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25/03/2011

La maraude vue par Gilles CLAVEL Secrétaire départemental FN du 93

 Changement d’heure ce weekend.

 

 

Maraude du 24 03 2011 (14).JPG

 

Il était une fois, une maraude organisée dans les premiers soirs du printemps de l’année 2011. Depuis quelques jours, le temps en France est radieux et il fait bon vivre la nuit, dans une température parisienne agréable. Pourtant, il y a des personnes qui attendent ce weekend avec impatience. En effet, sans le savoir, elles attendent la nuit de samedi à dimanche car elles vont vivre un peu mois de souffrance, de tristesse et de déshonneur, tout simplement parce que c’est le seul jour de l’année qui ne contient que 23 heures !

 

Voici le monde dans lequel nous vivons : Pendant que certains réclament des droits et ne se préoccupent pas de leurs devoirs, d’Autres n’ont plus de droit et ont le devoir de ne pas perturber l’environnement, de déranger les beaux hôtels et les passants, ont le devoir d’aller plus loin encouragés par les forces de l’ordre. Il m’est impossible de parler de tous les personnes que nous avons rencontrées cette nuit là, mais sachez qu’à l’heure où tout le monde se plaint et réclame, d’autres mènent un combat pour la dignité et la survie.

 

J’ai été très touché par les échanges, parfois sur ton de camaraderie, parfois basés sur un geste ou un regard … Je retiendrai ce petit moment d’espoir et la poignée de main d’un Polonais, après lui avoir dit quelques mots dans sa langue maternelle. Plus loin, du coté d’Alésia, Ulysse, qu’on surnomme « l’italien » est à un feu rouge et essaie de gagner son repas. Il est alerte, dynamique, entrepreneur …. Il avait un bon job et maintenant il n’a même plus un toit sur la tête. Au départ timide, réservé, il se laisse prendre au jeu de la discussion et soudain se rend compte qu’il parlait avec des inconnus …. La langue du cœur venait de nous rassembler comme si on se connaissait depuis longtemps ; ça, s’était ma séquence émotion !

 

Sur les quais de seine, ces « Robinson CRUSOE »  ressemblent à des personnes comme rejetées par la seine sur les bords des berges. Ils n’ont ni la force, ni la lumière dans leurs yeux pour communiquer. Il nous faudra attendre un petit mouvement de tête pour comprendre que ce tee-shirt ou ce pull over les intéressent. Mais qui sommes nous pour nous plaindre !

 

A Saint-Michel, la tête dans un caddie comme pour se protéger, une femme dort en paix. Rue de Rivoli, il ne reste même plus le moindre souvenir de la célèbre chanson de « Paris brûle-t-il ? »

Impossible de crier « vive la libération » tant la gorge se noue et les yeux s’embuent subitement …. Boulevard HAUSSMANN, une famille fait chambre à part. Les patriarches et leurs chiens sont devant les vitres d’un grand magasin ; de l’autre coté des portes vitrées, il y a des vêtements à profusion, mais ils n’y auront peut-être jamais accès. Plus loin, les « gosses » sont entassés devant une porte cochère qui ne s’ouvre plus. Ils sont comme là, blottis comme au fond d’une impasse. Un petit rayon de soleil vient comme les illuminer à 2h00 du matin : c’est l’ASP qui vient simplement leur rendre visite et nous, comme de grands enfants, nous sommes fiers d’avoir partagé quelques sourires avec eux.

 

Juste avant de nous quitter, nous nous sommes penchés au chevet d’une femme qui, dans l’indifférence de la nuit, dormait à même le bêton devant la gare Saint-Lazare. Le bêton : voilà encore et encore ce qui sera une des caractéristiques de cette nuit !

 

C’est le moment pour moi de dire un grand MERCI à l’ASP, à tous ses membres, ainsi qu’à tous les participants aux maraudes, car, ce que j’ai retenu de cette nuit, c’est que pour eux : Pas question de dire : « laisse bêton ! ». Soutenez l’ASP dans tous ses projets et aidez-la ! N’ayons aucun regret de le faire !

 

Gilles

 

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