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30/01/2018

Renaud Camus :

 

 

« Le trait essentiel de la modernité postmoderne est le remplacement, la substitution »

 

 

Ecrivain

Fondateur du NON

Librairie

 

Renaud Camus, vous êtes,  au cœur d’une « tempête médiatique » : stupeur et tremblements, Alain Finkielkraut vous a invité sur France Culture dans son émission « Répliques » pour évoquer « Le Grand Remplacement » ! À première vue, pourtant, l’initiative n’a rien d’extravagant, et est même assez logique, puisque nul ne vous conteste la paternité du concept…

 

 

Concept, concept, c’est un peu beaucoup dire. Il ne s’agit guère que d’un nom ou, si l’on veut un terme savant, d’un syntagme, pour désigner le phénomène qui me semble être de très loin, en France et en Europe, le plus important de notre époque et, en ce qui concerne notre pays, sinon de toutes les époques, du moins des dix ou quinze derniers siècles : le changement de peuple et de civilisation, la substitution ethnique, la submersion migratoire. Ce phénomène a beau être de très loin, je le répète, le plus important de ce qui survient, il est aussi celui qui, par excellence, ne doit pas être nommé. C’est La Lettre volée : parfaitement en évidence, parfaitement visible, mais introuvable, indicible. Ceux qui ont tout intérêt à ce que le processus aille jusqu’à son terme craignent trop, s’il devenait objet de débat sur la place publique, que les peuples qui en sont les victimes se révoltent et l’interrompent, le renversent, malgré toutes les précautions prises, malgré l’hébétude où ils sont tenus et entretenus, malgré les menaces et chantages qui pèsent sur eux et sur ceux qui oseraient parler. On est là au cœur du tabou. Tout ce qui fait mine de le défier est nécessairement un scandale.

 

 

 

 

 

Alain Finkielkraut s’est fendu, si j’ose dire, d’un petit avertissement, rappelant que les mots « Grand Remplacement » sont sur toutes les lèvres, et invoquant, de ce fait, « l’anomalie de [votre] absence omniprésente ». Il est donc impossible d’inviter Renaud Camus sans devoir se justifier ?

 

 

 

Apparemment, d’autant plus qu’Alain Finkielkraut lui-même met sa situation en danger en m’invitant. Il fait preuve d’un grand courage. Tocqueville avait à merveille décrit cela : la mort civique est affreusement contagieuse. Ceux qui parlent aux bannis seront bannis. Le paradoxe est que sont bannis, par un geste inédit dans l’Histoire, non pas ceux qui sapent la société, l’État, la patrie, et veulent leur perte, mais au contraire ceux qui les défendent et désirent les sauver ; à moins, bien sûr, que le Grand Remplacement ne soit déjà accompli et que la société, la patrie, l’État, ce ne soit déjà le monde nouveau, le monde de remplacement, le monde remplaçant.

 

 

 

C’est ce que suggérait très fort mon interlocuteur, Hervé Le Bras, le démographe. Lui et moi sommes d’accord, au fond : le Grand Remplacement a bien lieu, plus personne ne le nie. La seule différence est que, pour ma part, il me désespère, tandis qu’Hervé Le Bras s’en réjouit, ou bien le considère avec indifférence, du point de vue de Sirius.
 
 

 

Cette intervention sur France Culture est elle, pour vous, le signe que la parole commence à se libérer sur le sujet ?

 

 

 

Hélas, cher Boulevard Voltaire, vous et moi avons cru si souvent que la parole commençait à se libérer, et nous avons été si souvent déçus… La Vérité sort peut-être de son puits, mais force est de reconnaître qu’elle y met le temps… Il y a des avancées, certes, et Boulevard Voltaire en est une, essentielle. Mais dans le même temps, le pouvoir aussi se renforce, calfeutre toutes les issues et accentue la répression : voyez tous les procès dont nous sommes accablés. Par pouvoir, j’entends le remplacisme, celui qui veut et qui promeut et qui impose le Grand Remplacement. Mais je parle aussi volontiers de remplacisme global, car je crois que le trait essentiel de la modernité postmoderne, si l’on peut dire, est le remplacement, la substitution : de l’original par le simili, de l’indigène par l’allogène, du réel par le fauxel, du vrai par le faux, du journalisme par l’info, de la littérature par le journalisme, de l’expérience de vivre par la sociologie, du regard par la statistique, de la lettre par le chiffre, des philosophes par les intellectuels, du malheur par la cellule psychologique, de la perte par le travail du deuil, de la mort par la disparition, du monde sensible par le site touristique, de Venise par Las Vegas, de Paris par Euro Disney, de la culture par le divertissement, de la pierre par le siporex, de la campagne par la banlieue, des Français par les « Français », des mères par les mères porteuses, de l’homme par la femme, de l’homme par l’homme, de l’homme par les robots, de l’homme par les tuyaux, de l’humanité par la Matière Humaine Indifférenciée (MHI).

