavirus, qu’il rend mensongèrement responsable de l’effondrement de l’économie. Pour juguler la pandémie,  dans l’affolement et l’improvisation, de nombreux gouvernements affligés par ailleurs d’une une crise économique plus  mortelle que le coronavirus, incapables d’aligner des équipements médicaux et une armée de médecins pour combattre efficacement et humainement la pandémie du COVID-19, ont,  de manière machiavélique, décrété de combattre stratégiquement leur population par confinement, cette arme psychologique de destruction massive  censée anéantir le virus de la contestation populaire mondialement répandu ces récentes années, afin  de conjurer  l’amorce de soulèvements sociaux dans ce contexte d’effondrement économique marqué par les faillites d’entreprises, l’explosion du chômage et la crise sanitaire.

 

 

 

Aussi, dans cette crise du COVID-19, faut-il redouter la maladie ou le confinement ? L’internement des citoyens innocents en bonne santé, décrété au nom de la prétendue protection des personnes âgées et vulnérables, à notre époque hautement technologique censée être équipée d’infrastructures médicales de pointe, interpelle à plus d’un titre.

 

 

 

 

Sans conteste, le confinement, procédé « moyenâgeux », pour reprendre la formule du professeur Didier Raoult, constitue une mesure qu’aucun dictateur n’aurait désavoué. D’aucuns s’interrogent sur l’auteur étatique mystérieux de l’invention du virus concocté par quelque laboratoire malveillant. La vraie question à poser serait plutôt : les virus ayant toujours existé, connaissant leur taux de létalité (estimé à moins de 2 % de décès), pourquoi avoir suscité une telle peur panique parmi les populations sinon pour légitimer le confinement pénitentiaire, décrété, lui, pour des desseins initialement inavoués et inavouables. Mais, aujourd’hui, ces desseins se révèlent au grand jour, à considérer l’incessante activité ministérielle des différents gouvernements de la majorité des pays, illustrée par le nombre incommensurable d’ordonnances promulguées ces deniers jours. À l’évidence, chaque État, à la faveur du confinement, s’applique à blinder son pouvoir despotique par l’instauration de mesures sécuritaires et attentatoires à la liberté, sous couvert de pandémie du Covid-19. Sous prétexte de guerre virologique, les classes dominantes mènent une guerre de classe aux classes populaires. Les dirigeants profitent de la pandémie pour aggraver les lois antisociales et la dictature étatique, renforcées par la militarisation de la société. Nous assistons, impuissants, à un véritable « coup d’état sanitaire » perpétré dans de nombreux pays. En lieu et place d’équipements médicaux et de personnels soignants, nous avons droit, en guise de médication politique, à une artillerie de lois répressives et au déploiement de militaires pour nous soigner contre notre virus contestataire létal.

 

 

Globalement, les premières retombées rentables surgies de ce confinement ne bénéficient qu’aux classes dominantes. En effet, profitant de notre frayeur et de notre tétanisation suscitées par la médiatisation terrifiante de la pandémie du Covid-19, de notre emprisonnement domiciliaire, de l’état de siège et de l’interdiction de rassemblement et de manifestation, les classes possédantes du monde entier ont fait voter par leur État, en l’espace de quelques jours, des dizaines de lois de régression sociale et de répression politique qu’aucun tyran n’aurait osé imposer.

 

 

 

Concomitamment, ces classes possédantes ont instauré, pour sauver leurs richesses aux moyens de renflouements des banques, de subventions aux entreprises, d’exemptions fiscales, de nationalisations de certains secteurs, le socialisme pour les riches, et ont perpétué en l’aggravant le capitalisme pour les pauvres. Comme on le relève, la gestion de la crise prétendument «sanitaire» confine davantage à une opération de sauvetage de la santé (momentanément) de l’économie des capitalistes mise sous perfusion alimentée par l’argent public, plutôt qu’à la protection de la vie des malades (qui en dépit du confinement partiel à géométrie variable ne cessent de décéder par milliers). Nonobstant la gravité de la crise sanitaire, les États ont débloqué mille fois plus d’argent public pour subventionner les trusts, les banques, les bourses que pour secourir financièrement et matériellement les hôpitaux et autres structures pour lutter contre le COVID-19.  En effet, excepté les discours incantatoires, le volet sanitaire n’a bénéficié d’aucune mesure concrète matérialisée par l’acquisition d’équipements médicaux toujours cruellement défaillants dans les établissements de soin, ni dans la « société civile » où la population demeure toujours en butte à la pénurie de matériels de protection (masques, solutions hydro alcooliques, tests de dépistage, gants), livrée à elle-même sans protection ni soin, et, dans cette phase de confinement, sans approvisionnement alimentaire, en particulier dans certains pays pauvres où le confinement s’apparente à un véritable blocus.

 

 

 

 

Quoi qu’il en soit, en dépit des tentatives de neutralisation de la contestation sociale et politique par le confinement, les peuples ont déjà discerné la source du problème de la crise sanitaire et économique actuelle. Au-delà du mystérieux virus invisible agité comme un épouvantail par les classes dirigeantes pour terrifier les populations, le mystère de l’origine des crises sanitaires et économiques virales actuelles se dévoilent. Le «patient zéro» a été identifié par l’ensemble des peuples meurtris : il s’agit du capitalisme mortifère. Aujourd’hui, le virus capitaliste a muté en sa version périlleuse dont on observe les premiers symptômes létaux. Le grand capital fait déjà payer l’effondrement économique aux classes populaires, réduites au chômage et à la paupérisation absolue.

