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02/06/2015

Entretien avec Alain de Benoist:

 

 

 

Alain de Benoit.png

 

 

L’islamisme radical est à la fois en crise et en expansion…

 

 

   

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

 

 

 

Vous qui êtes notoirement attaché au sens des mots, comment résumer ce qu’on nomme « islamisme », comme si l’islam était la seule foi à mélanger religion et politique ?

 

 

Le mot peut recevoir plusieurs définitions. Aujourd’hui, il se rapporte le plus souvent à ceux des musulmans sunnites qui considèrent que tout problème politique appelle une réponse religieuse ou qui poursuivent des buts politiques sous habillage religieux. Cet islamisme est né d’une réaction à la modernité occidentale ayant touché le monde musulman via la colonisation. Il se partage entre un islamisme de prédication, un islamisme réformiste et politique (les Frères musulmans, fondés en 1928) et un islamisme violent, littéraliste et néo-fondamentaliste, d’inspiration wahhabite ou salafiste, aujourd’hui largement déterritorialisé, dont le principal inspirateur fut l’Égyptien Saïd Qotb (1906-1966). Cet islamisme radical, médiatiquement privilégié par l’Occident, est aujourd’hui à la fois en crise (il ne parvient à proposer aucun projet de société viable) et en expansion, comme en témoigne la surenchère de violence à laquelle se livrent actuellement les fanatiques de l’État islamique dans le nord de l’Irak.

 

Dans cette expansion, les États-Unis portent une responsabilité historique de premier plan. Dès l’époque de la guerre froide, ils se sont systématiquement employés à privilégier les islamistes contre les nationalismes arabes laïcs, suspectés d’être inféodés à Moscou. Quand l’URSS a envahi l’Afghanistan, en 1979, ils ont soutenu et armé les ancêtres d’Al-Qaïda. L’arrivée au pouvoir des néo-conservateurs est ensuite allée de pair avec l’adoption d’un plan visant à balkaniser le Proche-Orient selon des clivages ethno-religieux, ce qui a abouti à l’élimination de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi (2011), puis à l’offensive contre Bachar el-Assad. Les Israéliens, de leur côté, ont commencé par favoriser le Hamas contre Yasser Arafat (vous remarquerez que les prédicateurs takfiris appellent les djihadistes à combattre en Irak, en Syrie ou en Afghanistan, mais jamais en Palestine). Aujourd’hui, les Américains se retrouvent en Irak face à des djihadistes qu’ils soutiennent en Syrie, alliés de fait d’une puissance iranienne qu’ils dénonçaient hier encore comme le grand Satan. Cela suffit à montrer le caractère incohérent de leur politique.

 

Certains prétendent qu’il n’y a aucune différence entre l’islam et « l’islamisme », ceux qui affirment le contraire se faisant régulièrement injurier, ici comme ailleurs, par des internautes notoirement énervés. Qu’en pensez-vous ?

 

 

Qu’ils aillent expliquer cela aux djihadistes de l’État islamique, qui passent l’essentiel de leur temps à massacrer des musulmans ! Ce sont les mêmes qui nous expliquaient en 1935 que Staline et Trotski étaient en fait tout à fait d’accord ou, en 1968, que la querelle sino-soviétique n’était que de la « poudre aux yeux ». Aujourd’hui, ils croient que l’Iran est un pays arabe, que la majorité des musulmans dans le monde sont des Arabes, et sans doute aussi que Hanifi, Hanbali et Maliki sont des noms de pâtisseries orientales. Je sais bien que moins on connaît un sujet, plus on a tendance à simplifier. Mais il y a un moment où le simplisme n’est plus que le paravent de l’indigence mentale. Pour ma part, avec les imbéciles, il y a longtemps que je m’en tiens à la règle NPDCP (ne pas discuter, ça prolonge). J’ajouterai que je n’ai jamais entendu autant de critiques de l’islamisme qu’au cours d’un récent séjour en Algérie, pour ne rien dire d’un séjour plus récent encore en Azerbaïdjan. Quant à ceux qui se déclarent en « guerre totale contre l’islam », soit au total 1,6 milliard d’individus, je salue leur belle énergie et leur souhaite bonne chance !

 

 

 

 

 

 

10:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

19/05/2015

Entretien avec Alain de Benoist

 

 

 

Alain de Benoit.png

 

 

 

 

Le féminisme veut-il encore dire quelque chose ?

 

 

         

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

 

 

Après des années de lutte, quel bilan peut-on tirer du féminisme ?

