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http://www.bvoltaire.fr/patrickgofman/la-maraude-de-noel,45495

Le pasteur Blanchard est un maraudeur. Non, ce n’est pas un taxi indélicat, ni un larron à la recherche d’une occasion. Depuis près de vingt ans, il erre régulièrement dans Paris à la rencontre des sans domicile fixe (SDF). Il est souvent aidé de personnalités comme Marion Le Pen (lourdement draguée par tous les abandonnés), Jany Le Pen (qui n’a pas assez de ses « Enfants d’Irak »), Me Collard, Bruno Gollnisch… Mais dans la nuit du 23 au 24 décembre, c’est moi qui eus l’honneur de suivre Blanchard et Madame, en compagnie du sympathique 1 Thibaut de Chassey et d’un policier incognito, mais enthousiaste.
Il serait plus honnête d’appeler « circuit » l’itinéraire de Blanchard, plutôt que « maraude ». On pense bien qu’après vingt ans, il sait où sont les SDF. Il les appelle par leurs prénoms ! Sèvres-Lecourbe : voici Gregor de Pologne, avec le métro aérien sur la tête. Chassey distribue soupe et café. Je cherche vainement un pantalon à la taille d’un homme étendu sur le macadam. Le pasteur ne distribue que ce qu’on lui donne d’abord.
Au Jardin des Plantes, un homme de 65 ans grelotte sous une tente que menace d’emporter la queue de tempête bretonne. Plus de dix ans à la rue ! De quoi est-il puni ? Bien sûr, il est plus urgent de loger les Romanichels débarqués hier par tribus de cent… Une bande de jeunes surgit et rafle quantité de vêtements et de chaussures. Ils sont à la rue ? Mais oui, assure le pasteur. Il les connaît. Je regretterai tout de même de n’avoir plus rien pour un Équatorien (oui, on vient d’Amérique latine peupler les trottoirs de Paris !) pieds nus place du Palais-Royal. Allez, Feliz Navidad, tout de même…
Hein ? L’église de la Madeleine est illuminée comme une boîte de nuit. « Il ne faut donc pas s’étonner – comme le feint l’Arche de La Noë – de ce que les Femen viennent y accomplir leur dernière profanation » (20 décembre), émet tranquillement Chassey, catholique de tradition. Sous les illuminations « festives et ludiques » des grands magasins, « nos seigneurs les pauvres » dorment ou somnolent dans la poussière. Mais où passent donc nos impôts ? J’ai beau me trouver plutôt fauché moi-même, je suis mal à l’aise, je me sens coupable. Je le cache, probablement comme mes compagnons de « maraude », apparemment joyeux comme Noël. « Patrick, ayez la courtoisie d’être gai », disait ma belle-mère. Et même les belles-mères ne sauraient toujours se tromper.
Blog du pasteur Blanchard : http://actionsocialeetpopulaire.hautetfort.com/
[Légende photo :] De g. à dr., Blanchard, X, Chassey, Gofman.
Notes:
La maraude est un rendez-vous. Avant l’heure ce n’est pas l’heure mais après l’heure ce n’est plus l’heure. La ponctualité (la politesse des rois…) a son importance même si nos amis qui dorment dehors nous accueillent toujours avec le sourire. Je me dois de leur présenter mes excuses. J’ai retardé, bien involontairement, la maraude de 45 minutes avec pour conséquence de décaler la tournée.
Il faisait froid ce 3 décembre. Nous avions des vêtements chauds et un véhicule chauffé. On ne mesure pas assez ce confort. C’est facile de pousser un bouton pour avoir de la chaleur. Imaginerions-nous de dormir dans des cartons, sous une arcade ou contre un réverbère ? Cette idée revient à chaque arrêt pour distribuer soupe, café et couverture. Certains arrêts sont l’occasion de s’apercevoir que notre perception est aussi engourdie notamment quand on croit voir un sans-abri dans une cabine téléphonique (où il n’y a qu’un carton) ou deux sur un banc (deux scooters garés devant une poubelle)… Mieux vaut s’arrêter pour rien que de passer sans regarder.