 

 

On me demande souvent de résumer d’un mot ce que j’entends par remplacisme global et maintenant, par chance, je le puis : MacronEmmanuel Macron est au carrefour exact des deux généalogies qui font cette idéologie : le second antiracisme, celui pour lequel il n’y pas de races, donc il faut les supprimer (par le métissage) ; et le financiarisme bancaire, celui où convergent les grands intérêts et la normalisation post-industrielle, l’hyperclasse hors-sol et Frederick Taylor, via l’effroyable Henry Ford. Ford, antisémite et pro-nazi, comme par hasard, avait eu l’idée de génie de vendre ses produits à ceux qui les produisaient. Le remplacisme global va plus loin et fait de l’homme même un produit, une matière, la MHI. Les malheureux migrants ne sont pas des réfugiés sauvés des eaux, ce sont des producteurs-produits-consommateurs livrés et réceptionnés en mer. Pour le remplacisme global, le naufrage est devenu un moyen de transport comme un autre.

 

 

Le point faible de ce mécanisme monstrueux, c’est qu’il a pour principe et pour point nodal le faux, le simili, l’imitation, le toc, la camelote, le low cost (dont il essaie bien sûr, non sans succès, de faire la norme, d’où la prolétarisation générale). Tombant par chance au bon endroit, un éclair de vérité pourrait faire s’effondrer d’un coup ce simili-monde, cette banlieue de l’être, comme avant lui l’univers soviétique, autre totalitarisme bâti sur le mensonge (mais moins habile, moins riche et moins séduisant).

 

 

 

 

 

 

 

 

09:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

26/01/2018

LES SDF ET LEURS CHIENS (2).

 

 

 

 

 

 

Que va-t-il se passer ?

 

 

Les journées sont longues quand on n'a pas de toit sur la tête. Il faut trouver un abri au chaud, faire de longues marches pour rejoindre les centres qui offrent un repas ou la possibilité de se laver...

 

 

Un chien ou un chat peuvent tenir compagnie et réchauffer, un chien peut éviter  les agressions. Et pour beaucoup de SDF,  ils sont la  seule source d’affection. Une confiance totale, chose rarissime dans la rue, règne entre les hommes et leurs bêtes. Aussi, combien de sans-abri dorment-ils dehors à cause de l’interdiction des animaux domestiques dans les lieux d’hébergements traditionnels ? 

 

 

 

SDF 1.jpg

 

 

Inversement, quelques malins possèdent un chien pour ne pas être embarqués par la police. En effet, les commissariats ne permettant pas l’accueil des animaux, en cas de mise en garde à vue,  les agents qui laisseraient des chiens sur le trottoir peuvent s'exposer à une plainte de la SPA. Enfin, tout le monde a entendu parler du trafic dont sont victimes de pauvres bêtes, utilisées pour attirer la pitié des passants.

 

 

Mais il faut  savoir que pour de nombreux sans-logis , un chien ou un chat reste une porte ouverte sur le monde. Un animal de compagnie leur donne l’affection qu’ils n’ont pas pu ou su trouver auprès des autres hommes. Un animal de compagnie leur procure l'occasion d'un ultime reste du sens du devoir envers l'autre. Certes, il ne  remplace pas la sociabilité mais il permet au moins de créer un lien affectif. Si l'on retire à ces hommes ou à ces femmes ce seul rapport affectif qu’ils entretiennent encore ici-bas, la seule responsabilité contraignante qu’ils possèdent  : Que va-t-il se passer ? 

 

 

24/01/2018

Maraude du 23 /01 /2018..........

 

 

23/01/2018

FAUT-IL DÉBOULONNER LE GÉNÉRAL LEE ?

 

 

 

 

Pour la presse, Robert Lee serait un odieux raciste, fier partisan de l’esclavage. Or, rien n’est plus faux.