 

 

Un bilan nécessairement contrasté, pour l’excellente raison que le féminisme, en soi, ne veut pas dire grand-chose. Il y a, en effet, toujours eu deux grandes tendances à l’intérieur du mouvement féministe. La première, que j’appelle le féminisme identitaire et différentialiste, cherche avant tout à défendre, promouvoir ou revaloriser le féminin par rapport à des valeurs masculines imposées par des siècles de « patriarcat ». Non seulement le féminin n’est pas nié, mais c’est au contraire son égale valeur avec le masculin qui est proclamée. Cette tendance a, certes, connu des excès, allant parfois jusqu’à tomber dans la misandrie (dans les années 1960, certaines féministes américaines aimaient à dire qu’« une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette » !). Au moins ne remettait-elle pas en cause la distinction entre les sexes. Je trouve ce féminisme plutôt sympathique. C’est à lui que l’on doit d’avoir réellement fait avancer la condition féminine.

 

 

La seconde tendance, qu’on peut appeler égalitaire et universaliste, est bien différente. Loin de chercher à revaloriser le féminin, elle considère que c’est, au contraire, la reconnaissance de la différence des sexes qui a permis au « patriarcat » de s’imposer. La différence étant ainsi tenue comme indissociable d’une domination, l’égalité est à l’inverse posée comme synonyme d’indifférenciation ou de mêmeté. On est, dès lors, dans un tout autre registre. Pour faire disparaître le « sexisme », il faudrait faire disparaître la distinction entre les sexes (tout comme, pour faire disparaître le racisme, il faudrait nier l’existence des races) – et surtout nier leur naturelle complémentarité. Dès lors, les femmes ne devraient plus concevoir leur identité sur le mode de l’appartenance (au sexe féminin), mais sur leurs droits en tant que sujets individuels abstraits. Comme l’a dit l’ultra-féministe Monique Wittig, « il s’agit de détruire le sexe pour accéder au statut d’homme universel » ! En d’autres termes, les femmes sont des hommes comme les autres ! C’est évidemment de cette seconde tendance qu’est née la théorie du genre.

 

 

Est-il forcément besoin d’être féministe pour être une vraie femme ?

 

 

Il faudrait déjà s’entendre sur ce qu’est une « vraie femme » ! Raymond Abellio distinguait trois grands types de femmes : les femmes « originelles » (les plus nombreuses), les femmes « viriles » et les femmes « ultimes ». Il interprétait le féminisme comme un mouvement de mobilisation des premières par les secondes. Ce qui est sûr, c’est qu’on peut être féministe au sens identitaire sans l’être au sens universaliste. La question se pose, d’ailleurs, de savoir si la seconde tendance évoquée plus haut peut encore être qualifiée de « féministe ». S’il n’y a plus d’hommes et de femmes, si le recours au « genre » permet de déconnecter le masculin et le féminin de leur sexe, on voit mal en quoi la théorie du genre peut encore être considérée comme « féministe ». Qu’est-ce en effet qu’un féminisme qui nie la réalité d’une spécificité féminine, c’est-à-dire de ce qui caractérise les femmes en tant que femmes ? Comment les femmes pourraient-elles rester femmes en se libérant du féminin ? Telles sont précisément les questions que n’ont pas hésité à poser les féministes les plus hostiles à l’idéologie du genre, telles Sylviane Agacinski ou Camille Froidevaux-Metterie.

 

 

 

Aujourd’hui, les Femen… Suffit-il de montrer ses seins pour faire avancer la cause féminine ?

 

 

Si tel était le cas, la condition féminine aurait, depuis quelques décennies, fait d’extraordinaires bonds en avant ! Mais dans le monde actuel, l’exhibition d’une paire de seins est d’une affligeante banalité. Même sur les plages, le monokini est passé de mode ! En exhibant des poitrines dans l’ensemble plutôt tristounettes, les Femen, venues d’Ukraine, ont naïvement imaginé qu’elles allaient faire impression. Elles ont seulement fait sourire. Disons qu’elles ont cru que, pour se faire entendre, il leur fallait recourir à ce que certains sociologues appellent la « nudité hostile », une nudité qui n’est plus conçue comme un moyen d’attirer, de séduire ou de provoquer le désir, mais comme un défi agressif, une sorte de proclamation à l’ennemi. Ce genre de pratique relève de cet exhibitionnisme pauvre à quoi se résume actuellement une grande partie de la sociabilité occidentale, laquelle consiste à user de son corps comme d’une marchandise. Les malheureuses Femen seront d’autant plus vite oubliées que tout le monde se fout de leurs nichons !

