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23/12/2014

Non, ce n’est pas du racisme !

 

 
 
 
        
Nous voudrions seulement qu'ils comprennent que ce que nous avons été hier sur leur terre, nous ne voulons pas qu'ils le deviennent à l'endroit de la nôtre.
       
         

Nous sommes arrivés chez eux, un jour, brutalement, avec toute notre puissance militaire et notre lourd bagage de civilisation. Puis, sur leur terre, nous avons tracé des routes et des voies de chemin de fer. Sur leurs côtes, nous avons jeté des digues pour faire des ports. Dans leur terre, nous avons creusé des fondations pour élever des villages et même des villes et pour planter notre administration, nos usines et même nos monuments aux morts. Dans leur terre, nous avons également creusé des mines. Dans leur terre, nos paysans de France, souvent des refoulés des terreurs de juin 1848 et de la Commune de 1871, ont tracé des sillons et des drains, multipliant les oliveraies, les orangeraies, les rizières et les champs de blé. Sur leur terre, nous avons élevé nos églises, les forçant à y entrer pour adorer un Dieu qui n’était pas le leur ; et des tribunaux pour les punir selon une justice qui n’était pas leur justice ancestrale. Sur leur terre, nous avons bâti des écoles éduquant leurs enfants dans une langue qui n’était pas née sur leur terre. Oui ! Sur leur terre, nous avons enrichi leur culture en leur offrant la nôtre. Oui ! Sur leur terre dont nous avons amélioré les rendements par nos techniques, nous les avons aidés ainsi à mieux se nourrir. Oui ! Sur leur terre, nous avons construit des hôpitaux qui ont sauvé des milliers de leurs vies.

 

 

Mais leur terre, nous l’avons touchée et touchée encore, comme on touche une femme qui n’est pas la sienne. Nous en avons même abusé et avons ainsi laissé sur son corps les traces de nos trop nombreuses étreintes violentes et possessives. Sans doute l’aimions-nous trop cette terre, au point d’oublier que nous nous en étions emparés par la force et qu’elle appartenait, avant notre arrivée, à un autre homme… un homme que nous avons étouffé par notre empressement envahissant jusqu’à la suffocation et qui s’est mis à pleurer de ne plus reconnaître cette terre avec laquelle il avait toujours eu un lien indéfectible. Nous avons, ignorants du fait de notre puissance, oublié que partout, l’homme est le prolongement charnel de sa terre.

Mais l’histoire est comme ces gens atteints d’insomnie. Dans sa longue nuit, elle se tourne et se retourne, une fois à gauche, une autre fois à droite et plusieurs fois de la sorte. Et c’est ainsi que ceux qui hier étaient dominés deviennent dominants aujourd’hui. Et c’est ainsi que l’homme qui pleurait hier, fait pleurer désormais celui qui était arrivé… avec toute sa puissance militaire et son lourd bagage de civilisation. Comme nous étions trop nombreux hier sur sa terre, voilà que ce sont eux maintenant qui sont trop nombreux sur la nôtre. Ce sont eux qui élèvent sur notre terre leurs mosquées et envahissent parfois nos rues pour prier. Ce sont eux qui imposent sur notre terre leurs mœurs comme nous avions imposé les nôtres sur la leur. C’est nous désormais qui suffoquons parce que nous faisons le constat chaque jour que ce sont eux cette fois qui touchent notre terre, cette femme qui est nôtre. Oui ! Hier, nous les avons étouffés parce que nous étions de trop. Oui ! Aujourd’hui, ce sont eux qui nous étouffent parce qu’ ils sont de trop.

 

 

Nous ne leur voulons aucun mal. Nous les respectons dans leur vie, dans leurs mœurs, car comme nous ils sont des hommes et qu’ensemble nous devons être frères. Nous voudrions seulement qu’ils comprennent que ce que nous avons été hier sur leur terre, nous ne voulons pas qu’ils le deviennent à l’endroit de la nôtre. Cette volonté est celle que réclame notre vie, notre vie qui a son propre parfum et ses propres couleurs et que nous entendons garder parce que ce sont les nôtres. Aussi, s’ils ne nous écoutaient pas, s’ils persévéraient dans leur entêtement, alors oui, tout cela finirait mal, pour eux mais aussi pour nous, car c’est alors que la bête immonde, le racisme finirait par nous séparer à jamais. Et comme eux l’avaient fait en leur temps, nous nous verrions obligés de prendre les armes pour recouvrer à notre tour notre indépendance.

 

 

 
 

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16/12/2014

ENTRETIEN AVEC...

Allemands et russes.jpg

         

Alain de Benoist 

 

À une époque où toutes les institutions politiques semblent être bloquées, on n’a jamais autant entendu parler de réformes. Débat en trompe-l’œil ?

