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Action sur le terrain - Page 77

  • IMPRESSIONS DE MARAUDE..

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    Par le pasteur Blanchard.

     

    Tous les amis qui viennent marauder sont surpris de notre familiarité avec les SDF. Il faut dire que nous sommes dans notre septiéme campagne de maraudes. Le temps à fait que nous avons fini par nous connaître, d'un certain point de vu on peut parler d'amitié : nous finissons par avoir des informations sur leur vie, leurs épreuves, ce dont ils ont réellement besoin au-delà des problèmes matériels qu'ils traversent.

    C’est de véritable empathie dont ils ont besoin. Celle-ci, ils ne la trouvent pas dans les grandes associations. Il faut croire qu'elles finissent par le perdre de vue, elles qui ont à gérer la misère à l'échelle nationale, elles ont du mal à répondre aux véritables questions que génèrent le train train quotidien.

     

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    Il y a un autre problème qui prend de l'ampleur : les rondes de la police pour déloger les sans domicile du pavé parisien. La loi interdisant de les déloger "manu militari", on fait tout pour les dégoûter en raflant leur bardas, les laissant sans rien sur le trottoir, avec le secret espoir que par lassitude ils quitteront Paris.

    A l'origine de la démarche, il y a la gauche caviar du maire, pour qui la misère est une lèpre dans la Capitale, un abcès pullulant qu'il faut éradiquer. Il peut sembler paradoxal que des hommes classés à gauche se définissant comme humanistes au service de l'humanité soient ceux qui organisent la chasse à la misère dans les rues de la cité ; force est de constater que les bobos sont parmi ceux dont les valeurs sont totalement antagonistes avec le peuple véritable, les petits, les sans grade et cela au nom de principes désincarnés.

     

    Quant à nous, continuons notre travail, pour la défense des Nôtres, pour la véritable cause du peuple.
     
     

    Pasteur  Blanchard

  • IMPRESSIONS DE MARAUDE...

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    Par Léa Bonnet,

    nouvelle membre  de l'ASP

     

    Le rendez vous était pris depuis un certain temps et le Pasteur Blanchard me le rappelait régulièrement. Le mercredi 23 avril, je participe donc à ma première maraude.

    J’avais bien en tête quelques souvenirs de jeunesse où, habitant Paris je donnais quelques fois des conserves, du chocolat et de la confiture aux sans-logis de mon quartier de la poterne des peupliers, dans le treizième arrondissement.

    Mais je ne savais pas trop ce qui m’attendait aujourd'hui. A 21h00 précises, je retrouve Porte d’Italie, le Pasteur qui m’attend avec sa femme et Thierry et Françoise. Nous partons tous les cinq, le coffre du véhicule rempli de vêtements, de conserves, de café et de soupe.

    Le contact avec les sdf se fait tout naturellement. Aidé par les conseils du Pasteur, nous distribuons, Françoise et moi, du café, de la soupe, des vêtements, et quelques paroles de réconfort à des gens qui ont presque tout perdu. Je dis presque, car certains d’entre eux, en plus de leur honneur ont gardé le désir de choisir comment ils souhaitent être habillés ; le type de chaussures qu’on leur propose, un tee-shirt plutôt qu’une chemise ou la couleur d’un pantalon. 

    Dans la nuit, nous voyons beaucoup de personnes, des hommes très différents mais aussi des femmes : la misère peut frapper tout le monde. Bien sûr, comme beaucoup, j’ai souvent entendu dire que ce sont des fainéants ou des ivrognes et qu'ils n’ont que ce qu’ils méritent. Je ne partage pas cette pensée et les rencontres que j’ai fait cette nuit-là me rappellent que la frontière entre le confort et la rue est très fragile.

     

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    De cette maraude, je garderai deux souvenirs. Celui d'un maghrébin qui, après avoir accepté du café et quelques paroles de soutien, est venu nous raccompagner à la voiture ; il m’a ouvert la porte et m’a fait la bise ;Je garderai surtout le souvenir du Pasteur Blanchard en pleine action sur le terrain. L’équipe qu’il forme avec sa femme, force le respect. Lui conduit. Elle surveille les moindres recoins de rues  où sont susceptibles de se trouver des gens dans le besoin. Et cela ne manque pas.

    A chaque arrêt, nous nous approchons d’eux. Souvent, ils reconnaissent le Pasteur et lui font part de leur joie de le retrouver une nouvelle fois car, pour beaucoup, ce sont des habitués. Le Pasteur les connaît et les appelle tous par leur prénom.