 

 

 

Une chose est sûre : le monde entier assiste à la faillite d’un système économique en déclin, à la débâcle de l’ordre social dominant, à l’échec historique d’une classe bourgeoise agonisante, à l’incurie criminelle des Etats, à la tentative de militarisation de la société impulsée par les classes dominantes aux fins de sauver désespérément leur système.

 

 

Heureusement, cette crise inédite de cette ampleur commence à déclencher de profondes mutations dans les consciences, des interrogations sur la pérennité du modèle économique dominant, de réelles aspirations à la transformation de la société. Certes, l’onde de choc suscitée par la désagrégation brutale de l’économie et par l’amoncellement de cadavres livrés cruellement à la crémation tétanise encore la population atterrée, enterrée. Mais la colère, souterrainement, gronde, fermente, monte.

 

En tout état de cause, si, historiquement, le capitalisme a constitué originellement une réponse économique progressiste aux limites stérilisantes du féodalisme, aujourd’hui il représente un obstacle, voire un danger, à l’évolution humaine, au développement des forces productives, contraignant les peuples opprimés, notamment les travailleurs, à devoir à leur tour le dépasser par l’instauration de leur mode de production supérieur fondé sur des rapports sociaux humains égalitaires. Particulièrement en cette période de pandémie du COVID-19, exigeant la mise en commun, à l’échelle mondiale, de toutes les ressources et connaissances scientifiques, par-delà les intérêts étatiques nationalistes (liés aux classes possédantes propriétaires des moyens de production et d’échanges) pour œuvrer collectivement au développement des ressources sociales collectives et à la conception rapide d’un vaccin en vue de l’administrer gratuitement à toutes les victimes dans le monde entier.

 

Mesloub Khider  

 

 

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07/04/2020

Covid-19 – crise sanitaire – écologique – économique – mondiale:

 

 

 

 

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La société – la nature – le coronavirus

 

 

 

This paper is available in English-Italiano-Spanish on this webmagazine:
1.04.2020-Covid 19-English-Italiano-Spanish

 

 

This paper is available in Portuguese on this blogue: https://queosilenciodosjustosnaomateinocentes.blogspot.co...

 

 

La sphère «naturelle-environnementale-écologique» est déjà subsumée dans un système capitaliste entièrement mondialisé, réussissant à changer les conditions climatiques de base et à dévaster tous les écosystèmes précapitalistes (féodal, esclavagiste, primitif)  au point qu’ils ne fonctionnent plus comme jadis. C’est là un facteur de causalité, puisque tous ces processus de dévastation écologique réduisent «le type de complexité environnementale où la forêt entrave les chaînes de transmission». En réalité, il est erroné  de considérer ces régions «sauvages-naturelles» comme une «périphérie» du mode de production capitaliste. Le capitalisme est déjà mondialisé, et déjà en train de se «totaliser» (globaliser). Il n’a plus de frontière ni d’arête avec une sphère naturelle non capitaliste qui le dépasse, et il n’y a donc plus de grande chaîne de développement économique dans laquelle les pays «arriérés» suivraient ceux qui les précèdent dans leur ascension dans la chaîne de valeur, ni de véritable nature sauvage capable d’être préservée dans une sorte d’état immaculée et intact. Le mythe du «retour à la terre mère nourricière» a vécu.  Le capital n’a plus qu’un arrière-pays subordonné, lui-même entièrement subsumé dans l’intégralité des chaînes de valeur mondiale. Les systèmes sociaux qui en résultent – y compris tout ce qui va du prétendu «tribalisme, caste et communautarisme», à la renaissance des religions fondamentalistes – sont des produits contemporains et sont presque toujours de facto branchés sur les marchés mondiaux de la surconsommation et du gaspillage.

 

 

 
 
(FILES) In this file photo taken on June 30, 2017, a juvenile Sunda pangolin feeds on termites at the Singapore Zoo.

Il en va de même pour les systèmes biologiques et écologiques qui en résultent, puisque les zones «sauvages-authentiques-tribales» rentrent en fait dans cette économie mondiale, à la fois dans le sens abstrait de la dépendance vis-à-vis de la structure économique globale et de la superstructure sociale (l’industrie du tourisme exotique et toxique) qui y sont liés et dans le sens concret de l’insertion dans ces chaînes de valorisation mondialisées où l’unique source de valeur est le travail salarié. Nous pouvons déjà anticiper le problème qui se pose aux maitres du capital quand ils décrètent le confinement du travail salarié.

Ce contexte complexe crée les conditions nécessaires à la transformation de souches virales «sauvages» en pandémies mondiales. Ce qui s’est probablement produit dans cette nouvelle ville de Wuhan à la croisée de la modernité capitaliste technologique, industrielle, de l’urbanité des gratte-ciels – et de la féodalité paysanne chinoise en cours de désintégration-absorption – l’hypermarché aseptisé climatisé jouxtant des abattoirs à ciel ouvert et des taudis de proximité. Mais le Covid-19 n’est pas le pire de tous. «Une illustration idéale du principe de base – et du danger viral mondial – se trouve plutôt dans Ebola. Le virus Ebola est un cas clair de réservoir viral existant qui se propage dans l’espèce humaine. Les preuves actuelles suggèrent que ses hôtes d’origine sont plusieurs espèces de chauves-souris originaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui agissent comme porteurs mais ne sont pas eux-mêmes affectés par le virus. Il n’en va pas de même pour les autres mammifères sauvages, tels que les primates et les céphalopodes, qui contractent périodiquement le virus et souffrent de flambées rapides et mortelles. Le virus Ebola a un cycle de vie particulièrement agressif, au-delà des espèces qui en font un réservoir. Par contact avec n’importe lequel de ces hôtes sauvages, l’homme peut également être infecté, avec des résultats dévastateurs.» (1) https://les7duquebec.net/archives/253400

