20.10.2009
Entretien de Marine Le Pen avec le Pasteur Blanchard

Pensez-vous que le social est un élément clef de notre famille politique ? Marine Le Pen
C’est une évidence. Je dirais même que la force nationale d’autodéfense sociale, c’est le Front National. Nous avons toujours fait de la justice sociale, une priorité de notre programme. A la différence de la gauche qui a sacrifié le social sur l’autel du mondialisme et de l’Europe libérale, nous restons persuadés qu’une politique sociale juste et efficace ne peut s’appuyer que sur des principes de solidarité et de fraternité nationales. L’application de la préférence nationale dans l’attribution des aides sociales, la création d’un service national de fraternité française pour assurer l’octroi et le suivi des aides en direction des plus défavorisés, ou l’institution d’une allocation de solidarité nationale personnalisée sont des mesures à prendre d’urgence.
Pourquoi au FN, le social a toujours été le parent pauvre ? Marine Le Pen : Je ne crois pas que la faute en incombe au Front National mais plutôt à l’attitude subjective et perverse des médias qui ont entretenu l’idée que la gauche avait le monopole du social. Or, souvenez-vous, le FN a été la première force politique à combattre les méfaits du mondialisme, dont l’immigration de peuplement. A la fin des années 80, nous expliquions par des affiches et des slogans imagés « mondialisation : les immigrés entrent, les emplois sortent ». Ce qui n’était qu’un avertissement est devenu une réalité. De même, nos campagnes contre les différents traités européens répondaient aux mêmes impératifs : combattre une mondialisation qui décime par dizaines de milliers les emplois et plonge les Français les plus démunis dans le chaos social.
Pensez-vous qu’une fois les problèmes financiers du FN résolus, les choses seront plus faciles pour vous ? Marine Le Pen : Incontestablement. Comme vous le savez, l’argent est le nerf de la guerre. En politique comme dans bien d’autres domaines. Reste que nous avons toujours su nous débrouiller avec peu de moyens. Le FN est un parti pauvre qui peut s’enorgueillir de n’avoir jamais trempé dans aucun des grands scandales politico-financiers de ces dernières années. Nous faisons avec les moyens du bord et nous sommes condamnés à réaliser des miracles. Dans ce contexte difficile, nous avons cependant une chance extraordinaire : le soutien de militants exemplaires, dévoués et d’une générosité remarquable qui redonnent à la politique toutes ses lettres de noblesse. Une des plus grandes qualités que tous reconnaissent à votre père, c’est son rôle de fédérateur des diverses composantes de notre famille politique. En revendiquez-vous l’héritage ? Marine Le Pen : La situation catastrophique que nous vivons nous impose de rassembler une large majorité de Français autour d’un projet qui rompt définitivement avec le modèle ultralibéral. Aujourd’hui les concepts droite-gauche n’ont plus beaucoup de signification. La ligne de césure se situe entre les adeptes de la mondialisation et les défenseurs de la nation. Les premiers parmi lesquels vous retrouvez l’ensemble de la classe politique, prônent une dérégulation totale des marchés, la libre circulation des biens et des marchandises avec son cortège de misère sociale. Le Front National défend, lui, les valeurs nationales, qui replacent le « nous » avant le « je », qui rejettent la glorification de l’individualisme, synonyme de désocialisation propice à tous les asservissements.
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