Pas forcément. Dans toute société, il y a toujours des choses à réformer pour qu’elles fonctionnent mieux. Le problème, c’est que la réforme est aujourd’hui devenue une sorte de formule magique. La droite libérale s’affirme réformiste pour bien montrer ce qui la sépare du conservatisme et de la réaction. La gauche progressiste en fait autant parce qu’elle s’imagine qu’il suffit d’insuffler un "supplément d’âme" à la société de marché pour faire le bonheur des masses. Le 30 avril dernier, à l’Assemblée nationale, Manuel Valls s’est ainsi dit prêt à "assumer le réformisme" ! Dans la classe politique, l’appel à réformer s’opère en général par opposition à la "société bloquée", posée comme synonyme de "société fermée". La "société ouverte", théorisée naguère par Karl R. Popper, se veut une société en perpétuel mouvement, qui tend à éradiquer toutes les formes d’appartenance, d’enracinement et de limites. L’idéal visé, c’est le monde sans frontières ou le grand marché mondial, les deux choses revenant d’ailleurs au même. Un cauchemar.

 

Dans le même temps, les hommes politiques se complaisent dans la commémoration compulsive : soit le culte du passé, que l’on peut voir comme une incapacité à changer le présent et à préparer l’avenir…

Il est normal de commémorer les grands événements historiques, même s’il faut aussi rappeler que la mémoire et l’histoire ne sont pas la même chose : autant la première est subjective, sélective et arbitraire, autant la seconde se doit d’être objective et globale. Mais bien entendu, il y a plusieurs façons de commémorer. Le centenaire de la guerre de 1914 peut aussi bien donner lieu à des commémorations patriotiques qu’à des commémorations pacifistes. Ce ne seront pas les mêmes. Mais ce que l’on peut surtout déplorer, c’est que la commémoration prenne aujourd’hui si souvent la forme d’une déplorable et ridicule "repentance". On se souvient exagérément des périodes sombres, on oublie les pages lumineuses de l’histoire nationale, afin d’entretenir un sentiment de culpabilité destiné à sacraliser les "victimes".

Cela dit, il ne faut pas abuser des commémorations. À partir d’un certain moment, l’adulation du passé ne traduit plus que l’inaptitude à faire face au présent. Pour une certaine droite, l’histoire-refuge a traditionnellement constitué un alibi de son impuissance. Lorsque Nietzsche écrit que l’homme de l’avenir est "celui qui aura la mémoire la plus longue", il n’appelle nullement à s’engager dans cette voie. L’"homme de l’avenir" se confond pour lui avec le "dernier homme", cet homme infiniment méprisable qui traîne derrière lui un passé si pesant qu’il paralyse toute action. Nietzsche en appelle plutôt à l’oubli, dans lequel il voit une forme d’"innocence" indispensable à un nouveau commencement.

 

Mais au fait, réformer pour réformer ? Mais réformer quoi ? Et dans quel sens ? Tout réformer pour que rien ne change ? Et éviter une révolution salutaire ?

Dans les débuts du mouvement ouvrier, réforme et révolution n’ont pas toujours été jugées incompatibles. Rosa Luxemburg disait que "la réforme est le moyen dont la révolution est le but". Le réformisme, considéré comme une forme de "socialisme à petits pas", a cependant vite dégénéré en opportunisme. Au sein de la social-démocratie allemande, qui dominait la IIe Internationale, Eduard Bernstein en fut à partir de 1897 le principal théoricien. Tablant sur l’atténuation des contradictions internes du capitalisme, il prétendait réviser le marxisme de façon pragmatique en militant pour un passage pacifique au socialisme au moyen de réformes progressives, ce qui lui valut de subir les foudres de Lénine et de Kautsky. C’est l’époque où le très socialiste patriote Charles Péguy dénonçait en Jean Jaurès l’apôtre d’un réformisme justifiant le jeu parlementaire et la démocratie des partis, l’un et l’autre honnis par un Georges Sorel, un Émile Pouget ou un Victor Griffuelhes. En France, la date de naissance du réformisme remonte à 1899, avec l’entrée du socialiste Millerand dans le gouvernement de Waldeck-Rousseau. Le cartel des gauches de 1924 comme le Front populaire de 1936, qui ont vu l’alliance du prolétariat avec la bourgeoisie progressiste, se sont inscrits dans ce sillage, tout comme le Front de gauche aujourd’hui.

Le "boom" des "Trente Glorieuses", marquées par l’idéologie fordiste et l’influence du keynésianisme, a paru justifier l’abandon de toute perspective révolutionnaire. C’est alors que les syndicats, devenus réformistes, se sont engagés dans un perpétuel compromis négocié avec les pouvoirs publics. Mais cette période est aujourd’hui terminée. Désormais totalement déterritorialisé, le capitalisme a retrouvé son caractère prédateur de la fin du XIXe siècle. Les réformes qu’il appelle de ses vœux sont celles qui permettent de supprimer tout ce qui peut faire obstacle à l’expansion planétaire du marché. "Il faut que tout change pour que rien ne change", professait Tancredi dans Le Guépard. Le réformisme, en ce sens, reste aujourd’hui plus que jamais le contraire de tout changement véritable. Le système n’offrant plus de marge de manœuvre, il n’a plus rien à proposer.