 

 

 

La maladie est souvent présentée comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle, au mieux aléatoire, au pire imputable aux pratiques culturelles «impures et sauvages» des populations arriérées vivant dans les forêts reculées. Mais le calendrier de ces deux grandes épidémies (2013-2016 en Afrique de l’Ouest et 2018, comme c’est le cas en RDC) n’est pas une coïncidence. Elles se sont toutes deux produites précisément au moment où l’expansion des industries primaires a déplacé davantage les populations forestières primitives et perturbé les écosystèmes locaux. En fait, «chaque épidémie d’Ebola semble liée à des changements d’utilisation des terres causés par le capital, y compris depuis la première épidémie à Nzara, au Soudan, en 1976, où une usine financée par le Royaume-Uni a filé et tissé du coton local» (…) « De même, les épidémies de 2013 en Guinée se sont produites juste après qu’un nouveau gouvernement ait commencé à ouvrir le pays aux marchés mondiaux et à vendre de grandes étendues de terre à des conglomérats internationaux de l’agroalimentaire.  L’industrie de l’huile de palme, connue pour son rôle dans la déforestation et la destruction écologique à l’échelle mondiale, semble avoir été particulièrement responsable, car ses monocultures dévastent à la fois les robustes redondances écologiques qui contribuent à interrompre les chaînes de transmission et attirent littéralement les espèces de chauves-souris qui servent de réservoir naturel pour le virus. » (2) https://les7duquebec.net/archives/253400

 

 

L’industrie des ONG écologistes contre les braconniers aborigènes

 

 

Parallèlement, la vente de grandes étendues de terre à des entreprises agroforestières multinationales entraîne à la fois la dépossession des habitants de la forêt et la perturbation de leurs formes locales de production et de récolte qui dépendent de l’écosystème. Cela ne laisse souvent d’autre choix aux pauvres des zones rurales que de s’enfoncer davantage dans la forêt, alors même que leur relation traditionnelle avec cet écosystème a été perturbée. Il en résulte que la survie dépend de plus en plus de la chasse au gibier sauvage ou de la récolte de la flore locale et du bois pour la vente sur les marchés mondiaux. Ces populations deviennent alors les souffres douleurs des organisations écologistes mondiales et de l’industrie des ONG environnementales, qui les décrivent comme des «braconniers» et des «bûcherons illégaux» responsables de la déforestation et de la destruction écologique qui les ont poussés à faire ce commerce. Souvent, le processus prend ensuite une tournure beaucoup plus sombre, comme au Guatemala, où les paramilitaires issus de la guerre civile ont été transformés en forces de sécurité «vertes-écologiques», chargées de «protéger» la forêt de l’exploitation forestière illégale des «natives», 

 

de la chasse et du narcotrafic qui étaient les seuls métiers disponibles pour ces habitants indigènes –  poussés à de telles activités précisément à cause de la violente répression subie de la part de ces mêmes paramilitaires pendant la guerre. Ce modèle a depuis été reproduit dans le monde entier, encouragé par les médias sociaux des pays à hauts revenus qui célèbrent l’assassinat (souvent photographier) de «braconniers indigènes» par des mercenaires – des paramilitaires – soi-disant «verts et écologiques» (3). https://les7duquebec.net/archives/253400

 

 

La nature de l’État bourgeois

 

 

Cela nous donne une idée de la nature de l’État bourgeois, en nous montrant comment il développe des techniques  innovantes de contrôle social et de « containment » des crises, pouvant être déployées même dans des conditions où l’appareil d’État est déficient. De telles conditions, en revanche, offrent une image encore plus intéressante de la manière dont la classe dirigeante d’un pays donné pourrait réagir lorsque des crises généralisées et une insurrection appréhendée provoquent des vacances du pouvoir dans les États totalitaires (sachant que selon nous – tous les États bourgeois sont aujourd’hui totalitaires). La crise du coronavirus a permis d’observer que les différents pays capitalistes développés se sont rangés pour la deuxième fois depuis la seconde guerre mondiale derrière le challenger chinois et contre l’hégémonique Amérique défaillante et déclinante. (4) https://les7duquebec.net/archives/253280

 

 

 

En Chine, tout comme dans les pays occidentaux (France, Italie, États-Unis), l’épidémie virale a été en tout point favorisée par les mauvaises coordinations entre les différents niveaux de gouvernement : l’insuffisance des ressources préventives locales et la négligence des fonctionnaires locaux va à l’encontre des intérêts du gouvernement central, les mécanismes inefficaces de signalement dans les hôpitaux et la fourniture extrêmement médiocre de soins de santé de base n’en sont que quelques exemples. En Chine, entre-temps, les différents gouvernements locaux sont revenus à la normale à des rythmes différents, presque totalement hors du contrôle de l’État central. Ces quarantaines de bricolage ont fait que les réseaux logistiques de ville à ville sur de longues distances restent perturbés, puisque tout gouvernement local semble capable d’empêcher simplement les trains ou les camions de marchandises de passer ses frontières. Et cette incapacité de base des gouvernements les oblige à traiter la crise du virus comme s’il s’agissait d’une insurrection populaire, jouant la guerre civile et la répression contre un ennemi invisible (le virus) et son bouc émissaire (le peuple). La même problématique semble aujourd’hui s’installer aux États-Unis mais pas dans les vieilles démocraties européennes rompues à l’art de mystifier les masses.  https://les7duquebec.net/archives/253280

