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Ainsi serions-nous inintelligents, dénués de subtilité et peu enclins à la réactivité intellectuelle pour comprendre, intégrer et accepter la « politique macronienne » ?
Diantre ! Ils nous en diraient tant !
Gilles Le Gendre, « caporal-chef » du bataillon de godillots de la majorité au palais Bourbon, aurait dû profiter du changement des moquettes du « Château » pour y dénicher, bien dissimulés dessous par les locataires successifs, des rapports soustraits aux regards profanes et oreilles chastes.
Que nous « apprendraient » ces documents, pourtant publics, que l’on ne saurait analyser au grand jour dignement, à défaut de les accepter avec humilité, afin d’en tirer les enseignements aussi inéluctables qu’impérieux : que notre société est déficiente en littératie et en numératie !
Notions ainsi définies par l’OCDE (Organisation de coordination et de développement économiques) :
– La littératie est « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités ».
– La numératie correspond à « la capacité d’une personne de comprendre et d’utiliser des données mathématiques à l’école, au travail et dans la vie de tous les jours ; par exemple, pour utiliser de la monnaie et établir des budgets, pour utiliser des mesures en cuisine ou pour lire une carte ».
Qu’il s’agisse des différents rapports de l’OCDE, des résultats PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves) ou même des statistiques relevées par nos armées en partenariat avec les missions locales lors de la JDC (Journée défense et citoyenneté), tous ces documents aboutissent au même constat affligeant : nous avons, dans notre pays, une réelle déficience d’acquisition de compétences dès le plus jeune âge !
Alors, de deux choses l’une, soit :
– nos dirigeants politiques feignent de ne pas être conscients de cet état de fait et ce serait là la preuve de leur incurie ou, pire, de leur mépris à l’égard de la population de notre pays ;
– c’est à funeste dessein qu’ils laissent une telle situation se dégrader d’année en année, comme le montrent tous ces rapports, afin d’asseoir leur soif de domination et de contrôle d’une part toujours plus significative de la population.
Si Emmanuel Macron, Gilles Le Gendre et consorts peuvent consacrer dix petites minutes à relire la Déclaration universelle des droits de l’Homme édictée par l’Organisation des nations unies en 1948, et plus précisément son article 26 (« Toute personne a droit à l’éducation »), peut-être prendront-ils conscience d’un fait accablant : la France n’est plus la Terre universelle des droits de l’Homme !
C’est cela que la population de notre pays vient de clamer ces dernières semaines et toujours à l’heure où sont écrites ces lignes : que la France redevienne une nation qui protège et respecte sa population !
Notre jeunesse, si belle et si pétrie de potentialités, est en situation d’extrême danger !
Monsieur Le Gendre, cela est pourtant simple à comprendre, bon sang de bonsoir !

C’est le titre d’une série de grands entretiens du Figaro, qui est allé interviewer sociologues, géographes et philosophes pour comprendre le mouvement des gilets jaunes et esquisser des issues positives. Ce mouvement inattendu a fait surgir sur la scène nationale cette France périphérique de Christophe Guilluy et, ce faisant, semble valider sa thèse : plus de la moitié de la population française appartiendrait à cette catégorie.
Mais pour qui vit dans cette France-là, les choses sont bien plus complexes et le mouvement a aussi montré que, si la distinction géographique a sa pertinence, elle ne peut rendre compte complètement des ruptures qui traversent la société française. L’opposition France périphérique-France aisée et mondialisée est trop simpliste.
D’abord, parce qu’à la faveur de la recomposition politique macronienne, on a un peu vite passé par pertes et profits les oppositions politiques et sociologiques traditionnelles : gauche/droite ; fonctionnaires/salariés du privé ; indépendants/salariés ; actifs/retraités ; actifs/assistés, etc. Mises en sourdine pour le moment, rien ne dit qu’elles ne reprendront pas du service à un moment ou à un autre.
Ensuite, parce que cette opposition binaire comporte un grand non-dit, toujours le même : celui de l’immigration. La France immigrée ou d’origine immigrée, où est-elle, dans ce match ? Elle n’était ni sur les ronds-points des gilets jaunes, ni dans les grands défilés parisiens « Je suis Charlie » d’il y a trois ans. Et, bien sûr, dans cette vaste 3e France, il conviendrait d’apporter des nuances : entre immigrés parfaitement intégrés, aisés et mondialisés, travailleurs pauvres et sincèrement attachés à la France et racailles sécessionnistes de banlieue, pour s’en tenir à une tripartition rapide.
