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02/11/2012

IMPRESSIONS DE MARAUDE...

Maraude du 23 10 2012 (5).JPG

 

Par le Pasteur

Blanchard.
 

Force est de constater que la présence de nombreux sans-logis dans les rues de Paris gêne le maire et ses adjoints. Les témoignages de certains SDF sont accablants. Un exemple, chaque semaine, le vendredi, ici ou là, la police arrive  et signifie à ces malheureux qu'ils ont cinq minutes pour déguerpir. Aussitôt, les éboueurs suivent et jettent leur barda. En un instant, nos amis se retrouvent encore plus bas. Bien sûr, cette démarche est faite avec le secret espoir que de guerre lasse, ils décamperont à jamais.

Cette méthode hypocrite mais ponctuellement efficace de déplacer la misère, ne tient pas compte du fait que, comme tout un chacun, les SDF s'accrochent aux repères qui sont devenus leur espace vital. Et, c'est un puits sans fond que les autorités creusent.

 

Maraude du 23 10 2012 (26).jpg

 
 
Une autre remarque, aussi éloquante, m'a été faite par un ami venu de province pour déposer des vêtements. Il me dit sa surprise de voir la capitale de plus en plus submergée par les SDF. En particulier, les avenues "chics". 

Oui ! Sur le prestigieux boulevard des Capucines, on croise après  l'Olympia et jusqu'à l'Opéra des familles entières dormant devant les entrées des grands magasins. Et, durant nos maraudes, la nuit, ces abcès de fixation de la misère sont encore plus éclatants. Chaque fois, nous découvrons un mélange indécent de beauté et de misère.

Nos gouvernants, si occupés par le mariage homosexuel  baissent les bras devant un problème aussi terrible et massif. Leurs seules réponses sont le silence et le déni. Ils éludent un problème qui ne fait que s'amplifier comme ils chassent les SDF, le vendredi, d'un trottoir à l'autre.   

Nous avons l'écoeurante conviction  que moins les choses se résolvent, plus la communication règne en maître. Mais, l'Action Sociale et Populaire reste un témoin lucide. C’est à ce prix que nous continuerons à apporter notre contribution au combat contre la véritable exclusion.
 
 
Pasteur  Blanchard

25/10/2012

IMPRESSIONS DE MARAUDE...

Gentleman britannique.jpg

 

Par Edith et Pascal Erre,

SD/FN de la Marne, membre du BP

et conseiller régional Champagne-Ardenne

 

Mardi 9 octobre, c'est la première fois qu'Edith participe à une "maraude". Une expérience nouvelle pour elle, en tout cas sur Paris (à Châlons-en-Champagne, nous avons déjà aidé des personnes qui dormaient sur le trottoir par un froid glacial, avec de très jeunes enfants).

Paris, la "ville lumière", oui, mais avec ses parts d'ombre : tout ce qu'on ne voit pas, ou qu'on ne veut pas voir... Des gens à la rue, nous en voyons par dizaines, un peu partout, mais dans tout Paris, il y en a certainement des centaines... Et ce soir, il pleut à torrent, ce qui n'arrange pas les choses, surtout pour les sans-logis. Beaucoup s'abritent comme ils peuvent, souvent à l'entrée des magasins.

Pendant cette maraude, nous rencontrons surtout des français, mais aussi des gens qui arrivent des pays de l'est. Mais que viennent-ils faire en France, où nous avons déjà tant de malheureux ?

Premier arrêt : Patrick, Grégor et Youri. Deux polonais et un russe. Ils sont propres et rasés, ils sont bien corrects, eux, que la France laisse dans la rue depuis plus de vingt ans, quand d'autres, à peine débarqués, obtiennent tout de suite un toit. Quand nous sommes arrivés, Patrick était perdu dans ses pensées. Edith a mis sa main sur son front : Patrick est très fièvreux. Leurs regards se sont croisés, Edith lui a dit quelques mots et on a vu des étincelles dans ses yeux... Il était si heureux qu'Edith le prenne dans ses bras  : oui, tout être a d'abord besoin de réconfort et de chaleur humaine, de ces petits gestes qui vous réchauffent le coeur.

Deuxième arrêt : un peu plus loin, Harvey, un anglais je crois, très digne, sous son parapluie. C'est manifestement quelqu'un qui avait une situation plus élevée autrefois. Harvey nous observe en train de servir Yves qui veut du thé...et réclame le nouveau testament. Harvey est à la rue mais il est exigeant, il n'accepte que des vêtements en peau, en daim ou en mouton. Et il aura les deux ! Gilles et Jimmy, deux autres SDF veulent, aussi, du daim. Ils ont de la chance, le Pasteur a encore des vestes de ce modèle.

