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27/09/2012

IMPRESSIONS DE PRE-MARAUDE...

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Par le Pasteur Blanchard. 

 

Après le relatif calme de la période estivale, avec le mois de septembre et la rentrée, nous retrouvons le bitume parisien, avec cette frénésie automobile propre à la capitale. A nouveau, nous maraudons au milieu de la même circulation intense et tendue. Mais, les SDF qui dorment à même le trottoir, ne semblent guère touchés par cette agitation, comme si tout ce bruit assourdissant, tous ces gaz d'échappement ne les concernaient pas.

Quel paradoxe ! Pourtant, nous le retrouvons à tous les coins de rues.

La clef de ce paradoxe, c'est l'alcool.

 

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L'alcool est un substitut qui permet à certains SDF de supporter leur situation inhumaine. Avec le temps, ils perdent tous les repères sociaux. La journée de ces malheureux se déroule dans un état second. Ils n'ont plus conscience de leur corps, ils perdent la notion du temps et de la durée. Imbibés au dernier degré, ils anesthésient leurs souffrances, morales et physiques, sombrent petit à petit et perdent tout sens de la dignité. Leur seul objectif devient : combler le manque.  

Terrible expérience de beaucoup de ceux qui, dans la durée, subissent la morsure de la rue ! Chaque fois que je rencontre un de ces cas épineux, en voie de marginalisation, je dois me gendarmer pour lui éviter cette chute fatidique, la plupart du temps définitive.    

Quel jugement porter sur la responsabilité de chacun, sur son manque de volonté ? Je ne sais que dire, si ce n'est "qui peut rester indifférent à une telle détresse tant physique que psychologique ?"

Cette détresse qui nous renvoie au tragique de la condition humaine.

 

Pasteur  Blanchard

21/09/2012

PRE-MARAUDE DU 20 SEPTEMBRE 2012.

Cliquer ICI

06/09/2012

IMPRESSIONS DE PRE-MARAUDE...

Pré-maraude du 23 08 2012 (10).JPG

 

Par Michel Canu

secrétaire départemental FN du Cher

et Danielle Avon

trésorière FN du Cher

 

N’ayant jamais participé à une maraude, il nous tardait que cette soirée du 23 août arrive.

Un rendez-vous avait été pris avec le Pasteur Blanchard et son épouse à Paris pour 20 h précises, Porte d’Italie. Nous sommes arrivés un bon quart d’heure en avance... le Pasteur était déjà là.

Dès la première prise de contact, le courant est vite passé. Puis les questions sur le déroulement de cette maraude ont été abordées : comment allons-nous travailler ? Dans quels quartiers ? Les SDF sont-ils déjà connus ? Changent-ils d’endroit ? Sont-ils accueillants, etc ?…

Enfin chacun se voit attribuer un rôle. Le Pasteur Blanchard et moi devons distribuer les vêtements, Danielle servira la soupe et le café. Catherine, l’épouse du Pasteur, prendra les photos.

Nous sommes prêts, chacun est à sa place, le break Volvo roule vers le premier site d'intervention.

Premier arrêt, le numéro 18 de la rue d'Alésia où deux habitués sont allongés devant la vitrine d'un magasin. A cette heure-là, ils sont encore éveillés et nous accueillent avec gentillesse. Danielle propose de la soupe et du café. Pendant ce temps-là, le Pasteur Blanchard et moi-même distribuons des vêtements et des chaussures. Comme prévu, Catherine prend des photos. Nous sentons que nos amis d'un soir sont heureux de cette visite. Tout en savourant le café, ils nous parlent de leur vie dans la rue. Ils choisissent pantalons, chemises et chaussures. Ils en ont vraiment besoin.

Nous repartons à la recherche d’autres personnes en détresse. C’est la rentrée, les vacances ont bouleversé bien des choses. Il faut donc agencer de nouveaux parcours : c’est le programme du Pasteur.