 

 

Cette répression particulière bénéficie de son caractère apparemment humanitaire, l’État étant en mesure de mobiliser un plus grand nombre de locaux pour aider à ce qui est, essentiellement, la noble cause de l’étranglement de la propagation du virus en étouffant la cupidité et l’insouciance du prolétaire indifférent ou négligeant (sic). Mais, comme on peut s’y attendre, ces mesures de répression se retournent toujours contre le prolétariat et la population. La contre-insurrection est, après tout, une sorte de guerre désespérée menée uniquement lorsque des formes plus  subtiles de conquête politique, d’apaisement social et d’aliénation économique sont devenues inopérants. Ces actions coûteuses, inefficaces et d’arrière-garde-réactionnaires, trahissent l’incapacité profonde de la puissance chargée de la déployer – qu’il s’agisse des intérêts coloniaux français ou britannique, de l’Empire américain en déclin ou de la conquête hégémonique chinoise. Le résultat de la répression est presque toujours une seconde insurrection, ensanglantée par l’écrasement de la première et rendue encore plus désespérée.

 

 

 

 

 Mais d’autres effets ont été moins visibles, bien qu’ils soient sans doute beaucoup plus importants. De nombreux travailleurs migrants, y compris ceux qui étaient restés dans leur ville de travail pour le festival de printemps ou qui ont pu rentrer avant la mise en place des différents confinements, sont maintenant coincés dans une dangereuse impasse. À Shenzhen, où la grande majorité de la population est constituée de migrants, les habitants signalent que le nombre de sans-abri a commencé à augmenter. Mais les nouvelles personnes qui apparaissent dans les rues ne sont pas des sans-abri de longue durée, mais ont plutôt l’apparence d’être littéralement jetées là avec nulle part où aller – elles portent toujours des vêtements relativement beaux, ne savent pas où dormir en plein air ni où trouver de la nourriture. Plusieurs bâtiments de la ville ont connu une augmentation des petits vols, principalement de nourriture livrée aux portes des résidents qui restent à la maison pour la quarantaine. Dans l’ensemble, les travailleurs perdent leurs salaires car la production est au point mort. Les meilleurs scénarios pendant les arrêts de travail sont des quarantaines dormantes comme celle imposée à l’usine Foxconn de Shenzhen, où les nouveaux rentrés sont confinés dans leurs quartiers pendant une semaine ou deux, reçoivent environ un tiers de leur salaire normal et sont ensuite autorisés à retourner à la chaîne de production. Les entreprises plus pauvres n’ont pas cette possibilité, et la tentative du gouvernement chinois comme des gouvernements des pays industrialisés d’offrir de nouvelles lignes de crédit bon marché aux petites entreprises ne servira probablement pas à grand-chose à long terme. Dans certains cas, il semble que le virus va simplement accélérer les tendances préexistantes en matière de délocalisation des usines, car des entreprises comme Foxconn augmentent leur production au Vietnam, en Inde et au Mexique pour compenser le ralentissement. » (5) https://les7duquebec.net/archives/253400  La crise économique, accélérée par la crise sanitaire, ne change rien aux lois du développement capitaliste qui la produite.

 

 

On tente d’éradiquer la pandémie en soutenant les profits

 

 

Dans quelques pays (France, Allemagne, Canada, Japon, Russie, et certaines entreprises chinoises, etc.) l’État a prévu le versement d’indemnités (jusqu’à 75% du salaire ou encore des semaines de congés payés) aux travailleurs mis en chômage forcé. Sans concertation entre eux, ces gouvernements capitalistes d’Orient et d’Occident profitent de cette lutte systématique contre la pandémie pour peaufiner leurs politiques, programmes et mesures économiques et sociales pour propager (propagande), faire accepter (produire du consentement, de la résignation et de la repentance), contrôler, réprimer si nécessaire, et embrigader la populace sous la botte de l’État totalitaire militarisé, soi-disant en guerre totale pour le salut de la patrie et de la planète. C’est l’apothéose de l’État « providence », le fétiche de la petite bourgeoisie parasitaire…

 

 

 

L'armée étant appelé à contribuer à l’effort de guerre sanitaire totale dont l’intensité doit être maintenue au plus haut niveau d’hystérie afin de justifier l’immense effort collectif dont la populace n’imagine pas encore l’ampleur dantesque à venir, quand viendra le temps de rembourser les dettes ubuesques, exactement comme après chaque guerre mondiale. Hier, on demandait au soldat sur le front de sacrifier sa vie pour la patrie et pour son foyer. Aujourd’hui, on demande à chaque citoyen «mondialisé» – puisque la guerre est désormais globale et totale – de sacrifier ses libertés, son revenu, sa libre pensée, pour sauver l’État totalitaire compassé et l’humanité traumatisée (sic).