 

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

10:07 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

13/12/2014

LES SDF ET LEURS CHIENS (2).

 Marion et le petit chien.jpg

 

Que va-t-il se passer ?

 

Les journées sont longues quand on n'a pas de toit sur la tête. Il faut trouver un abri au chaud, faire de longues marches pour rejoindre les centres qui offrent un repas ou la possibilité de se laver...

Un chien ou un chat peuvent tenir compagnie et réchauffer, un chien peut éviter  les agressions. Et pour beaucoup de SDF,  ils sont la  seule source d’affection. Une confiance totale, chose rarissime dans la rue, règne entre les hommes et leurs bêtes. Aussi, combien de sans-abri dorment-ils dehors à cause de l’interdiction des animaux domestiques dans les lieux d’hébergements traditionnels ? 

 

Le café.jpg

 

Inversement, quelques malins possèdent un chien pour ne pas être embarqués par la police. En effet, les commissariats ne permettant pas l’accueil des animaux, en cas de mise en garde à vue,  les agents qui laisseraient des chiens sur le trottoir peuvent s'exposer à une plainte de la SPA. Enfin, tout le monde a entendu parler du trafic dont sont victimes de pauvres bêtes, utilisées pour attirer la pitié des passants.

Mais il faut  savoir que pour de nombreux sans-logis , un chien ou un chat reste une porte ouverte sur le monde. Un animal de compagnie leur donne l’affection qu’ils n’ont pas pu ou su trouver auprès des autres hommes. Un animal de compagnie leur procure l'occasion d'un ultime reste du sens du devoir envers l'autre. Certes, il ne  remplace pas la sociabilité mais il permet au moins de créer un lien affectif. Si l'on retire à ces hommes ou à ces femmes ce seul rapport affectif qu’ils entretiennent encore ici-bas, la seule responsabilité contraignante qu’ils possèdent  : Que va-t-il se passer ? 

 

A suivre...

18:32 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

07/12/2014

TRADITION ET TRADITIONS.

Touche

02/12/2014

ENTRETIEN AVEC...

Russes et allemands.jpg

 

Alain de Benoist

 

Entre les uns qui veulent les abolir et les autres qui entendent les restaurer, les frontières semblent s’être réinvitées au cœur du débat politique ?

La " frontière" est à l’origine un terme militaire, qui désigne tout simplement la ligne de front et qui n’apparaît qu’assez tardivement (on se contentait auparavant de parler de "confins"). Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle, dans le contexte de la formation des États nationaux, puis avec la généralisation du modèle westphalien (1648), que le terme acquiert le sens politique et juridique que nous lui donnons. La frontière délimite alors le territoire sur lequel s’exerce l’autorité souveraine de l’État. Elle garantit du même coup l’identité de ceux qui vivent à l’intérieur de ce territoire, en leur permettant de jouir d’un mode de vie partagé. La frontière est par ailleurs une notion tellurique, liée à la logique de la Terre. Les "frontières maritimes" ne sont en effet que des conventions arbitraires, dont la définition dépend de l’existence de territoires terrestres, îles et littoraux (les "eaux territoriales").

Les frontières existent toujours. Dans son bel Éloge des frontières, Régis Debray signale même que, depuis 1991, tandis que la mondialisation progressait à grands pas, 27 000 km de frontières nouvelles ont été créés en Europe en en Eurasie. "La plupart des peuples, ajoute-t-il, entretiennent avec leurs limites un rapport émotionnel et quasiment sacré". Le problème, c’est que les frontières n’arrêtent plus grand-chose, ni les programmes d’information, ni les technologies, ni les flux financiers, ni les marchandises ou les migrations humaines. Elles étaient des écluses, elles deviennent des passoires. Elles restent pourtant indispensables sur le plan politique : il n’y a de démocratie possible qu’à l’intérieur de frontières territoriales déterminées, car c’est seulement dans un tel cadre qu’il est possible de distinguer entre citoyens et non-citoyens. "C’est à la frontière d’assurer la paix en permettant à chaque peuple de connaître et de faire connaître, de délimiter, de faire respecter et de défendre ses droits", écrit Hervé Juvin dans La grande séparation.

 

Faites-vous un distinguo entre les frontières naturelles et celles ne devant leur légitimité qu’au compas des géomètres, au Moyen-Orient ou en Afrique noire ?