 

 

 

Mais ce serait aussi une erreur de croire qu’elles ont le soutien des féministes. Mis à part Caroline Fourest, notoirement tombée amoureuse d’Inna Shevchenko, la plupart des féministes ont très vite pris leurs distances vis-à-vis de ces exhibitionnistes, auxquelles elles ont reproché d’utiliser leur corps et de faire appel à une « politique de la télégénie » pour mobiliser l’attention médiatique, au risque de légitimer indirectement la reconnaissance des différences de sexes – en clair, de faire de leurs glandes mammaires un usage propre à conforter les « stéréotypes ». D’autres ont objecté aux activistes aux seins nus qu’au lieu d’affirmer la supériorité de la nudité, elles feraient mieux de défendre la liberté des femmes de s’habiller comme elles le veulent. Lisez, à ce propos, l’article de Mona Chollet paru dans Le Monde diplomatique de mars dernier, qui s’intitulait « Femen partout, féminisme nulle part ». Quant aux revendications proprement féministes des Femen, on les cherche encore !

 

 

 

 

 

 

 

09:34 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

15/05/2015

LES SDF NE MEURENT PAS QUE L'HIVER (2).

 

 

50 ans

d’espérance de vie

 

L’âge moyen du décès des personnes sans-abri se situe autour de cinquante ans. Les dons et les aides se multiplient l’hiver, mais chutent dès les premières remontées de températures.

Les élections  passent et beaucoup de nos concitoyens restent au bord du chemin. Les sans-abri et les français en voie de paupérisation n'intéressent pas beaucoup, c'est un emphémisme, nos gouvernants et les hommes politiques en général.

  

Lieu du décès

 

Voie publique

38.5 %

Hôpital

27.8 %

Abri

12.5 %

Espace public

 8.8 %

Structure d'hébergement

7.3 %

Particulier

3.7 %

Détention

1.5 %

 

La crise frappe toujours davantage les plus démunis. Depuis quelque temps, de nombreuses personnes âgées se retrouvent, elles aussi, contraintes de dormir dans la rue. Elles pourront y côtoyer des jeunes avec ou sans diplôme et beaucoup de personnes venues de l'Europe de l'Est pour mourir sur le trottoir. La diversité s'installe.

 

A suivre...

10:32 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

12/05/2015

LA LAÏCITE EST-ELLE VRAIMENT...

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Une valeur

de la République ?

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce dans son article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre établi par la loi. » Puis, un peu plus d’un siècle plus tard, la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État dans son article 1er déclare : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes … »

La laïcité prend sa source juridique dans ces deux textes. Elle est le résultat d’une continuelle déreligiosité aboutie finissant dans une libéralisation des esprits. Cependant, parce qu’elle est une neutralisation spirituelle de la société, elle propose une vision éclatée et donc horizontale du monde qui, parce qu’elle s’échappe de toute transcendantalité, brise l’unité des hommes. En effet, en leur laissant le choix de l’appréhension du sens ontologique de leur destinée, elle crée leur dispersion, pour ne pas dire leur désunion. Mais aussi, en se mettant à l’écart des religions qui, jusque-là, se confondaient avec la force politique en place, elle ouvre les portes, sur le territoire où elle s’exerce, par l’indifférence due à sa neutralité, à l’invasion possible d’autres religions. De par sa faute, elle a laissé ainsi, sans controverses possibles, s’épanouir dans notre pays cette religion récente et d’importation pour nous : l’islam. Et en ce sens, on peut dire que la laïcité n’est absolument pas une valeur de la République mais plutôt la mère de notre vulnérabilité, pour ne pas dire, demain, de notre esclavage. Et cela d’autant plus qu’elle a été tout logiquement et parallèlement un facteur contributif non négligeable du déclin du christianisme qui, longtemps, a participé à notre identité.

Il est temps que nous criions haut et fort notre priorité civilisationnelle sur notre terre de France.