Troisième arrêt : sous la pluie toujours, une tente habitée par deux  polonais qui ont dû partir de la rue de Rivoli. Comme tous les autres sans-abri, ils dérangent les amateurs de luxe.

 

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Quatrième arrêt : nous retrouvons Francis, qui, ancré dans son 13ème arrondissement, se plaint des nouveaux venus  des pays de l'est "qui veulent lui prendre sa place". Il défend son pré-carré, son petit "chez soi" qu'il s'est constitué avec des cartons, un caddie, des habits et des couvertures. 

Mais, cinquième arrêt : celui qui nous fait mal au coeur, c'est Michel, Michel et son chariot,  tout ce qu'il possède. Allongé sur une bouche d'aération du métro, il tente de dormir sous cette pluie torrentielle et nous dit que les commerçants de Saint-Michel l'ont viré. Depuis, Michel passe ses journées à marcher dans Paris, avec son chariot. Michel espère encore et attend ses papiers pour la retraite.

Sixième arrêt : le coeur encore plus serré, nous l'avons  en voyant ce jeune de 18 ans dormant  sur des escaliers en marbre, froids et humides. Nous récupérons un grand carton pour le séparer du sol et nous lui donnons des couvertures. Nous lui demandons d'où il vient : il se met à pleurer. Où sont ses parents ? La famille, dernier refuge avec la Patrie, de ceux qui n'ont rien. Mais ce jeune homme a-t-il encore ses parents ? Que de malheurs et de désespoir dans ses yeux. Si jeune et déjà à la rue. Souhaitons qu'on ne le retrouvera pas un jour drogué ou mort de froid...

Bientôt l'hiver sera là...et à NOËL et le 31 décembre, ils seront seuls, comme tant d'autres.

Cette maraude ne peut que nous amener à relativiser nos problèmes, quand on voit tous ces gens à la rue. Des français abandonnés par le pouvoir alors qu'ils devraient être chez eux les premiers servis et des gens de l'est, qui croyant arriver au paradis, sont victimes de la "machine à broyer les peuples" : le mondialisme.

STOP, il faut dire STOP, à tant de misère !  Qu'on loge déjà ceux qui sont ici depuis longtemps au lieu de "laissez faire, laissez passer" !

 

Edith et Pascal Erre

24/10/2012

MARAUDE DU 23 OCTOBRE 2012.

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19/10/2012

HONNEUR A...

Maraude du 9 10 2012 (3).JPG

  

Pascal et Edith Erre :

maraude d'ouverture campagne 2012/2013

 

J'ai déjà eu l'occasion, lors de mes diverses chroniques traitant de nos maraudes, de dire combien, à mes yeux, une des grandes richesses du FN est le maillage de l'hexagone. En effet, un grand nombre de militants bénévoles travaillent dans des régions aux scores électoraux modestes et n'ont pour récompense que la satisfaction du devoir accompli.

 

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Parmi ceux que nous invitons, certains se distinguent par leur grand altruisme. C’est le cas de Pascal et Edith Erre, qui, à côté de hautes responsabilités au sein du mouvement, assument en plus des actions d'aide envers des personnes en grande difficulté, dans une totale humilité. Sans chercher à se faire de la pub, ils soulagent, en toute discrétion, bien des misères. Même nos ennemis reconnaissent leur travail pourtant, impensable à leurs yeux venant d'un frontiste. Et cela en dérange plus d'un.

Cette année, souhaitant rompre avec la coutume d'inviter des "pontes" pour la maraude d'ouverture, j'ai  fait appel à eux  afin de leur témoigner ma gratitude et ma reconnaissance pour  leur engagement.

Oui, honneur à nos amis pour leur exemplarité. Qu'ils suscitent de nouvelles vocations....pour la cause des Nôtres.

 

Pasteur Blanchard

11/10/2012

ASSEMBLEE GENERALE DU 29/09/2012.

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Comme l'année dernière, l'équipe et les amis de l'ASP se sont retrouvés pour notre Assemblée Générale à la bibliothèque Jeanne d'Arc Paris 13ème. Cette année, pour cause d'élections présidentielles et législatives, elle a été retardée. Ce qui n'a pas empêché l'assistance d'écouter avec grand intérêt les diverses interventions des membres de l'équipe.
 
Interviennent en premier, Jean Chabernaud et son épouse Béatrice, membres historiques qui font des maraudes depuis les origines. Jean a tracé le bilan de celles-ci en expliquant que l'écho rencontré dans nos milieux en est de plus en plus important. Alors que nous tournons depuis plus de cinq ans et que par ailleurs, la situation dans les rues de Paris se dégrade sans cesse.
 