C’est surtout à partir de la Révolution que se développe l’idée de "frontières naturelles", en particulièrement chez les Jacobins qui, acquis à l’esprit de géométrie, veulent faire de la nation un espace rigoureusement unifié. Le 31 janvier 1793, Danton assure que "les limites de la France sont marquées par la nature", laissant ainsi croire à une sorte de prédestination naturelle (ou providentielle) de l’Hexagone. Très en vogue au XIXe siècle, cette idée est aujourd’hui en grande partie abandonnée. La géographie physique explique beaucoup de choses, mais elle n’explique pas tout. Les grands fleuves, comme le Rhin, longtemps considéré comme la "borne naturelle des Gaules", unissent les peuples des deux rives autant qu’ils les séparent, comme c’est aussi le cas du Nil. Il en va de même de la plupart des chaînes de montagne : le peuple basque vit aujourd’hui des deux côtés des Pyrénées. Les mers elles-mêmes sont des frontières naturelles toutes relatives, comme le montre l’existence d’une "civilisation méditerranéenne". Les véritables frontières naturelles relèvent en fait plutôt de la géographie humaine : ce sont celles qui séparent des peuples ou des cultures sociales-historiques distinctes.

Il est au fond plus facile d’identifier les frontières artificielles. À la fin de la Première guerre mondiale, le démantèlement des empires austro-hongrois et ottoman a créé des nations nouvelles totalement artificielles, comme la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie. Sous pression américaine, la carte de l’Europe fut ainsi redessinée. On sait ce qu’il en est advenu.

 

Certains militants européens souhaitent supprimer les frontières intra-européennes sans pour autant les renforcer à l’extérieur. Angélisme, suicide ou syndrome d’un Vieux monde fatigué ?

Un peu de tout cela sans doute. Mais le "sans-frontiérisme" me paraît moins développé chez les « militants européens » (qui, pour la plupart, sont parfaitement conscients des frontières de l’Europe) que chez les libéraux, dont le mot d’ordre a toujours été la maxime attribuée à Vincent de Gournay : "Laissez faire, laissez passer". Depuis ses origines, le capitalisme est un système qui pousse à la suppression des frontières, puisqu’il est dans son essence d’aspirer à un libre marché toujours plus vaste. Tout ce qui fait obstacle à cette expansion doit être supprimé. Une certaine gauche qui se présente souvent comme « radicale », mais qui est en fait acquise aux idées libérales, aspire elle aussi à faire disparaître les frontières, qu’elle juge "archaïques" et dépassées. Le but est de créer un homme hors-sol, délié de toute appartenance, ouvert à tous les mélanges, à toutes les hybridations. Un monde de "citoyens du monde", qui oublient seulement qu’on ne peut être citoyen que d’une entité politique et que le "monde" n’en est pas une. On pourrait dire qu’avec le "sans-frontiérisme", la logique de la Terre s’efface au profit de celle de la Mer, qui ne connaît que des flux et des reflux.

 

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier 

09:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

21/11/2014

DONS AUX OEUVRES...

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Kolossale farce ?!?

 

En ces temps de déclaration fiscale, nous voici de nouveau devant une farce à la française, telle que le dirigisme on invente sans arrêt. Ce sont les dons à "certains organismes d'intérêt général". Au départ, il semble d'un intérêt minime de s'en occuper. En fait, à observer le système, il étend ses tentacules fort loin. 

La paupérisation du peuple français réalisée, au fil des années, par les pouvoirs de toutes obédiences, en est la base ; nos lecteurs savent fort bien d'où provient cette paupérisation, à savoir principalement des impôts et réglementations, ceci sur fond de cupidité des manipulateurs du sommet. Certes, la plupart d'entre eux peuvent imaginer échapper à cette paupérisation, n'étant pas à ranger dans la catégorie des pauvres. Bien que supportant l'écroulement permanent de la richesse nationale, ils s'y habituent en la gérant plus ou moins ; ils ne s'aperçoivent pas, par exemple, qu'eux-mêmes abandonnent telle ou telle action généreuse à laquelle ils se livraient auparavant : nous voici donc en plein dans le problème.

 

ASSISTANAT

Aux impôts et réglementations, s'ajoute pour nous ruiner l'assistanat, qui se traduit par des sommes phénoménales souvent citées par nous. Cet assistanat a une conséquence particulière ; les gens enregistrent que l'État prend en charge les démunis et précisément avec les impôts qui les ruinent : les voici débarrassés de l'idée charitable de secourir ces démunis !

Aux USA, immense continent sensiblement plus libre que la France et donc plus riche, la générosité publique est bien plus développée que chez nous : 5 % du PIB américain est consacré à des actions charitables !

Voulant corriger les effets pervers de ses propres actions, le pouvoir a donc imaginé la possibilité de déduire des impôts les dons en faveur "de certains organismes d'intérêt général". Le résultat inévitable est une obscure usine à gaz.

 

LES DETAILS

En septembre 2013, un palier nouveau fut franchi dans le nuage de l'usine à gaz. 

Il y avait jusqu'alors 12 catégories d'associations bénéficiaires, chaque catégorie ayant son régime particulier extraordinairement complexe ; le reçu à envoyer comportait une demi page ; depuis lors, il comporte une grande page 21x24. A lire attentivement la raison, elle est toute simple : les 12 catégories d'associations sont devenues 24.