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 

Charlottesville, 2017 : une manifestation d’union des droits placée sous le patronage symbolique du général sudiste Lee (1807-1870) tourne au drame. L’émotion face à cette tragédie est légitime ; la réécriture de l’Histoire par la presse qui a suivi l’est un peu moins.

 

 

 

En effet, si l’on en croit la presse, Robert Lee, commandant sudiste pendant la guerre de Sécession, serait un odieux raciste, fier partisan de l’esclavage. Or, rien n’est plus faux.

 

 

 

Victorieux au Mexique, cité pour bravoure à de maintes reprises, Lee est, à la veille de la guerre de Sécession, admiré et respecté pour ses grandes vertus – on le surnommera « l’homme de marbre ». Fort logiquement, dès l’entrée en guerre, les deux camps se l’arrachent. Hostile à la sécession et plus proche des idéaux du Nord – Lee avait libéré ses esclaves et défendait des positions progressistes -, il choisit néanmoins de rejoindre les armées confédérées par fidélité à sa région d’enfance.

 

 

 

Engagé à la tête d’une armée débraillée, il se lance dans une guerre perdue d’avance. Malgré des victoires héroïques et des épisodes dignes des Thermopyles, Lee finit par comprendre que la défaite est inévitable. Soucieux de préserver l’intégrité et l’honneur du Sud après la défaite, il capitule à Appomattox, comptant sur la clémence du Nord.

 

 

 

Après cette défaite, le héros de guerre, partisan hardi de la réconciliation entre le Nord et le Sud, milite donc aux côtés des démocrates pour une reconstruction commune. Il se réjouit publiquement de l’abolition de l’esclavage et renouvelle son serment d’allégeance à la Constitution américaine. Devenu président d’université, il mène une politique volontariste, excluant systématiquement les élèves coupables de violences racistes.

 

 

 

 

Celui qui était « un ennemi sans haine, un soldat sans cruauté, un vainqueur sans oppression, et une victime sans murmure » meurt en 1870. Il deviendra un symbole car il faisait partie de ces hommes qui, comme le général Jackson – un officier sudiste, proche de Lee, qui donnait des cours du soir aux Noirs -, avaient rejoint le camp des vaincus par loyalisme plus que par idéal.

 

 

 

Était-il militant afro-féministe ? Organisait-il des camps « décoloniaux » ? Avait-il « checké » ses « privilèges » d’homme blanc hétérosexuel ? Non. Était-il raciste selon les critères actuels ? Oui (son paternalisme bienveillant le condamnerait aujourd’hui à la mort sociale), de même que Rousseau, qui n’utilisait pas « l’écriture inclusive », serait taxé de sexisme. Le progrès est de toute façon toujours en avance sur son temps, Lee était, lui, en avance sur le sien. Il était, pour l’époque, un homme d’une grande modernité et d’une rare valeur. Comme Erwin Rommel après lui, il était de ces militaires pour qui le devoir n’est rien sans la vertu.

 

 

 

 

Comment expliquer que cet architecte de la réconciliation soit aujourd’hui calomnié par la presse ? La raison est simple : si Lee était un monstre, alors ceux qui osent aujourd’hui soutenir sa mémoire sont forcément le mal incarné. Or, ce raccourci s’appuie, comme nous l’avons montré, sur une négation orwellienne de l’Histoire. Une stratégie d’autant plus stupide que les groupes gravitant autour du KKK offrent déjà suffisamment de raison de les critiquer pour qu’il n’y ait besoin d’en créer de nouvelles.

 

 

 

La vérité sur ce damné du progrès étant rétablie, réaffirmons deux principes : ce droit qu’ont les héros d’être défendus par autre chose que des allumés à capuchons blancs ; et ce droit que nous avons de défendre la mémoire des héros sans être taxés de racistes ou de réactionnaires. Sans cela, les morts le sont en vain.

 

 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/01/2018

LES SDF ET LEURS CHIENS (1).

 

 

 

 

 

 

Il n'est pas rare de rencontrer des SDF accompagnés d'un ou plusieurs chiens. Cette situation est à l'origine d'un débat où deux points de vues s’affrontent.

 

Certains pensent que ces animaux seraient mieux lotis auprès d'une famille, dans une maison traditionnelle. D'autres suggèrent, qu’à partir du moment où l'animal a une personne pour s'occuper de lui, l’amour prévaut sur le confort d’un foyer stable.