Ensuite, notre président, le Pasteur Blanchard trace le bilan de l'année écoulée, constatant la montée en puissance et la reconnaissance dont nous sommes l'objet. Il remarque aussi que l'équipe s'étoffe de gens compétents et dynamiques qui assurent de mieux en mieux leurs tâches.
 
Puis Thierry Auriat  a donné son sentiment sur les actions menées envers les patriotes défavorisés, auxquelles il a participé ; insistant sur ces points : elles correspondent à un réel besoin, elles sont une des priorités fondamentales pour l'avenir de notre association.

  

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A son tour, François Vial s'est exprimé. Evoquant l'ouvrage collectif sur les maraudes dont il est le coordinateur, il  souligne que celui-ci ne faisait qu'accroître notre crédit en répercutant le sérieux du travail que nous menons.
 
A la place de notre trésorier, Gaël Fouilleul (excusé), Thierry Auriat dans le bilan financier montre que nous nous portons bien et que nos finances progressent, modestement mais sûrement, d'année en année.
 
Pour continuer, j'ai pu évoquer l'aspect constructif des invitations de cadres et de militants  du Front National qui touchent, ainisi, du doigt les réalités existentielles de la misère et qui se font les "missi dominissi" de la cause des pauvres.
 
Pour terminer, notre secrétaire général et Marie- Christine Arnautu ont parlé du projet de fonds de dotation,  notre prochain jalon ;es réseaux que nous avons tissés devant nous permettre de venir en aide aux nôtres dans tout le pays.
 
Pour l'avenir, ce n'est pas le travail qui  manque. Toute l'équipe est en ordre de bataille pour relever ces défis.
 
                         

Catherine Blanchard,

Vice-présidente de l'ASP

10/10/2012

MARAUDE D'OUVERTURE DU 09/10/2012.

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04/10/2012

IMPRESSIONS DE PRE-MARAUDE...

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Par Emmanuel Camoin,

Secrétaire Départemental FN de l'Eure

et Alexandre Simonnot,

Secrétaire Départemental FN du Val-d'Oise

 

Le Pasteur Blanchard nous avait donné rendez-vous à 21h. L'heure à laquelle la nuit tombe. L'heure à laquelle Paris, la capitale de notre pays, qui est notre fierté au grand jour, devient durant la nuit le Paris de la honte et de l'abandon. Le théâtre de la misère la plus scandaleuse, la plus inacceptable : celle des français sans logements, sans aides, sans ressources, sans rien.

Nous étions donc quatre, le Pasteur et son épouse, et nous, deux secrétaires départementaux du Front National, venus simplement aider, assister et quelque peu soulager cette misère effroyable. Paris, ce sont des centaines de centaines d'inconnus, d'anonymes, qui dorment dehors, seuls. Cette nuit-là, ils sont pour quelques heures nos seigneurs et nous allons les servir. Un peu de café, un peu de soupe chaude, quelques vêtements, mais surtout beaucoup de réconfort, d'écoute, de solidarité. Beaucoup d'humanité et de fraternité.

Si quelqu'un veut vraiment parler de la misère en France, il doit venir en maraude avec le Pasteur Blanchard. Si quelqu'un veut connaître l'état de notre société, non au grand jour, mais en pleine nuit, il doit venir en maraude avec le Pasteur Blanchard.

Notre première impression en voyant ces malheureux à tous les coins de rue, c'est cette promesse de Nicolas Sarkozy en 2007 : "Moi Président, dans 5 ans, plus personne ne dormira dans la rue". Inutile de préciser à ceux qui nous lisent que cette promesse n'engageait que ceux à qui elle était faite!...

A l'ASP, au Front National, nous ne faisons jamais de promesses, nous agissons concrètement tout simplement. Non au grand jour sous l'oeil des caméras, mais la nuit dans l'anonymat. Voilà quelle a été notre nuit dans les rues de Paris,notre nuit à tous les quatre.

 

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Nous avons agi. Nous avons revu le mythique Francis, véritable vedette de nos maraudes. Nous avons visité jeunes et vieux, nous avons rencontré des solitaires mais pas complètement seuls car ils ont comme compagnie leurs chiens... Nous avons rencontré de nombreuses personnes, d'horizons très divers, aux histoires très différentes. Mais ils ont tous  un point commun : ils sont à la rue. La France les a abandonnés tout simplement

C'est là que l'on constate l'immense décalage entre un gouvernement socialiste et le "Social". Les socialistes n'ont de social que leur dénomination. En réalité, ils n'y connaissent rien. En réalité, leur principale préoccupation, c'est d'aider par tous les moyens les étrangers et clandestins, avant d'aider les leurs, les nôtres, les Français !

