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Le Blog du Pasteur Blanchard - Page 84

  • Article de la Croix du 20/11/1996:

     

     

     

     

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    Le Front national investit le social

    Ils sont jumeaux, ils ont 35 ans et ils affirment sans ambage être des « purs produits de la génération Le Pen ». Ensemble ils ont fait leurs premières armes militantes dans les rangs du FN. Ensemble ils ont fait leur droit et se sont mis au service de l'appareil du parti d'extrême droite. Ensemble ils se sont fait élire conseillers régionaux d'île-de-France, l'un dans le Val-de-Marne, l'autre dans l'Essonne.

     

     

    Philippe et Jacques Olivier sont aujourd'hui respectivement délégué général adjoint et délégué national aux campagnes. Ils sont, à ces titres, parmi les plus proches collaborateurs du délégué général du FN, Bruno Mégret.

     

     

    Philippe organise les initiatives que prend son parti dans le champ social et son frère Jacques, chargé de la propagande, se charge de les populariser. Tous deux très fiers de leur dernière affiche sur laquelle on peut lire : « Les immigrés entrent, les emplois sortent, les salaires baissent, non au mondialisme. »

     

     

    « Sympathie » dans la police

     

     

    « Notre campagne prend encore plus de relief quand on sait que dans certaines entreprises on licencie et que le dernier acte des salariés français est de démonter les machines pour les expédier en Chine », se félicite Philippe Olivier.

     

     

    Posément, il décrit les différentes phases de l'irruption du FN dans le champ syndical et social. D'abord les secteurs « naturels » : police, « où il est de notoriété publique que nous bénéficions d'un fort taux de sympathie », personnel pénitentiaire, transports publics. Le FN envisage ensuite de mettre sa logistique au service « des salariés des secteurs les plus touchés par l'immigration et les licenciements ». Selon Philippe Olivier, des « métallurgistes de l'est de la France » viennent ainsi lui demander de les mettre en contact avec d'autres en vue de créer une structure syndicale proche du Front...

     

     

    Depuis un an, quatre syndicats FN ont été créés dans la police, le pénitentiaire et les transports (lire repères ci-contre). Celui apparu sous le nom de FN-RATP a été dissous avant de réapparaître sous l'appellation Force nationale transports en commun.

     

     

    Assistance juridique aux associations

     

     

    Dans l'enseignement, le MEN (Mouvement pour un enseignement national) envisage d'évoluer vers une structure syndicale d'ici un ou deux ans. « Du côté des parents d'élèves, nous incitons nos sympathisants à entrer dans les structures existantes ou bien nous leur fournirons l'assistance juridique pour former leurs propres associations », indique le FN.

     

     

    Le parti d'extrême droite se défend de susciter la création de syndicats ou d'associations. Si ces événements ne lui échappent pas, il feint cependant de ne pas en être l'instigateur. « Notre parti ne donne pas des ordres, affirme Philippe Olivier. Si on avait dit aux personnels pénitentiaires ou de la police que nous ne voulions pas qu'ils créent leurs syndicats, ils l'auraient fait quand même. »

     

     

    Symbole de l'activisme tous azimuts du FN dans le champ social, Jean-Marie Le Pen a lancé, lundi 4 novembre, les opérations de distribution de repas chauds en île-de-France sous la houlette du pasteur Blanchard. Passé par tous les mouvements d'extrême gauche dans les années 60-70, Jean-Pierre Blanchard, devenu pasteur d'une des nombreuses et très conservatrices Eglises protestantes américaines, pratique une charité fondée sur « la préférence nationale ».

     

     

    Réorientation en faveur des classes populaires

     

     

    Des syndicats à la soupe populaire en passant par les offices HLM, où le FN a aussi créé en direct sa propre association, « FN locataires », avec l'objectif d'être présent d'ici à trois ans dans les 600 offices HLM, le parti d'extrême droite entend donc fortement « occuper le terrain social », comme l'a rappelé en octobre Bruno Mégret.