Jusqu’à maintenant, le calcul des leaders et des mouvements politiques souhaitant se maintenir au pouvoir – le PS, Terra Nova, et maintenant le macronisme –, c’était qu’en rassemblant la France aisée et la France issue de l’immigration, on était majoritaire. Et si, en plus, l’adversaire était Marine Le Pen, ce n’était que mieux, on drainait 66 % des voix. Banco !
Cela peut fonctionner encore longtemps : après le PS, il y a eu En marche !, après on aura En route ! ou autre chose. Mais la stratégie a un inconvénient, c’est qu’elle montre du doigt, elle « radicalise » le peuple des « petits Blancs », les onze millions de Français de 2017, sans compter les abstentionnistes, les blancs et les nuls qui voient bien que ce scénario idéologique et financier se construit contre eux. Résultat : les gilets jaunes.
Curieusement, 80 % des Français ont reconnu que leur colère était juste, forçant le Président et son gouvernement à rendre quinze milliards à cette France-là. Il va donc falloir aller demander des efforts aux deux autres France, jusqu’à maintenant intouchables : la France mondialisée des classes supérieures et la France d’origine immigrée.
Pas sûr que ces deux France, dès qu’on va les toucher un peu au portefeuille et à leurs « droits », aient la même patience que la France périphérique qui a attendu trente ans avant d’exploser pour une taxe et une réduction de la vitesse de trop. Ces bobos et ces immigrés choyés par les médias, qui nous sont présentés comme des modèles de civilité, risquent de se radicaliser bien plus vite que les gilets jaunes. L’une parce qu’elle a toujours eu le pouvoir et la richesse, l’autre parce que la première l’a toujours présentée comme une victime à qui l’on devait tout. Il n’est qu’à voir leurs insultes contre les gilets jaunes ou leur effroi dès qu’on aborde la question du référendum. La réconciliation n’est pas pour demain.

La nouvelle est parue . Discrètement. Juste une petite dépêche reprise çà et là. On la comprend, la presse française : à l’heure où 700 policiers traquent un Chérif Chekatt, elle s’en voudrait d’appuyer là où ça fait mal. Surtout pasdamalgame. Faudrait voir à ne pas confondre, on aurait tort de s’énerver, etc. Refrain ad libitum.
La nouvelle en question concerne un certain Saïdou, à la ville Saïd Zouggagh, rappeur de son état. Un poète qui, en 2010, s’offrait l’appui d’un sociologue nommé Saïd Bouamama pour mettre sur le marché un livre et un CD propres à révolutionner la littérature et la chanson. Le titre de l’ouvrage : Nique la France.
Je le confesse, je n’ai pas lu ni écouté messieurs Zouggagh et Bouamama. Jusqu’à ce matin, j’ignorais même leur existence et m’en portais mieux qu’à l’instant où je vous écris.
Ce chef-d’œuvre, dit la dépêche de ce jour, relevait d’une « initiative née de leur mécontentement face au climat (sic) de l’époque, symbolisé par l’existence entre 2007 et 2010 du ministère de l’Identité nationale ». Et, donc, mécontents qu’il pût y avoir une identité nationale et que d’aucuns songeassent à la défendre, ce grand poète chantait : « Ce que j’en pense, de leur identité nationale, de leur Marianne, de leur drapeau et de leur hymne à deux balles – Je vais pas te faire un dessin, ça risque d’être indécent, de voir comment je me torche avec leur symbole écœurant. »
En français vernaculaire et gaullien, ça s’appelle conchier la République.
Messieurs Zouggagh et Bouamama sont sans doute français de papiers. « Papier Q », si on les écoute. Leurs délires scatologico-haineux ont déplu à l’AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne), qui a porté plainte pour « injure à caractère racial et provocation à la discrimination envers les Français de souche ».
Difficile de le nier… Pourtant, les poursuites contre Saïdou sont d’abord restées sans suite, le tribunal correctionnel de Paris puis la cour d’appel estimant que les « Français de souche » ne constituent pas un groupe de personnes au sens de la loi. Saisie par l’AGRIF, la Cour de cassation en a jugé différemment puisqu’en 2017, elle admettait qu’étaient clairement visées, « à travers les références aux symboles de la République », les « personnes appartenant à la nation française ».
Le procès se tient devant la cour d’appel de Lyon qui, en janvier dernier, condamne le rappeur à un euro de dommages et intérêts et au remboursement des frais engagés par l’AGRIF. Mais rebelote. Re-pourvoi en cassation qui, cette fois, profite à l’accusé.