Cette pré-maraude a duré cinq heures. Cinq heures durant lesquelles nous aurions aimé aider tous ces pauvres. Mais ils sont si nombreux, partout. Il n'y a plus un seul grand boulevard dans Paris, il n'y a plus un seul quartier dans Paris où l'on ne rencontre pas des gens qui dorment seuls, dans la misère la plus totale.

Voilà le fruit de nos politiciens, voilà le fruit de nos gouvernants successifs. Toujours de l'aide pour le monde entier, mais jamais pour les nôtres, jamais pour nos pauvres!

C'est à la fois écoeurés et heureux que nous achevons cette pré-maraude avec le Pasteur Blanchard et son épouse. Ecoeurés par le désastre que nous avons pu constater de nos propres yeux, mais tellement heureux d'avoir pu pendant quelques heures être au service de ces miséreux, de ces parias de notre société, qui durant quelques heures d'une nuit froide, étaient nos maîtres et seigneurs..

 
 
Emmanuel Camoin et Alexandre Simonnot

27/09/2012

IMPRESSIONS DE PRE-MARAUDE...

p maraude 20 09 2012 (3).JPG

 

Par le Pasteur Blanchard. 

 

Après le relatif calme de la période estivale, avec le mois de septembre et la rentrée, nous retrouvons le bitume parisien, avec cette frénésie automobile propre à la capitale. A nouveau, nous maraudons au milieu de la même circulation intense et tendue. Mais, les SDF qui dorment à même le trottoir, ne semblent guère touchés par cette agitation, comme si tout ce bruit assourdissant, tous ces gaz d'échappement ne les concernaient pas.

Quel paradoxe ! Pourtant, nous le retrouvons à tous les coins de rues.

La clef de ce paradoxe, c'est l'alcool.

 

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L'alcool est un substitut qui permet à certains SDF de supporter leur situation inhumaine. Avec le temps, ils perdent tous les repères sociaux. La journée de ces malheureux se déroule dans un état second. Ils n'ont plus conscience de leur corps, ils perdent la notion du temps et de la durée. Imbibés au dernier degré, ils anesthésient leurs souffrances, morales et physiques, sombrent petit à petit et perdent tout sens de la dignité. Leur seul objectif devient : combler le manque.  

Terrible expérience de beaucoup de ceux qui, dans la durée, subissent la morsure de la rue ! Chaque fois que je rencontre un de ces cas épineux, en voie de marginalisation, je dois me gendarmer pour lui éviter cette chute fatidique, la plupart du temps définitive.    

Quel jugement porter sur la responsabilité de chacun, sur son manque de volonté ? Je ne sais que dire, si ce n'est "qui peut rester indifférent à une telle détresse tant physique que psychologique ?"

Cette détresse qui nous renvoie au tragique de la condition humaine.

 

Pasteur  Blanchard

21/09/2012

PRE-MARAUDE DU 20 SEPTEMBRE 2012.

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06/09/2012

IMPRESSIONS DE PRE-MARAUDE...

Pré-maraude du 23 08 2012 (10).JPG

 

Par Michel Canu

secrétaire départemental FN du Cher

et Danielle Avon

trésorière FN du Cher

 

N’ayant jamais participé à une maraude, il nous tardait que cette soirée du 23 août arrive.

Un rendez-vous avait été pris avec le Pasteur Blanchard et son épouse à Paris pour 20 h précises, Porte d’Italie. Nous sommes arrivés un bon quart d’heure en avance... le Pasteur était déjà là.

Dès la première prise de contact, le courant est vite passé. Puis les questions sur le déroulement de cette maraude ont été abordées : comment allons-nous travailler ? Dans quels quartiers ? Les SDF sont-ils déjà connus ? Changent-ils d’endroit ? Sont-ils accueillants, etc ?…

Enfin chacun se voit attribuer un rôle. Le Pasteur Blanchard et moi devons distribuer les vêtements, Danielle servira la soupe et le café. Catherine, l’épouse du Pasteur, prendra les photos.

Nous sommes prêts, chacun est à sa place, le break Volvo roule vers le premier site d'intervention.