 

 

Toutefois, une telle problématique présente rapidement ses limites. Au cours des premières semaines du mois de mars 2020, des millions de travailleurs ont été mis au chômage forcé, certains avec compensations partielles, la majorité sans compensation aucune. En paralysant de la sorte leur appareil productif réel (oublions l’économie financière boursière spéculative sans emprise sur les forces productives et de commercialisation), les États du G20 ont tari leurs sources de production et de consommation alors que dans le même temps ces États surendettés (dette globale mondiale de 1,8 million de milliards de dollars) adoptaient des plans d’urgence pour un total de 5000 milliards de dollars de dépenses supplémentaires : 2000 milliards de USD pour les États-Unis déjà endettés de 22000 milliards de dollars, 110 milliards de C$D pour le Canada, 1200 milliards d’euros pour l’Allemagne, etc. https://les7duquebec.net/archives/253689

 

 

La partie congrue de ce capital virtuel – de cette fausse monnaie-crédit – est destinée aux grandes corporations multinationales qui forgent l’économie mondialisée, ce qui explique que les bourses du monde entier aient rebondi momentanément des abysses où elles s’étaient égarées au début de la pandémie. Mais chacun des boursicoteurs qui pavoise cyniquement présentement sait pertinemment que cette bouffée d’air éphémère et illusoire ne durera pas jusqu’à la fin du printemps. Qu’adviendra-t-il de ces gouvernements surendettés, dépensiers, paniqués, dépensant d’une main l’argent de « Monopoly », qu’ils impriment et ne possèdent pas et réduisant de l’autre main leurs sources de revenus (la production et la consommation)? Qu’adviendra-t-il de ce confinement résigné de centaines de millions de gens paniqués à qui on demande de choisir entre mourir de faim ou de la grippe? Alors qu’on leur a imposé ces sacrifices futiles en prétextant ainsi les réchappés de l’un et de l’autre. https://les7duquebec.net/archives/253707

 

 

Le germe de l’insurrection et de la révolte

 

 

 

Le risque est grand à l’heure où des millions de prolétaires, unifiés par le capital dans une économie mondiale intégrée et globalisée, comme le démontre cette pandémie mondialisée, commencent à penser que la source réelle du problème ce n’est pas tant ce virus mystique et mystérieux facile à éradiquer, que le virus du profit et de l’accumulation capitaliste si difficile à éliminer.  Certes, le capitalisme a constitué la réponse économique et profitable aux limites du féodalisme, mais aujourd’hui il représente un obstacle à l’évolution humaine, contrainte de le dépasser par un mode de production plus avancé.

 

 

 

 

 

Cette crise économique et sociale imbriquée offre des leçons importantes pour une époque où la destruction causée par une accumulation sans fin s’est étendue à la fois vers le haut dans le système climatique mondial et vers le bas dans les substrats microbiologiques de la vie terrestre. Une première leçon à retenir : de telles crises économiques, sociales, sanitaires et écologiques ne feront que se multiplier dans l’avenir. Alors que la crise séculaire du capitalisme prend un caractère apparemment non économique (sic), de nouvelles épidémies, famines, inondations et autres catastrophes «naturelles» seront utilisées par le capital et ses larbins politiciens pour justifier l’extension du contrôle de l’État totalitaire, et la réponse à ces crises sera de plus en plus l’occasion de tester des outils nouveaux de contre-insurrection. Deuxième leçon : une politique prolétarienne systémique et cohérente doit saisir ces faits tous ensemble. Sur le plan théorique, cela signifie comprendre que la critique du capitalisme s’appauvrit chaque fois qu’elle se coupe des sciences et de l’économie politique. Mais au niveau pratique, cela implique aussi que le seul projet politique possible aujourd’hui est celui qui est capable de s’orienter sur un terrain défini par un désastre écologique et microbiologique généralisé, sous une matrice économique qui a atteint les limites de ses capacités de produire et de distribuer les biens nécessaires à la vie sociale collective. C’est parce que la matrice économique capitaliste a atteint ses limites et qu’aucune réforme – reconstruction – palliative n’est possible que tous les espoirs sont permis à la classe prolétarienne émancipatrice.

 

 

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03/04/2020

LES SDF NE MEURENT PAS QUE L'HIVER (3).

 

 

 

 

 

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Le CépiDc-Inserm

 

 

Le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) traite l’ensemble des décès survenus en France, pour en coder les causes selon la classification CIM10 2.

 

 

 

Les causes de décès sont notées en clair par les médecins sur les certificats de décès, puis codées selon une procédure internationale standardisée qui a vu apparaître de nouveaux codes permettant de saisir certains facteurs de précarité, dont la qualité du logement, et d'approcher la notion de sans-abri ou de sans-domicile sans que cette qualification soit obligatoire, d'où une importante sous-estimation.

 

 

 

 

Caractéristiques des 90 décès identifiés par le CépiDc-Inserm à partir des certificats de décès (2018) :

 

 

 

 

Cause initiale du décès

 

Troubles mentaux et du comportement

26.7 %

Causes externes de morbidité et de mortalité

25.6 %

Maladies de l'appareil circulatoire

  8.9 %

Maladies de l'appareil digestif

  6.7 %

Maladies de l'appareil respiratoire

  5.6 %

Tumeurs

  5.6 %

Maladies infectieuses

  2.2 %

Autres motifs

18.6 %

 

 

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27/03/2020

LES SDF NE MEURENT PAS QUE L'HIVER (2).

 

 

50 ans

d’espérance de vie

 

 

SDF en hiver 2 (1).jpg

 

 

 

L’âge moyen du décès des personnes sans-abri se situe autour de cinquante ans. Les dons et les aides se multiplient l’hiver, mais chutent dès les premières remontées de températures.

 

 

Les élections  passent et beaucoup de nos concitoyens restent au bord du chemin. Les sans-abri et les français en voie de paupérisation n'intéressent pas beaucoup, c'est un emphémisme, nos gouvernants et les hommes politiques en général.

