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Le président de l' Action Sociale et Populaire
s'exprime dans la deuxième partie de la vidéo, notamment sur les maraudes face à la nouvelle pauvreté envahissante.
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Le président de l' Action Sociale et Populaire
s'exprime dans la deuxième partie de la vidéo, notamment sur les maraudes face à la nouvelle pauvreté envahissante.

J'ai eu une adolescence sans histoire, mais je ne trouvais pas ma voie. Le travail en usine me déplaisait. Pour assurer mon avenir, je signais un contrat d'apprenti garçon de restaurant au Grand Balcon, l'hôtel le plus huppé de Mazamet. Mon engagement lors des événements de 68 inquiéta ma famille. Mon père, militaire de carrière, pensa qu'il n'y avait rien de plus sûr que l'armée. Je signais à Toulouse en septembre de la même année un contrat de trois ans dans l'armée de l'air.
Je me retrouvais à faire mes classes à Nîmes Garons : un total naufrage ! L'armée, ne sachant que faire de moi, se souvint que j'avais été garçon de restaurant et m'envoya au mess des officiers en plein cœur de la forêt noire en Allemagne à Hornisgrinde. Ce fût un véritable cauchemar où j’étais isolé dans une petite station couverte de neige pendant plus de six mois de l'année. Insupportable à un tel point que comme on le dit familièrement, je "pétais les plombs" au point de me faire expulser de l'armée.
De retour à la maison, ce fut la grande révolte. Deux mois plus tard, j'étais à l'Isle de Whight, avant de vivre toutes les dérives de ma génération.
Pasteur Blanchard
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Lors de mes deux années passées en Alsace, j'ai eu l'occasion de traverser le Rhin pour me rendre dans cette partie de l'Allemagne que j'aime tant : le pays de Bade. C’est la patrie de celui qui reste le plus grand philosophe du siècle dernier : Martin Heidegger.
Avant de quitter cette belle région de nos marches vers l'est, j'ai souhaité visiter le célèbre chalet construit de ses mains au cœur de la forêt noire, la fameuse hutte de Todtnauberg. C’est là qu’ont été écrites les plus belles pages de son œuvre, c'est là que s’est développé sa réflexion sur le problème de l'être, de la relation de l'homme à l'être, et de l'être à l'homme. C’est dans ce cadre champêtre que sa philosophie a acquis son amplitude, le conduisant à définir le postulat de l'être capable d'interrogation authentique, comme enracinement, comme ouverture à l'être. C’est là que le Dasein devient "être de l'existant humain en tant qu’existence singulière et concrète". C’est au creux des chemins qu'il découvre la vérité cachée. L'homme est berger de la parole, la vérité se trouve cachée dans les mots, loin du "on" de la vie inauthentique du monde moderne.
Pasteur Blanchard

Par le pasteur Blanchard.
Tous les amis qui viennent marauder sont surpris de notre familiarité avec les SDF. Il faut dire que nous sommes dans notre septiéme campagne de maraudes. Le temps à fait que nous avons fini par nous connaître, d'un certain point de vu on peut parler d'amitié : nous finissons par avoir des informations sur leur vie, leurs épreuves, ce dont ils ont réellement besoin au-delà des problèmes matériels qu'ils traversent.
C’est de véritable empathie dont ils ont besoin. Celle-ci, ils ne la trouvent pas dans les grandes associations. Il faut croire qu'elles finissent par le perdre de vue, elles qui ont à gérer la misère à l'échelle nationale, elles ont du mal à répondre aux véritables questions que génèrent le train train quotidien.

