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22/01/2016

PREMIERES IMPRESSIONS DE MARAUDE: ( 5/11/ 2015)

 

 

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PAR MARIE-SIMONE POUBLON

 

 

La vie nous réserve de grandes émotions, nous submergeant parfois de bonheur, parfois de chagrin. Ce soir, ce fut le mi-chemin entre l’un et l’autre.

 

 

C’était un mois de novembre où la température clémente était, de plus, propice à une sortie « by night » à la rencontre de nos amis qui dorment dans la rue.

 

 

Le véhicule chargé de vêtements, de chaussures, de boissons chaudes et de conserves, conduit par le Pasteur BLANCHARD nous menait à plusieurs endroits de la ville, à la rencontre de ces pauvres gens laissés pour compte.

 

 

Céline, Thierry et Catherine, l’épouse de notre Pasteur m’ont accueilli comme un membre de la famille. Je me suis sentie tout de suite utile, à l’aise et je ne voulais surtout pas les décevoir.

 

 

La musique de BACH et les paroles rassurantes du Pasteur BLANCHARD ravivaient mes pensées. Je me demandais si j’allais être à la hauteur de la mission et surtout de la confiance du Pasteur en ce jour exceptionnel. L’angoisse de ne pas savoir faire et de ne pas savoir quoi dire à ces personnes sans domiciles me prenait. La rue et son lot de misères me conduisait à une certitude ; lorsque je reprendrais ma voiture dans quelques heures, l’impuissance aura encore gagné. Comment sortir de la spirale de la fatalité quand on n’est plus rien et qu’on ne possède plus rien ?

 

 

L’injustice que chacun éprouve lorsqu’il n’accepte pas le malheur des autres est une voie vers la paix qui me faisait prendre conscience qu’une société dans laquelle nous sommes heureux n’est qu’une illusion. Malgré la bonne volonté les choses ne changent pas dans le sens que l’on souhaiterait et il faut du courage pour l’accepter.

 

 

J’avais envie de me laisser aller, non pas dans une pensée abstraite mais pour agir sur le quotidien de ces gens qui, lorsqu’ils croisent le regard et la générosité de l’équipe de l’Action Sociale Populaire (ASP), ressentent de la joie et du bonheur.

 

 

Pourtant, se réchauffer sur la bouche d’aération, dormir dans la descente d’un parking couché sur un matelas ou sur le pavé près d’un réverbère, s’assoir toute la nuit sur un banc avec des amis, ces gens ne se plaignent pas. Chose surprenante, ils essaient de comprendre pourquoi nous allons à leur rencontre en distribuant des vêtements, des chaussures, des boissons et quelques conserves. Ils s’intéressent à nous et nous présentent leurs amis. Parfois ils dorment profondément envahis par la fatigue, les pieds nus en lambeaux, après avoir mangé un bout de pain avec la boîte de conserve que nous leur offrons. Ils ont faim, vraiment.

 

 

Certains nous demandent des chaussettes ou du dentifrice avec gentillesse et avec le sourire. Ils parlent avec nous, heureux de nous conter une histoire drôle et parfois un petit morceau de leur vie. Les entendre rire et parler d’eux est un bonheur pour moi malgré le cœur qui pleure de les voir sans vraie solution.

 

 

Les qualités du cœur et les mots gentils peuvent avoir un écho sans fin. Et toute l’œuvre de notre Pasteur repose sur cette voie sacrée. Ce qui compte pour beaucoup n’est pas ce qu’on leur donne mais l’amour qu’il reçoive. Nous repartons en laissant derrière nous, nous l’espérons, quelqu’un d’un peu plus heureux car c’est là notre plus beau présent.

 

 

Ce soir je dormirai dans mon lit chaud et douillet, pensant à tout cela, au dévouement d’un homme de foi, qui partage avec son épouse et les personnes bénévoles de l’association la volonté d’aider les plus démunis.

 

 

Bonne et heureuse année 2016 à l’ASP !

 

 

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