Deuxième arrêt, le quartier Montparnasse où nous rencontrons "Moustic", une "star" de la rue. Il est tout heureux de notre arrivée. Nous attendait-il ? Très loquace, il parle de ses déboires de santé,  plus d’un an d’hospitalisation l'on tenu éloigné de "sa place". Aujourd’hui, tout va bien. Il a repris ses habitudes dans ce quartier qu’il aime. Son compagnon d’infortune, lui, a l’air de souffrir. Il nous avoue qu’il n’arrive pas à se faire une piqûre d’insuline pour son diabète. Danielle se propose de l’aider, bien qu’elle n’ait jamais fait de piqûre de sa vie. Un peu stressée, elle s’acquitte de sa mission.  Puis, à la demande de nos deux SDF, le Pasteur téléphone au 115, l'attente sera longue.

Maintenant le break Volvo roule en direction du 15ème arrondissement.

Troisième arrêt, Sèvres-Lecourbe, sous le pont du métro, là où vivent Igor et ses deux copains. Ils nous reçoivent avec une joie certaine. Et, tout en buvant leur café, ils examinent  vêtements et chaussures. Igor travaille tous les jours. Depuis longtemps sans-logis, il semble accepter de vivre dans la rue et déclare n'avoir aucune contrainte. "Il se sent libre, c'est sa vie." Ses deux camarades réclament des sardines que le Pasteur a oubliées dans son dépôt. Cela sera pour le prochain passage.

  

Pré-maraude du 23 08 2012 (5).JPG

 

Quatrième arrêt, nous sommes au métro Glacière. Près d’un gros pilier réside Francis, bien connu du Pasteur. Assis sur un grand matelas il lève les bras au ciel à notre arrivée. Lui aussi, nous raconte sa vie :  "j’ai soixante et un ans, j’ai travaillé treize ans dans le 13ème, j'y suis attaché. Je fréquente une femme qui habite à trois cents mètres, dans un appartement, mais moi je préfère mon coin, je m’y sens plus à l’aise. Le seul problème, c’est la police qui me chasse et me confisque toutes mes affaires." Nous lui donnons des vêtements et il prend un  café.

Mission accomplie, nous filons vers les beaux quartiers, du côté du boulevard des Capucines et de la Madeleine.

Cinquième arrêt, face à l'Olympia, un grand nombre de gens sont couchés devant les vitrines et les portes des beaux magasins de mode. Nous sortons de la voiture et déballons nos grands sacs. Danielle propose, à nouveau soupe et café. Mais, là notre tâche devient plus difficile. Nous sommes surpris de l’accueil, certains acceptent notre aide et tout se passe bien mais d’autres nous repoussent et sont même incorrects. Ils ne veulent rien, sauf de l’argent. Ils sont même arrogants.

Nous n’insistons pas et empruntons le boulevard Haussmann. Sur le trottoir en face du Printemps et des Galeries Lafayette, partout, c'est le même spectacle troublant, bien éloigné des quartiers plus périphériques.

Sixième arrêt, il est tard, nous approchons de 2 heures du matin. Nous faisons le maximum mais nous commençons à manquer de tout. Les sans-logis dorment. Nous déposons les vêtements près de leur tête. Nous remarquons qu’il y a beaucoup de femmes par rapport aux autres quartiers. L’une d’entre elles et son compagnon acceptent soupe et  café, malgré l’heure avancée de la nuit. Ils avaient, sans doute, besoin de se réchauffer.

3 heures du matin, nous arrêtons.

Il faut avouer que nous avons passé une nuit dont nous ne supposions pas au départ la portée : cette joie intérieure que nous a procurée la rencontre et le sourire de ces pauvres gens dans la détresse, souvent malgré eux. Beaucoup ne se plaignent pas et trouvent encore un certain bonheur de vivre dans ces conditions déplorables. Quelle leçon d’humilité !

MERCI Pasteur. Bravo pour votre dévouement et votre travail.Nous sommes à votre disposition pour une prochaine maraude.

 

Michel Canu

Danielle Avon

31/08/2012

IMPRESSIONS DE PRE-MARAUDE...

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Par le Pasteur

Blanchard.
 
 
Comme chaque année, à partir de la fin août, mon épouse Catherine et moi-même organisons des pré-maraudes. Certains secteurs de notre circuit ayant été désertés par les sans-logis ou évacués par la police, il nous faut découvrir de nouveaux trajets, trouver les nouveaux "refuges" de nos amis.
 