Il y a un autre problème qui prend de l'ampleur : les rondes de la police pour déloger les sans domicile du pavé parisien. La loi interdisant de les déloger "manu militari", on fait tout pour les dégoûter en raflant leur bardas, les laissant sans rien sur le trottoir, avec le secret espoir que par lassitude ils quitteront Paris.
A l'origine de la démarche, il y a la gauche caviar du maire, pour qui la misère est une lèpre dans la Capitale, un abcès pullulant qu'il faut éradiquer. Il peut sembler paradoxal que des hommes classés à gauche se définissant comme humanistes au service de l'humanité soient ceux qui organisent la chasse à la misère dans les rues de la cité ; force est de constater que les bobos sont parmi ceux dont les valeurs sont totalement antagonistes avec le peuple véritable, les petits, les sans grade et cela au nom de principes désincarnés.
♥
Quant à nous, continuons notre travail, pour la défense des Nôtres, pour la véritable cause du peuple.
Pasteur Blanchard

Alain de Benoist
Les politiques tous pourris ?
Non, c’est le système qui l’est…

Ne serait-ce pas l’actuel « système » qui serait pourri, tel ce communisme jadis donné pour « intrinsèquement pervers » par le pape Pie XI ?
Les gens aiment bien avoir des boucs émissaires. C’est la raison pour laquelle ils imputent souvent à des hommes (ou à des catégories d’hommes) des défauts ou des vices propres au système dont ceux-ci ne sont que les représentants. D’une façon générale, ils ont beaucoup de mal à comprendre que les systèmes relèvent par définition d’une analyse systémique. Il est plus facile, par exemple, de dénoncer les méchants « banquiers » (ou les « grands initiés » qui « tirent les ficelles » en coulisses) plutôt que de faire une analyse critique du système de l’argent ou des mécanismes par lesquels les marchés financiers ont pris le contrôle des États.
Les gens de droite, qui sont en général idéologiquement peu structurés, sont particulièrement portés à poser les problèmes en termes de personnes. Ils sont comme ces parents de victimes qui, pour « faire leur deuil », ont besoin qu’on leur désigne des « coupables ». Malheureusement, il n’y a pas toujours de coupables ou de responsables qu’on puisse identifier nommément. Et quand il y en a, on réalise vite qu’ils ne sont eux-mêmes que des pièces d’un dispositif beaucoup plus vaste. Les arbres ne doivent pas masquer la forêt.
L’expression « Tous pourris ! » prend en effet tout son sens si on la rapporte à un système. Ce système est un ensemble de mécanismes qui fonctionnent « tout seuls », c’est-à-dire en raison de la dynamique qui leur est propre. Le monde de l’économie et de la finance est comme celui de la science ou de la technique : chaque pas en avant confirme et accélère le mouvement. Les hommes y jouent un rôle, mais à titre secondaire : tout responsable qui disparaît est immédiatement remplacé. En quoi ce système est-il « pourri » ? Il l’est d’abord en raison de son caractère contraignant. Le système limite la liberté de manœuvre des hommes politiques dans des proportions qui n’ont cessé de croître.
Arriver au pouvoir, aujourd’hui, c’est découvrir l’ampleur des contraintes de structure et l’étendue de son impuissance. À l’échelle de l’Union européenne, cette impuissance va jusqu’à la paralysie. Mais le système est surtout « pourri » en ce qu’il repose sur des postulats intrinsèquement nocifs – l’économie comme destin, le primat des valeurs marchandes, l’égalitarisme, le mythe de l’autosuffisance des individus, le mépris du peuple, etc. – qui renvoient eux-mêmes à toute une anthropologie, où l’homme est conçu comme un être seulement préoccupé de maximiser son intérêt personnel.
Ce qui est sûr, c’est que la classe politique dans son ensemble paraît aujourd’hui discréditée. Si la corruption n’est pas la cause majeure de ce discrédit, comment doit-on l’expliquer ?
Il s’explique tout simplement par le fait que la classe politique se refuse à répondre aux aspirations du peuple, non parce qu’elle est incapable de les entendre – contrairement à ce que disent ceux qui se contentent de plaider pour plus de « proximité » entre les citoyens et leurs élus –, mais parce qu’elle est acquise à des idées opposées. La classe politique estime que le peuple « pense mal », et c’est pourquoi elle aspire à gouverner sans lui.
Le fossé qui s’est creusé entre le peuple et la gauche, qui se flattait naguère d’en être la meilleure représentante, en est l’une des illustrations les plus frappantes. Le « Tous pourris ! » veut dire ici que le peuple a cessé de croire à l’alternance. Depuis au moins trois décennies, il voit se succéder des gouvernements « de droite » et « de gauche » qui font plus ou moins la même politique, ne répondent jamais à ses attentes et, plus grave encore, ont amené le pays au bord de la faillite.
Tous les sondages le montrent, les gens ne savent plus ce qui distingue aujourd’hui la droite et la gauche. Ils ne savent plus ce que ces mots peuvent encore vouloir dire. Ils réalisent que tous les grands problèmes actuels créent des clivages transversaux qui ne se laissent plus analyser en termes de droite ou de gauche. C’est la raison pour laquelle ils se réfugient dans l’abstention ou reportent leurs derniers espoirs sur des formations « populistes » qui ont jusqu’ici été exclues du pouvoir. « Tous pourris ! » est un cri du cœur. S’il ne correspond pas à la réalité, il exprime quelque chose de bien réel : les gens n’en peuvent plus.
Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Par Léa Bonnet,
nouvelle membre de l'ASP
Le rendez vous était pris depuis un certain temps et le Pasteur Blanchard me le rappelait régulièrement. Le mercredi 23 avril, je participe donc à ma première maraude.
J’avais bien en tête quelques souvenirs de jeunesse où, habitant Paris je donnais quelques fois des conserves, du chocolat et de la confiture aux sans-logis de mon quartier de la poterne des peupliers, dans le treizième arrondissement.
Mais je ne savais pas trop ce qui m’attendait aujourd'hui. A 21h00 précises, je retrouve Porte d’Italie, le Pasteur qui m’attend avec sa femme et Thierry et Françoise. Nous partons tous les cinq, le coffre du véhicule rempli de vêtements, de conserves, de café et de soupe.
Le contact avec les sdf se fait tout naturellement. Aidé par les conseils du Pasteur, nous distribuons, Françoise et moi, du café, de la soupe, des vêtements, et quelques paroles de réconfort à des gens qui ont presque tout perdu. Je dis presque, car certains d’entre eux, en plus de leur honneur ont gardé le désir de choisir comment ils souhaitent être habillés ; le type de chaussures qu’on leur propose, un tee-shirt plutôt qu’une chemise ou la couleur d’un pantalon.
Dans la nuit, nous voyons beaucoup de personnes, des hommes très différents mais aussi des femmes : la misère peut frapper tout le monde. Bien sûr, comme beaucoup, j’ai souvent entendu dire que ce sont des fainéants ou des ivrognes et qu'ils n’ont que ce qu’ils méritent. Je ne partage pas cette pensée et les rencontres que j’ai fait cette nuit-là me rappellent que la frontière entre le confort et la rue est très fragile.