La rue attend n’importe qui. On y rencontre aussi des européens. A la question de Paul-Marie un Anglais répondra qu’il est venu à Paris parce que c’était la capitale. Homme discret arrivé il y a un trimestre qui ne voulait ni café chaud ni vêtement, qui veut se faire oublier quelques temps et dormait complètement enveloppé dans du plastic d’emballage. Nous n’insisterons pas.
Il y a aussi un Allemand qui nous a longuement observé avant de venir à notre rencontre malgré le barrage de la langue. Il n’avait sur lui qu’un petit sac dans lequel il y avait un simple nécessaire de couchage. Il avait besoin d’une parka avec des poches, d’un sac à dos ou de lunettes-loupe qu’il s’était fait récemment dérobées. Poussé par le chômage il avait échoué à Paris. Consternant et préoccupant. Rendez-vous a été pris le 23 pour lui apporter un sac à dos.
En cette période de l’Avent le contraste est frappant entre les vitrines des Grands Magasins, les décorations de Noël et l’alignement des cartons, chariots et sacs en tout genre. Si si des hommes et des femmes dorment là ! Cette situation n’est pas nouvelle mais elle est choquante sur l’instant.
Après une maraude chacun rentre chez soi. Nous allons retrouver avec joie un lit chaud, de l’eau courante, un frigo et quelques réserves. Tout le monde n’aura pas cette chance.
Nous rentrons lentement mais sûrement dans ce que le pasteur appelle « l’âge de fer ». Qu’il me soit permis en cette période de l’Avent et comme secrétaire général de l’ASP de lancer un appel. Que vous soyez isolé ou en groupe, si vous voulez nous aider ou vous investir dans nos actions, constituez des comités locaux qui se chargent de récolter vêtements, couvertures, duvets, produits d’hygiène et nourriture sèche. Nous ne pouvons pas nous déplacer dans toute l’Ile-de-France, nous ne disposons pas d’un vaste local de stockage. Idéalement deux ou trois relais par département de la petite et de la grande couronne parisienne pourraient s’organiser. Nous nous organiserons tournée afin de trouver une solution pour récupérer les différent dons. Je tiens ici à féliciter la section FN de la Marne qui fait preuve d’une grande motivation et récolte de nombreux vêtements. Les personnes qui souhaitent monter le réseau peuvent me contacter à l’adresse électronique de l’association.
Bonne fête de Noël à toutes et tous.
Benoît VAILLANT
secrétaire général de l’ASP
Depuis toutes ces années, que nous suivons l’évolution de la misère dans les rues de la Capitale, dans une société qui change à chaque instant, les constats ne peuvent être que paradoxaux, pour autant certain repères restent stable, parmi ceux la le légendaire Françis.
Il y a bien des années que nous le connaissons, à l’époque ou il dormait dans le renfoncement d’un bâtiment à la sortie d’un garage, il y avait amoncelé des tas d’objets sur une hauteur de deux mètre , il dormait au milieu de ce fatras. Le temps passant il devint un point de repère incontournable de nos sorties, à un tel point qu’il était devenue un point nodal, ou chacun a son passage recevait une véritable légitimité
Puis un jour nous ne l’avons plus rencontré, cela faisait un certain temps qu’il était malade, à chaque sortie il décollait à vue d’œil, ce qui l’amena à faire plusieurs séjours à l’hôpital, avant de disparaître tout à fait dans la nature, à chacun de nos passage dans son secteur, nous ne pouvions nous empêcher de nous interroger sur ce qu’il était devenue.
Lors de cette maraude en présence de Paul-Marie, Alban ,Benoit et sa maman, de retour un peu par hasard dans son secteur , nous l’avons retrouvé, il était de retour au bercail, sortant d’un long séjour d’hospitalisation, depuis cette date, ces chaque fois le même rituel, des qu’il me voit, il s’écrit tiens voila le pasteur, rajoutant tout de go en parlant de Catherine et la photographe, dans un monde instable, il reste égal à lui-même tel que l’éternité le change.