Elles portent souvent des noms absolument obscurs : "entreprises adaptées", "entreprises d'insertion"  ou "entreprises de travail temporaire d'insertion". Une catégorie est assortie d’un nom qui est bien trop long à citer : il y est question de la fondation du patrimoine et d'un lien avec les propriétaires des immeubles.

Le chef-d'oeuvre de la "bourreaucratie" se lit dans une petite notice d’une demi page. "Cette disposition fiscale concerne uniquement les organismes qui satisfont aux critères définis par les articles 200, 238 bis et 885, etc. du code général des impôts." Pour que les victimes comprennent bien, ils leur est conseillé de s'assurer qu’ils répondent aux critères visés ; ceux-ci se référent à un nombre d'articles considérables du livre des procédures fiscales. Et même, s'ils ont des insomnies, ils peuvent s'en rapporter au bulletin officiel des impôts dont la lecture doit être particulièrement attrayante. 

Nous gardons pour la fin le coup de fouet que nous citons en entier : "si les organismes bénéficiaires de dons délivrent à tort des reçus fiscaux, ils s'exposent au paiement d'une amende fiscale égale à 25 % des sommes indûment mentionnées sur ces documents" (article 1740 à du C.G.I.).

 

LES EFFETS DESTRUCTEURS

Les effets destructeurs de cette farce bien française peuvent être détaillés.

D'abord, l'incroyable surcharge administrative disséminée dans un grand nombre de bureaux et dont personne ne peut connaître le coût total. Ensuite, se trouve l'assèchement de la générosité privée déjà signalée plus haut. A citer également l'expropriation du temps privé qui est un véritable esclavage et n’est jamais mise en lumière. Chacun, selon les principes du droit naturel, est propriétaire de son temps : le dirigisme vole aux gens leur temps en imposant des démarches et formalités insupportables. Les dirigeants des associations sont obligés de remplir ces formalités pour obtenir la maigre consolation de permettre à leurs cotisants de déduire les cotisations de leurs impôts : remplissage des reçus, envoi et classement. Le nombre d'heures ainsi volées est absolument immense et compte à son tour dans la paupérisation de la France.

La dégradation morale s'ajoute. Nous recevons tous des documents d'associations réclamant à juste titre notre aide ; très souvent, dans ces documents, il nous est dit que pour donner 100 euros nous ne dépenserons que 34 euros ; dans la plupart des cas, c'est pur mensonge ; contraindre les victimes à mentir est l'effet de cette usine à gaz.

Enfin, voici le degré suprême de la dégradation morale : les victimes, à savoir les donateurs et les dirigeants d'associations, se réjouissent souvent du système, ignorant que c'est une véritable farce remplie de mensonges et de pièges. Convaincre les victimes de bénir leurs chaînes est le rêve de tous les totalitarismes.

Bien sûr, personne n’en veut aux honnêtes fonctionnaires qui, a la base, se livrent à ce travail destructeur. La responsabilité totale repose sur les élus et leurs compagnons de route qui depuis des décennies, s'activent pour consolider cette arnaque et bien d'autres du même type.

 

Pasteur Blanchard 

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18/11/2014

ENTRETIEN AVEC...

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 Renaud Camus

   

Marine Le Pen, dans une interview au JDD parue ce dimanche, estime que "le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste". Fait-elle, selon vous, une interprétation erronée de votre analyse ?

Totalement erronée, en l’occurrence ; et ce n’est pas "selon moi", parce que mon analyse, je la connais, et il n’y est nulle part question du moindre complot. J’ai beaucoup de respect pour Marine Le Pen, j’admire son courage, sa détermination, son patriotisme et son sens politique mais, sur ce point particulier, c’est son sens politique qui lui joue des tours. Elle aura voulu, j’imagine, par prudence, ne pas paraître assumer un syntagme, Grand Remplacement, dont elle a craint qu’il ne parût trop radical. Hélas, ce n’est pas l’expression Grand Remplacement qui est radicale, c’est la sinistre réalité de ce qu’elle désigne. Le Grand Remplacement n’est pas une théorie, ce n’est pas un concept, à peine une notion, moins encore un fantasme, comme dit la presse remplaciste, ou une "vision complotiste". Plût au ciel que ce fût tout cela, et rien d’autre ! C’est ce que nos yeux constatent tous les jours et que les sociologues de cour s’acharnent à nier : le simple fait que dans nos rues, nos rames de métro, nos écoles, nos écoles maternelles et nos maternités surtout, sur des pans entiers du territoire, il y avait un peuple et que, à sa place, il y en a un ou plusieurs autres.

