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20/01/2012

IMPRESSIONS DE MARAUDE...

Elodie 1.JPG

 

Par Bernard Chauvet

Secrétaire départemental FN du Loiret

 

Elodie, je t'ai rencontrée dans la nuit du 12 janvier

avec le Pasteur Blanchard et son épouse Catherine !

T'en souviens-tu ?

Tu étais assise en tailleur sur le trottoir,

sous le métro aérien du côté de la station Sèvres-Lecourbe.

Tu avais l'air frigorifiée sous ta couverture à fleurs et ta capuche noire !

 

Je sais pourquoi je t'ai repérée.

Tu es blonde et j'ai un petit penchant pour les blondes....

Tu as vingt-cinq ans environ mais je me trompe peut-être

car ton visage est tellement fatigué,

tes yeux sont mangés par des cernes sans fin.

Je t'ai proposé du café ou du potage

pendant que mes amis t'habillaient ou te couvraient.

Tu as choisi du café avec un sourire las.

 

En te voyant je lisais une immense détresse

et je me demandais les raisons de ce "camping sauvage".

Pourquoi es-tu là ? Tu n'es pas venue du néant ?

Tu as une famille sans doute ?

T'as-t-elle rejetée ou l'as-tu quittée pour vivre ta vie ?

 

Car enfin, cette nuit-là, tu avais froid et nous avions chaud.

Tu avais faim et nous étions rassasiés.

Nous avions pris une bonne douche le matin

et toi peut-être il y a huit jours.

A ton âge, les filles guinchent, toi tu végètes.

Vers quatre heures du matin, nous irons retrouver notre lit douillet,

toi ton bout de macadam, froid, dur, humide.

Tu étais avec ton compagnon d'infortune,

nous avec nos amis Jean-Pierre, Catherine et David.

Nous sommes quelquefois fatigués de rire et toi, rire te fatigue.

 

Elodie 2.JPG

 

Comment, comment, comment en es-tu arrivée là ?

Nous connaissons, la tendresse, l'amour, la chaleur du foyer familial,

toi tu connais sans doute la solitude, la solitude et encore la solitude !

Pourquoi, pourquoi, pourquoi cette situation ?

Cette nuit-là, même à mon âge,

je n'ai pas osé entamer la conversation,

connaître ta vie, les raisons de ton état, de ton désarroi, de ton drame.

Par pudeur par timidité ?

Tu n'as sans doute plus de souvenirs heureux.

Tu les oublies peut-être dans l'alcool

mais je ne crois pas, dans la drogue peut-être ?

Tu sais l'alcool et la drogue ne règlent rien,

ce sont des plaisirs artificiels trompeurs et mortels.

 

Quand je vais raconter ton aventure à mon entourage,

je sais que certains, sans coeur, vont se gausser :

"n'a quà bosser" !

Ils ne savent pas que la vie est bizarre et peut réserver des surprises.

Je ne te jugerai pas. Sans cesse je m'interrogerai sur tes mobiles.

Mais cette nuit là, la seule satisfaction

que j'ai eue grâce au Pasteur Blanchard, son épouse,

à l'ASP (Action Sociale et Populaire),

"c'est que tu avais faim et que nous t'avons donné à manger,

c'est que tu étais nue et que nous t'avons habillée."

J'étais heureux !

Merci Elodie ! ! !

 

Bernard

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