 

 

 

 

Par-delà ces discussions, une raison poignante mène ces personnes sans-abri à s'accrocher à leurs compagnons : ces derniers ne les jugent pas et leur restent fidèles malgré une existence difficile. L'animal devient leur seule source de compagnie et d'amour inconditionnel. 

 

  

17/01/2018

Communiqué :

 

 

 

 

 

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Le Pasteur Blanchard président de notre association, dédicacera ces livres à la librairie facta 4 rue de Clichy  75009 Paris (Métro : Trinité d’Estienne d’Orves) le samedi 20 Janvier 2018, de 15h30mn à 18h. Venez nombreux pour le rencontrer, en cela vous témoignerez votre soutien, à la cause des plus défavorisés des nôtre.

 

 

 

 

   Alexandre Simonnot, secrétaire général de l’ASP

Maraude du 16 /01 /2018..........

 

 

16/01/2018

Quelle alternative : une monnaie réelle ou une monnaie virtuelle?

 

 

 

A l’heure où la Commission Européenne planche pour la suppression du cash et force à nous diriger vers la carte plastique, unique modèle de nos paiements futurs pour toutes nos dépenses qui seraient bien évidemment contrôlées, existe-t-il une autre solution ?

 

 

Le Bitcoin est une première devise monétaire électronique décentralisée. Cette devise circule via Internet et possède un avantage par rapport aux autres monnaies alternatives : transmission (échanges) via un réseau (le net) sans passer par une banque ou un intermédiaire financier, ce qui réduit les coûts éventuels de transactions et le temps nécessaire à l’exécution de la transaction qui est plus rapide et rend l’opération mieux sécurisée que les transactions financières classiques.

 

 

L’utilisation du Bitcoin est planétaire, le compte ne peut pas être bloqué, et il n’existe pas de conditions préalables pour son ouverture. Pour effectuer des transactions, il est nécessaire de passer par des bourses d’échanges et recevoir des devises ou même payer des services comme le taxi, voir l’achat de biens de consommation. Les Bitcoins sont conservés dans un portefeuille électronique dont l’accès est assuré via un ordinateur ou un téléphone. La sécurité des transactions est assurée par des opérateurs rémunérés sur les Bitcoins nouvellement créés. Ces transactions sont enregistrées dans un registre tenu à la disposition du public : la transparence est donc bien supérieure aux flux financiers classiques trop souvent indétectables. Comme ce système de transactions n’est pas soumis à des règles contraignantes, les intervenants comme les entreprises pourraient l’utiliser pour effectuer des opérations sans pertes de changes, à l’instar du WIR en Suisse qui garantit ainsi une meilleure stabilité à l’économie suisse.

 

 

 

 

 

 

 

Malgré les quelques déboires enregistrés depuis sa conception en 2009, cette devise cryptographique est nettement moins vulnérable que les devises émises par les banques centrales : pas de contrefaçon possible, vols insignifiants par rapport à l’argent classique, impossibilité de stopper les transactions par un quelconque moratoire, inflation par définition impossible car la création de bitcoins est limitée à 21 millions d’unités.

 

 

Cependant la volatilité du Bitcoin est en fait une « devise » spéculative plus qu’une devise d’échanges car le nombre d’intervenants n’est pas encore suffisant pour assurer une stabilité des transactions. Plus le nombre d’usagers du bitcoin augmentera plus le cours se stabilisera, sans pour autant ne plus varier parfois fortement. En effet, le cours du bitcoin est passé de 15 USD début 2015 à 1000 USD en décembre 2015 avant de replonger à 215 USD début 2015. En ce début d’année 2017, le cours avoisine les 1000 USD.

 

Cliquez ici pour le lien permettant de visualiser l’évolution du cours depuis ses débuts.

 

 

De plus, comme le compte sur lequel vos bitcoins sont déposés est lié à votre ordinateur il convient de bien protéger celui-ci ainsi que de s’assurer que le fournisseur d’accès à votre portefeuille l’est aussi.

 

 

Pieter Kerstens

08:54 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2018

Maraude du 11/01/2018..........

 

09/01/2018

Facebook, Google, Le Monde : les média dominants dénoncent les « fake news » sur internet pour imposer leur vérité

 

 

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Menacés par la concurrence sur internet, les médias dominants s’allient avec Facebook et Google pour censurer les « fake news » : sous couleur de lutter contre la désinformation, il s’agit d’imposer leur vérité au monde, en faisant jouer au public le rôle de policier.


