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  • La maraude vue par Gilles CLAVEL Secrétaire départemental FN du 93

     Changement d’heure ce weekend.

     

     

    Maraude du 24 03 2011 (14).JPG

     

    Il était une fois, une maraude organisée dans les premiers soirs du printemps de l’année 2011. Depuis quelques jours, le temps en France est radieux et il fait bon vivre la nuit, dans une température parisienne agréable. Pourtant, il y a des personnes qui attendent ce weekend avec impatience. En effet, sans le savoir, elles attendent la nuit de samedi à dimanche car elles vont vivre un peu mois de souffrance, de tristesse et de déshonneur, tout simplement parce que c’est le seul jour de l’année qui ne contient que 23 heures !

     

    Voici le monde dans lequel nous vivons : Pendant que certains réclament des droits et ne se préoccupent pas de leurs devoirs, d’Autres n’ont plus de droit et ont le devoir de ne pas perturber l’environnement, de déranger les beaux hôtels et les passants, ont le devoir d’aller plus loin encouragés par les forces de l’ordre. Il m’est impossible de parler de tous les personnes que nous avons rencontrées cette nuit là, mais sachez qu’à l’heure où tout le monde se plaint et réclame, d’autres mènent un combat pour la dignité et la survie.

     

    J’ai été très touché par les échanges, parfois sur ton de camaraderie, parfois basés sur un geste ou un regard … Je retiendrai ce petit moment d’espoir et la poignée de main d’un Polonais, après lui avoir dit quelques mots dans sa langue maternelle. Plus loin, du coté d’Alésia, Ulysse, qu’on surnomme « l’italien » est à un feu rouge et essaie de gagner son repas. Il est alerte, dynamique, entrepreneur …. Il avait un bon job et maintenant il n’a même plus un toit sur la tête. Au départ timide, réservé, il se laisse prendre au jeu de la discussion et soudain se rend compte qu’il parlait avec des inconnus …. La langue du cœur venait de nous rassembler comme si on se connaissait depuis longtemps ; ça, s’était ma séquence émotion !

     

    Sur les quais de seine, ces « Robinson CRUSOE »  ressemblent à des personnes comme rejetées par la seine sur les bords des berges. Ils n’ont ni la force, ni la lumière dans leurs yeux pour communiquer. Il nous faudra attendre un petit mouvement de tête pour comprendre que ce tee-shirt ou ce pull over les intéressent. Mais qui sommes nous pour nous plaindre !

     

    A Saint-Michel, la tête dans un caddie comme pour se protéger, une femme dort en paix. Rue de Rivoli, il ne reste même plus le moindre souvenir de la célèbre chanson de « Paris brûle-t-il ? »

    Impossible de crier « vive la libération » tant la gorge se noue et les yeux s’embuent subitement …. Boulevard HAUSSMANN, une famille fait chambre à part. Les patriarches et leurs chiens sont devant les vitres d’un grand magasin ; de l’autre coté des portes vitrées, il y a des vêtements à profusion, mais ils n’y auront peut-être jamais accès. Plus loin, les « gosses » sont entassés devant une porte cochère qui ne s’ouvre plus. Ils sont comme là, blottis comme au fond d’une impasse. Un petit rayon de soleil vient comme les illuminer à 2h00 du matin : c’est l’ASP qui vient simplement leur rendre visite et nous, comme de grands enfants, nous sommes fiers d’avoir partagé quelques sourires avec eux.

     

    Juste avant de nous quitter, nous nous sommes penchés au chevet d’une femme qui, dans l’indifférence de la nuit, dormait à même le bêton devant la gare Saint-Lazare. Le bêton : voilà encore et encore ce qui sera une des caractéristiques de cette nuit !

     

    C’est le moment pour moi de dire un grand MERCI à l’ASP, à tous ses membres, ainsi qu’à tous les participants aux maraudes, car, ce que j’ai retenu de cette nuit, c’est que pour eux : Pas question de dire : « laisse bêton ! ». Soutenez l’ASP dans tous ses projets et aidez-la ! N’ayons aucun regret de le faire !

     

    Gilles

     

  • DEFICITS ET ASSURANCE-VIE

     

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    L'assurance-vie est victime de l'incertitude fiscale : c'est le titre d'un grand journal. Il aurait pu écrire : l'assurance-vie est victime des déficits publics car l'incertitude fiscale est la fille de ces déficits.

    La caractéristique essentielle du système Sarkoziste, comme de tout système socialisant, est de dépenser à tout va et, donc, de creuser en permanence les déficits publics ; de ce fait, dans tous les couloirs des ministères, les énarchos-socialos galopent à la recherche de ressources nouvelles et l'assurance-vie se présente comme une mine à explorer. Leurs prédécesseurs ne se sont pas gênés depuis longtemps pour y puiser puisque le paradis fiscal de ces contrats à été violé sous prétexte des prélèvements sociaux et ceci, dans une complexité impossible à décrire.

     

    HISTORIQUE

    Un bref rappel nous remettra en mémoire ce qu'est l'assurance-vie.