De cette maraude, je garderai deux souvenirs. Celui d'un maghrébin qui, après avoir accepté du café et quelques paroles de soutien, est venu nous raccompagner à la voiture ; il m’a ouvert la porte et m’a fait la bise ;Je garderai surtout le souvenir du Pasteur Blanchard en pleine action sur le terrain. L’équipe qu’il forme avec sa femme, force le respect. Lui conduit. Elle surveille les moindres recoins de rues où sont susceptibles de se trouver des gens dans le besoin. Et cela ne manque pas.
A chaque arrêt, nous nous approchons d’eux. Souvent, ils reconnaissent le Pasteur et lui font part de leur joie de le retrouver une nouvelle fois car, pour beaucoup, ce sont des habitués. Le Pasteur les connaît et les appelle tous par leur prénom.
La maraude se termine et nous n’avons plus rien à distribuer. Nous avons déposé Thierry et Françoise et le Pasteur me laisse Porte Maillot. Sa femme et lui descendent pour me saluer et me remercier. Je les remercie également et reprend la route où un bon lit bien au chaud m’attend.
Un grand merci au Pasteur Blanchard pour ces moments d’humilité qu’il m’a donné à vivre. Mais aussi et surtout, pour tout ce qu’il apporte à ces êtres en grande détresse.
Léa
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Par Michèle Tribalat,
directrice de recherches à l'INED
Peut-on dire que la France et l’Union européenne (UE) ont opté pour un modèle multiculturaliste ?
Bien que l’intégration ne soit pas encore une compétence européenne, les pays de l’UE se sont mis d’accord, lors du Conseil du 19 novembre 2004, sur onze principes de base communs, qui les engagent.
L’intégration dont il est question ne reconnaît aucune asymétrie entre les sociétés d’accueil et les nouveaux venus. Aucun privilège n’est accordé aux Européens ou à leur héritage. Toutes les cultures ont même droit de cité. On ne reconnaît pas de culture européenne substantielle qu’il pourrait être utile de préserver.
Pourquoi notre modèle d’assimilation ne fonctionne-t-il plus ? Et quelle différence faites-vous entre assimilation et intégration ?
L’assimilation désigne un processus de mélanges et de convergence des comportements. Le modèle est asymétrique. C’est des nouveaux venus que sont attendus la plupart des efforts. Même si la société d’accueil se transforme, elle ne perd pas le sentiment de continuité avec son histoire.
Comme l’écrit Huntington (Qui sommes-nous ?, Odile Jacob, 2012), le plébiscite de tous les jours dont parle Renan porte sur le fait de savoir si l’on garde et prolonge l’héritage ou non. Pour fonctionner, l’assimilation nécessite que les nouveaux venus acceptent d’être ceux qui ont l’essentiel des efforts à faire. Il faut aussi que le corps social dans son entier soit acquis à ce projet. Ce n’est plus le cas.
Comment l’islam a-t-il changé le problème de l’assimilation ?
C’est alors que l’assimilation rencontrait des difficultés – avec l’importance croissante de la population musulmane – que nous avons changé de pied et opté pour un discours victimisant à outrance les immigrés et plus récemment les musulmans. Ils sont les représentants de la diversité tellement désirable et bénéfique. C’est l’intolérance des « autochtones » que l’on surveille désormais comme le lait sur le feu. […]
La Nef via Le Salon beige