Pasteur Blanchard
Sous l'égide du Pasteur Blanchard et de sa fidèle épouse Catherine est organisée par cette nuit glaciale une maraude dans les rues de Paris.Trois volontaires ont accepté d'être de la partie. Jacky trésorier du FN 51, Jean et Edinne militants, et votre serviteur Pascal Erre, conseiller régional de Champagne-Ardenne et secrétaire départemental Front National de la Marne, menbre du BP. Le Pasteur Jean-Pierre Blanchard, pour ceux qui ne le connaîtraient pas est une figure de la droite nationale prolétarienne française. Chapelain de Madame Jany Le Pen, il est à l'origine des mémorables "soupes de Saint-Lazare".
Pour revenir à ce soir, la température moyenne frôle les moins cinq degrès et la tournée bat son plein. Jacky offre des soupes chaudes, du café ou du thé tandis que je m'attèle à distribuer les vêtements confortables, bienvenus contre ce froid qui perdure.
Un coup de poing : le nombre de SDF qui dorment à même le sol et doivent braver l'hiver. En majorité, ils sont français de souche ou polonais et connaissent bien le Pasteur Blanchard qui leur apporte ce soir-là un peu de chaleur inespérée...
La distribution est une chose mais ce que nos yeux voient et ce que nos oreilles entendent en est une autre. Cela dépasse l'imagination. D'abord, tous ces hommes, ces femmes, ces enfants qui dorment sur le trottoir devant les vitrines des boutiques chics du quartier de l'Opéra. Ensuite, un peu plus loin, comme pour préserver une certaine intimité, ces hommes jeunes ou moins jeunes qui, le visage livide et cachés sous de misérables couvertures nous interpellent..."Soupe !" "Soupe SVP !" "Café ?"...
Des images poignantes se gravent à vie dans nos mémoires... Celles de ces bagnards du dehors, prisonniers de la manche et figés dans le froid de cette nuit du mois de novembre. Une énigme ?
"....L'argent, les femmes..., j'ai tout eu soupire, Gérard, mais tout a foutu le camp ! J'ai tout perdu et je suis devenu une loque ! Sans famille, c'est dur !" Xavier, quarante-cinq ans nous fait savoir qu'il a les moyens de travailler et qu'il peut s'en sortir seul mais le problème : "avoir un logement, c'est très difficile. Pouvez-vous m'aider ? Je ne suis pas du tout raciste mais il faut d'abord donner la priorité aux francais... car il y a de plus en plus de profiteurs venus de l'étranger !" Il est 1h00 du matin, sur le conseil du Pasteur, j'appelle le 115. Au bout d'une quarantaine de minutes, toujours le même refrain : "Bonjour, toutes les lignes de votre correspondant sont occupées. Veuillez rappeler ultérieurement."
1h30 du matin sous le pont de Grenelle, Patrick est heureux de nous voir et nous demande d'emblée un café et un pantalon. Nous lui rajoutons un pull bien épais. Sur un ton agressif, il s'emporte contre le système d'hébergement d'urgence qui privilégie les étrangers "qui ne parlent même pas le français.". Il rajoute que la visite de Madame Jany Le Pen, un soir d'hiver l'avait ému aux larmes.
2h00 du matin, sur un trottoir qui longe le ministère des finances (tout un symbole), un homme dort sur des ordures. Son visage est tuméfié, rongé par la tristesse. Lui aussi nous appelle "Soupe !" "Soupe !" Farid Smahi, bouleversé par son état de délabrement s'empresse de le servir deux fois. Tout aussi ému, je pose la question : "combien de SDF comme celui-ci dans toute la France ?" .
Comment des femmes et des hommes peuvent-ils tomber si bas ? La rupture du lien familial est-elle la caractéristique des sans-logis ? En France, nous avons tendance à sacrifier la solidarité familiale naturelle au profit d'une solidarité d'Etat, souvent artificielle et parfois inaccessible. Cette maraude pour laquelle Farid Smahi et moi remercions le Pasteur a été riche d'évènements et d'enseignements. Nous sommes d'accord pour dire que renforcer la cellule familiale française est un remède primordial.
Pascal