La laïcité, alors, est-elle condamnable ? Peut-être pas tant que cela, en fait. Car le principe total de liberté d’expression qu’elle contient suppose bien évidemment une discrétion, une retenue de la part des fidèles dans la pratique de leur religion et non pas des comportements intempestifs et ostentatoires nuisant à la tranquillité de tous les autres citoyens, sinon ce serait vite revenir à l’avant-laïcité. Souvenons-nous que l’article 10 de la Déclaration de 1789 précisait sans détour : « … pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » C’est sans ambiguïté. Alors, si les politiques voulaient réellement appliquer la laïcité dans les faits et jusqu’au bout, ils devraient faire arrêter sur le champ l’élévation continue de mosquées, interdire, conformément à l’alinéa 1er de l’article 2 de la loi de 1905, leur financement par les collectivités territoriales, interdire également, bien sûr, les prières dans les rues et rester de marbre face à toutes ces requêtes déposées par les musulmans auprès de nos institutions pour qu’elles se plient à des pratiques qui relèvent en droite ligne d’une religion.

Il est temps que nous criions haut et fort notre priorité civilisationnelle sur notre terre de France car nous avons, quand même, pour nous notre antériorité historique et la légitimité de ce que nous avons été et de ce que nous sommes encore en propre aujourd’hui. C’est notre préservation qui est en cause. Seule une laïcité appliquée sans restriction aucune peut nous prémunir de la lâcheté que les pouvoirs publics nous ont infligée jusqu’à ce jour et qu’ils veulent encore plus nous infliger en cherchant à réviser la loi de 1905 pour justement lui extraire le devoir de discrétion naturel à la laïcité, en permettant le tapage toujours plus fort de l’islam alors que nous, hier encore chrétiens, nous nous sommes mis depuis longtemps en conformité avec ledit devoir.

 

09:52 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

08/05/2015

LES SDF NE MEURENT PAS QUE L'HIVER (1).

 

  

... Mais aussi en été  

loin de tout

tapage médiatique.

Samedi matin, une femme de 46 ans sans-abri a été retrouvée morte de froid”. Chaque hiver, les “victimes du froid” sont pour quelque temps à la une des journaux : une rengaine annuelle qui jette un coup de projecteur sur la situation tragique des sans-abri. 

Mais les rigueurs de l’hiver sont loin d’être les seuls périls qui guettent les "gens de la rue". Alors que dons et secours se raréfient, leur "voyage" peut aussi bien se terminer au printemps, en été ou en automne et dans l’indifférence générale.

Quelle que soit la saison, un SDF meurt chaque jour en France. Pour l'année 2010, 414 décès, au moins, sont à déplorer. 

  

 

Environ 1/3 des décès

surviennent en hiver, si l'on se base sur les statistiques publiés par le collectif "Les Morts de la Rue" pour l'année 2014.

 

Période de décès

 

Printemps

24.8 %

Eté

21.1 %

Automne

29.  %

Hiver

25.1 %

 

Ces informations sont hétérogènes dans la forme et le niveau de détail. Mais, elles tendent à prévenir une éventuelle surmortalité liée aux grands froids. Il faut toujours interprêter les statistiques avec prudence et privilégier l'action sur le terrain. Se limiter à un aspect purement quantitatif conduit à l'impasse. Ces chiffres n'en demeurent pas moins terribles.

Christophe Louis, Président du collectif "Les Morts de la Rue" affirme que "peu de décès sont liés au froid". Pour lui, “ce n’est pas le froid qui tue, c’est la rue”. La rue,ses multiples dérives et ses multiples dangers qui peuvent, rapidement, mener à la mort.

La violence 

serait la cause de plus de la moitié des décès, selon les chiffres de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale.

 

Causes du décès

 

Mort violente

56.5 %

Mort naturelle soudaine

32.1 %

Maladie

11.4 %

 

L’alcool mais aussi des agressions sauvages en sont l’origine. Mais, qui agresse qui ? Bien des maladies touchent les SDF, particulièrement exposés par leur vie errante. De plus, beaucoup ne désirent pas se soigner ou n'ont pas les moyens de le faire. Il y a aussi les suicides dont le nombre est difficile à préciser. Certes, le froid peut tuer mais les grandes chaleurs provoquent de nombreux cas de déshydratation et d'arrêts cardiaques. La pollution au ras du trottoir, aux abords du périphérique est la cause de nombreux problèmes respiratoires. Quant aux bouches d'aération du métro qui réchauffent tant, elles distillent pneumonies et rhumatismes...

 

A suivre...   

11:04 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

17/04/2015

LES SDF ET LEURS CHIENS (1).

 

 

Il n'est pas rare de rencontrer des SDF accompagnés d'un ou plusieurs chiens. Cette situation est à l'origine d'un débat où deux points de vues s’affrontent.