 

 

 

 

  

Lieu du décès

 

Voie publique

38.5 %

Hôpital

27.8 %

Abri

12.5 %

Espace public

 8.8 %

Structure d'hébergement

7.3 %

Particulier

3.7 %

Détention

1.5 %

 

 

 

 

La crise frappe toujours davantage les plus démunis. Depuis quelque temps, de nombreuses personnes âgées se retrouvent, elles aussi, contraintes de dormir dans la rue. Elles pourront y côtoyer des jeunes avec ou sans diplôme et beaucoup de personnes venues de l'Europe de l'Est pour mourir sur le trottoir. La diversité s'installe.

 

 

 

 

A suivre...

 

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09:29 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

20/03/2020

LES SDF NE MEURENT PAS QUE L'HIVER (1).

 

 

 

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... Mais aussi en été  

 

loin de tout

 

tapage médiatique.

 

Samedi matin, une femme de 46 ans sans-abri a été retrouvée morte de froid”. Chaque hiver, les “victimes du froid” sont pour quelque temps à la une des journaux : une rengaine annuelle qui jette un coup de projecteur sur la situation tragique des sans-abri. 

 

Mais les rigueurs de l’hiver sont loin d’être les seuls périls qui guettent les "gens de la rue". Alors que dons et secours se raréfient, leur "voyage" peut aussi bien se terminer au printemps, en été ou en automne et dans l’indifférence générale.

 

Quelle que soit la saison, un SDF meurt chaque jour en France. Pour l'année 2018, 414 décès, au moins, sont à déplorer. 

 

 

Gare St Lazare.JPG

 

Environ 1/3 des décès

 

 

surviennent en hiver, si l'on se base sur les statistiques publiés par le collectif "Les Morts de la Rue" pour l'année 2017.

 

 

 

Période de décès

 

Printemps

24.8 %

Eté

21.1 %

Automne

29.  %

Hiver

25.1 %

 

 

 

 

Ces informations sont hétérogènes dans la forme et le niveau de détail. Mais, elles tendent à prévenir une éventuelle surmortalité liée aux grands froids. Il faut toujours interprêter les statistiques avec prudence et privilégier l'action sur le terrain. Se limiter à un aspect purement quantitatif conduit à l'impasse. Ces chiffres n'en demeurent pas moins terribles.

 

 

Christophe Louis, Président du collectif "Les Morts de la Rue" affirme que "peu de décès sont liés au froid". Pour lui, “ce n’est pas le froid qui tue, c’est la rue”. La rue,ses multiples dérives et ses multiples dangers qui peuvent, rapidement, mener à la mort.

 

 

La violence

 

 

serait la cause de plus de la moitié des décès, selon les chiffres de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale.

 

 

 

 

Causes du décès

 

Mort violente

56.5 %

Mort naturelle soudaine

32.1 %

Maladie

11.4 %

 

 

 

 

L’alcool mais aussi des agressions sauvages en sont l’origine. Mais, qui agresse qui ? Bien des maladies touchent les SDF, particulièrement exposés par leur vie errante. De plus, beaucoup ne désirent pas se soigner ou n'ont pas les moyens de le faire. Il y a aussi les suicides dont le nombre est difficile à préciser. Certes, le froid peut tuer mais les grandes chaleurs provoquent de nombreux cas de déshydratation et d'arrêts cardiaques. La pollution au ras du trottoir, aux abords du périphérique est la cause de nombreux problèmes respiratoires. Quant aux bouches d'aération du métro qui réchauffent tant, elles distillent pneumonies et rhumatismes...

 

 

 

A suivre...   

 

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10/03/2020

Publicité : plaire au consommateur ? Non, plaire au politiquement correct, bien sûr !

 

 



 

Il fut un temps pas si lointain où les publicités avaient pour mission de vanter le produit, de montrer son utilité, de convaincre le consommateur qu’il remplissait mieux que tout autre l’objet pour lequel il avait été conçu. Ainsi le boucher vantait-il la tendreté de sa viande, le pâtissier le fondant de ses gâteaux, le coutelier l’aiguisage de ses lames, le libraire l’intérêt de ses bouquins, le tailleur la coupe de ses costumes, le banquier les conditions financières avantageuses de ses prêts, etc.

 

 

 

Tout cela est révolu. La satisfaction du client ? Les publicitaires, apparemment, s’en cognent. Et ceux qui les missionnent aussi. Un produit ne se juge plus qu’à l’aune des hautes vertus morales de la société qui le commercialise, le publicitaire est devenu une manière de curé janséniste, la Rolex™ en plus.

 

 

 

La preuve par la dernière publicité de la chaîne Ibis, diffusée sur les chaînes de télé depuis quelques mois : « La chaîne du groupe AccorHotels s’affiche avec une nouvelle signature en anglais pour marquer son positionnement international », explique le site ladn.eu (« média de l’innovation ») : « Ibis et l’agence BETC ont créé une nouvelle campagne internationale qui prône l’ouverture avec le slogan “We are Open”. La publicité reprend les codes d’un clip de slam sur une musique du rappeur londonien Kojey Radical. » Dans ce spot, il n’est nulle question de literie confortable, de petit déjeuner continental ou de bon rapport qualité-prix – ce que recherche très prosaïquement le Français moyen. Il n’est, d’ailleurs, pas question non plus de Français du tout. Dans cette pub, tout n’est que diversité heureuse en perpétuel mouvement, tour de Babel festive sauvée par le globish et convivialité LGBT : des groupes d’individus vibrionnants s’enlacent et se délacent, se font et se défont sur l’écran.

