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18/09/2018

Après Chemnitz, ça hurle au loup !

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

À Chemnitz, environ 50.000 personnes ont assisté, le 3 septembre, à un concert de rock pour protester contre la xénophobie. Rappelons que des manifestations qualifiées d’« extrême droite » ont lieu, depuis quelques jours, dans cette ville, après la mort d’un homme de 35 ans, tué à coups de couteau le dimanche 26 août : deux suspects, un Irakien et un Syrien, ont été arrêtés. Les organisateurs de ce concert voulaient que « les gens de Chemnitz ne se sentent pas seuls » face à l’extrême droite : le slogan « Nous sommes plus nombreux » avait été diffusé sur les réseaux sociaux.

 

 

On a pu, ainsi, entendre un célèbre groupe berlinois chanter : « Je plante la lame de mon couteau dans la gueule des journalistes », comme des rappeurs de bas étage. Bel exemple de tolérance ! Dans son répertoire, on trouve, d’ailleurs, des paroles tout aussi édifiantes : « Je donne des coups de pied dans le ventre de ta femme et bouffe le fœtus » ou « Si une femme n’est pas nue, je lui balance des billets/Si elle se déshabille, je lui balance des pierres ». Charmant, n’est-ce pas ? Il paraît que c’est de l’humour et de la provocation. Pas de quoi offusquer les médias, en tout cas, qui préfèrent souligner le danger que représenterait l’extrême droite en Allemagne, notamment le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD).

 

 

 

Autre « lanceur d’alerte », un chanteur vedette a déclaré : « Il est très important que nous arrêtions ce mouvement tant que c’est encore une boule de neige et avant que cela ne devienne une avalanche », ajoutant qu’« il ne s’agit pas ici d’une bataille gauche contre droite mais d’une évidence […] : s’opposer à une foule d’extrême droite qui devient violente ». Il condamne au nom de l’évidence : on cherche en vain des arguments contre la position des Allemands qui protestent contre une immigration débridée. Décidément, dans ce pays, les chanteurs engagés sont à la hauteur de leurs homologues français.

 

 

 

Les dirigeants allemands eux-mêmes ne sont guère plus tolérants. « Ce à quoi nous avons malheureusement assisté au cours des derniers jours […] n’a rien à voir avec le deuil d’un homme »mais vise « à lancer un message de haine contre les étrangers, les responsables politiques, la police et la presse libre », a affirmé le porte-parole d’Angela Merkel. Rien que ça ! Seul le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer (CSU), en bisbille avec la chancelière, a qualifié, selon le journal Die Welt, l’immigration de « mère de tous les problèmes » et expliqué que l’indignation des manifestants contre l’assassinat perpétré à Chemnitz n’en faisait pas des nazis.

 

 

 

Il est probable qu’un peu partout en Europe, à l’approche des élections européennes, les dirigeants europhiles vont crier au loup et dénoncer, comme Macron en Finlande, les « démagogues nationalistes » qui souhaitent « prendre l’Europe en otage » ». Notons que notre Président, qui a de moins en moins de soutiens en France, cherche en Europe des alliés. À croire qu’il est francophobe, lui qui traite les Français de « fainéants, cyniques, extrêmes » ou de « Gaulois réfractaires au changement ». Il devrait demander aux « artistes » qu’il avait invités à l’Élysée pour la fête de la Musique de lui composer un pot-pourri de ces épithètes.

 

 

 

En Allemagne, l’AfD profite sans doute de ce fait divers tragique pour étendre son influence : il est de bonne guerre de souligner les erreurs de la majorité au pouvoir. Mais vouloir faire passer ceux qui dénoncent la politique migratoire d’Angela Merkel pour des nostalgiques du nazisme, c’est tomber dans l’outrance, le fanatisme… et la bêtise.

 

 

09:25 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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