     

     

    Le délégué général du FN a fini par convaincre Jean-Marie Le Pen de la nécessité de réorienter le discours du FN en direction des classes populaires qui votent désormais majoritairement pour lui. Lors de son discours prononcé le 1er mai 1996 à Paris, le chef du Front national n'avait pas hésité à décerner un surprenant coup de chapeau au mouvement social : « Il convient de saluer ici la longue lutte des travailleurs et des syndicats pour plus de justice, plus de sécurité, plus de liberté dans le travail. » Une déclaration qu'il faut lire à la lumière de cet autre extrait de son discours : il y a un « complot mondialiste » à « tonalité maçonnique » qui vise à « détruire les nations » et à « transformer le système libéral en système communiste mondial ».

     

     

    A la suite du mouvement de décembre 1995, Bruno Mégret déclarait aussi dans La Croix du 10 avril : « Je pense que s'il n'y avait pas eu l'encadrement artificiel des syndicats politisés, notre place aurait été à côté des manifestants. »

     

    Resté sur le fond de ses propositions très inégalitaires (contre la progressivité de l'impôt, pour la suppression des différents régimes actuels de Sécurité sociale), le parti d'extrême droite continue inexorablement de faire porter à l'immigration la responsabilité de la crise économique.

     

     

     

    Et vient de rentrer dans une opposition frontale avec les grands syndicats qualifiés de « bande des cinq ». « Si les tribunaux soutiennent la logique liberticide, cela ne fera que retarder l'explosion générale », prévient Philippe Olivier en défendant les syndicats issus du FN. Le parti de J.-M. Le Pen sait désormais qu'il joue son avenir sur le terrain social.

     

     

     

    UNE CASCADE DE PROCES

     

     

     

    La semaine sera chaude pour les syndicats du FN traînés devant les tribunaux par d'autres organisations qui leur contestent tout caractère syndical. Dans d'autres cas, ce sont les syndicats FN qui se portent en justice.

     

     

     

    Mardi 19 novembre. Audience devant le tribunal de Montpellier. Plusieurs syndicats, dont la FSU, ont introduit une action en justice visant à contester le caractère syndical du Front national pénitentiaire.

     

     

     

    Jeudi 21 novembre. Le tribunal d'Evry, saisi par la FASP et la CGT-police, se penchera sur la légalité du Front national de la police.

     

     

     

     

    Lundi 25 novembre. Prévue lundi 18 novembre, l'audience du tribunal de Paris qui devait se prononcer sur le recours de Force nationale transport pour faire reconnaître juridiquement sa représentativité syndicale a été reportée d'une semaine à la demande de la RATP.

     

     

     

    MARTINAT Philippe
     
     
     
     
     

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  • Le CSA:

     

     

     Nouveau gendarme de la liberté d’expression ?

     

     

     

     

     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

     

     

     

     

     

     

     

    La mission première du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est de « garantir la liberté de communication audiovisuelle ». Pourtant, l’autorité de régulation présidée par Olivier Schrameck semble s’être attribué un nouveau rôle : celui de gendarme du bon goût et de la liberté d’expression. En effet, les récentes sanctions infligées à l’émission « Touche pas à mon poste » constituent un précédent dangereux qui dénote une volonté de contrôle sur les pensées et rires des Français. Une évolution particulièrement inquiétante !

     

     

     

     

     

    Dans une décision du 7 juin 2017, le CSA a décidé de taper fort contre « TPMP », l’émission de C8 produite et présentée par Cyril Hanouna : pendant trois semaines, l’émission moteur de C8 est interdite de publicité, ainsi que quinze minutes avant et après sa diffusion, en réponse à deux séquences qui ont choqué les sages de l’audiovisuel français.

     

     

     

     

     

     

    À chaque fois, il s’agit d’une blague, pas spécialement drôle, visant à piéger un membre de l’équipe. On a fait croire au premier qu’il devait s’accuser de l’homicide accidentel d’un individu après une fausse dispute et le second a été victime d’un geste déplacé.

