Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/12/2010

La maraude vue par Bernard CHAUVET SD Front National du Loiret

 

Maraude du 23 11 2010 (17).JPG

Hier j'ai rajeuni de 60 ans, quand nous cherchions des fruits que nous chapardions ! Hier, comme un taxi en maraude, avec mes amis, je cherchais des "clients". Des clients d'un genre assez particulier, vous allez voir ! Mais qu'elle est la recette pour réussir une bonne maraude ? Simple comme bonjour ! D'abord il faut un pasteur, Jean-Pierre Blanchard aux moyens modestes et son épouse Catherine. désinteressés, d'une générosité et d'une simplicité sans borne ! Puis, il faut  une "guimbarde" de 1983, avec laquelle ils font des prodiges, sans désembueur qui ressemble à une "SPF" : "sans parking fixe". Elle doit être bourrée jusqu'à la gueule des ingrédients nécessaires à la réussite de cette "recette" : chaussettes, chaussures, pulls, tea-shirts, pantalons, polaires, bonnets et écharpes, couvertures, sacs de couchage, anoraks*, dons de chacun d'entre nous qui avons choisi l'ASP (l'action sociale et populaire - BP 7 - 91201 ATHIS-MONS cedex ) plutôt que les restaurants du Coeur ou le secours populaire ! Vous prenez quelques cafetière  et cruchon d'un bon potage chaud concoctés par Catherine qui réchauffent nos amis dans cette nuit froide et humide. Et puis il faut Paris qui "cache" ses clochards et souhaite même s'en défaire avec la complicité de la police qui reçoit des ordres.... Le départ est donné vers 21 h, il faut 4 à 5 heures de préparation. Nos"clients"sont des clochards, des SDF, ce sont Yves, Michel, Isabelle, André, Romain, Patrice, Stéphane  etc...etc...Des bougres que la vie n'a pas gâté, des gaillards qui n'ont pas eu de chance ou qui ne l'ont  pas provoquée, des faibles qui ont été entraînés sur de mauvaises pentes, des cossards, des alcooliques aussi, tous sans famille . Qu'importe, ce sont les nôtres et la solidarité ne doit pas être un vain mot. Cette nuit là, le "four" n'était pas à 180 °, mais plutôt à 3 ou 4°!!!..Nos amis d'une nuit  étaient étendus qui, sur une "grille" de métro, qui, sur le "plat" du trottoir, sur une simple couverture, sous une porte de magasin. Quels contrastes ! Sous le pont d'Austerlitz, face aux bâteaux-mouches, où les touristes se régalent indifférents à leur misère où les sdf ne daignent même pas leur jeter un cil ! Place du Palais-Royal à la sortie des théatres ou les intellectuels bourgeois, devisent en couples et évoquent leurs petites misères à côté de Rolland assis en tailleur sur ces grilles de métros salvatrices, sous la pluie ! Nous sommes médusés par leur regard, la chaleur de leur accueil car Jean-Pierre et Catherine sont populaires ! Quelle soirée enrichissante, intellectuellement , de les avoir rencontrés, ces St Vincent de Paul modernes et leurs protégés ! Moins enrichissante matériellement, au retour, car perdu dans les souvenirs de cette soirée inoubliable, le flash d'un radar et la loi m'ont vite replongé dans notre réalité quotidienne ! Merci Pasteur, merci Catherine !

Les commentaires sont fermés.