 
Qu’est-ce que la vérité ? Cela fait longtemps que Ponce Pilate a posé la question, et les médias dominants y donnent aujourd’hui leur réponse : la vérité est ce qui leur permet de subsister et de garder leur pouvoir d’influence. Ils souffrent depuis plusieurs années d’une défiance croissante du public, les gens ne croient plus à ce que disent la radio et la télévision, grâce au retour de l’esprit critique nourri d’éléments d’information alternatifs trouvés sur internet ? Qu’à cela ne tienne, les médias dominants ont trouvé la parade : seuls (Le Mondedécodex, Slate, this is fake), ou avec l’aide des réseaux sociaux (huit grands médias français s’associent à Facebook) ou de Google, ils discréditeront ceux qui les gênent en les accusant de répandre des « fake news », de la désinformation. Cette campagne ne vise pas à réduire le nombre de fausses nouvelles (la presse n’en fut jamais avare), mais à persuader le public que les sites alternatifs sur Internet en regorgent.
 

Facebook, Google, le Monde, au secours !

 
 Les expériences lancées par Google et Facebook sont particulièrement intéressantes. Ces deux géants de l’informatique sont devenus des géants de l’information et devraient être considérés par les médias établis comme de dangereux concurrents : or nos principaux journaux et télévisions s’associent à eux, non pas pour les étouffer comme des rivaux qu’on embrasse, mais pour étouffer ensemble l’information alternative transmise par internet. Et la presse française loue cette initiative avec ferveur.


 
En ce qui regarde « l’expérience » lancée par Facebook et huit grands médias français (Le Monde, l’AFP, BFM-TV, France Télévisions, France Médias Monde, l’Express, Libération et 20 Minutes, bref, sauf TF1 et Le Figaro, toute la grosse presse), le vocabulaire utilisé est sans équivoque : « Facebook vient au secours des médias français », pour lutter « contre la désinformation en ligne ».  Quant à Google, qui projette Cross Check en collaboration avec First Draft, vaste réseau de presse à travers les monde qui comprend dix-sept rédactions françaises dont Le Monde l’AFP, BuzzFeed, Streetpress et Ouest France,  même Télérama, qui a le compliment difficile à l’ordinaire, juge que son expérience fait partie des « initiatives salutaires ».
 

La petite boutique des médias dominants:

 
Bien sûr, il y a un côté boutique dans cette ferveur. La grosse presse française est une toute petite famille dont les intérêts et les financiers sont communs. Le Monde appartient au socialiste homosexualiste Pierre Bergé et au banquier Mathieu Pigasse, l’AFP à l’Etat, comme France Télévision. Libération, BFMTV et l’Express ont pour propriétaire Patrick Drahi, milliardaire israélo-français qui soutient Macron. Tous appartiennent à la gauche de l’argent et de la dérive sociétale, vivant soit de subside gouvernementaux soit de revenus publicitaires distribués par les acheteurs d’espace. Tout ce qui est publié sur papier touche en outre une subvention d’Etat dont le montant total s’élève à cinq milliards d’euros par an.

 


 
Comme le dit très joliment Michèle Léridon (un nom qu’on dirait inventé par Boileau), directrice de l’information de l’AFP : « On a tout intérêt à se serrer les coudes et à travailler ensemble sur ces questions ». Dame oui, le meilleur moyen de ne pas souffrir de la concurrence est de lui tordre le cou.
 

Ce qui aide Trump ne peut être que des fake news:

 
Mais il y a surtout un souci politique, on allait dire moral. RTL relate « l’inquiétude manifestée récemment par les autorités » à l’égard des fausses informations. Le Monde nous dit plus précisément que Facebook aurait été soumis « à l’importantes pressions ces dernières semaines pour lutter davantage contre la prolifération de fake news, considérée par beaucoup comme un élément marquant de la dernière campagne électorale aux Etats-Unis ». Admirons au passage la langue de barbe à papa pratiquée par le Monde : l’information fournie par la phrase est à la fois floue (beaucoup : qui, combien ? élément marquant : marquant, comment cela, a-t-il eu une incidence importante ou a-t-il été seulement bruyant ?) et très légère, mais l’accusation implicite est sans mystère : ce sont les fake news véhiculées par Facebook qui ont fait élire Trump.