     

     

     
    Deux happenings d’un goût douteux qui ont valu à la chaîne de s’attirer les foudres du CSA
     
     
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    La sentence est tombée ! Pour ne pas avoir fait rire le CSA, C8 est condamné à se dispenser de près de six millions d’euros de recettes publicitaires ! Une sanction si élevée qu’elle prend à revers la loi de 1986 sur l’audiovisuel qui dispose que « le montant de la sanction pécuniaire doit être fonction de la gravité des manquements commis et en relation avec les avantages tirés du manquement, sans pouvoir excéder 3 % du chiffre d’affaires hors taxes ». En l’espèce, six millions d’euros représentent 4,6 % du chiffre d’affaires de la chaîne. Le CSA aurait-il mal pris les moqueries adressées par le trublion du PAF au cours des dernières semaines ?

     

     

     

    L’humour devient un exercice à risque.

     

     

     

     

    Depuis quelque temps déjà, le CSA n’hésite plus à sortir les griffes et fustiger les auteurs des blagues et canulars qui ne le font pas rire. Une blague ratée et le CSA sévit ! Ainsi, l’émission de radio de Cauet sur NRJ a été mise en demeure, il y a un an, pour des propos « graveleux », censés être drôles. Pire : Nicolas Bedos a ému le CSA parce qu’il a laissé croire pendant quelques minutes qu’il avait entretenu une relation avec Valérie Trierweiler.

     

     

     

     

    Et même le Web est désormais dans le viseur du CSA, qui envisagerait des sanctions contre le programme « Recettes Pompettes » diffusé sur YouTube. Pas assez drôle, pas assez moral : le CSA ne se retient plus pour démonter les programmes qui lui déplaisent, et ce, même s’ils ne se rendent coupables de rien sur le plan juridique.

     

     

     

     

    La liberté d’expression devient accessoire devant le CSA. Et si rien n’est fait, les humoristes seront bientôt contraints d’envoyer leur script à M. Schrameck pour validation avant de pouvoir s’exprimer à l’antenne.

     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Ah, si la France imitait la Russie…

     

     

     

     

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    Il y a 1.030 ans, la Russie, alors connue sous le nom de Rus’ de Kiev, se convertissait à la religion chrétienne, que les bolcheviques ont aussitôt rejetée comme étant le pire opium du peuple ! Eh bien, juste retour des choses qui nous permet, à nous Français, d’espérer qu’un jour… ce sont des dizaines de milliers de fidèles orthodoxes qui se sont retrouvés sur la place des Cathédrales à Moscou pour célébrer l’anniversaire de la christianisation de la Russie lors d’une grandiose cérémonie religieuse.

     

     

     

    Célébrée par le patriarche de toutes les Russies, Kirill, et le patriarche Théodore II d’Alexandrie, cette longue célébration spectaculaire par son décorum et sa solennité avait un fidèle de marque en la présence de Vladimir Poutine, qui ne perd jamais une occasion de venir prier au milieu de ses concitoyens – j’allais écrire de ses sujets – auxquels, au pied de la statue géante du prince Vladimir, il déclara que le baptême de la Russie est « un événement clef de notre histoire ». Le prince Vladimir, dont il a le prénom, fit comme Clovis en consacrant son pays au Christ. « Il a adopté les valeurs chrétiennes […] l’orthodoxie s’est tournée vers l’âme humaine, le bien, l’amour […] Le baptême de la Russie a offert une grande liberté, celle de choisir entre le bien et le mal, et nous avons choisi le bien […] Notre devoir sacré, c’est de maintenir cet héritage. »

     

     

     

    Il y a 1.522 ans, le 5 décembre 496, le roi Clovis Ier se faisait baptiser à Reims avec trois mille de ses guerriers. Le royaume franc qui précédait la France encore balbutiante venait de sceller une alliance durable avec l’Église catholique. Une alliance qui allait s’achever dans le sang d’une révolution à la fin du XVIIIe siècle.

