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14/12/2012

IMPRESSIONS DE MARAUDE...

Maraude du 4 12 2012 (12).JPG

 

Par Jeanne Beaulier

responsable Front National

de la 5ème circonscription du Loiret

 

Les maraudes du pasteur Blanchard sont un rendez-vous récurrent, souvent médiatisé et parfois critiqué… 

Cette fameuse nuit de maraude prévue depuis plusieurs mois est enfin arrivée. Je découvre mes compagnons de route, le Pasteur Blanchard, son épouse Catherine et Perceval Noët. Les thermos bien chauds, du café, de la soupe, attendent. Les vêtements débordent du coffre de la voiture. Une question, que vais-je découvrir de plus que ce que l’on en dit ? Je vous livre mon témoignage après cette première expérience.

Deux arrêts m’ont particulièrement marquée.

Le premier a été un réel moment de joie. Sous une arche du métro aérien, au vu et au su de tout le monde, demeurent trois hommes. Leur fidèle compagnon est un chien qui les réchauffent à tour de rôle et les rassurent en permanence. Ces hommes ont un accent venu des pays de l’est. Je ne comprends pas tout ce qu'ils disent mais cette rencontre fut une lumière dans toute cette nuit. Ce sont des habitués du Pasteur. Ils se lèvent pour lui faire une accolade. Perceval cherche des écharpes, des bonnets... pendant que je sers le café. Un de ces hommes qui était resté allongé, semble reprendre vie à la vue de Perceval. Celui-ci lui rappelle sa jeunesse, le temps où il faisait de la boxe. A ma grande surprise, je reçois un cadeau, un père Noël en chocolat. Eux aussi ont pensé au Pasteur. 

Le second moment marquant a été la découverte de Michel, un petit homme d’une cinquantaine d’années. Il s’est bricolé un lit sur une palette. Son peu de biens est parfaitement rangé. Il a même un balai et un balai-brosse. On imagine alors que sa vie était certainement bien en ordre... auparavant. Que fait-il à la rue ? Nous avons discuté un peu, il semblait s’excuser d’être là, gêné de vivre de charité et d’être le centre d’intérêt pendant quelques minutes. Tout en parlant, il savoure sa soupe et son café chaud et nous demande timidement des rasoirs pour la prochaine fois.

Michel ou le premier groupe d’hommes usent des mêmes mots et éprouvent les mêmes peurs. Ils vivent dans la hantise des forces de police qui, soudain, arrivent avec des camions poubelles et les dépouillent de leurs affaires. Ils ressentent comme une injustice l’arrivée de familles entières, de ces "roumains", comme ils disent qui rognent sur leur petit territoire et ne semblent pas subir les mêmes pressions de la part des autorités.

 

Maraudeurs.JPG

 

Humainement, qui pourrait rester indifférent au sort de ces malheureuses familles ? Cependant, je comprends la révolte de mes nouveaux amis d’un soir… avec eux nous ont parlé, partagé, échangé... Ils ne demandent qu'une boisson chaude, une paire de chaussettes, une écharpe, des gants, des rasoirs, voire des livres... quand d'autres, connaissant la réputation de la france, "terre d’accueil de toute la misère du monde", nous  réclamaient des chaussures Adidas et des vêtements de marque.

Alors que beaucoup de nos compatriotes SDF semblent résignés à ne pas pouvoir se soigner, les avantageux documents de l’AME (Aide médicale d’Etat) sont  serrés dans les poches  de visiteurs prétendues sans papiers. Mais, ce soir, que faire devant celui qui souffre d’une crise de diabète ? Ou face à un autre qui a probablement contracté une maladie parasitaire et contagieuse comme la gale ?  Sinon appeler le 115…

Toi, l’UMPS (Union Minoritaire pour la Précarité Sociale) qui glorifie la notion de  repentance , qu'as-tu à dire sur toute cette misère ?  N’as-tu pas honte, aveuglé par les intêrets de ta caste, de laisser tes compatriotes s'engloutir dans la rue  ? Dors-tu sur tes deux oreilles, en favorisant une immigration massive et incontrôlée qui aggrave bien  des choses.

En plus de l’inéluctable colère induite par ce triste spectacle des rues parisiennes, deux pensées m’ont accompagnée toute cette nuit.

 

• D'une part, il existe une misère des villes et une misère des champs. L’exclusion et la précarité sociale revêtent des habits différents à Paris et dans les zones rurales. Je vis en pleine Beauce; des champs et un chapelet de bourgs et de hameaux. La misère, nous la trouvons  au bout d’un chemin, dans un village déjà perdu au milieu des champs. C'est souvent un logement insalubre, mal chauffé.

Les taux du parc privé potentiellement insalubre  dépassaient 10 % en 2007 dans certains  cantons ruraux. A Fleury-les-Aubrais, la principale ville de la 5ème circonscription du Loiret, il s’est accru de 13 % entre 2005 et 2007.

 

• D'autre part, une pensée pleine d’espoir. Que ce soit lors de cette maraude avec Perceval ou dans notre vie militante avec le FNJ, je suis fière de constater que nos jeunes ont conscience de la nécessité d’agir contre la précarité et l’exclusion.

Alors que les 18-24 ans sont les plus touchés par la pauvreté (22,5 % sont en dessous du seuil de pauvreté en 2009), nos jeunes font preuve d’une belle générosité. Eux ne théorisent pas la Fraternité mais l’appliquent.

 

Merci au pasteur Blanchard, à sa précieuse Catherine et à Perceval pour cette soirée. L’urgence et le bien-fondé de votre combat sont indéniables.  Alors, en remerciement pour votre travail, les adhérents et militants du Loiret, jeunes et moins jeunes, vous garantissent que les heures passées auprès des oubliés que nous croiserons au fil des semaines, ne seront pas pour nous un sacrifice mais un honneur.

 

Jeanne Beaulier

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