 

 

Comme l’exprime fort bien un commentateur sur la Toile : « C’est dingue, ça pourrait être une pub pour absolument n’importe quoi (voiture, fringues, charcuterie bio, médicaments…). » Évidemment car, désormais, le produit importe peu, le consommateur aussi : satisfaire ses basses attentes matérielles frise la démagogie – le populisme commercial, pourrions-nous dire -, seule compte l’éthique qui transcende les secteurs d’activité. Une pub peut donc ne rien avoir avec l’utilité concrète de son objet. Peu importe la qualité du sommeil, de l’accueil ou du service, votre seul critère de choix doit être l’engagement visible de l’enseigne pour les bonnes causes du moment. Tout le reste est infiniment vulgaire. « We are open », on vous dit. Et le client a intérêt à l’être aussi. Et tant pis s’il cherche justement, dans une chambre d’hôtel, la quiétude et la sécurité qu’offre une porte fermée à double tour. On n’est pas à un paradoxe près.

 

 

 

De la même façon que le politique cherche moins à plaire au peuple – dont il est censé porter les aspirations – qu’à une élite qui le juge, le jauge et décide de sa survie, l’entreprise cherche moins à satisfaire le client – ce plouc qui, dans un hôtel, cherche bêtement à se reposer – qu’à fayoter, à cocher des cases qui feront de lui un « bon élève » : il est à noter, depuis les années 2000, l’essor des agences de notation dites extra-financières et notamment « sociétales », classant les entreprises selon des critères non plus de rentabilité mais de moralité.

 

 

 

La religion de ce nouveau monde qui, en naissant, criait pourtant « Ni Dieu, ni maître » est glaçante. Au plus fort de l’influence de l’Église catholique en France, je ne crois pas qu’on ait jamais vu un poissonnier accrocher le chaland en criant « Je récite tous les jours le chapelet » plutôt qu’« il est frais mon poisson », une vendeuse de chaussures – ou de n’importe quoi d’autre – convaincre les ménagères d’acheter sa camelote en en montrant son col boutonné jusqu’en haut, preuve de sa grande vertu.

 

 
 

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03/03/2020

La désoccidentalisation de l’Alliance atlantique et le militarisme Allemand à la Conférence de Munich

 

 

 

 

Alliance Atantlique 1.jpg

 

 

 

 

Cet article est disponible en 5 langues sur le webmagazine http://www.les7duquebec.net

 

 

 

 

 

La 56e Conférence de Munich sur la sécurité s'est achevée le dimanche 16 février 2020 sans que les participants soient parvenus à un consensus sur la "désoccidentalisation" ("Westlessness" en anglais), le thème sous lequel était placée la conférence. C’est sous ce vocable typiquement impérialiste chauvin que les puissances du bloc «occidental» dissimulent leurs différends et leur âpre guerre commerciale. La puissance américaine, plus du tout hégémonique, préconise que les puissances économiques européennes serrent les rangs autour du parapluie nucléaire étatsunien de plus en plus contraignant et de moins en moins protecteur, alors que l’Allemagne et la France proposent plutôt de prendre leur distance face à l’agressive Amérique qui se dirige tout droit vers le krach boursier, la déliquescence militaire (malgré des dépenses somptuaires qui ressemblent davantage à du gaspillage), et vers la faillite économique et monétaire. Il sera bientôt terminé le règne du pétrodollar.  (1)

 

 

Dans un contexte de déclin général et de forte détérioration des relations entre les États-Unis et l'Union européenne, Washington a envoyé une délégation bipartite de fonctionnaires de la Maison Blanche et de membres du Congrès à cette Conférence afin de menacer les pays européens pour qu’il cesse de faire affaire avec la société de télécommunications chinoise Huawei. Concession que Washington a obtenue de certains de ses larbins comme le Canadien Justin Trudeau, qui ne finit pas d’en payer le prix en parts de marché agricole chinois perdues.

 

 

La conférence a fait suite aux annonces de l'Allemagne, de la France et, plus récemment, du Royaume-Uni, qui ont annoncé qu'ils n'interdiraient pas Huawei dans leurs réseaux de télécommunications…et voilà la réponse du pays du Brexit que les analystes rangeaient docilement dans le soi-disant « camp anglo-saxon » sous la botte de Donald Trump (sic).

 

 

Alors que les États-Unis affirment que les infrastructures fournies par Huawei permettraient à la Chine d'espionner les communications de ses alliés, Pékin rétorque que Washington veut garder le contrôle des infrastructures de communication mondiales pour mener ses propres écoutes téléphoniques, ce que tout un chacun des «partenaires» des Yankees sait déjà. Pour les puissances occidentales, le dilemme se résume donc de savoir par qui ils seront espionnés?

 

 

Quelques jours avant la conférence de Munich sur la sécurité, le Washington Post a rapporté que les services de renseignement américain espionnaient les communications cryptées des gouvernements du monde entier depuis cinq décennies, grâce à la propriété secrète de la CIA d'une société de sécurité mondiale basée en Suisse… et voilà pour la «neutralité et le secret bancaire» des banquiers helvétiques. L’occidentalisation c’est surtout cela, la domination hégémonique de l’Amérique. Tant que la superpuissance partageait le fruit de ses rapines commerciales, militaires et financières ça pouvait aller pour ses alliés tétaniser, mais du jour où il en coute davantage qu’il n’en rapporte aux partenaires de faire partie de ce club de brigand, l’Alliance est tiraillée de toute part comme au Moyen-Orient depuis quelque temps.