     

     

     

    Peut-on, un instant, imaginer Emmanuel Macron, qui avait, comme Clovis, demandé le baptême dans son adolescence, célébrer la christianisation de la France ? Non, bien sûr, puisque la religion catholique de nos rois a laissé place à la religion de la laïcité de nos républicains. Emmanuel Macron, comme aucun autre président de la République française, ne pourra jamais venir à Reims, sur le baptistère de Clovis, pour rappeler aux Français ce qu’ils doivent à l’Église. L’article Ier de la Constitution voulue par le général de Gaulle est formel : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

     

     

     

    Et lorsqu’on apprend, en cette fin du mois de juillet, par le hasard des réseaux sociaux condamnés par le pouvoir macroniste, que jamais la France n’a subi autant d’actes christianophobes, on ne s’étonne guère, hélas, que notre Président, il est vrai embourbé dans une mauvaise affaire, se taise en ne condamnant aucun de ces actes. Ne pas réagir devant ces 34 incendies criminels, dégradations et autres actes barbares effectués contre des églises, des cimetières ou des calvaires est un signe tout à fait éclairant de ce que nos gouvernants sont devenus.

     

     

     

    Je reprends un écrit de Vincent Peillon que ce gouvernement pourrait faire sien : « Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi. »

     

     

     

     

  • SA DERNIÈRE CHARGE:

     

     

     

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    Jean Cau n'est pas parti sans laisser d'adresse... Avant de tirer sa révérence à un monde qui lui inspirait un mépris souriant, il avait confié à des mains amies les manuscrits de ses dernières charges, de ses dernières « embestidas », comme disent les aficionados :Contre-attaques et Composition française sont remplis d'une sainte et joyeuse colère, ainsi que d'une nostalgie bouleversante. Nostalgie d'une civilisation où les mots avaient encore un sens, où les objets avaient du poids, et les hommes un nom. À lire d'urgence. Pour apprendre à résister...

     

     

     

    « Comme Jean-Jacques Rousseau – écrit Alain de Benoist –, Jean Cau abandonnait ses enfants à l'Assistance publique. Je veux dire qu'une fois ses livres écrits, leur sort lui devenait indifférent [...]. Il aimait écrire, il ne cherchait pas à paraî­tre. Aux deux sens de ce mot. » (1). Jean Cau était avant tout un homme libre. Les 2 livres qui ont été publiés depuis sa disparition confir­ment cette attitude tout aristocratique. Confiant le manuscrit deComposition française (Plon, 1993) à Oli­vier Orban et celui de Contre-attaques à A. de Benoist, il avait dit au premier : « Je ne sais pas ce que ça vaut », et au second : « C'est un texte pour vous, faites-en ce que vous voudrez » ! Superbe élégance d'un Cyrano délaissant les petits papiers du « Mercure François ».

     

     

     

    On retrouve la droiture du Gascon dans Contre-attaques, second ouvrage posthume de Jean Cau. Tous les thèmes qui ont nourri ses pamphlets depuis 25 ans y sont réunis. Sévère diagnostic de notre décadence, l'ouvrage se situe entre le testament, la profession de foi et l'épitaphe. Puissant et plein de fraîcheur, c'est un de ses meilleurs livres. Quel plaisir, quelle tristesse aussi, de voir ce picador enfour­cher une dernière fois son cheval de bataille en déclarant avec le héros d'Edmond Rostand : « J'aime raréfier sur mes pas les saluts, et m'écrier avec joie : un ennemi de plus. »

     

     

    L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DES CHOSES

     

     

    Mi-essai, mi-pamphlet, Contre-attaques s'ouvre sur un Éloge incongru du lourd. « Jean Cau, écrit Gérard Spiteri, qui a toujours pris soin de multiplier les anticorps contre l'obésité intellectuelle, ne parle pas de l'esprit. Il s'en prend avec une ironie féroce à cette légèreté physique et symbolique de notre époque qui a fait du jetable le nec plus ultra de la civilisa­tion » (2). Cet éloge du lourd n'est pas anodin. À partir d'objets courants, c'est à une formi­dable charge contre la modernité que se livre Jean Cau. « A-t-on réfléchi, écrit-il, à ce que recèle l'acte de jeter, en son sens le plus profond ? Il recèle le mépris. Et si je te jette, rasoir, ce n'est pas parce que tu es vieux mais, mets-toi bien ça dans la tête, parce que tu ne vaux plus rien. Le rasoir Bic ou les briquets Cricket deviennent la remarquable illustration d'une société qui fait l'impasse sur la question du sens. Jetables, ils « ont tué l'amour et détruit la sensibilité puisqu'ils nous ont désappris à être, à quelque chose et partant à quelqu'un, fidèles ». Et, nous dit Jean Cau, essayez de dire : « J'aime mon Cricket » !