La Cour de cassation a, en effet, annulé la condamnation, pourtant très symbolique, de janvier dernier. Pour les motifs (je cite la dépêche) : les magistrats ont notamment estimé que les propos poursuivis, « pour outranciers, injustes ou vulgaires qu’ils puissent être regardés, entendent dénoncer le racisme prêté à la société française, qu’elle aurait hérité de son passé colonialiste, et s’inscrivent à ce titre dans le contexte d’un débat d’intérêt général » et, de ce fait, « n’excèdent pas les limites de la liberté d’expression ».
Magnifique, non ?
Il paraît que Chérif Chekatt, visant ses victimes à la tête, a déclaré vouloir « venger ses frères morts en Syrie ». Geste à inscrire sans doute, aussi, « dans le contexte d’un débat d’intérêt général » ?
Il faudra bien, un jour, convoquer nos magistrats devant le tribunal de l’Histoire.

En avril, il s’agissait de débaptiser les rues aux nomx d’esclavagistes. Récemment, on a demandé à Emmanuel Macron de retirer du loto du patrimoine la maison de Pierre Loti, qui se serait illustré « par une haine d’une violence inouïe à l’égard des Arméniens et des juifs ». Et de recommander d’en boycotter la visite et d’enlever son nom des établissements scolaires. On se souvient que Robert Ménard, le maire de Béziers, a été condamné pour « provocation à la haine et à la discrimination », avant d’être relaxé en appel : plusieurs associations antiracistes lui reprochaient, notamment, d’avoir déclaré sur LCI: « Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91 % d’enfants musulmans. Évidemment, que c’est un problème. »
Tous ces exemples – et on pourrait en citer bien d’autres : Colbert, Maurras ou, plus près de nous, Céline, Hergé, Éric Zemmour – montrent à quel point ces associations, sous prétexte d’antiracisme, s’érigent en censeurs, en décideurs du bien et du mal, du dicible et de l’indicible, et cultivent la repentance en mettant en avant les aspects les plus sombres de notre Histoire, en procédant à des amalgames, en travestissant ou en caricaturant la réalité. C’est vrai de l’esclavage, c’est vrai du colonialisme, c’est vrai, bien sûr, pour le racisme dont le Blanc, l’Occidental ou le chrétien serait toujours responsable, ce pelé, ce galeux, d’où viendrait tout le mal. Ce sectarisme les pousse à mettre à l’index tout auteur soupçonné de la moindre trace de racisme ou d’antisémitisme. En agissant ainsi, de façon procédurière, ils portent atteinte à la fois à la liberté d’expression et à la vérité historique.
Le racisme est, certes, un délit. Encore faut-il qu’il soit réel et volontaire. Constater qu’il y a plus de délinquance dans les quartiers sensibles qu’ailleurs, que des islamistes se glissent parmi les réfugiés, que certains immigrés estiment avoir tous les droits, que d’autres savent rester humbles – ce qui est déjà un signe de leur volonté de s’assimiler – , ce n’est pas faire preuve de racisme, c’est prendre en compte toute la réalité. Le plus grand racisme est de se croire, comme un ayatollah, le guide suprême et de condamner tous ceux qui pensent librement au lieu de réciter des slogans.
Ces associations ne se contentent pas de se comporter en pères la vertu, elles visent à faire régner une sorte de terreur intellectuelle, qui a des points communs avec la violence terroriste ; car l’absence de pensée libre et l’ignorance font le lit de la barbarie. C’est d’autant plus grave que beaucoup de politiques et de médias, loin de dénoncer cette dictature de la pensée, l’accompagnent en se faisant eux-mêmes les porte-parole de la bien-pensance. Le débat sur la manipulation de l’information, à l’Assemblée nationale, n’est pas sans arrière-pensées. Emmanuel Macron lui-même, en déclarant en Algérie que la colonisation est « un crime contre l’humanité », a participé à cette vision partiale et partielle de l’Histoire.
Le succès grandissant des penseurs rebelles à la normalisation est réconfortant, mais risque de pousser les dogmatiques à amplifier leur action de harcèlement. Suggérons à tous les Français qui pensent encore, notamment aux associations patriotiques, aux personnalités qui refusent de se fondre dans le moule de la pensée unique, de renverser la vapeur : qu’on leur donne le droit de se porter partie civile lorsque des propos sont tenus contre la France, son honneur, sa mémoire. Non pas pour imposer leur point de vue, mais pour rétablir l’équilibre et donner à la vérité historique une chance de se révéler.