Accuser tel ou tel d’entretenir une "théorie du complot" ou une "vision complotiste", c’est un vieux procédé rhétorique de journalistes qui ne connaissent pas leur dossier pour déconsidérer des thèses qu’ils veulent étouffer. Je regrette de voir Marine Le Pen y avoir recours, comme si elle voulait se concilier les remplacistes : une tâche impossible. Je n’ai jamais parlé de complot. On me reproche au contraire, en général, d’être flou sur les causes du Grand Remplacement. Et là c’est moi qui suis prudent, car j’essaie d’unir, pas de diviser. En fait je crois à un faisceau convergent d’intérêts et d’interdits qui, tous, tendent à la fabrique de l’homme remplaçable, interchangeable à merci. Mais si je ne devais nommer qu’une seule cause elle me vaudrait un point Godwin, car je dirais : Hitler. À force d’opérer et de réopérer l’Europe du cancer hitlérien, on lui a enlevé la plupart des organes indispensables à sa survie.

 

Son directeur de cabinet, Philippe Martel, répondant à Aymeric Caron, a tweeté que "le grand remplacement n’est pas une théorie, c’est un phénomène démographique". Cela ne peut pas être les deux choses en même temps ?

Je suis, comme d’habitude, entièrement d’accord avec mon vieil ami Philippe Martel, ou lui avec moi. Parler de "théorie" ne sert qu’à se rassurer. La conquête coloniale de l’Afrique au XIXe siècle, le Grand Dérangement des Acadiens au XVIIIe, l’Occupation de la France par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, ce ne sont pas des théories : ce sont des phénomènes historiques.

 

Pour contester vos propos, ou ceux qui déplorent les conséquences d’une immigration massive, on cite toujours les statistiques de l’INSEE. Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, estime qu’en terme de "flux récents d’immigration", la France est parmi "les pays occidentaux où les niveaux sont les plus bas". Qui a tort, qui a raison ?

J’ai eu souvent l’occasion de le dire : sociologie et statistiques sont au remplacisme ce que la biologie lyssenkiste était au stalinisme. Il faudra un jour se demander pourquoi l’expression sociologue de cour est devenue un pléonasme, pourquoi il n’y a pratiquement plus de sociologie qu’au service du pouvoir et non seulement du mensonge mais de la négation acharnée de la réalité, qu’il s’agisse de l’École ou de l’État : le niveau monte et il y de moins en moins d’immigrés. Au citoyen hébété, aveuglé par la glu statistico-sociologique, il faut hurler, comme Féofar-Khan à Michel Strogoff :

 

"Regarde

de tous tes yeux !

     regarde !" 

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11/11/2014

LES ANGLO-SAXONS ET LEURS SATELLITES...

Fu Manchu.2 jpg.jpg

 

 Sont assiégés 

 

Les décisions prises les 16 et 17 octobre dernier au sommet de Fortaleza par les BRICS sont d’une importance capitale. Alain de Benoist, dans un excellent entretien , a raison de le souligner. En quelques lignes, tout est dit.

Tous ceux qui, dès le choc initial des subprimes, ont indiqué que nous n’étions pas seulement confrontés à une crise financière d’une ampleur exceptionnelle, mais bien plutôt au tout début d’une crise géopolitique majeure, voyaient juste. Nous y sommes. Sur fond de "montée des périls", pour reprendre l’expression qu’utilisait Jules Romains dans les "Hommes de bonne volonté" à propos d’une autre période tourmentée de notre histoire, les accords de Fortaleza ainsi que la progressive prise de conscience, par les BRICS, de leurs intérêts communs marquent un tournant.

Si l’on raisonne géopolitiquement et planétairement, du fait de ces accords, les Anglo-Saxons et leurs satellites, confortablement installés jusqu’alors sur leur arc de "containment" de la Russie et de l’Eurasie – qui, selon la politique suivie fidèlement depuis Mackinder jusqu’à Brzeziński, s’étend de l’Atlantique au Pacifique Nord –, se trouvent, maintenant, en position d’assiégés… Les BRICS encerclent à leur tour ceux qui encerclent l’île du monde !

Les Américains sont parfaitement conscients de ce double risque économique et géopolitique. Ils ne sont pas près de baisser la garde. Leur parade face aux stratégies de "dédollarisation" est double :

1) Sur le plan technologique : maintenir en permanence un écart important, non négociable, entre eux et le reste du monde. Ceci se traduit, en particulier sur le plan militaire, par les théories de la "Full-Spectrum Dominance" et de son corollaire, la "Prompt Global Strike", expressions suffisamment claires en elles-mêmes pour qu’il n’y ait guère besoin de les traduire…

2) Sur le plan géopolitique : "arraisonner"définitivement le monde, pour reprendre l’expression de Heidegger, au moyen d’une stratégie offensive et extrêmement invasive de contrôle et de colonisation numérique de la planète, en s’appuyant sur une nébuleuse très complexe et structurée qui va de la NSA à Facebook ou Twitter, en passant par Amazon, Cisco, Verizon, Google, etc., le tout imprégné du messianisme bienveillant propre à la "nation indispensable" chère à M. Clinton.