     

     

     

    Son éloge incongru du lourd ne s'oppose pas tant au léger qu'au mou et à l'éphémère. La force, la durée ont laissé la place à l'immédiat, au jetable. Rien ne tient, rien n'est dur, rien ne dure. La civilisation du « progrès » émousse les sentiments, raccourcit les deuils et ramollit les idées. La société de consommation se charge de fournir perpétuellement des objets neufs, sans histoire, sans mystère et sans âme. L'homme, qui dans un premier temps a fait du monde un objet, s'est ensuite lui-même perdu dans un sys­tème d'objets. On aimait, naguère, conserver et transmettre. On estimait en chaque chose la solidité. « Le temps lui aussi, remarque Jean Cau, faisait un long usage et il y avait de la durée partout, dans les fiançailles et les mariages, dans les rêves et les amours. C'était solide. Même la miche de pain que mes bras d'enfant arrivaient à peine à embrasser, tant elle était énorme, durait huit jours et l'acte de jeter du pain relevait des tribunaux sacrés. » Et ce respect disparu, tout ce qui est « vieux » est condamné : « Comme nos sociétés sont en per­pétuelle fuite, elles s'allègent pour que leur course soit plus rapide. »

     

     

     

     

    Si Jean Cau se bat, c'est d'abord et avant tout contre un monde envahi par la laideur. « La beauté, écrit encore Spiteri, est la seule divinité à laquelle il ait jamais cru. » Son éthique, sans aucun doute, était avant tout esthétique. Il ne pouvait écrire, par ex., qu'à la main, pour la beauté du geste. L'écriture reste une cérémo­nie (3). L'encre, le papier, la plume qui court, voilà pour lui une joie physique, palpable : « Je m'ébahis aussi d'être ce moine qui écrit à la main, à l'encre (je préfère ne pas connaître sa composition), sur du papier (même observation), à l'aide d'un lourd stylo à la plume or 18 carats. Mon contemporain se moque en me voyant tra­cer mes humides sillons [...]. Mon contempo­rain, lui, écrit (?) à la machine. Soit ! Mais ima­gine-t-on Racine écrivant Bérénice, toc, toc, toc, à la machine ? [...] Jean, à Patmos – mille regrets ! – n'a pas tapél'Apocalypse ».

     

     

     

     

    Jean Cau, enfant, n'a connu ni vinyle et nylon, ni Bic et Cricket. Fidèle à sa première jeunesse (4), il se souvient, avec style et pudeur, de l'époque où les objets étaient des trésors et les meneurs de chahut des seigneurs de la guerre, où le sac de billes devenait un butin inestimable et le vieux couteau du père un bien presque sacré. Mais dans Contre-attaques, c'est aussi un Jean Cau orphelin que l'on retrouve, étranger dans un monde peuplé d'anonymes : « Notre prochain n'a plus qu'un prénom. Finie l'époque où le nom renvoyait à l'histoire d'une famille, d'une lignée. Notre voisin ne peut se distinguer ni par ses habitudes, ni par ses vête­ments, ni par son travail qui sont semblables aux nôtres ou presque ».

     

     

    QUE RESTE-T-IL DE SON ESPAGNE ?