Ce mois d'août assez clément nous a permis de sillonner les rues de la capitale et d'établir une nouvelle carte routière de la pauvreté. Par exemple, nous avons innové en descendant l'avenue des Gobelins à partir de la place d'Italie, puis en suivant le boulevard Arago (où siège la prestigieuse faculté de théologie protestante).

Tout au long de notre chemin, la pauvreté s'affiche. Elle s'installe et les personnes dormant dans la rue sont de plus en plus nombreuses. Certaines sont surprises que nous venions de notre lointaine banlieue pour leur venir en aide.  Mais, nous retrouvons, à nouveau, une attitude empreinte de gentillesse et de reconnaissance de la part des SDF. Rares sont les réactions agressives. Vêtements et couvertures sont toujours autant demandés. Les besoins sont énormes et même si les moyens de l'Action Sociale et Populaire sont limités, ils répondent  à une attente réelle.

 

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Nos amis du FN, Michel Canu et Daniéle Avon (respectivement secrétaire départemental et trésorière du Cher)  ont vécu cet été leur première expérience de maraude. Ils en ont tiré une grande "leçon existentielle" qu'ils n'oublieront pas de si tôt.

Tard dans la nuit , de retour chez nous, à Athis-Mons, nous nous couchons , partagés entre le sentiment du devoir accompli et un  pincement au coeur.
 

 
Pasteur  Blanchard

24/08/2012

PRE-MARAUDE DU 23 AOÛT 2012.

Cliquer ICI

17/07/2012

L'ASP : L'ETE, ON STOCKE.

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05/07/2012

HIER, AUJOURD'HUI ET DEMAIN...

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Hadrien Blandin,

fidèle de l'Action Sociale et Populaire
 
 
Depuis les débuts héroïques de notre association, votre générosité ne s’est jamais démentie. Alors que notre structure était encore embryonnaire, nous avons pu constater, grâce à la magie de radio Courtoisie que les bonnes volontés ne manquaient pas. C'était le commencement d'un élan fantastique de solidarité agissante.

 

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Hadrien Blandin fut un des premiers à répondre présent. Ce jeune étudiant, fort sympathique, est le voltigeur du tri et du don de linge. Chaque année, quand se prépare la saison d'hiver, solidaire pour nos compatriotes les plus démunis, il nous apporte sa cargaison de vêtements. Cette habitude a fini par tisser des liens d'amitié. Lors de nos retrouvailles, nous évoquons le temps passé, les caps franchis. Il est bon de constater le chemin parcouru et de pouvoir dresser un bilan positif, malgré les difficultés. 

J'espère que nous continuerons de la même manière. Cela sera le signe que notre combat  pour plus de justice sociale, envers les Nôtres, avance et se construit pas à pas.


  
Pasteur  Blanchard

02/07/2012

REACTION A LA DERNIERE NOTE...

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"Honteux, nous avons pris en stop à Voiron un SDF qui nous disait que les foyers les mettaient dehors dès 7 heures du matin. En été, çà va mais l'hiver c'est difficile. Pauvre France, qu'es-tu devenue ? Je pleure de cette situation où plus personne ne se regarde, où la pauvreté fait détourner les yeux des fois qu'elle soit contagieuse, où un sourire est tout de suite mal compris, où le seul fait de dire bonjour est une attaque, où vouloir se promener en jupe et rire est pris pour une provocation. Que sommes-nous devenus pour distribuer de l'aide à des milliers de kilomètres à la ronde sans voir nos petits vieux mourir seuls dans leur appartement ? Qu'ils possèdent un logement ou qu'ils soient seuls dans la rue, ils sont souvent trop timides pour aller taper à la porte  d'une association tellement débordée par l'aide aux "sans-papiers". Pauvre FRANCE dans tous les sens du mot PAUVRE ! Que cette femme puisse reposer en Paix ! Petite, mes parents ont donné à manger à un "clochard" qui vivait à côté de notre immeuble ainsi que des vêtements pour le protéger du froid. Nous avons gardé cette habitude pour toutes les personnes qui se présentent au portail, quelle que soit leur couleur de peau, leur religion, leur facon de parler et toujours nous avons eu un merci. Où que tu ailles, que Dieu te protège et nous continuerons même si ce n'est qu'une goutte d'eau. Je ne voudrais jamais que quelqu'un meure près de chez moi de froid ou de faim. J'aurais trop honte de moi !"