    La maraude se termine et nous n’avons plus rien à distribuer. Nous avons déposé Thierry et Françoise et le Pasteur me laisse Porte Maillot. Sa femme et lui descendent pour me saluer et me remercier. Je les remercie également et reprend la route  où un bon lit bien au chaud m’attend.

    Un grand merci au Pasteur Blanchard pour ces moments d’humilité qu’il m’a donné à vivre. Mais aussi et surtout, pour tout ce qu’il apporte à ces êtres en grande détresse.

     

    Léa 

  • IMPRESSIONS DE MARAUDE...

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    Par le pasteur Blanchard

     

    Depuis longtemps, il était un fidèle pilier de notre association. Nous avions coutume de le voir en face de l'église, prés du métro Alésia, où Ulysse retenait nos amis venus à nos maraudes. Il leur expliquait longuement les doctrines économiques de Maurice Allais, s'inquiétant pour Marine des chausses trappes que ses ennemis lui mettent sous les pieds, donnant des conseils pour son programme.


     
    Ancien ouvrier sur machine de tissage, il s’est retrouvé au chômage suite à la fermeture des usines pour cause de délocalisation. Il vivait de la précarité de petits boulots, jusqu'au jour où, sans ressource, il se retrouva à la rue, vivant en faisant la manche à l'angle de l'avenue du Maine et du Général Leclerc, tous les jours de 18h à 2h du matin, pour un maigre butin de 15 euros par soirée. Un soir nous ne l'avons plus trouvé, il a fallut attendre quelques mois pour qu'il refasse surface, il sortait de l'hôpital suite à un AVC. Notre dernière rencontre a été avec le professeur Sulzer, il se plaignait d'un œdème au cerveau, cela nous glaça le sang : en remontant dans le véhicule nous avions le sentiment que la chose était grave.

     

     

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    Depuis nous ne l'avons pas revu, les SDF du quartier pensent qu'il est mort, voila où nous conduit un faux humanitarisme, avec sa compassion hypocrite pour la misère du monde entier, ne se préoccupant pas des autochtones que la vie laisse sur le bord du chemin. Ils sont nombreux nos compatriotes que la société délaisse, cette politique sauvage accule la France à devenir un champ de ruine, plus que jamais affirmons haut et fort le sens de notre combat " Justice sociale pour les Nôtres!"


     
    Pasteur  Blanchard

  • Reflexions de Bruno RAJU ami de l'ASP suite à une maraude

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    Le mardi 8 avril 2014, le Pasteur Blanchard et son épouse , infatigables dans leur volonté de venir en aide aux plus pauvres d'entre nous, nous embarquent dans leur arche de Noé de la pauvreté. Tout est prêt, nous voilà sur le pont pour notre maraude nocturne. Le Seigneur nous accompagne sans que nous nous en apercevions. Les premiers sans domicile fixe sont dans votre visée, c'est l'arrêt et les premières distributions, vêtement, chaussures, café, soupe et thé. Les pauvres hères sont contents de voir celui qui depuis 2005 leur vient en aide, sans aucune subvention , puisant dans ses propres derniers pour faire face. Des visages connus se réjouissent de voir leur ami, le pasteur Blanchard, et les nouveaux se pressent pour recevoir ces quelques dons qui sont pour eux comme un cadeau de Noël . Nous terminons notre virée dans le monde de la grande pauvreté à l'Opéra. Nous avons rencontré des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des enfants qui vivent dans la rue sur des matelas ou dans des cartons. Mais qui les regarde? la pauvreté est devenue tellement commune dans notre pays. Levez-vous âmes de bonne volonté et rejoignez l'arche de Noé que le Pasteur Blanchard à mis sur pied et qui ne vit que grâce à son amour des ses frères. 

    Bruno  

     

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  • Suite à une maraude par Michel de Zuchowicz ami de l'ASP

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    Pour ma deuxième participation, je suis venu plus serein que la première fois sachant la parfaite organisation des maraudes faites par le Pasteur.

    Arrivé sur place, je retrouve le Pasteur identique à lui-même, original, toujours plein de dynamisme, plein de projets, mettant à l’aise et donnant l’impression de le connaître depuis longtemps.

     

    Il est accompagné de son épouse aussi discrète que lui est volubile. Le couple s’équilibre !

    Par contre, un grand changement concernant le temps qui était très clément, pas de pluie, presque une nuit de printemps.

    Et puis, une superbe nouvelle voiture pour le Pasteur et pas n’importe laquelle : une Mercedes, assez rutilante malgré son âge.