Il est donc très probable que, pour aboutir, la stratégie de Fortaleza devra s’appuyer sur une contre-stratégie numérique d’une ampleur considérable. En l’absence de celle-ci, un nouvel équilibre n’a aucune chance de s’instaurer et le dollar restera maître du monde. Les Chinois, véritables leaders des BRICS, l’ont parfaitement compris et se préparent au grand affrontement technologique. L’Europe, dans tout cela, est-elle prête à se "désarraisonner" ? Poser la question, c’est – hélas ! – y répondre.

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28/10/2014

SANCTIONS ANTIRUSSES, LE FMI CRAINT...

Des "effets négatifs"

pour l’économie mondiale

 

L’Union européenne suit les USA ; et ses sanctions sectorielles contre la Russie pourraient concerner l’accès aux marchés des capitaux, la Défense, des produits à double usage et l’exportation de technologies sensibles.

Tout de même pas nos porte-hélicoptères Mistral, en cours de livraison ? Non, rassurez-vous. Et Poutine ne va (probablement) pas nous couper le gaz et le pétrole en plein hiver.

Toutefois, dès cette année, l’économie russe pourrait perdre 23 milliards d’euros (soit 1,5 % du PIB), alors qu’en 2015, ses pertes pourraient tripler, jusqu’à 75 milliards d’euros (4,8 % du PIB). La revue The Economist, elle, estime que l’ensemble des pertes subies par les sociétés russes suite aux sanctions pourrait se chiffrer à 744 milliards d’euros.

  

Boom 3.jpg

 

Et pour l’Europe ? La Commission européenne hasarde (la riposte russe est encore à l’étude) 40 milliards d’euros pour cette année et 50 milliards d’euros de pertes en 2015, causées par des embargos commerciaux adoptés par la Russie en mesures de riposte.

"Les sanctions imposées par l’Occident à l’encontre de la Russie sont absurdes", estime Anthony Bamford, PDG du groupe britannique JCB, l’un des principaux fabricants internationaux de matériels de construction.

Sur Internet, nombreux sont les lecteurs norvégiens qui expriment leur mécontentement après que leur gouvernement a décidé de soutenir les sanctions de l’Union européenne. Selon eux, la Russie n’a rien fait dans la situation actuelle en Ukraine pour mériter d’être sanctionnée.

"Le business allemand ne se sent pas en sécurité suite aux sanctions économiques adoptées par l’UE à l’encontre de la Russie", a déclaré l’expert pour les pays de l’Europe de l’Est de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK), Tobias Baumann.

"La situation en Ukraine et les sanctions américaines et européennes contre la Russie risquent d’avoir des effets négatifs pour l’économie des pays de l’UE et de la CEI, mais aussi pour l’économie mondiale", a déclaré, mardi 29 septembre, le Fonds monétaire international (FMI).

 

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Les sanctions occidentales contre la Russie contribueront à rendre la Russie plus indépendante, a indiqué en substance lundi 6 octobre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. "Les sanctions n’atteignent que rarement leurs objectifs, et elles n’atteindront pas leur but dans le cas de la Russie []. Je vous assure que nous surmonterons les difficultés qui surgiront dans certains secteurs de l’économie. Il est également probable que nous deviendrons plus indépendants et plus confiants dans nos forces, ce qui sera également bénéfique", a estimé le chef de la diplomatie russe au cours d’une conférence de presse.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé, mardi 21 octobre, avoir ordonné au gouvernement de renforcer les mesures de riposte aux sanctions européennes et américaines, introduites  contre la Russie que l’Occident accuse d’être impliquée dans le conflit dans l’est de l’Ukraine .

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a également estimé, mardi, que la Russie devait continuer à réfléchir aux nouvelles mesures à apporter aux sanctions occidentales.

 

Patrick Gofman dans Boulevard Voltaire

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21/10/2014

ENTRETIEN AVEC...

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Alain de Benoist

Les mauvais traitements aux animaux

me scandalisent plus que ceux aux humains !

 

Dans un entretien jadis accordé au défunt bimensuel « Flash », vous aviez assuré être contre la peine de mort, sauf pour ceux qui font du mal aux chats ! Au-delà du bon mot, pouvez-vous préciser votre pensée ?