Certains pensent que ces animaux seraient mieux lotis auprès d'une famille, dans une maison traditionnelle. D'autres suggèrent, qu’à partir du moment où l'animal a une personne pour s'occuper de lui, l’amour prévaut sur le confort d’un foyer stable.

 

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Par-delà ces discussions, une raison poignante mène ces personnes sans-abri à s'accrocher à leurs compagnons : ces derniers ne les jugent pas et leur restent fidèles malgré une existence difficile. L'animal devient leur seule source de compagnie et d'amour inconditionnel. 

  

10:16 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

07/04/2015

Entretien avec Alain de Benoist..........

 

 

 

Alain de Benoit.png

 

 

Et si le dollar venait à disparaître ?

 

         

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

 

 

Longtemps, le dollar a été la monnaie mondiale dominante. Il semblerait que cette suprématie soit aujourd’hui menacée. Le billet vert, tigre de papier en devenir ?

 

 

Chacun sait que les États-Unis tirent un immense avantage du fait que leur monnaie nationale est aussi l’unité de compte utilisée comme monnaie internationale de transactions et de réserve. C’est ce « privilège exorbitant », comme disait Giscard, qui leur a permis de faire financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollar pour commercer avec des tiers (à commencer par les « pétrodollars » qui leur permettent d’acheter du pétrole), d’exporter ainsi leur inflation et de se procurer une foule de biens à des coûts artificiellement bas, du seul fait de leur capacité à imprimer des quantités presque illimitées de papier-monnaie. Or, cette suprématie est désormais menacée.

 

Lors du sommet de Fortaleza, les 15 et 16 juillet derniers, le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Amérique latine et Afrique du Sud, soit 42,6 % de la population mondiale) a décidé la création d’une Banque de développement et d’un Fonds de stabilisation des réserves monétaires qui rempliront les mêmes fonctions que la Banque mondiale et le FMI, deux institutions largement dominées par les États-Unis depuis leur création. La nouvelle banque, dotée d’un capital initial de 100 milliards de dollars, aura son siège dans la capitale économique de la Chine – Shanghai – et n’utilisera que les monnaies des pays émergents. C’est l’accord financier multilatéral le plus important signé depuis 1945. Le dollar voit ainsi son monopole entamé, tandis que la Banque mondiale et le FMI perdent une partie de leurs moyens de pression exclusifs.

 

Autre événement : la signature, au mois de mai, d’un formidable accord portant sur la fourniture de gaz russe à Pékin pour un montant de 400.000 millions de dollars. Cet accord énergétique, conclu pour trente ans et dont on ne connaît pas toutes les clauses, sera négocié en renminbis (yuans) ou en roubles, et non en dollars. Les paiements réciproques en devises nationales, court-circuitant le dollar, s’étaient déjà multipliés ces dernières années. L’accord russo-chinois, en même temps qu’il confirme la volonté de Vladimir Poutine de se rapprocher encore plus étroitement de la Chine pour riposter à l’offensive lancée par les États-Unis contre lui, marque une étape décisive dans cette direction. D’autres clients de Gazprom sont déjà passés du dollar à l’euro. Russes et Chinois ont donc décidé de tourner monétairement le dos aux États-Unis.

 

 

Pour l’écrivain américain Ezra Pound, la création de la la Fed (Réserve fédérale), au siècle dernier, c’est un peu le casse du siècle. Est-ce un peu exagéré ?

 

 

C’est une formule. Ce qu’il faut surtout rappeler, c’est que la Réserve fédérale, officiellement créée le 23 décembre 1913, sous la présidence de Woodrow Wilson, est un syndicat de banques privées qui trouve son origine dans une réunion tenue trois ans plus tôt sur l’île de Jekyll par un groupe de banquiers d’affaires. Paul Warburg en fut le premier président. Tout cela est abondamment rappelé dans les livres d’Antony Sutton et Eustace Mullins. Le dollar étant l’étalon de la valeur monétaire dans le système bancaire, la Réserve fédérale est devenue de fait la banque centrale du système monétaire mondial. Elle crée de l’argent à partir de rien et le prête au gouvernement américain contre rémunération. Plus les déficits sont importants, plus elle s’enrichit. Or, la dette publique américaine, qui n’était que de 909 milliards de dollars en 1980, atteint maintenant 17 650 milliards de dollars !

 

 

La puissance d’une nation repose en grande partie sur celle de sa monnaie. Celle du dollar est de plus en plus virtuelle, planches à billets et dette publique astronomique obligent : sa chute éventuelle pourrait-elle entraîner celle des USA ?