 

Yolee

18/06/2012

LE SOCIAL RENTRE A L'ASSEMBLEE NATIONALE ?

Les pirates n'ont pas réussi à détruire cet album d'une maraude du 8 avril 2010 à laquelle participait Marion Maréchal-Le Pen qui vient d'être élue députée de Carpentras.

 

Découvrez-le en cliquant ICI

31/05/2012

IMPRESSIONS DE MARAUDE...

Maraude du 8 05 2012 Benoit 1.JPG

 

Par Benoit Vaillant,

secrétaire général de l'ASP

 

Sonné ! C’est le mot que je retiens pour cette maraude qui est une grande première pour moi. Sonné dans mon ressenti, sonné par la confrontation avec une réalité qu’on aperçoit mais qu’on ne voit pas. Pourtant il n’y a pas de passage à franchir, pas d’avertissement sur une réalité difficile. J’aime beaucoup le mot du pasteur sur cet âge de fer qui est arrivé. L’âge de fer ! Terrible expression qui laisse les progrès d’une civilisation disparaître, qui laisse entrevoir un paysage gris, défiguré, poussiéreux, ruiné et inhumain. 

Plus que de la révolte, on ressent de l’amertume. La pilule du bonheur qu’on avale chaque jour ne fait plus effet. Elle a même un drôle de goût ! Regarde près de toi ami ! Ne vois-tu pas que ton frère est à terre ? On ne peut pas chasser l’image de cette misère comme on détourne le regard d’une séquence télévisée qui nous met mal à l’aise. On ne zappe pas aussi facilement si on a un peu de conscience ou de dignité. D’un coup on se retrouve nu, sans arguments ou poncifs mille fois entendus sur les ondes ou dans des canapés bien confortables. Ici c’est l’asphalte brut, la grille de chauffage, le coin près d’une décharge en pleine rue ! Le bruit et l’odeur comme l’a dit un sinistre personnage qui n’a jamais côtoyé la misère et ne la côtoiera jamais !

On y croise parfois des regards vides ou blessés. Chacun a son histoire mais nous ne sommes pas là pour juger quiconque, si ce n’est soi-même ! Alors le geste de donner se fait naturellement. Il est accepté tout aussi naturellement. On n’attend pas de remerciement, la seule politesse est celle du cœur.

 

Maraude du 8 05 2012 Benoit 2.JPG



L’ampleur de la tache est immense. Ce n’est pas tant la misère elle-même qui est choquante, c’est de ne pouvoir faire davantage. L’inégalité est un fait, l’injustice aussi. A l’image se saint Martin on peut trancher la moitié de son manteau pour le donner à celui qui n’a rien. Et encore que cela nous coûte-t-il vraiment ? Y penser est dérisoire quand on voit une personne qui n’a absolument rien, pas un sac, pas une paillasse, RIEN !

Le tableau est bien sombre... Mais même au cœur de l’obscurité il peut y avoir une lumière. Les poignées de main franches, les accolades amicales, une plaisanterie échangée et la distribution de ce qu’on a pu récolter font penser, si je me risque à cette expression, à une virée amicale. Mais on ne s’improvise pas dans le social... C’est un métier, une démarche spirituelle, un acte de complet désintéressement et, surtout, de l’expérience. Il faut avoir vécu une maraude pour s’en faire une juste opinion. L’esprit d’équipe et le savoir-faire du Pasteur sont des ingrédients essentiels d’une maraude bien réussie. Condition nécessaire mais non suffisante, car sans les volontaires et les dons on ne pourrait pas faire œuvre utile.
 
J’ai eu la chance et le privilège de faire cette maraude avec Jany. "Merveilleuse Jany" dirait le pasteur. Ce n’est pas exagéré ! On ne pouvait espérer mieux pour une première maraude. Merci Jany, merci Pasteur, merci Oscar et merci à tous ces anonymes qui ne le sont plus !

 

Benoit