 
Autrement dit, « l’élection américaine » a été « polluée par une diffusion massive de fake news » et Facebook a « décidé de réagir ». Afin de ne pas « rééditer le précédent américain » lors de la présidentielle française. Télérama est formel, « les infaux sur lesquelles Donald Trump a bâti sa campagne », c’est malheureux, « s’immiscent aussi insidieusement » chez nous. L’objectif assigné aux « initiatives salutaires » est donc le maintien du système politique et des médias dominants face à la menace populiste.
 

Comment imposer sa vérité automatiquement sur Internet:

 
Comment fonctionne cet instrument de défense du pouvoir ? En ce qui regarde Facebook, de la manière la plus simple. C’est le public qui est censé faire la police des fake news. « L’utilisateur pourra dénoncer une information qu’il considère comme fausse » à Facebook qui transmettra à ses partenaires. « Si deux médias partenaires établissent que le contenu signalé est faux et proposent un lien qui en atteste, alors ce contenu apparaîtra aux utilisateurs avec un drapeau mentionnant que deux « fact-checkers » (vérificateurs de faits, NDLR) remettent en cause la véracité de cette information. Quand un utilisateur voudra partager ce contenu, une fenêtre s’ouvrira pour l’alerter ».
Ce n’est pas tout. L’algorithme qui règle automatiquement la diffusion des contenus « réduira la circulation » du fake : en d’autre termes, il y aura censure automatique. Et cette censure sera salvatrice, comme l’explique aimablement Jérôme Fenoglio, directeur du Monde : « C’est cet élément qui nous a décidé (à collaborer, NDLR). Pour la première fois, il serait possible d’agir sur un algorithme quand un contenu pose un problème éditorial ».
 

Facebook, Le Monde, Google : la vérité des copains:

 
Le terme problème éditorial est un nouveau délice de barbe à papa : il n’est pas plus défini que la vérité du Monde, moins encore si cela se peut. En effet, on peut déduire de ce qui vient d’être écrit plus haut que la vérité est l’inverse de ce que deux (2) « fact-checkers » ont « remis en cause » en se fondant sur un (1) lien. C’est formidable : il suffit que deux comparses d’un consortium étroitement liés par l’argent et le projet politique trouvent une source, une seule, pour justifier leur jugement, et ils peuvent décider souverainement de la vérité, et justifier la censure de leurs adversaires !


 
Je comprends que ça l’ait décidé, ce brave Fenoglio ! J’adorerais être fact-checker au Monde. Ou carrément chef de meute chez les fact-checkers. De notre mieux, mieux, mieux, pour satisfaire au politiquement correct. Car, RTL nous met au jus, la notion de problème éditorial s’étend aux « informations erronées, non vérifiées et autres articles susceptibles de manipuler l’opinion ». Avec une telle définition, c’est toute la presse qui risque de poser un problème éditorial, et il va falloir dénoncer un sacré paquet de contenus dans le Monde lui-même.
 

Les médias dominants au service des dominants:

 
 Mais il faut aller jusqu’au bout de sa lecture pour comprendre la portée morale et la nécessité de la censure libératrice ainsi promue par Facebook, Google, Le Monde et les plus vertueux de nos médias dominants. Ce n’est pas seulement la vérité qu’ils protègent, c’est l’amour, le vivre ensemble, la tolérance. L’utilisateur est appelé en effet à participer à une police vertueuse de la pensée en signalant les « contenus douteux » et les « discours haineux ».
 
Il ne reste alors plus qu’à applaudir à ce flicage citoyen, auquel Google donnera une dimension supplémentaire avec Crosschek, et se réjouir de l’événement qui signalera le début de l’expérience le 27 février. Ce jour-là, le public sera appelé à un exercice de délation positive qui sera soumis à un « pannel » d’élèves journalistes du CFJ et de l’EDJ de Sciences Po Paris. Ceux-ci « remettront dans leur contexte » les « fake news » dépistées. Voilà vingt-cinq ans, ayant été mise au placard, j’étais préposée à dégrossir des jeunes gens comparables : leur orthographe, leur esprit critique et leur culture générale m’avaient laissée rêveuse. Mais il suffit de se rappeler que leurs pareils ont voté Hollande à 100 % lors de l’élection de 2012 pour être rassurée : avec des têtes aussi bien formatées, la censure manuelle est encore plus sûre qu’un algorithme.
 

Pauline Mille

 

 

 

 

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