 

 

Il y a déjà bon nombre d’années qu’un certain nombre de pays, à commencer par la Chine et la Russie, souhaitaient mettre en place un nouveau système financier international qui ne soit plus fondé sur le dollar. Les derniers développements perturbent de toute évidence le « nouvel ordre mondial » né des accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944, qui avaient instauré l’emprise du « consensus de Washington, c’est-à-dire l’hégémonie du dollar dans les transaction internationales (hégémonie encore renforcée après la décision de Nixon de détacher le dollar de l’or en 1971). En même temps qu’elle affecterait tous les pays tiers qui ont constitué des réserves de change en dollars, la chute du dollar affaiblirait considérablement les États-Unis. Si les pays du monde entier cessent d’utiliser le dollar dans leurs transactions, le niveau de vie des Américains pourrait même s’effondrer du jour au lendemain.

 

La nouvelle architecture financière globale d’un monde émergent multipolaire n’aura donc plus le dollar comme centre de gravité. Comme l’ont dit les dirigeants chinois, cela équivaut à « désaméricaniser » le monde. C’est tout le sens politique et géopolitique de la « dédollarisation » en cours. Après une hégémonie du dollar qui a duré 70 ans (tout comme l’Union soviétique), c’est là un fait historique majeur qui autorise à comparer la chute du « mur du dollar » à celle du mur de Berlin. Gageons qu’il n’en passera pas moins inaperçu aux yeux de ceux qui ne s’intéressent qu’aux anecdotes de la politique politicienne…

 

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17/03/2015

Sur le “choc des civilisations”

 

 

 
 

L’idée de “choc des civilisations” date du début des années 1990, où elle fut théorisée par Samuel Huntington, professeur américain de sciences politiques. Elle se propagea, pour prendre une dimension mondiale, suite à l’attentat du 11 septembre 2001. Disons-le directement, l’Action française n’a jamais adhéré à cette posture géopolitique. Selon cette théorie, les nouvelles lignes de fractures se situeraient entre civilisations et-ou grands courants de pensée, et non plus autour des États. Culture contre culture. “Valeurs” contre “valeurs”.

 

 

 

 

La complexité des conflits

 

 

Nous considérons que, si cette thèse correspond pleinement au messianisme américain (Guerre froide : communisme contre capitalisme, camp du bien contre axe du mal...), elle ne prend pas en compte la complexité et l’ampleur des conflits : le rôle du pétrole dans la guerre en Irak, de la sidérurgie et de l’uranium en Ukraine, des intérêts économiques au Kosovo... Par ailleurs, l’islamisme a bien souvent été le levier des politiques d’influence américaines, qui rendent vaines toute lecture réduite à des questions de civilisation. La France a une multitude d’intérêts, d’obligations, de relations historiques et géographiques qu’il serait vain de vouloir réduire à un affrontement mystique, binaire et somme toute soudain. La nation reste, à bien des égards, un rempart contre les intérêts particuliers des va-t-en-guerre. Ce qui se passe sur le sol français n’est pas réductible aux visions américaines d’un monde dont les États-Unis sont le pivot. À cet égard, confondre islam, fondamentalisme, islamisation et immigration est un jeu dangereux, au moins une imprudence, au pire une injustice. La sagesse d’une politique s’enracinant dans le temps permet, au regard des intérêts nationaux et de la paix entre nations, d’éviter que des théories hasardeuses n’emmènent le monde vers des conflits de dérégulations au profit des marchés. Enfin, après avoir redit notre position sur le choc des civilisations, nous pouvons différencier des interventions ponctuelles avec les Américains de la globalité d’une politique extérieure. Si, aujourd’hui, la France semble obligée d’intervenir en Afrique et en Orient suite à l’incurie des politiques américaines et françaises (sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy), cela ne constitue pas une adhésion au “choc des civilisations”. Il n’y a aucune nécessité fondamentale à soutenir la croisade des Américains, ni à adopter pour alliés leurs alliés, pour ennemi, leur ennemi. Ce “choc” n’a de sens que tant que l’Amérique gouvernera le monde et que la France ne fera pas entendre une position géopolitique claire que nous avons à bâtir en commençant par sortir de l’Otan.

 

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10/03/2015

Entretien avec Alain de Benoist:

 

 

Les États-Unis ont désigné Poutine comme leur ennemi. C’est un fait capital.