    Cela commençait donc plutôt bien, sauf que nous avons attendu plus d’une demie heure l’arrivée d’un 4eme compagnon, qui n’est jamais venu ! (En fait, il est arrivé après notre départ et a courageusement fait le parcours en métro pour nous retrouver vers minuit et demi sur les grands boulevards, quelle abnégation !).

    Voilà pour le décor.

     

    Concernant les sans abri, peu de changement ! Toujours les mêmes personnes aux mêmes endroits ! Certains seuls (français), de plus en plus marqués par leurs conditions de vie, d’autres en groupe (étrangers : polonais, Europe de l’est, voire de l’ex URSS…) qui semblent plus organisés et plus solidaires entre eux.

    Dans l’ensemble, ils font un très bon accueil au Pasteur, ils sont contents de le revoir, d’échanger une poignée de mains, une accolade, quelques nouvelles et de recevoir des vêtements « réclamés » la maraude précédente, le tout accompagné d’une boisson chaude (café, thé ou soupe) préparée par la femme du Pasteur.

    Beaucoup de gentillesse dans leurs contacts avec nous, aucune agressivité. Ils semblent très fatalistes quant à leur avenir.

     

    Ils ne demandent pas grand-chose, surtout des vêtements genre bleu jeans, sweet-shirt et tee-shirt, des chaussures aussi et surtout un contact amical.

    La maraude s’est terminée vers 2h du matin, tous les vêtements ayant été distribués.

     

    Le contact établi depuis toutes ces années par le Pasteur, son aide amicale et fraternelle, ces quelques vêtements sont certainement un vrai réconfort pour ces sans abri. Pour cela, il faut aider sans restriction l’association Action Sociale Populaire dont il est le responsable au grand cœur !

     

    Pour ma part, il existe toujours une grande incompréhension : Comment peut-on rester des années (certains plus de 15 ans) sur le même bout de trottoir, dormant dehors quelque soit le temps, vivant de la « générosité » de plusieurs associations, ne réclamant rien ? Certainement un grand coup dur de la vie pour certains, la recherche d’un Eldorado pour d’autres venus de pays moins développés que la France.

     

    En tout cas, cela m’a permis de remettre les choses à leurs vraies places et de « relativiser » certains évènements de ma vie.

    Pour cela, merci Pasteur !

     

    Michel

     

     

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  • Reflexions suite à la derniére maraude......

     

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    Par Emmanuel  H,

    menbre de l'ASP

     

    Ce soir nous avons approché quelques membres d’une grande tribu humaine pour laquelle les mots « famille », « politique », religion », « projets », n’ont plus de sens. Ces mots qui, en général, composent une « vie sociale », un curriculum vitae, un parcours de vie, ces mots n’appartiennent plus à leur patrimoine. Ils sont devenus des « hors patrimoine ». Exclus ! Ces citoyens de la nuit de Paris et d’ailleurs n’appartiennent à aucune chapelle. Ils sont libres et esclaves de leur liberté. Ils échappent à tout débat, ils n’ont aucune tribune, pas de pub, pas de com. Et ils sont libres. Libres de ne pas gémir. Libres de refuser un café ou une soupe. Libres d’accepter l’accolade chaleureuse du Pasteur. Ils sont dépouillés des scories de l’orgueil et de toute possession superflue. Leur programme est rationnel : 2 000 calories par jour, une couverture l’hiver. Ces enfants de Dieu accueillent avec un calme joyeux les visites du Pasteur et de la douce Catherine. Ces visites illuminent leur regard. C’est du rab ! Je n’imagine pas que nous, les passagers de la nuit, puissions être, dans cette intimité profonde, indispensables, importants, utiles. Bla bla bla … Bien au contraire ! Nous les passagers savont très vite que ce sont eux les héros et nous les voyeurs. C’est eux qui me manquent déjà, c’est dire leur pouvoir ! Exemplaires, moqueurs, paisibles, lucides, fatigués, amicaux, sincères.

     

     

     

    Ces hommes dépouillés de tout le bazar matériel sont forcément sincères, vrais. J’insiste la – dessus : je n’ai pas vu ou cru voir, des hommes désespérés, des victimes sociales. J’ai cru percevoir des hommes d’un au-delà pudique, des hommes nus et de bon goût. Il en faut du bon goût pour choisir la plus belle ville du monde pour y faire, seul, son nid. Ces oiseaux rares de la nuit parisienne se sont sacrifiés pour nous signifier, sur leur chemin de croix, notre immense médiocrité. Les enfants de Dieu ne seront jamais les clients des marchands du temple. Hier soir ils étaient mes héros. Merci  Pasteur Blanchard, chauffeur de l’Amour.

     

    Emmanuel

     

     

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