     

     

     

    Journal de ses rêveries d'écriture, Composition française n'a sans doute pas l'éclat de Contre­attaques. Passé maître dans l'art du pamphlet ou de la nouvelle, Jean Cau se livre plus diffici­lement dans ce genre littéraire qu'il n'avait jamais exploré. Quelques éclairs foudroient pourtant. Que la modernité vienne menacer « son » Espagne (5), et aussitôt renaissent son style et son élan : « Des monstres d'acier jaune, bulldozers, pelleteuses, bétonneuses, tracent des autoroutes. Bientôt, il n'y aura plus de boue, ni de poussière dans ce pays d'Espagne. Déjà, un âne s'y éteint et la mouche et le curé s'y font rares ainsi que l'enfant. Boue, poussière, ânes, mouches, curés et enfants disparus, que restera­t-il de mon Espagne ? Le soleil lui-même y est combattu, grâce à l'air conditionné, et, propos inouï ! des Espagnols qui naguère ironisaient sur la mine accablée du touriste s'épongeant et en lequel ils voyaient un vaincu, se plaignent aujourd'hui de la chaleur. »

     

     

     

    Ainsi jaillit par intermittence la force imprécatoire du digne héritier d'un Bloy ou d'un Bernanos. Contraint d'affronter une époque sans géants, il s'est battu avec rage contre le mou, le flasque : « Tu as voulu opérer le renversement de toutes les valeurs, dit-il à l'adresse de Nietzsche, mais, ce que tu ne soup­çonnais pas, c'est que viendrait un siècle, le XXe en son agonie, où ton courage titanesque serait sans emploi parce qu'il n'y aurait plus de valeurs à renverser. »

     

     

     

     

    ► Xavier Marchand, éléments n°80, juin 1994.

     

     
  • Ancienne maraude..........Publié le 13 mai 2009 par Front National Paris.

     

     

    Jean-Michel Dubois et le Front National de Paris en maraude avec le Pasteur Blanchard

     

     

     

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    Dans la nuit du 12 au 13 mai, Jean-Michel Dubois, tête de liste du FN pour les européennes en Ile-de-France, Philippe Coulnecheff, Chargé de mission départemental du FN Paris, François Cerruti, Secrétaire départemental du FNJ Paris, ainsi que l’équipe de bénévoles de l’Action Sociale et Populaire, se sont lancés dans la dernière maraude de l’année sous l’égide du Pasteur Blanchard !

     

     

     


    Cette maraude a permis à Jean-Michel Dubois ainsi qu’à toute l’équipe d’aller à la rencontre des SDF parisiens les plus déshérités pour leur apporter une aide matérielle et un soutien moral. Couvertures et vêtements, soupe, café et collations, accolades et discussion, Marseillaise chantée à minuit en plein Paris avec les SDF français sous les yeux ébahis des bobos parisiens, voilà ce que cette maraude s’est efforcée d’offrir à ceux qui ont tout perdu !

     

     


    En ce temps de crise, Jean-Michel Dubois tient à rappeler, selon son cœur, le sens profond du don de soi aux plus humbles d’entre nous ! La solidarité nationale et la fraternité française doivent guider notre action sociale. Chacun devrait tenter de recréer auprès de ces hommes seuls et isolés, qui sont les cobayes d’un mondialisme pervers, la chaleur d’un foyer, la douceur du sentiment filial et le sens naturel de l’humanité.

     

     


    Par ailleurs, Jean-Michel Dubois tient à exprimer son indignation face au mépris de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, qui a trouvé comme seul moyen pour éradiquer la pauvreté à Paris… l’installation de Vélib’ sur les lieux de survie habituels des SDF ! Cet acte odieux de nettoyage ultra-libéral et d’épuration sociale violente devrait révolter tous les SDF parisiens et les pousser à aller réclamer des comptes au pied de la Mairie de Paris !

     


    Plus que jamais le Front National a eu raison de redonner vie à cette maxime de Jaurès :

     

    « A celui qui n’a rien, la Patrie est son seul bien ! »


    Face au peu de cas que les escrocs de l’espérance font de nos SDF, les électeurs d’Ile-de-France voteront le 7 juin prochain pour Jean-Michel Dubois !