Par le pasteur Blanchard
Depuis longtemps, il était un fidèle pilier de notre association. Nous avions coutume de le voir en face de l'église, prés du métro Alésia, où Ulysse retenait nos amis venus à nos maraudes. Il leur expliquait longuement les doctrines économiques de Maurice Allais, s'inquiétant pour Marine des chausses trappes que ses ennemis lui mettent sous les pieds, donnant des conseils pour son programme.
Ancien ouvrier sur machine de tissage, il s’est retrouvé au chômage suite à la fermeture des usines pour cause de délocalisation. Il vivait de la précarité de petits boulots, jusqu'au jour où, sans ressource, il se retrouva à la rue, vivant en faisant la manche à l'angle de l'avenue du Maine et du Général Leclerc, tous les jours de 18h à 2h du matin, pour un maigre butin de 15 euros par soirée. Un soir nous ne l'avons plus trouvé, il a fallut attendre quelques mois pour qu'il refasse surface, il sortait de l'hôpital suite à un AVC. Notre dernière rencontre a été avec le professeur Sulzer, il se plaignait d'un œdème au cerveau, cela nous glaça le sang : en remontant dans le véhicule nous avions le sentiment que la chose était grave.

Depuis nous ne l'avons pas revu, les SDF du quartier pensent qu'il est mort, voila où nous conduit un faux humanitarisme, avec sa compassion hypocrite pour la misère du monde entier, ne se préoccupant pas des autochtones que la vie laisse sur le bord du chemin. Ils sont nombreux nos compatriotes que la société délaisse, cette politique sauvage accule la France à devenir un champ de ruine, plus que jamais affirmons haut et fort le sens de notre combat " Justice sociale pour les Nôtres!"
Pasteur Blanchard