    Les contrats actuels ont été créés en 1976 grâce au fondateur de l'AFER qui, contre toute attente, s'est attaqué aux assureurs-vie de l'époque, lesquels profitaient grassement de l'argent récolté via les contrats d'assurance ayant trait à la vie humaine. Il a voulu associer les titulaires de contrats aux profits sur ces placements ; comme tout novateur il eut des difficultés jusqu'à l'acceptation d'un essai par une compagnie. Ainsi sont nés les contrats d'assurance-vie que nous connaissons aujourd'hui et qui n'ont rien à voir d'ailleurs avec des assurances sur la vie. Il s'est ajouté ensuite des faveurs fiscales accordées par les pouvoirs publics à ces contrats ce qui leur a procuré un grand succès les faisant devenir une sorte de paradis fiscal pour beaucoup de Français. Toutes les compagnies d'assurances se ruèrent alors sur le nouvel eldorado.

    Bien sûr il ne faudrait jamais mélanger des problèmes fiscaux à des problèmes d'investissement mais, avec les gouvernements de la fausse droite et de la vraie gauche que nous connaissons depuis si longtemps, il n'est pas possible d'arriver à une neutralité fiscale de tous les investissements.

    L'État y a trouvé son compte car à l'analyse de la répartition des placements des grandes compagnies d'assurance-vie l'on constate qu'il y a souvent une forte majorité de placements d'État.

    L'incertitude fiscale dont se plaignent à juste titre les compagnies d'assurances et leurs représentants déferla dès les débuts, comme dans tous les domaines de la vie nationale, avec l'effet de paupérisation auquel conduit inévitablement cette incertitude fiscale, ce que beaucoup d'économistes ne mettent jamais en lumière.

    Voici des exemples.

    INCERTITUDE FISCALE

    Les contrats DSK, créés en 1998, furent des contrats d'assurance-vie investis en actions et en unités de comptes, mis en place pour encourager l'épargne assurance-vie à s'investir en actions françaises. Dans le nuage d'usine à gaz habituel cela gênait les investisseurs par leur complexité et par la restriction des choix. Une autres contrainte survint par de nouveaux contrats NSK, créés par la loi de finances pour 2005, devant comporter au moins 30 % d'actions et 10% de titres à risque.

    En 2004, le pouvoir de l'époque avait un MonsieurRenaud Dutreil comme secrétaire d'État aux PME. Par son existence même en tant que secrétaire d'État, il était un obstacle au développement des PME, à leur prospérité et à l’emploi qu’elles génèrent. Il mijota un plan de supposé soutien à ces PME. Il comportait un nouvel impôt qui serait prélevé sur les contrats d’assurance-vie  et était annoncé comme devant être « faible » : tout le monde connaît les menaces que ces termes annoncent. Les sommes collectées devaient garnir un fond censé garantir des prêts aux sociétés de capital risque. Nous ne savons pas si le cauchemar a été réalisé mais l'incertitude fiscale se manifestait.

    En 2006, c'était Villepin ; pour écorner le déficit perpétuel de la sécu il fallait deux milliards. La libération de l'assurance-maladie, seule façon de gérer tout système d'assurance maladie, ne pouvait pas évidemment être envisagée par les hommes au pouvoir partisans fervents du dirigisme étatique quel qu'en soit le coût pour le peuple français. Villepin avait donc envisagé une gymnastique pour spolier une nouvelle fois les titulaires d'assurance-vie. Les banquiers et les assureurs l'ont fait reculer.

    L'incertitude fiscale dont se plaignent aujourd'hui à juste titre les compagnies n'est donc absolument pas nouvelle. L'on se trouve devant un tremblement de terre permanent à la japonaise lequel déclenche des répliques en cascade. Leurs représentants constatent une chute de la collecte qui va passer à 13 % et il y a lieu d'en être inquiet.

    L'origine de ce micmac se situe comme indiqué plus haut dans les déficits publics qui obligent le pouvoir, faute de vouloir mettre fin à ces déficits, à chercher de l'argent partout.

     

    UNE BARRIERE DE PAPIER

    Simultanément et par une sorte d'aveu implicite, ce pouvoir veut faire inscrire dans la constitution une soi-disant « règle d'or » pour ces déficits. Admirons la pyramide de papiers imaginée : loi constitutionnelle, lois cadres de programmation des finances publiques sur au moins trois ans, loi organique pour définir les lois-cadres. La pyramide n'a pas du tout pour objet de supprimer les déficits mais seulement d'édicter des règles de bonne gestion. L'objectif annoncé se limite à des pourcentages de déficit par rapport au PIB : on imagine toutes les combines possibles avec de tels critères ! Les lecteurs réguliers de ces flashs et bien d'autres savent fort bien ce qu'il faut faire, non pas seulement pour réduire les déficits, mais pour les remplacer par des excédents.

    Dans ce désordre il y a de dangereuses perspectives ; les demandes de remboursement des propriétaires de contrats d'assurance-vie doivent et peuvent en marche normale être gérés dans la tranquillité. Si la cadence s'accélérait, cela pourrait contraindre les compagnies à vendre des titres en vue de rembourser et certaines pourraient devoir en conséquence afficher des pertes. Il semble que les autorités jurisprudentielles ont le droit à tout moment de demander le gel des rachats des contrats ce qui serait une atteinte grave aux droits de propriété et une sorte de faillite déguisée.

    Évidemment pour les compagnies cette perspective éventuelle est un argument qui s'ajoute à celui de la souscription aux emprunts publics nécessaires à la nourriture du monstre étatique.

    Lord Melbourne, Premier ministre de la Reine Victoria disait : « Le premier devoir du gouvernement est d’empêcher le crime et d’assurer l'exécution des contrats. »

    Nous en sommes décidément très loin.

    Michel de Poncins