    Jean-Michel Dubois, Tête de liste du Front National pour les européennes en Ile-de-France

     

     

     

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  • POLYGAMIE - AFRIQUE:

     

     

     

     

    LES SÉNÉGALAISES INSTRUITES TROUVERAIENT DU CHARME À LA POLYGAMIE… BEN VOYONS !

     

     

     

     

     
     
     
     
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    Un titre : « Au Sénégal, la polygamie ne rebute plus les femmes instruites. » Un chapeau : « La pratique, combattue autrefois par les féministes, attire une nouvelle génération de femmes. Par choix, mais aussi du fait de la pression sociale. »

     

     

    Voilà, en résumé, tout ce que ne dit pas l’enquête de Coumba Kane, parue pourtant sous cette accroche le 11 mai dernier dans Le Monde Afrique.

     

     

    En réalité, le racolage journalistique aura beau sous-entendre qu’on puisse donner envie de mœurs néo-païennes, ladite polygamie, loin de faire rêver, conserve visiblement toute son amertume. C’est pourquoi il convient de lire son papier en retirant soigneusement son titre et son chapeau.

     

     

    « La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » Certaines iraient même jusqu’à choisir ce brin de liberté supposée, un mari étant bien vite encombrant à l’entretien. Il serait donc appréciable, pour la femme, de partager le travail avec l’une ou l’autre de ses co-épouses. C’est, du moins, le seul avantage qu’on réussira à lui trouver, malgré tout bien maigre face à l’accablante perspective qui s’ensuit.

     

     

     

    « La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » Pourtant, cela ressemble toujours autant à l’apanage des hommes, seuls capables de dire « Je t’aime » à plusieurs femmes dans la même journée. Il les aime donc, et les jeux de l’amour et du hasard auront tôt fait de transformer un mariage sur trois en « polyamour », luxe que les femmes ne s’offrent pas (à supposer que cela les intéresse). Faire des études susciterait donc le même intérêt multiséculaire pour les vieux grippe-sous, à même de s’amouracher d’un joli minois en complément d’une femme surfaite. Si la polygamie ne rebute pas les femmes instruites, c’est que, loin d’être idiotes, elles en tireraient parti. Souffrons qu’elles ne soient pas la majorité.

     

     

     

    « La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » On parle, là, de jeunes journalistes pimpantes, qui ont tout pour elles face au premier amour flétri, bien qu’on ignore si la flétrissure soit de la femme ou de l’amour. On croyait à ce dernier plus de vertu au point de traverser les âges et les sentiments. Du moins, c’est ce que vise le mariage (le vrai, monogame, celui-là). L’amour n’exclut pas le béguin, encore faut-il qu’il reste à sa place. Si l’on déchoit à l’épouse son exclusivité, c’est bien qu’on accepte d’y mettre un brin de concurrence.

     

     

     

    « La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? »Cependant, la concurrence est bien là. Certains l’avouent sèchement : la polygamie est une arme de dissuasion, et un pouvoir face à l’épouse. L’homme qui doit tenir ses femmes joue la sécurité. Qu’il s’exaspère de l’une, il ira dans les bras de l’autre. La seule chose qu’il garde, c’est le contrôle, tandis qu’elles subissent, ni plus ni moins. Lâcheté de l’homme qui, en filigrane, admet avoir tant besoin d’elles.

     

     

    « La polygamie ne rebute plus les femmes instruites ? » À moins qu’elles n’aient finalement compris que l’instruction n’a pas eu raison de leur culture. L’enquête nous le dit : la pression sociale est telle qu’on préférera être un numéro d’épouses plutôt que de divorcer. La véritable raison, c’est la misère sociale qui guette la femme qui divorce.

     

     

    Coumba Kane a bien fait de nous reparler de la polygamie. On se souviendra ainsi qu’elle n’a rien de glorieux. Pauvreté de l’homme, misère pour les femmes, nos sociétés moins patriarcales qu’on ne le dit avaient fait de la monogamie non seulement un idéal de l’amour mais, en substance, une sécurité sans précédent pour les femmes. Nonobstant nos divorces ravageurs, souhaitons qu’on la conserve intacte.