 

 

 

LA SUITE DE L’ARTICLE SUR LE WEBMAGAZINE :  https://les7duquebec.net/archives/252562

 

 

 

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11/02/2020

Les éducateurs et enseignants ont un rôle majeur pour armer mentalement les générations à venir

 

 

 

 

 

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Marion Maréchal alerte sur la nocivité des écrans :

 

[…] Plusieurs symptômes se sont multipliés avec l’omniprésence des écrans comme la baisse des capacités cognitives (les générations nées après 2000 sont les premières dont le QI sera inférieur aux précédentes), l’augmentation de l’anxiété, les troubles relationnels, les troubles du sommeil, la myopie jusqu’à développer l’apparition de véritables pathologies addictives. Certains hôpitaux ont dû ouvrir des services spécialisés pour accueillir de très jeunes enfants accrocs aux écrans ayant développé des symptômes proches de l’autisme et nécessitant une véritable désintoxication.

 

Quelle irresponsabilité, dans ces conditions, de voir ainsi fleurir les écrans dans les salles de classe alors que l’école devrait précisément être un sanctuaire pour le cerveau des enfants déjà largement éprouvé par cette surexposition numérique. Rappelons que les enfants qui passent deux heures par jour devant la télévision à l’école primaire ont deux fois plus de risques de sortir du système scolaire sans diplôme. Certains concepteurs des GAFAM l’ont bien compris et, particulièrement au fait du danger potentiel de ces technologies, inscrivent leurs enfants dans des no-tech schools (écoles sans écrans) pour les protéger.

 

Le cerveau est un organe souple dont les connections neuronales se façonnent en fonction de notre mode de vie. Avec l’évolution de l’intelligence artificielle, le cerveau humain va être de plus en plus secondé voire remplacé par des outils souvent plus performants que lui. Combien de personnes continuent de calculer de tête alors que la calculette est à disposition sur le téléphone ? Pourquoi mémoriser des informations alors que tout est si rapidement disponible sur le net ? Le cerveau est fainéant, une étude menée aux Etats-Unis a conclu que vous mémorisez moins efficacement une image si vous la prenez également en photo. Quand le cerveau a la possibilité de se reposer sur la technologie, il est moins enclin à faire un effort.

 

Aujourd’hui mais encore davantage demain, utiliser certaines de nos capacités cognitives ne relèvera plus du besoin mais deviendra un véritable choix.

 

Les éducateurs et enseignants ont un rôle majeur pour armer mentalement les générations à venir et ainsi préserver leur intelligence. Les élèves et étudiants doivent apprendre à trier et à comprendre les informations, à lire des textes longs et exigeants, à exercer leur mémoire, y compris par cœur, à pratiquer l’écriture manuscrite, à réguler la place du numérique. Et enfin à s’ouvrir l’esprit à tous les points de vue quand les réseaux sociaux les enferment dans un couloir idéologique par des publications sélectionnées en fonction de leurs « likes » et de leurs centres d’intérêt.

 

Telle sera la condition pour former des hommes et femmes qui ne soient pas des consommateurs frénétiques, les esclaves des campagnes marketing ou des citoyens manipulés. C’est aussi notre ambition à l’ISSEP.

 

 

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28/01/2020

L’Europe, un faux géant qui pèse si peu face à l’hégémonie américaine !

 

 

 

 

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Je ne suis pas un économiste et justement pour cette raison, je me suis souvent et naïvement posé la question de la dictature économique des USA au travers du dollar, dans les échanges internationaux.

 

 

 

Les exemples récents des injonctions américaines, immédiatement suivies d’effet pour éviter des sanctions contre les États ou sociétés commerçant avec l’Iran, en particulier la France, ne laissent pas de m’étonner !

 

 

Je pensais simplement qu’un système de troc entre deux pays commerçant de façon bilatérale pouvait contourner les diktats yankee d’un président qui dénonce sans vergogne des accords pris par son prédécesseur ! Et que, mieux encore, l’Union européenne, grande puissance économique, et son euro pouvaient s’opposer à l’arbitrage international autoproclamé de Washington…

 

 

Las, en dépit de ses 514 millions d’habitants – 448 millions après le Brexit -, l’Europe ne pèse que peu face aux 330 millions d’Américains. Car, en dépit de son sigle officiel, UE, l’union ne fait pas sa force car elle est factice et aléatoire, bien que désignée comme « une association politico-économique ».

 

 

Une excellente analyse de ses faiblesses m’est justement donnée dans Le Figaro par un collectif d’experts qui répond à mes innocents questionnements.

 

 

Politique commune, en particulier étrangère, puissance militaire et surtout monnaie renforcée et donc internationalisée sont les voies que l’Union doit intégrer pour peser à égalité avec l’Oncle Sam qui ne se retient pas de nous « trumper » à son pur et unique profit !

 

Je retiens la conclusion des auteurs qui interpelle le nouveau Parlement européen : « Si nous ne nous réveillons pas, si le Parlement ne fait pas pression sur les États pour davantage de souveraineté et plus d’euro, nous risquons de subir encore longtemps des décisions américaines unilatérales. »

 

 

Et de conclure très justement : « N’est-il pas temps pour l’Europe de se mobiliser enfin pour définir et mettre en œuvre sa propre politique étrangère ? »

 

 

Et chacun sait qu’une politique étrangère résolue ne peut être engagée et affirmée que grâce à son bras armé. Et, en l’occurrence (cherchez l’erreur), c’est encore l’OTAN !

 

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