 

 

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Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

 

 

Une certaine intelligentsia de gauche a longtemps révéré l’URSS. Mais ce n’est pas forcément pour cela qu’elle aimait la Russie. La preuve par Soljenitsyne naguère ou Poutine aujourd’hui ?

 

 

À l’époque de la guerre froide, les États-Unis s’opposaient, certes, à l’Union soviétique au nom de l’anticommunisme (ce qui leur permettait d’exercer sur leurs alliés une forme inédite de racket à la protection) mais, avertis des réalités de la géopolitique, ils s’opposaient tout autant, voire plus encore, à la Russie « éternelle ». La preuve en est que l’écroulement du système soviétique n’a pas modifié leur attitude en profondeur. La Russie est toujours, pour eux, une puissance à « contenir » par tous les moyens, toute leur politique étrangère visant à l’encercler, à pousser l’OTAN jusqu’à ses frontières et à empêcher les Européens de s’allier aux Russes, comme il serait tout naturel qu’ils le fassent s’ils avaient conscience de la nécessité de penser en termes continentaux. La guerre froide a donc maintenant repris ses droits. Cela va peser sur toute la politique mondiale pour les vingt ans qui viennent.

 

 

En politique, on devient un ennemi dès lors que l’on est désigné comme tel. Les États-Unis ont aujourd’hui désigné Poutine comme leur ennemi. C’est un fait capital. Dans l’affaire ukrainienne, profitant du conditionnement médiatique qui joue en leur faveur, ils sont parvenus à ce résultat prodigieux de faire adopter par l’Union européenne une politique allant directement à l’encontre des intérêts européens. Je fais évidemment allusion ici aux lamentables et très contre-productives sanctions antirusses (mais évidemment pas anti-israéliennes !) que les Européens ont accepté de soutenir – gouvernement français en tête – alors que les inévitables représailles qui s’ensuivront vont leur coûter extrêmement cher. Lorsque ces sanctions ont été annoncées, le ministère russe des Affaires étrangères a simplement déclaré : « Nous avons honte pour l’Union européenne qui, après avoir longuement cherché sa propre voie, a adopté celle de Washington, rejetant ainsi les valeurs européennes fondamentales. » C’est très exactement cela, hélas ! L’Union européenne s’est alignée sur l’Amérique parce qu’elles partagent l’une et l’autre la même idéologie libérale. Le drame est que tout cela se déroule dans l’indifférence générale, alors qu’il s’agit d’un événement de première grandeur.

 

 

A contrario, la classe politique française n’en finit plus d’être fascinée par le « modèle américain ». Jean Lecanuet se présentait comme le JFK français, et même Jean-Marie Le Pen se voulait l’équivalent hexagonal de Ronald Reagan…

 

 

L’UMP ressemble aujourd’hui de plus en plus à l’ancien MRP, et le PS de plus en plus à l’ancienne SFIO. Ces deux partis de la IVe République, l’un de droite et l’autre de gauche, communiaient dans la même soumission aux Américains. Seule l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle a permis, à partir de 1958 (et surtout de 1966), d’imposer une politique d’indépendance nationale qui n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir. Nicolas Sarkozy, qui a fait revenir la France dans la structure intégrée de l’OTAN, était en adoration hystérique devant le modèle américain. François Hollande et Laurent Fabius renouent, pour leur part, avec l’atlantisme inconditionnel d’un Guy Mollet. D’où l’inertie que l’on constate de la part du Quai d’Orsay, tant à propos de l’Ukraine que de la Palestine, de l’Irak ou de la Syrie. Aujourd’hui, la France n’a tout simplement plus de politique étrangère autonome. Elle se contente de relayer les consignes d’Obama.

 

 

Les États-Unis ont, par ailleurs, toujours été très attentifs à placer sous influence la classe politique française. Le programme phare de la French-American Foundation, créée en 1976 et qui rassemble aujourd’hui plus de 400 dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute administration et des médias, consiste à sélectionner chaque année un certain nombre de Français âgés de 30 à 40 ans jugés outre-Atlantique particulièrement « prometteurs ». Parmi ces « Young Leaders » dont on attend à Washington qu’ils s’emploient à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis », on trouve aussi bien François Hollande (promotion 1996) qu’Alain Juppé (promotion 1981), mais aussi Jean-Marie Colombani, Laurent Joffrin, Guy Sorman, Jacques Toubon, Najat Vallaud-Belkacem, Christine Ockrent, Alain Minc, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, François Léotard, Marisol Touraine, Anne Lauvergeon, Jean-Noël Jeanneney, Bruno Le Roux, Valérie Pecresse, Fleur Pellerin, sans oublier Yves de Kerdrel (promotion 2005), qui vient de saborder le mensuel Le Spectacle du monde pour mieux mettre l’hebdomadaire Valeurs actuelles au service exclusif de Nicolas Sarkozy.