Vous exagérez un peu. Ce que je disais, c’est que ceux qui font du mal aux chats mériteraient d’être emprisonnés à vie (leur prison étant évidemment gardée par des chiens !). Que voulez-vous que je précise ? On dit souvent que le chien est le « meilleur ami de l’homme ». Avec les chats, il ne s’agit pas d’amitié, mais d’amour. Comme beaucoup d’écrivains, j’éprouve un amour passionnel pour les chats. Ce genre de choses se constate, s’éprouve, mais ne s’explique pas. De façon plus générale, les mauvais traitements infligés aux animaux me scandalisent encore beaucoup plus que les mauvais traitements infligés aux humains. En faisant pareil aveu, je choquerai sûrement beaucoup de vos lecteurs, qui estimeront que les animaux les plus attachants ne peuvent quand même pas être placés au niveau des hommes. Je ne suis pas de cet avis. Sans même considérer les animaux comme des personnes, ainsi que l’a fait mon ami Yves Christen dans un livre récent (L’animal est-il une personne ?, Flammarion, 2009), je pense que la comparaison est tout à fait possible. J’aggraverai encore mon cas en ajoutant que je ne crois pas un instant à l’égale qualité des âmes humaines, et pas un instant non plus que les animaux n’ont pas d’âme. Vous remarquerez d’ailleurs que le mot « animal » vient d’anima, qui est le nom latin de l’âme !

 

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Du plus loin qu’on puisse remonter, les animaux ont longtemps été déifiés. Même saint-François d’Assise leur prêtait une sorte d’« âme », tandis que le prophète Mohamed promettait une place au Paradis aux meilleurs d’entre eux. D’autres exemples ?

Les musulmans passent pour n’aimer ni les chats ni les chiens, mais une légende raconte en effet que Mohamed, ayant voulu mettre sa robe, trouva un jour sa chatte Mu’izza endormie sur l’une de ses manches : plutôt que de la déranger, il coupa la manche et la laissa dormir. Dans l’Égypte ancienne, on révérait la déesse-chatte Bastet, qui était peut-être à l’origine une lionne. En Europe, s’il est vrai que les Celtes semblent avoir préféré les chiens (le nom du grand héros Cúchulainn signifie « chien de Culann », tandis que Cenn Chaitt, « tête de chat » est le nom de l’usurpateur Cairpre, qui causa la ruine de l’Irlande), la religion germanique nous a laissé le souvenir de la déesse Freyja, dont le char était tiré par deux chats nommés Bygull et Tregull. Fille de Njörd et sœur jumelle de Freyr, Freyja (dont le nom est à rapprocher du mot allemand Frau, « dame ») fut la divinité la plus populaire et la plus vénérée dans les pays nordiques. Déesse de la beauté, de la terre et de la fertilité, elle était aussi considérée comme la première des Valkyries. On peut la comparer à la Grecque Artémis, d’autant que chez les Romains, les chats furent associés à Diane la chasseresse, dont le culte fut assimilé à celui de Bastet.

Dans le christianisme, le chat occupe une place ambivalente. La Journée mondiale des animaux a lieu tous les ans le 4 octobre, qui est aussi la fête de saint-François d’Assise, patron des animaux. Dans certaines églises, on célébrait à cette date une messe pour les bêtes. Dans certaines autres, encore aujourd’hui, se déroulent en septembre ou tous les premiers dimanches de novembre une bénédiction publique des animaux ! À l’instar de saint-François, qui les autorisait à venir boire dans son gobelet, le pape Benoît XVI, pour ne citer que lui, était lui aussi connu pour son amour des chats. Cela n’était pas le cas, malheureusement, de tous ses prédécesseurs, qui ont longtemps vu dans le chat un animal diabolique, chéri comme tel par les « sorcières ». Amis des félins, n’oubliez jamais de vouer à une exécration éternelle le pape Grégoire IX, créateur de l’Inquisition médiévale qui, par la bulle Vox in rama (1233), déclara que toute personne possédant un chat noir méritait le bûcher, ainsi que le pape Innocent VII, qui promulgua en 1484 un édit prescrivant des sacrifices de chats pour les fêtes populaires !

 

Pour leurs animaux domestiques, les Français dépensent des fortunes en aliments et en soins. Aux Etats-Unis, il y a de psychologues pour chats et chiens… Dans le même temps, nombre d’animaux sont effectivement maltraités : le chaton qu’on offre aux enfants pour Noël, et tôt abandonné dès qu’il ne ressemble plus à une peluche. Où est le problème ?

On compte aujourd’hui en France presque autant d’animaux de compagnie que de bipèdes : 63 millions de bestioles contre 65,5 millions d’habitants. La possession d’un animal familier est pour beaucoup un moyen de combattre la solitude, qui ne cesse de s’étendre par ces temps de dé-liaison sociale et de familles éclatées (elle touche aujourd’hui un Français sur huit). Le problème est que l’attention qu’on leur porte relève plus souvent de la sensiblerie que de la sensibilité, et surtout qu’on les apprécie moins pour leur valeur intrinsèque que pour le plaisir que l’on en tire. Cette attitude utilitaire revient à traiter les animaux comme des objets, qu’on acquiert parce qu’on en a envie et qu’on abandonne à la SPA quand on commence à les trouver gênants. Notre époque a remplacé le solide par le liquide, le durable par l’éphémère, l’engagement par le zapping. Le sort des chats et des chiens, de ce point de vue, ne diffère pas tellement de ce qu’on observe entre les humains.

 

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

09:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)