Premier arrêt, le numéro 18 de la rue d'Alésia où deux habitués sont allongés devant la vitrine d'un magasin. A cette heure-là, ils sont encore éveillés et nous accueillent avec gentillesse. Danielle propose de la soupe et du café. Pendant ce temps-là, le Pasteur Blanchard et moi-même distribuons des vêtements et des chaussures. Comme prévu, Catherine prend des photos. Nous sentons que nos amis d'un soir sont heureux de cette visite. Tout en savourant le café, ils nous parlent de leur vie dans la rue. Ils choisissent pantalons, chemises et chaussures. Ils en ont vraiment besoin.

Nous repartons à la recherche d’autres personnes en détresse. C’est la rentrée, les vacances ont bouleversé bien des choses. Il faut donc agencer de nouveaux parcours : c’est le programme du Pasteur.

Deuxième arrêt, le quartier Montparnasse où nous rencontrons "Moustic", une "star" de la rue. Il est tout heureux de notre arrivée. Nous attendait-il ? Très loquace, il parle de ses déboires de santé,  plus d’un an d’hospitalisation l'on tenu éloigné de "sa place". Aujourd’hui, tout va bien. Il a repris ses habitudes dans ce quartier qu’il aime. Son compagnon d’infortune, lui, a l’air de souffrir. Il nous avoue qu’il n’arrive pas à se faire une piqûre d’insuline pour son diabète. Danielle se propose de l’aider, bien qu’elle n’ait jamais fait de piqûre de sa vie. Un peu stressée, elle s’acquitte de sa mission.  Puis, à la demande de nos deux SDF, le Pasteur téléphone au 115, l'attente sera longue.

Maintenant le break Volvo roule en direction du 15ème arrondissement.

Troisième arrêt, Sèvres-Lecourbe, sous le pont du métro, là où vivent Igor et ses deux copains. Ils nous reçoivent avec une joie certaine. Et, tout en buvant leur café, ils examinent  vêtements et chaussures. Igor travaille tous les jours. Depuis longtemps sans-logis, il semble accepter de vivre dans la rue et déclare n'avoir aucune contrainte. "Il se sent libre, c'est sa vie." Ses deux camarades réclament des sardines que le Pasteur a oubliées dans son dépôt. Cela sera pour le prochain passage.

  

Pré-maraude du 23 08 2012 (5).JPG

 

Quatrième arrêt, nous sommes au métro Glacière. Près d’un gros pilier réside Francis, bien connu du Pasteur. Assis sur un grand matelas il lève les bras au ciel à notre arrivée. Lui aussi, nous raconte sa vie :  "j’ai soixante et un ans, j’ai travaillé treize ans dans le 13ème, j'y suis attaché. Je fréquente une femme qui habite à trois cents mètres, dans un appartement, mais moi je préfère mon coin, je m’y sens plus à l’aise. Le seul problème, c’est la police qui me chasse et me confisque toutes mes affaires." Nous lui donnons des vêtements et il prend un  café.

Mission accomplie, nous filons vers les beaux quartiers, du côté du boulevard des Capucines et de la Madeleine.

Cinquième arrêt, face à l'Olympia, un grand nombre de gens sont couchés devant les vitrines et les portes des beaux magasins de mode. Nous sortons de la voiture et déballons nos grands sacs. Danielle propose, à nouveau soupe et café. Mais, là notre tâche devient plus difficile. Nous sommes surpris de l’accueil, certains acceptent notre aide et tout se passe bien mais d’autres nous repoussent et sont même incorrects. Ils ne veulent rien, sauf de l’argent. Ils sont même arrogants.

Nous n’insistons pas et empruntons le boulevard Haussmann. Sur le trottoir en face du Printemps et des Galeries Lafayette, partout, c'est le même spectacle troublant, bien éloigné des quartiers plus périphériques.

Sixième arrêt, il est tard, nous approchons de 2 heures du matin. Nous faisons le maximum mais nous commençons à manquer de tout. Les sans-logis dorment. Nous déposons les vêtements près de leur tête. Nous remarquons qu’il y a beaucoup de femmes par rapport aux autres quartiers. L’une d’entre elles et son compagnon acceptent soupe et  café, malgré l’heure avancée de la nuit. Ils avaient, sans doute, besoin de se réchauffer.

3 heures du matin, nous arrêtons.

Il faut avouer que nous avons passé une nuit dont nous ne supposions pas au départ la portée : cette joie intérieure que nous a procurée la rencontre et le sourire de ces pauvres gens dans la détresse, souvent malgré eux. Beaucoup ne se plaignent pas et trouvent encore un certain bonheur de vivre dans ces conditions déplorables. Quelle leçon d’humilité !

MERCI Pasteur. Bravo pour votre dévouement et votre travail.Nous sommes à votre disposition pour une prochaine maraude.

 

Michel Canu

Danielle Avon