 

 

Paradoxe français, nous vantons notre exception nationale, mais n’en finissons pas non plus de nous référer à des modèles étrangers, qu’ils soient allemands, suisses ou anglo-saxons…

 

 

L’herbe du voisin paraît toujours plus verte, c’est bien connu. Les Français, qui sont très xénophobes, mais pas du tout racistes, aiment bien en effet se référer à des modèles venus d’ailleurs. Pourquoi ne le feraient-ils pas lorsque cela est justifié ? Ce qui est dommage, c’est que les modèles français, qui existent aussi, semblent désormais appartenir au passé. À moins, bien sûr, qu’on ne prenne en compte aussi les modèles négatifs ; auquel cas, la France actuelle serait incontestablement en tête de classement !

 

 

 

 

 

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03/03/2015

Roucas abattu par des terroristes intellectuels. Mais où est donc Charlie?

 

 
 
 
 

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Le comique devait donner un spectacle en mars prochain à Saint-Pierre-des-Corps. Madame Marie-France Beaufils, maire communiste de la ville, l’a froidement déprogrammé, le poing serré, en chantant l’Internationale.
 
Bibliothécaire et écrivain
 
 
 
      

Je ne comprends pas. Où est Charlie ? Charlie est introuvable. Jean Roucas a été fusillé par des terroristes, et Charlie reste muet. Je m’interroge : qu’avait donc l’exhilarant Cabu que n’avait pas le cocasse Roucas ? Cabu avait son beauf, Roucas avait sa « Pencassine », marionnette de Le Pen l’ancien grimé en Bécassine. Tous les deux n’ont-ils pas comiquement lutté contre la Bête immonde ? Que fait Charlie en cette heure sombre ?

 

Mais je vois mon lecteur choqué, abattu, horrifié : Jean Roucas, notre Jean Roucas national, victime lui-aussi de la Terreur nouvelle ? Un autre amuseur crucifié ? Un gentil parmi les gentils, décapité par l’Intolérance ? Oui, et personne n’est là pour suggérer sa panthéonisation. Personne ne lui dresse un théâtre de marionnettes à l’endroit du crime. Point de slogan : « Nous sommes tous des Cocoboys » ou « The Bébêt’show must go on ». Roucas est oublié.

 

Le comique devait donner un spectacle en mars prochain à Saint-Pierre-des-Corps. Madame Marie-France Beaufils, maire communiste de la ville, l’a froidement déprogrammé, le poing serré, en chantant l’Internationale. Et déprogrammer un artiste, surtout quelque peu tombé en désuétude (Bedos n’a-t-il pas déclaré qu’il le croyait mort ?), c’est l’étouffer. C’est l’assassiner. En 2013, déjà, celui qu’on avait transformé en sa propre caricature – Roucasquapointe – avait annulé son spectacle à Gardanne, lâché par son producteur et ses comédiens. Il vivait depuis sous haute surveillance de la Police intellectuelle.

 

Le crime de Jean Roucas ? Avoir fait usage de sa liberté fondamentale de citoyen. Il résumait ainsi sa disgrâce : « Je suis allé afficher mes sympathies pour le FN et mon soutien à Marine Le Pen car je croyais naïvement que nous étions dans un pays libre. Grave erreur. Depuis, on me raille dans les médias, on me censure. Pourquoi les idées que nous défendons leur font si peur ? Pourquoi la liberté d’expression leur est-elle à ce point odieuse ? » Ces mots auraient dû nous alarmer.

 

Le crime de Jean Roucas, en effet, c’était d’avoir participé à l’Université d’été du Front national et d’y avoir dit son intention de voter pour une candidate parfaitement légitime, sauf preuve du contraire, qui porte le nom de Le Pen. Il est mort pour avoir exprimé une opinion. Tout simplement. C’est presque aussi bébête que de mourir pour un dessin, et dans le « pays des droits de l’homme », c’est tout aussi révoltant ; mais où est donc Charlie ? Les rues sont cruellement vides.

 

Allons, sur le Boulevard Voltaire, et je marcherai gravement sous mon fanion : « Je suis Marine, je suis un beauf, je suis un électeur du Front national ».

 

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